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[ENTRETIEN] Karine Viel, déléguée générale de la Fondation Monoprix

[ENTRETIEN] Karine Viel, déléguée générale de la Fondation Monoprix
Partie pour une brillante carrière en marketing pour les produits de grande consommation, Karine Viel s’est engagée dix ans plus tard sur le terrain du développement durable et de l’éthique. Elle est maintenant en charge de la Fondation d’entreprise Monoprix mais aussi de la RSE, du développement durable et de l’éthique du groupe. De quoi faire cohabiter travail et utilité sociale comme elle le souhaitait.


Quel parcours vous a menée à cette responsabilité au sein du groupe Monoprix ?

La première partie de ma carrière a été consacrée au marketing de grande consommation. Dès la sortie d’HEC en 1998 je suis en effet entrée directement chez Kraft Foods pour m’occuper de la gestion des marques, en particulier de café et chocolat.

Au bout d’une dizaine d’années, j’ai pris un grand virage pour contribuer à des projets riches de sens en essayant d’aligner mon activité professionnelle avec mes valeurs. J’étais intéressée par l’éthique et le développement durable et je voulais me sentir utile à la société à travers mon travail.

Aussi j’ai rejoint début 2008 le Comité 21 (comité français pour l’environnement et le développement durable) créé en 1995. Il avait vocation à évangéliser sur ces thématiques et les démarches qu’elles impliquaient. J’étais chargée d’accompagner les entreprises dans leurs stratégies RSE. J’y ai passé quatre années très riches en animant un réseau de cent vingt entreprises (sur cinq cents adhérents au total).

Puis j’ai été contactée par Monoprix en 2012 pour prendre en charge la RSE et le développement durable du groupe, auxquels sont venues s’ajouter plus tard l’Éthique sociale et la Fondation d’entreprise.

J’étais ravie de revenir en entreprise pour être à la manœuvre sur tous ces sujets.

 

Quelles sont les spécificités de la Fondation Monoprix ?

La Fondation Monoprix qui date de 2009 a pour objet de créer du lien social en ville. Elle travaille désormais dans deux directions : la lutte contre la solitude en ville d’une part, l’accès aux produits de première nécessité d’autre part.

Elle finance via un mécénat des projets que soumettent les associations dans ces deux axes.

Elle coordonne les dons de marchandises en provenance des magasins et entrepôts. Nous comptons atteindre bientôt le taux de 100% d’invendus redistribués.

Elle implique aussi les collaborateurs du siège et des magasins qui le souhaitent dans des actions solidaires via du bénévolat de compétence pour apporter une aide aux associations.

Elle met en place des opérations solidaires avec de grandes associations comme Les Restos du Cœur ou le Secours Populaire mais aussi de toutes petites ayant une implantation locale.

C’est particulièrement le cas grâce au partenariat mis en place avec Microdon pour le don en caisse. Microdon fait appel à de toutes petites associations qui viennent se présenter dans nos magasins et ainsi se faire connaître. Cela les aide à lever des fonds, mais est aussi riche de lien social, car de belles rencontres sont ainsi générées.

On voit que derrière la solitude en ville nous pouvons aborder bien d’autres thématiques. Comme le parrainage d’enfants handicapés à travers les maisons partagées de Simon de Cyrène ou l’application Entourage qui connecte les riverains entre eux pour les aider à s'organiser et agir contre l'isolement des personnes SDF de leur quartier.

Pour la première fois, nous avons signé l’an dernier un partenariat long de trois années avec Unis-Cité qui permet de faire son service civique en se s’engageant auprès des autres.

 

Comment voyez-vous l’évolution du mécénat ?

Le mécénat est en pleine évolution. D’abord parce qu’il prend une dimension stratégique dans l’entreprise. La mission des fondations se rapproche de plus en plus des métiers. Lorsque j’étais au Comité 21 le mécénat répondait à la RSE avec une méfiance aujourd’hui levée parce qu’il y a une prise de conscience des enjeux et que celle-ci re-justifie les actions de la fondation. Les deux deviennent complémentaires pour aller plus loin. Une fondation qui contribue à installer plus de solidarité en centre-ville participe à la politique sociétale de l’entreprise.

Ensuite les collaborateurs me semblent de plus en plus impliqués, le mécénat étant de plus en plus proche d’eux via le mécénat de compétences mais aussi à travers la gestion de fin de carrière. Il devient un critère de choix pour attirer les jeunes talents.

Enfin il permet le développement d’un financement hybride dans lequel entreprises et particuliers sont partie prenante. Avec la plateforme Ulule nous avons lancé un appel à projets sur le thème « Enfance et solitude ». Nous accompagnons une grosse dizaine de projets dans leur financement en doublant les sommes collectées par la plateforme. Cela permet à la fois de faire connaître un nouveau mode de financement, de muscler les associations bénéficiaires et de développer leur communication.

Il reste que nous avons beaucoup de travail pour mesurer l’impact du mécénat. Faut-il tout valoriser d’ailleurs ? Nous devons y réfléchir collectivement.

 

 

 

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