Header logo

Le portail n°1 dédié à l'intérêt général

[ÉCLAIRAGE] Quelle réalité professionnelle pour le secteur des fondations ?

[ÉCLAIRAGE] Quelle réalité professionnelle pour le secteur des fondations ?
Alors que le nombre de fondations n’a cessé d’augmenter ces dix dernières années, les métiers relatifs à ces dernières demeurent peu ou mal connus. À mi-chemin entre la recherche de sens, l’engagement et l’expertise, ils offrent des carrières souvent atypiques. À partir d’une étude menée par le CFF et portée par le groupe Next’Gen, éclairage sur la réalité professionnelle du secteur.


 

 

 

 

Cadre en CDI rémunéré en moyenne entre 35 000 et 75 000 euros

 

Au regard des données dévoilées par le CFF, le profil d’un professionnel travaillant au sein d’une fondation pourrait s’apparenter à un cadre en CDI rémunéré en moyenne entre 35 000 et 75 000 euros bruts annuels ». 88,6 % des interrogés déclarent en effet avoir signé un contrat à durée indéterminé et 78 % d’entre eux occupent une place de cadre. Si les salaires peuvent aux premiers abords apparaître conséquents, ils sont à corréler avec un haut niveau de diplôme (82,4 % des répondants disposent au minimum d’un Bac+5). Face à ces constats chiffrés, la réalité concrète du terrain demeure néanmoins plus complexe à qualifier. Les embauches du secteur s’effectuent souvent sur des missions aux intitulés larges (44,3 % pour la gestion de projets / 31,1 % pour la stratégie et l’organisation, 19,8 % pour des compétences thématiques spécifiques) et les métiers sont dits « difficile à décrire » car davantage construits dans l’échange et la pratique. 37 % des interrogés n’ont ainsi pas de fiche de poste et ils sont 22 % à avoir, purement, « créé leur poste ». Toute catégorisation ou systématisation semble alors peu pertinente. Le CFF relève notamment que « chaque fondation développe une culture et des pratiques spécifiques souvent très distinctes. Cette variété d’approches est indéniablement une richesse mais aussi une source de complexité pour qui souhaite engager des partenariats dans ce secteur. » Une diversité qui explique sans doute la difficile appréhension d’un milieu encore très hétérogène.

 

L’impasse du plafond de verre ?

 

Si malgré la multiplicité des postes observés, la situation des professionnels du secteur est marquée par la stabilité, elle est également caractérisée par une certaine forme d’inertie. Nombreux confient éprouver le sentiment d’un « plafond de verre » et se heurter à l’impossibilité d’évolutions ou de perspectives offertes par leurs emplois. 21 % des répondants exerçant dans leur structure depuis plus de 3 ans déclarent n’avoir connu aucune évolution professionnelle. 53 % envisagent la poursuite de leur carrière en dehors du secteur des Fondations. Le manque de plasticité de ce dernier apparaît d’autant plus clairement dès lors qu’on établit une comparaison avec le secteur lucratif. Gabriel Bardinet, Directeur de l’Observatoire du Capital Humain Deloittte confirme : « Travailler dans une fondation entraîne donc un sacrifice de salaire à poste équivalent mais aussi une prise de responsabilité moins reconnue : l’écart moyen de salaire de base est de 17 % entre deux niveaux de responsabilité contre 26 % dans le secteur marchand. » Par ailleurs, les Fondations doivent encore faire leur preuve face à leurs homologues outre-Atlantique, au sein desquelles 90 % des salariés ont connu une augmentation de salaire en 2015 et où les trois-quarts ont été concernés par une nouvelle augmentation en 2016.

 

Conserver l’attractivité du secteur

 

En définitive, le bilan plutôt positif dressé par les indicateurs demande à être nuancé. La réalité professionnelle du secteur se présente plus complexe qu’il est d’usage d’imaginer. Le CFF se veut toutefois rassurant et affirme : « Si les évolutions de carrière linéaires restent marginales dans un secteur que l’on intègre pour « trouver du sens », c’est peut-être la faculté de ces professionnels – autonomes, polyvalents et extrêmement motivés – à redessiner les contours de leurs missions et à se renouveler dans leurs postes qui permet de pallier les défauts actuels d’évolution professionnelle. » Au-delà d’un renouvellement interne et continu du secteur, Gabriel Bardinet appelle également à des évolutions externes. Il envisage ainsi la mise en place d’un « référentiel de compétences communs » entre l’univers marchand et non-marchand afin de permettre une plus grande fluidité et mobilité professionnelle aux acteurs de l’intérêt général. Nul doute que le secteur des Fondations saura alors se réinventer et conserver toute son attractivité.

 

Article précédent : Le grantmaker, un "ensemblier d'intérêt général" 

À suivre : Vers la professionnalisation du secteur des fondations ?

, , ,