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[ÉCLAIRAGE] Enquête du CFF : le grantmaker, un « ensemblier d’intérêt général »

[ÉCLAIRAGE] Enquête du CFF : le grantmaker, un « ensemblier d’intérêt général »
Dans la dernière parution du numéro « Questions de fonds », le Centre Français des Fonds et Fondations souligne le rôle central du grantmaker. Qualifié comme « ensemblier d’intérêt général », il acquiert progressivement un rôle de véritable interface au sein du secteur, bien au-delà de sa mission de financeur initiale.


 

 

Le paysage des fondations en recomposition

 

L’évolution des fonctions du grantmaker doit être comprise en écho aux mutations perceptibles au sein du paysage des fondations. Le CFF souligne tout d’abord l’évolution des pratiques relatives au dialogue entre les différentes parties prenantes de l’intérêt général. Alors que dans une étude menée en juin 2010 les fondations favorisaient généralement leurs fondateurs dans la prise de décision, il apparaît aujourd’hui qu’une « méthodologie plus inclusive et partenariale » est adoptée. En conséquence, associations bénéficiaires, mécènes et donateurs deviennent des interlocuteurs privilégiés avec lesquels les professionnels du grantmaking maintiennent un contact permanent. Par ailleurs, si pendant longtemps, les fondations opératrices et distributrices ont été distinguées - les premières s’appuyant sur un programme opérationnel direct, fondé sur leurs propres salariés et bénévoles, les secondes se présentant davantage comme des bailleurs de fonds finançant des projets extérieurs via des dons, des prix ou des bourses -, le CFF met en avant « la porosité des modèles » à l’œuvre aujourd’hui, entraînant mécaniquement une plus grande « pluridisciplinarité et une polyvalence des métiers ». Une telle recomposition ne saurait qu’être profitable au secteur, tant elle lui permet d’accueillir en son sein des profils de plus en plus variés.

 

Des profils souples et polyvalents

 

Au cœur des préoccupations de cette huitième édition de « Questions de Fonds » : lever le voile sur ces hommes et ces femmes qui permettent aux fondations de mener à bien leurs missions. Plusieurs caractéristiques se dessinent à la suite de l’enquête menée par le CFF auprès de 187 salariés, issus de 75 structures et des entretiens qu’il a conduits auprès de 22 professionnels. Souplesse, agilité et polyvalence semblent ainsi être les maîtres-mots des profils de grantmaker. Ils sont également dotés d’un « un excellent sens du relationnel » et perçus comme capables de « s’auto-former en continu au contact de spécialistes ou de questions nouvelles ». L’apprentissage sur le terrain et l’expérimentation sont donc au centre de ces nouveaux métiers hybrides et promettent des perspectives et des atouts indéniables pour ceux qui s’y engagent. La mobilité vers le privé est, par ailleurs, plus facilement envisageable, tant ce dernier est friand des personnalités adaptables à des environnements variés. Au-delà de cette flexibilité, des compétences clairement identifiées et revendiquées par les répondants peuvent également être identifiées. Ils sont en effet 77 % à s’estimer confirmés ou experts sur les questions de stratégie ainsi que 73 % sur celles de suivi/reporting et de co-définition du partenariat.

 

Du financeur au « producteur d’intérêt général »

 

À l’origine perçu comme simple financeur, le grantmaker est aujourd’hui un « ensemblier », un « producteur » d’intérêt général ; des qualificatifs explicites qui témoignent des nouvelles missions confiées à ce dernier. Clé de voûte d’un écosystème, il alloue des fonds, mais il organise aussi l’accompagnement des bénéficiaires et s’assurent de leurs mises en relation afin de veiller à la concrétisation des projets soutenus. Une approche pluridisciplinaire et pluridimensionnelle succède à une approche unilatérale. Carlos Almela, responsable du programme « Art citoyen » de la Fondation Daniel et Nina Carasso affirme : « Si nous restons des financeurs, nous devenons jour après jour des informateurs, des accompagnateurs, des catalyseurs, des rassembleurs à la croisée du tiers secteur, de la recherche, du secteur marchand et des pouvoirs publics. »

 

À suivre : Quelle réalité professionnelle pour le secteur des Fondations ?

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