[ENTRETIEN] Laurence de Nervaux, Observatoire de la philanthropie

[ENTRETIEN] Laurence de Nervaux, Observatoire de la philanthropie
Laurence de Nervaux appartient à cette nouvelle génération motivée par l’intérêt général qu’elle a décidé de servir à temps plein. Après de brillantes études et un rapide mais riche passage dans le secteur culturel elle s’enthousiasme de travailler dans un secteur en forte croissance.


 


 

Comment vous êtes-vous engagée à la Fondation de France ?

 

J’ai reçu une formation littéraire d’abord à l’ École Normale Normale Supérieure, puis à Sciences Po et enfin lors d’un master en Affaires Publiques et Internationales à l’université de Princeton.

Une formation qui m’a permis de démarrer mon activité professionnelle dans le secteur culturel aux États-Unis. J’ai ainsi travaillé pendant un an à l’Alliance française de New-York, un institution à but non lucratif ayant pour mission la diffusion de la langue et de la culture françaises. Cette expérience a été suivie à Paris par un engagement toujours dans le secteur culturel dans une institution publique, le Centre des Monuments Nationaux.

Habitée par l’envie de servir l’intérêt général et forte d’une expérience dans ce domaine à la fois dans le privé et le public, je suis entrée en 2013 à l’Observatoire de la Fondation de France. Ayant à titre personnel des engagements dans diverses associations j’étais convaincue que de nouveaux modèles économiques - en particulier celui de la philanthropie privée - avaient beaucoup à apporter à la société.

 

Pouvez-vous nous présenter l’Observatoire dont vous êtes responsable?

 

L’Observatoire de la Fondation de France a été créé en 1997. C’est le pôle Recherche et Développement de la Fondation de France et il s’appelle désormais l’Observatoire de la philanthropie. Un nom qui n’aurait rien dit à personne il y a vingt ans car le secteur n’existait pas en lui-même. Mais qui trouve aujourd’hui tout son sens et qui s’accompagne d’un nouveau logo.

Sa mission première restée la même est de fournir des données et des analyses sur le secteur philanthropique à la fois pour se connaître et se faire connaître. Il a aussi vocation à étudier le volet qualitatif (motivations des philanthropes, données sociologiques). Il s’agit de valoriser le secteur philanthropique pour le faire comprendre car nous avons l’intuition qu’il a un gros potentiel de développement. Et nous voulons le faire connaître et comprendre à travers nos études et analyses aussi bien en France qu’à l’international.

Nous menons donc des enquêtes avec des partenaires chercheurs, sociologues, bureaux d’études mais aussi organismes collectifs du secteur comme les syndicats professionnels.

Nous travaillons beaucoup avec la chaire philanthropique de l’ESSEC avec qui nous avons mis en place au printemps 2017 le premier MOOC sur le secteur pour toucher un public plus large. Actuellement deux mille « étudiants » suivent cette formation à distance et pas seulement en France.

Les trois quarts des personnes habitent en Europe, 12 % en Afrique, 7,5 % en Amérique du Nord.

 

Comment percevez-vous l’évolution du secteur de la philanthropie ?

 

Dans notre pays il est rare de travailler dans un secteur en forte croissance et doté d’un fort potentiel. Je dirais que toutes les étoiles sont alignées pour son développement aussi bien dans le public que dans le privé.

D’abord parce que la législation fiscale est tout à fait incitative même si ce n’est jamais la première motivation des philanthropes. Ensuite parce que les mentalités évoluent. Désormais les acteurs privés prennent conscience du fait que l’intérêt général n’est pas le monopole de la puissance publique.

Enfin parce que le nombre d’ individus à fort potentiel économique croit plus vite que le nombre de philanthropes, les moyens augmentent donc avec les besoins.

Restent des enjeux de fond.

D’abord la professionnalisation du secteur qui est essentielle pour les dix quinze ans à venir. Les contrôles et garde-fou sont indispensables et de ce point de vue les scandales de ces dernières années ont parfois été un mal pour un bien. Car ils ont favorisé la mise en place de normes et contrôles.

Ensuite l’évaluation de l’impact est devenue indispensable même s’il ne peut y avoir de dogme unique pour tout ce qui touche à l’humain et qu’il faut réfléchir à différentes approches pour sa mise en place.

, , , ,