[PODCAST 7] Emmanuel Soulias, Enercoop : «Nos clients sont des consomm’acteurs»

[PODCAST 7] Emmanuel Soulias, Enercoop : «Nos clients sont des consomm’acteurs»

Envie de promouvoir l'innovation sociétale ? Votez pour votre coup de coeur !

Envie de promouvoir l'innovation sociétale ? Votez pour votre coup de coeur !

[SHOPPING] Greenuit, une boutique en ligne pour voyager écolo

[SHOPPING] Greenuit, une boutique en ligne pour voyager écolo

Mécénat territorial : nouvelles perspectives, nouveaux défis

Mécénat territorial : nouvelles perspectives, nouveaux défis

Carenews, l'actualité des associations, du mécénat et de la philanthropie

[DERNIÈRE MINUTE 20] Les brèves mécénat, associations et intérêt général

[DERNIÈRE MINUTE 20] Les brèves mécénat, associations et intérêt général

Toute l’actualité en bref qui fait rayonner l’intérêt général ! Cette semaine, l’inclusion des personnes handicapées dans les entreprises avec le DuoDay, des rues sans mégots à Paris, la fin de la collecte pour la reconstruction de Notre-Dame, et le lancement d’une appli solidaire, Indigo.


Environnement

 

Réunis à Metz le 6 mai dernier, les ministres de l’Environnement du G7 (les 7 pays les plus industrialisés) ont adopté une charte pour la biodiversité. Non contraignante, la charte sera utilisée par les pays signataires pour établir leurs politiques publiques.

 

Le 30 mai prochain à Beverly Hills, l’association américaine EMA remettra les Environmental Media Awards, prix récompensant les films durables aux États-Unis.

 

Marion Chaygneaud-Dupuy (Clean Everest), Amandine Renaud (P-WAC) et Solène Espitalié (Les jardins de Solène) sont les lauréates France 2019 du Prix  Terre de Femmes de la Fondation Yves Rocher. Ce prix récompense l’engagement de ces femmes pour la protection de l’environnement.

 

Poulehouse, «l’œuf qui ne tue pas la poule» et propose des œufs bio, dans le respect de la vie des poules va plus loin dans la lutte contre la maltraitance animale grâce à une innovation qui permet de pratiquer le sexage « in ovo » et d’éviter le broyage des poussins mâles.

 

Paris lance le 18 mai 2019 les rues sans mégots, pour lutter contre ce déchet polluant. Chaque mairie d’arrondissement va déployer, en partenariat avec des associations de quartier, différents dispositifs tels que des ramassages citoyens et du mobilier urbain mais aussi des actions de sensibilisation, pour supprimer les mégots des trottoirs et caniveaux.

 

G7 Green, la flotte des taxis G7 équipée de véhicules hybrides et/ou électriques, signe un partenariat avec Reforest’Action pour reboiser une forêt dans les Yvelines et créer une forêt « comestible » avec des arbres fruitiers dans deux collèges parisiens. Une campagne de communication accompagne ces opérations de mécénat jusqu’au 1er juin 2019, via le film Green city diffusé sur BFM TV, les réseaux sociaux et les plateformes de tv en replay.

 

“L’avenir de la vie sur terre est en jeu. Nous vous exhortons à agir sans attendre.” Un collectif de personnalités, dont l’autrice Fred Vargas et l’actrice Marion Cotillard, a exhorté dans une tribune publiée dans Le Monde le 6 mai dernier, les États à prendre des mesures d’urgence en faveur de l’environnement.


 

Concours, prix et récompenses

 

Les inventions récompensées par le célèbre concours Lépine font la part belle cette année à l’accessibilité, à la prévention et à la santé publique. Joseph Collibault, Gérard Lecomte et Pierre Herrburger ont reçu le grand prix du Sénat pour le Scootpartoo, un fauteuil électrique tout terrain équipé de chenilles. Jacques Pitoux obtient le trophée et la médaille d’or du concours ainsi que le prix coup de cœur de la CCI Paris-Île-de-France pour son drone bombardier d’eau qui permet de lutter au plus près contre les incendies. Hélène Deteix est 3e prix du Préfet de Police pour la plateforme Adocity, une application mobile créée pour sensibiliser les jeunes et leurs parents sur la citoyenneté locale.

 

Le Monde Cities va décerner les Prix de l’innovation urbaine le 28 juin prochain à Paris. Cette édition 2019 vise à récompenser les solutions concrètes au service du bien-vivre des habitants, de la justice sociale et de l’adaptation de la ville face au réchauffement climatique.

 

Les Goldman Environmental Prizes 2019 ont été remis le 29 avril, à six lauréats de six nationalités différentes. Ce prix vise à récompenser des personnalités menant un combat pour la protection de l’environnement et de la biodiversité. Parmi les lauréats 2019, Alberto Curamil, descendant du peuple Mapuche, au Chili, qui a stoppé la construction de deux barrages hydrauliques sur la rivière sacrée Cautin.   



 

Fondations et fonds de dotation

 

La Fondation d’entreprise Crédit Agricole Nord de France fête cette année ses 3 ans d’existence. Pour célébrer cet anniversaire, la fondation publie en collaboration avec Uni Médias un ouvrage rendant hommage aux porteurs de projets qu’elle a soutenus depuis sa création, Faire battre le cœur de notre région.

 

À Venise, la Maison Dior a organisé le 11 mai dernier avec la Venetian Heritage Foundation, qui fête cette année ses 20 ans, le Bal Tiepolo, un dîner de bienfaisance et un bal masqué en présence de nombreuses stars. Des artistes contemporains tels qu’Anish Kapoor ou encore Georg Baselitz ont fait don de leurs œuvres pour qu’elles soient vendues à cette occasion. Les bénéfices permettront la rénovation de monuments vénitiens.

 

La Fondation VINCI Autoroutes publie l’édition 2019 du baromètre européen de la conduite responsable. Le document dresse un état des lieux des comportements et des représentations des Européens au volant. Il permet de suivre l’évolution des conduites à risque pour élaborer des politiques de prévention mieux adaptées. L’édition 2019 met en évidence le danger croissant lié à l’utilisation des objets connectés au volant (téléphone, GPS…).

 

Le Fonds de dotation Plantons pour l’avenir a déjà collecté 3 millions d’euros pour reboiser plus de 1 000 hectares de forêts en France. 17 dossiers de reboisement ont été validés lors du conseil d’administration d’avril 2019, dans le cadre de l’appel à projets national. Au total, ce sont 176 projets de plantations concernant plus de 20 essences d’arbres qui sont accompagnés par Plantons pour l’avenir partout en France.



 

Numérique

 

L’entreprise Lyreco s’associe à l’entreprise à impact social POP School, spécialiste de la formation aux métiers du numérique. Ce partenariat permet le lancement d’une formation à JAVA EE, le langage informatique le plus demandé par les entreprises. Pendant 7 mois, jusqu’en novembre 2019, une classe de 15 personnes va ainsi recevoir un enseignement gratuit et suivra des stages pratiques au sein de Lyreco. Ont été sélectionnés en priorité des demandeurs d’emploi, des personnes en reconversion et des jeunes via des tests axés sur la motivation et non le CV.

 

Pour le cinquième anniversaire de son programme d’approche ludique des sciences Girls4Tech, Mastercard annonce son engagement à soutenir un million de jeunes filles dans le monde d’ici 2025 vers les métiers de la cybersécurité et de l’intelligence artificielle. Mastercard lance en parallèle Girls4Tech 2.0 pour les jeunes filles de 13 à 16 ans, pour mettre en exergue, outre les connaissances techniques, l’importance de maîtriser les compétences liées au savoir-être (communication, créativité, collaboration…).

 

La startup Lifeaz a développé l’application mobile Everyday Heroes en partenariat avec les Sapeurs Pompiers de Paris, pour que chacun·e apprenne gratuitement les gestes qui sauvent et sache porter secours, notamment en cas d’accident de la route.


 

Patrimoine et culture

 

À Pontivy, en Bretagne, la boutique de broderie Cop’Bobines a lancé une collection de sacs brodés en faveur de la restauration du Château des Rohan. Jusqu’au 31 octobre 2019, 10 % des bénéfices seront reversés à la reconstruction du monument.

 

Lu dans Les Échos du 9 mai : La Fondation Comédie Française veut faire rayonner la troupe de Molière. Elle compte déjà 130 mécènes individuels et 30 entreprises, dont la Fondation Michelin, et fonctionne par mécénat de projets pour soutenir la créativité théâtrale et la culture.

 

La banque Neuflize OBC expose gratuitement jusqu’au 16 juin 2019 à la Friche de La Belle de mai à Marseille une partie de ses collections de photographies et vidéos, ONLY YOU.

 

À Draguignan, le musée des Beaux-Arts de la ville et la Fondation Crédit Agricole Provence Côte d’Azur (CAPCA) ont signé le 6 mai dernier une convention de mécénat pour restaurer l’armure d’apparat de François de Montmorency, pièce maîtresse des collections du musée.


 

Notre-Dame

 

La Fondation du patrimoine a annoncé le 14 mai qu’elle avait clôturé sa collecte pour la restauration de la cathédrale Notre-Dame. En un mois, elle a collecté, en dehors des promesses de dons, 218 millions d’euros grâce à 228 000 donateurs et entreprises de 152 pays.

 

La Fondation du patrimoine lance à la même occasion une souscription nationale intitulée “Plus jamais ça !”, qui alimentera un fonds d’urgence visant la mise en sécurité des sites historiques les plus menacés. Dans le courant du mois de juin 2019, 100 projets seront sélectionnés et bénéficieront des jeux Mission Patrimoine de la FDJ (un tirage du Loto le 14 juillet et deux offres de tickets à gratter qui seront proposées à partir du mois de septembre).

 

Le projet de loi encadrant la restauration de la cathédrale Notre-Dame a été voté par les députés dans la nuit du 10 au 11 mai 2019. Les principales dispositions du texte sont la réduction d’impôt porté à 75 % pour les dons en faveur de la reconstruction ainsi que la possibilité pour les collectivités territoriales de participer à la souscription, les versements étant considérés comme des subventions d’équipement. Un comité de contrôle sera exceptionnellement mis en place, pour s’assurer de la bonne gestion des fonds collectés. Le Gouvernement pourra, dans les deux ans suivant la loi, prendre par ordonnance des dispositions pour faciliter le chantier, en procédant à des dérogations aux règles d’urbanisme, d’environnement ou de commande publique par exemple, pour procéder aux travaux de reconstruction. Le texte de loi va être transmis au Sénat pour un examen le 27 mai 2019.

 

L’écrivain britannique Ken Follett, auteur notamment des Piliers de la Terre, a annoncé la publication aux éditions Robert Laffont d’un court récit sur Notre-Dame, après l’émotion suscitée par l’incendie qui a ravagé le monument en avril dernier. L’intégralité des bénéfices de l’ouvrage, qui devrait paraître le 13 juin prochain, sera reversé à la Fondation du Patrimoine pour la reconstruction de la cathédrale parisienne.


 

Solidarité et inclusion

 

La Fédération nationale de l’Habillement renouvelle l’opération solidaire Dressing du cœur jusqu’au 23 mai : rapportez vos vêtements propres et en bon état dans votre boutique participante. Ils seront collectés au profit de la Croix-Rouge.

 

L’opération DuoDay, qui permet la formation de binômes entre des personnes en situation de handicap et des professionnels volontaires dans des entreprises, collectivités ou associations a eu le jeudi 16 mai partout en France. FDJ, engagé depuis plusieurs années en faveur des personnes en situation de handicap, a organisé un tirage spécial du LOTO en duo. Karine Ferri a co-présenté l’émission avec un bénéficiaire de l’association ARI (association régionale pour l’intégration des personnes en situation de handicap ou en difficulté).

 

Du 10 au 28 avril, les magasins de chaussures Besson ont mené une grande opération de collecte solidaire. Besson a donné 20 000 paires de chaussures neuves au Secours Populaire Français d’Ile-de-France et du Nord (59), et 85 000 paires de chaussures déjà portées ont été ramenées par les clients, et récupérées par le Relais. Les chaussures non réutilisables, car trop abîmées et ou n’étant plus par paires, partiront en valorisation énergétique (CSR).

 

Le 11 mai, dans une quinzaine de villes de France, des cyclistes ont roulé pour la bonne cause. Dans le cadre de l’opération solidaire “Vivons Vélo pour l’Institut Pasteur”, encadrée par les clubs de la Fédération française de cyclotourisme (FFVélo), AG2R La Mondiale a converti les kilomètres parcourus par les participants en dons numéraires, au profit de l’institut Pasteur pour soutenir la recherche scientifique. D’autres courses auront lieu en juin, juillet et octobre, un peu partout en France.

 

L’association Medina prévoit d’envoyer à la fin du mois de mai en Syrie un convoi d’urgence et recherche des dons de vêtements, de produits hygiéniques, de jouets et de lait en poudre.

 

Emmaüs Solidarité et SINGA ont annoncé le lancement, pour juin 2019, du projet Circulations, lauréat de l'appel à projets "Maison des réfugiés". Le projet doit concrétiser la création d’un espace de rassemblement d'initiatives autour du partage, de l'information, de l'innovation et de l'assistance dans le contexte des migrations.

 

L’entrepreneur social Stéphane de Freitas, fellow Ashoka 2017 et fondateur d’Eloquentia, a lancé Indigo, une application d’échanges de biens et de services gratuits. Les échanges se font grâce à une monnaie d’échange virtuelle et non-convertible, le Digo. Plusieurs associations, comme Bibliothèques sans Frontières, Coexister ou Zero Waste, sont présentes sur l’appli. La plateforme associée à l’appli, Indigo Associations, reversera 10 % de son chiffre d’affaires au monde associatif.

 

 

 

[QUOI DE NEUF ?] Actualités, évènements du mécénat et des assos (17-26 mai)

[QUOI DE NEUF ?] Actualités, évènements du mécénat et des assos (17-26 mai)

Quelle est l’actualité du mécénat et de la philanthropie ces prochains jours ? Carenews vous présente l’actualité solidaire, les évènements, remises de prix ou encore appels à projets qui rythment le calendrier du secteur de l’intérêt général, de la philanthropie et de la RSE.

 

 

 


 

Vendredi 17 mai 2019

 

Journée de lutte contre l’homophobie.

 

Début de Sculptures en l’île, exposition à ciel ouvert d’œuvres contemporaines, de Paris à Andrésy. L’évènement est ouvert à tous et gratuit. Il se tient jusqu’au 22 septembre 2019.

 

Formation proposée par Admical et l’agence Limite pour maîtriser les enjeux et les spécificités de la communication sur le mécénat, en interne ou en externe.

 

Samedi 18 mai 2019

 

Nuit européenne des musées.

 

Soirée Kynarou. L’association qui agit pour l’accès à l’eau potable et à l’hygiène dans les pays en développement fête cette année ses 15 ans. La soirée festive se fera sur le thème des musiques du monde. Au programme également : des animations, conférences, une restauration (cuisine du monde) et des produits d’artisanat.


 

Samedi 18 et dimanche 19 mai 2019

 

Journées portes ouvertes dans les SPA partout en France et campagne nationale d’adoption des animaux des refuges. Cette année, la SPA s’associe à la Fédération française de cardiologie pour inciter les séniors à prendre un chien chez eux.

 

Oxfam Trailwalker à Avallon. Les participants à cette course caritative marchent par équipe pendant 30 heures pour parcourir 100 km pour soutenir les actions d’Oxfam France.

 

Premier festival dédié au tourisme durable, Changeons d’air(s) revient  pour une seconde édition à la Fondation GoodPlanet à Paris. L’évènement, co-organisé par l’ATES (association pour le tourisme équitable et solidaire), la Fondation GoodPlanet, Voyager autrement, et ATD, est gratuit. Au programme : projections-débas, conférences, concerts, rencontres et témoignages. Les participants pourront profiter d’un Village des voyages et d’un marché du monde tout au long du week-end.

 

Dimanche 19 mai 2019

 

« Des arbres dans nos assiettes », journée gratuite ouvert à  tous les publics organisée par l’association française d’agroforesterie et la Fondation de France dans le cadre du congrès mondial d’agroforesterie à Montpellier.

 

Fin de l’opération solidaire d’abondement des dons pour l’association Yalla! sur la plateforme web W4.

 

Lundi 20 mai 2019

 

Journée européenne de la mer.

 

Fin des candidatures au Programme associé d’On purpose, pour être accompagné·e dans son changement de carrière vers les métiers porteurs de sens.

 

Lancement de la 2e édition des trophées franco-chinois de la RSE 2019 qui seront remis le 4 octobre prochain. Les entreprises qui souhaitent candidater peuvent déposer leur dossier jusqu’au 31 août.

 

Mardi 21 mai 2019

 

Conférence de l’association Visitatio, qui met en œuvre un modèle novateur de soins palliatifs à domicile fondé sur la mobilisation de volontaires-bénévoles et de soignants spécialisés, sur le thème : « Mobiliser le tissu local : une clé pour les soins palliatifs à domicile » de 8h30 à 10h30 à Paris. Sur inscription.

 

Lancement de la Semaine européenne des fondations. Le Centre français des fonds et fondations (CFF) organisera lors de cette évènement son assembléee générale annuelle.

 

Début du festival Foot d’Elles, projet citoyen du Fonds de dotation de la société Sésame pour la promotion de l’égalité femmes/hommes et la mixité sociale dans le football et plus largement dans la société.

 

Soirée d’inspiration avec le Projet Imagine au Bal Blomet.

 

Mercredi 22 mai 2019

 

Fête de la nature.

 

Conférence de l’European Foundation Centre (jusqu’au 24 mai) à Paris sur le thème « Liberté, égalité, philanthropie ».

 

Vendredi 24 mai 2019

 

Course solidaire « Enfants sans cancer city » au profit de l’association Imagine for Margo à La Défense.

 

Samedi 25 mai 2019

 

Journée citoyenne partout en France.

 

2e édition des Défis Kerpape, dans le cadre de la Semaine de la Bretagne : un évènement sportif au profit du fonds de dotation, pour soutenir la recherche et l’innovation sur le handicap.

 

Dimanche 26 mai 2019

 

Fête des mères. Carenews vous aide à trouver un cadeau éthique et solidaire !

[CHIFFRE] Liberté de presse : la France arrive 32e au classement annuel de RSF

[CHIFFRE] Liberté de presse : la France arrive 32e au classement annuel de RSF

Reporters sans frontières a récemment publié l’édition 2019 de son Classement mondial de la liberté de presse, qui recense la situation de celle-ci dans 180 pays et régions. La France s’y classe 32e, alors que l’ONG alerte sur une situation de plus en plus dégradée à l’échelle mondiale. L’hostilité grandissante envers les journalistes inquiète notamment en Europe, où son image de zone sûre pour la presse s’effrite au rythme de pressions et de violences de plus en plus marquées.

 

Un climat de peur

 

En tête du classement se trouve pour une troisième année consécutive la Norvège, suivie de près par la Finlande et la Suède. En 32e position, la France obtient son meilleur classement depuis 2013, mais arrive 20e à l’échelle de l’Europe. Alors que la dernière année a été marquée par des scandales comme l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, seuls 24 % des pays listés affichent une situation « bonne » ou « plutôt bonne », contre 26 % en 2018.

 

RSF pointe du doigt la peur générée par l’attitude hostile, voire haineuse de plusieurs dirigeants politiques envers la presse comme principale coupable de ce recul, citant notamment les États-Unis en exemple. Malgré le climat général, certains pays affichent de nettes améliorations dans des régions difficiles, grâce à des gouvernements plus ouverts. C’est notamment le cas de l’Éthiopie et de la Gambie en Afrique, qui font des bonds respectifs de 40 et 30 places sur le classement.

 

En Europe, la situation se dégrade

 

Si l’Europe demeure la région qui garantit le plus la liberté de presse, cette position est de plus en plus compromise, alors que l’UE et les Balkans enregistrent la deuxième plus forte dégradation dans les scores du Classement  (+1,7 %). Les meurtres de trois journalistes en Slovaquie, en Bulgarie et à Malte ont mis en avant les dangers auxquels font face les journalistes d’enquête, notamment ceux qui travaillent sur la corruption. Les violences envers les journalistes sont en croissance sur le continent, qu’elles soient physiques ou sur le web. En France, le mouvement des gilets jaunes a vu de nombreux journalistes être menacés, agressés ou harcelés en ligne par les manifestants, mais aussi être blessés par les forces de l’ordre.

 

Un discours anti-média, habituellement l’apanage de régimes autoritaires, fait sa place dans plusieurs démocraties. C’est le cas en Hongrie, où le gouvernement de Viktor Orban fustige régulièrement les médias qui critiquent le pouvoir et refuse de répondre à certains journalistes. En France, des personnalités politiques, comme Jean-Luc Mélenchon, leader de la France Insoumise, ont justifié à plusieurs reprises une haine des médias qui va au-delà de la simple critique.

 

Les pressions judiciaires pèsent également sur les reporters : on observe de plus en plus l’usage de procédures «bâillons», des plaintes en diffamation qui vise surtout à intimider et faire taire les journalistes plutôt qu’à obtenir justice. Des grands groupes commerciaux comme Vinci ou l’homme d’affaires Vincent Bolloré ont notamment fait usage de cette technique envers plusieurs journalistes français.

 

Une analyse poussée de la liberté de presse

 

Lancé en 2002, le classement annuel de RSF est une référence, utilisée notamment par les Nations Unies et la Banque Mondiale. Pour déterminer le rang de chaque pays ou région, RSF a développé un questionnaire de 87 items adressé à des experts du milieu partout dans le monde. La consultation porte sur  le pluralisme, l’indépendance des médias, l’environnement et l’autocensure, le cadre légal, la transparence et la qualité des infrastructures. S’y ajoute une analyse des exactions commises envers les journalistes, et chaque pays se voit attribuer une note de 0 à 100 ; 0 correspondant au meilleur score et 100, au pire.



 

[SHOPPING] Greenuit, une boutique en ligne pour voyager écolo

[SHOPPING] Greenuit, une boutique en ligne pour voyager écolo

Chaque vendredi, Carenews vous présente une idée de shopping solidaire. Cette semaine, nous vous parlons de Greenuit, une boutique en ligne qui propose des produits éco-responsables et éthiques pour partir en voyage en réduisant son impact environnemental.

 

 

 


 

Voyager de manière éco-responsable, est-ce possible ? Nous vous proposions il y a quelques temps des conseils pour un tourisme plus durable. À l’approche des vacances d’été, ceux qui partent profiter de la nature devront aussi faire des choix. Passionnée de plongée sous-marine et initiée au mode de vie zéro-déchet, Vanessa Paquet a voulu réunir en un seul et même endroit des produits de voyage respectueux de l’environnement et a lancé le site Greenuit en février 2018. Sur cette boutique en ligne sont proposés entre autres des plats lyophilisés, de la vaisselle en inox, des produits d’hygiène ou encore de la bagagerie. Les protections solaires ocean-friendly de la marque Alphanova figurent parmi ses produits phares.

 

Consciente que certaines marques s’adonnent au «greenwashing», Vanessa Paquet a procédé à une sélection rigoureuse des articles vendus sur le site, qu’elle a tous testés elle-même. Chaque fiche produit comprend par ailleurs des informations détaillées sur la composition et les attributs, ainsi que des conseils d’utilisation, notamment pour les shampoings et les dentifrices solides. Avec cette e-boutique, la jeune femme espère accompagner les voyageurs dans leurs démarches d’éco-responsabilité. À long terme, elle espère aussi sensibiliser l’industrie de la plongée, et aider à équiper les clubs de produits solaires non-dommageables pour l’environnement.

 

Mécénat territorial : nouvelles perspectives, nouveaux défis

Mécénat territorial : nouvelles perspectives, nouveaux défis

Les collectivités territoriales recourent de plus en plus au mécénat, sous toutes ses formes (financier, matériel, pro bono) pour faire face à la diminution des subventions publiques. Dans ce nouveau contexte, les défis sont nombreux pour mobiliser les entreprises et les particuliers.

 

 

“L’heure du mécénat a sonné pour les collectivités territoriales”, prédisait en 2014 Philippe-Henri Dutheil, alors avocat associé responsable du secteur Organismes sans but lucratif chez Ernst & Young (EY). Les importantes restrictions budgétaires connues par les collectivités territoriales, particulièrement depuis la loi de finances de 2015, ont fait émerger le mécénat comme une solution pour les collectivités. Si certaines villes françaises comme Reims, Le Havre ou Nantes, avaient déjà structuré leur politique de mécénat dès la fin des années 2000, nombre de collectivités n’avaient pas anticipé ce tournant.

 

L’année 2015 a marqué le début d’un “sursaut” des collectivités territoriales en matière de mécénat : fin 2015, des villes comme Romans-sur-Isère, Laval, Hyères, et l’agglomération de Saint-Omer ont lancé leur mission mécénat ; Paris a lancé son fonds de dotation “Fonds pour Paris”, suivie par des villes comme Cannes et Rennes. En 2016, les villes de Blois, Ajaccio ou encore Pessac, près de Bordeaux, ont créé leur mission mécénat en interne, et Montreuil, son fonds de dotation, “Montreuil Solidaire”. En 2017, c’est au tour de Bayonne, Vincennes ou encore Fontenay-sous-Bois de se lancer dans le mécénat, en créant un fonds de dotation, puis de la ville de Tours en 2018 avec une mission mécénat. Derniers en date, la fondation d’Orléans et le fonds de dotation de la ville de Champigny-sur-Marne.


 

“Avoir le même langage que les entreprises”

 

Face à cette montée en force, et en concurrence du mécénat territorial, les pôles dédiés au mécénat se sont structurés et professionnalisé pour être plus efficaces. “Le fundraising est un métier, il s’apprend”, rappelait pour EY la directrice de l’Association Française des Fundraisers (AFF), Yaële Aferiat. “Il ne peut être envisagé uniquement sous l’angle financier et va bien au-delà de l’empilement d’outils ou l’accumulation de projets à financer au coup par coup”. De plus en plus, le mécénat déborde de son attribution historique, la culture et le patrimoine, pour devenir un pôle stratégique et transversal des collectivités territoriales.

 

Une évolution qui déteint sur le profil des équipes en charge du mécénat. “Nous avons beaucoup changé notre façon de recruter”, témoigne Patrice Moueza, en charge du mécénat pour la ville de Rouen. “Au début, nous avons surtout recruté des personnes issues du milieu de la médiation culturelle. Aujourd’hui, nous avons tendance à privilégier des profils plus commerciaux, capables de faire de la prospection et d’avoir une vraie analyse à la fois économique et juridique. Nous nous sommes adaptés pour avoir le même langage que les entreprises”, explique-t-il.



 

Les entreprises locales, mécènes privilégiés

 

Car les entreprises, et surtout celles implantées localement, demeurent les interlocuteurs privilégiés des collectivités territoriales pour le mécénat. Si les entreprises nationales (banques, assurances, bâtiment...) sont des mécènes historiques des territoires, les petites et moyennes entreprises (TPE et PME) s’intéressent de plus en plus à la démarche du mécénat. Le nombre de TPE mécènes aurait même quasiment triplé de 2010 à 2016, selon le baromètre du mécénat d’entreprise Admical, publié en octobre 2018. Et ce nombre devrait continuer à augmenter, depuis que la loi de finances 2019 a instauré une “franchise” de défiscalisation, qui doit inciter le mécénat des petites entreprises.

 

Moins informées sur le dispositif du mécénat, et moins structurées pour le mettre en place, les petites entreprises font l’objet d’un effort particulier de pédagogie de la part des collectivités. Car le partenariat est gagnant-gagnant : très dépendantes du bassin d’emploi local, les TPE et PME peuvent trouver un direct dans la pratique du mécénat. “Nous essayons de montrer aux TPE et PME qu’en faisant du mécénat, elles valorisent le territoire et le rendent attractif auprès de potentiels talents. C’est un élément très important, car certaines d’entre elles ont des difficultés à recruter, notamment pour de hauts postes”, analyse Christophe Allonier, chargé du mécénat de la ville du Havre. “On se rend compte que les entreprises sont très attachées à leur territoire et à leurs équipements culturels. Au-delà de l’intérêt fiscal, il y a une vraie fierté du territoire”, observe Marina Derrien, responsable mécénat de la métropole de Metz.

 

Si le mécénat augmente, ses formes se diversifient également, en faveur notamment du mécénat de compétences. Les collectivités qui s’y essaient y trouvent un véritable intérêt en matière gestionnelle. Le mécénat de compétences leur permet de réaliser plus de chantiers sans contredire leurs impératifs budgétaires, mais aussi de s’affranchir du calendrier des entreprises, pour qui la politique de mécénat est généralement contrainte par l’exercice comptable et fiscal. Et les entreprises y trouvent aussi leur compte : “Le fait que l’entreprise réalise elle-même une prestation, plutôt que de la financer, peut s’avérer plus valorisant en termes d’image et de communication”, analyse Patrice Moueza, de Rouen.


 

Mobiliser les habitants par le crowdfunding, une opération délicate

 

Côté particuliers, rares encore sont les collectivités qui font appel aux habitants pour leur politique de mécénat. Certaines font délibérément le choix de ne s’adresser qu’aux entreprises, à l’image de Hyères, Blois, ou encore Metz ; parce que l’engagement des entreprises est suffisant, ou parce que la communication auprès des citoyens n’a pas encore été bien installée. Comme l’explique Sophie Haguet, chef de projet financements extérieurs de Blois, “mettre en place une démarche d’appel aux particuliers demande beaucoup de temps. Il faut des outils différents, spécifiques, et faire beaucoup de communication, procéder par acculturation progressive des citoyens”. Sachant que l’accès au crowdfunding pour les collectivités n’a été véritablement démocratisé qu’avec un décret de décembre 2015, la prudence reste encore souvent de mise.

 

Mais certaines villes bénéficient déjà de cette acculturation au “mécénat populaire”, et choisissent de la mettre à profit pour des opérations ponctuelles, pour des projets fédérateurs, comme le jardin des plantes à Rouen. Ou pour des opérations de long terme, à l’image du Pont de Pierre, monument emblématique de Bordeaux et pour la rénovation duquel les habitants sont invités à participer à une course annuelle, le 10 km des Quais de Bordeaux. La ville a également innové cette année en lançant une plateforme de collecte de dons, développée par KissKissBankBank. La plateforme doit permettre, encore une fois, de soutenir des symboles de la ville (le museum, la bibliothèque), mais aussi de financer un service de transport par bac sur la Garonne.

 

“Il semble que cette philanthropie de proximité et territorialisée, initiée par les collectivités, se développe pour à permettre aux citoyens de s’approprier ou se réapproprier le territoire, transformant le citoyen seul contributeur (par l’impôt) en acteur (par le don)”, analyse l’Institut de la gouvernance territoriale et de la décentralisation.

 

 

 

Les low-tech ou comment vivre en harmonie avec son écosystème  

Les low-tech ou comment vivre en harmonie avec son écosystème  

Alors que se tient le salon Viva Tech, rendez-vous mondial des startup novatrices, se pose la question de l’impact des technologies sur l’environnement et de notre capacité d’autonomie. Et si la transition énergétique devait passer par des technologies qui nous permettent de vivre en harmonie avec notre écosystème ? Carenews vous présente les low-tech et leurs ambitions, dont une invitation à la sobriété et au pouvoir d’agir.

 

 

Une application qui nous donne la composition de nos aliments, c’est bien. Avoir accès à une base de donnée de plantes qu’on peut faire pousser chez soi grâce à des technologies low-tech, c’est mieux. Pourquoi ? Cela permet d’être plus autonome et plus respectueux de notre environnement. Prenons un autre exemple. « En Bretagne, nous avons observé une augmentation des panneaux photovoltaïques qui finalement présentent un faible rendement énergétique, c’est à dire que seulement 20 à 30 % de l’énergie reçue est transformée en électricité. Contrairement aux ardoises naturelles – matière localement abondante – traditionnellement présentes sur les toits bretons, qui captent et emmagasinent la chaleur avec un rendement d’énergie thermique de 80 % », explique Quentin Mateus, membre du Low-tech Lab, un projet de recherche et de documentation collaborative visant à diffuser et promouvoir les low-technologies.

 

Donner les moyens à chacun de vivre en harmonie avec son écosystème, telle est la philosophie des low-tech. « Réduire les inégalités en redonnant à chacun le pouvoir d’agir grâce aux connaissances pratiques et réduire l’impact environnemental sont les deux principaux aspects des low-tech », complète-t-il. Dans une note pédagogique de la Fabrique Écologique, on apprend qu’« il serait dangereux de faire reposer la transition écologique sur une innovation technologique toujours plus complexe : les high-tech ont souvent tendance à accélérer notre modèle extractiviste, à nous éloigner de l’économie circulaire et à provoquer de nombreuses problématiques sociales, humaines et politiques ».

 

Nécessité de remettre en cause le progrès technologique et l’innovation

 

Lors d’une conférence sur la low-tech organisée par Socialter, Alexandre Monnin, docteur en philosophie sur le sujet de l’architecture du web et enseignant-chercheur, interpelle le public : « On est en train de fabriquer “le monde numérique” sans parler de ses  limites physiques » ; avant d’ajouter que « la technologie n’est pas une solution, il faut mettre du sens derrière ». Dans son rapport sur l’impact environnemental du numérique publié le 4 octobre 2018, le think tank, The Shift Project, alertait sur la consommation d’énergie du numérique, aujourd’hui en hausse de 9 % par an. En revanche, ce constat n’est pas une fatalité. Selon lui, il possible de la ramener à 1,5 % par an en adoptant la « sobriété numérique » comme principe d’action.

 

« Aujourd'hui, on pense qu’on va tout régler avec des matériaux intelligents et des énergies renouvelables. Ce qui insuffle le développement des solutions, ce n’est plus le progrès humain, ni même la réduction des émissions de CO2, mais l’augmentation de notre confort — ou plutôt de notre assistanat. Le principal levier d'innovation, c’est de créer des besoins que nous n’avons pas encore », raconte Quentin Mateus avant d’ajouter qu’« on oublie qu’internet consomme aujourd'hui bien plus d’énergie que l’aviation civile ». En effet, selon le rapport de la Global e-Sustainability Initiative (GeSI), l’ensemble des services internet est responsable de 2 % des émissions de CO2 dans le monde, autant que l'ensemble du secteur aérien.

 

Un constat partagé par Philippe Bihouix, spécialiste de la finitude des ressources minières et de son étroite interaction avec la question énergétique, qui précise que « si les high-tech nous éloignent de l’économie circulaire, c’est parce que les produits électroniques, miniaturisés, les alliages complexes ou les matériaux composites, sont difficiles à recycler : la ressource n’est pas récupérée, mais utilisée ou utilisable dans des usages moins nobles ».

 

Les low-tech : répondre à un besoin et consommer peu d’énergie

 

« Selon la note co-rédigée dans le cadre d'un groupe de travail de la Fabrique Écologique, la démarche low-tech se décompose en trois étapes : questionner le besoin, puis, s’il existe, trouver la réponse la plus simple, sobre et écologique et enfin se demander si celle-ci apporte des connaissances, plus d'autonomie », explique Quentin Mateus. L’idée est finalement d’être collectivement plus résilient. Les toilettes sèches, les fours solaires ou les vélos dans les gares qui rechargent les téléphones grâce aux coups de pédales montrent que les low-techs existent déjà. Leurs caractéristiques ? Être des technologies simples, durables et développées à l’échelle locale. Conçues à partir de matériaux recyclés ou puisées dans la nature, elles répondent à des problématiques vitales, et ne consomment que très peu d’énergie.

 

High-tech : travailler la question de sens et de besoin

 

L’idée des low-tech n’est pas de refuser les progrès technologiques, mais de réfléchir à cette technologie et ses impacts. La mission du Low-tech Lab, acteur de la Tech For Good, est de questionner l’impact de la technologie avec un regard critique. D’ailleurs, certains acteurs comme Simplon, MakeSense et Latitudes sont engagés dans cette démarche. Par exemple, Simplon, en plus de proposer des formations au code à des jeunes en situation d’exclusion, souhaite développer des formations low-tech.

 

Alexandre Monnin précise qu’ « il faut éviter que le low-tech devienne un nouveau secteur de marché, mais plutôt réencadrer le low-tech dans la question des organisations » et Philippe Bihouix ajoute que « penser low-tech, c’est créer des emplois, pas des machines ».

 

 

 

 

 

 

 

Article modifié le 16 mai 2019.

 

[HORS-FRONTIÈRES] Qu’est-ce que t’en déduis ? Les avantages fiscaux du don

[HORS-FRONTIÈRES] Qu’est-ce que t’en déduis ? Les avantages fiscaux du don

L’incendie de Notre-Dame de Paris et l’élan de générosité qui s’est ensuivi ont mis la philanthropie au centre du débat public. Au-delà de l’émotion initiale, les dons d’importance fait par les riches familles françaises (Arnault, Pinault, Bettencourt-Schueller…) ont déclenché un second débat dans l’espace public : celui sur les avantages fiscaux attachés au don. À la suite d’une année 2018 qui aura vu la fiscalité au centre de beaucoup de débats (chute du don IFI/ISF, rapport de la Cour des Comptes sur le mécénat d’entreprise…), il nous a semblé intéressant de mettre en perspective le régime français dans notre rubrique mensuelle consacrée à la philanthropie à l’étranger. Nous ne reviendrons pas ici sur les débats relatifs à la place de la philanthropie dans les démocraties, ce sujet étant largement commenté. En revanche, nous nous intéresserons au don hors de France. Comment le don est-il considéré par les administrations fiscales d’autres pays ? Le mécanisme français est-il si généreux par rapport à eux ? Éléments de réponse.

 

 

Incitation fiscale au don, associations avantagées : un consensus mondial

 

Le rapport Rules to Give By réalisé par la Charities Aid Foundation, l’ONG Nexus et le cabinet d’avocats McDermott Will & Emery LLP, permet d’avoir une vision d’ensemble des dispositifs fiscaux à travers le monde. Et le constat est sans appel : la majorité des pays du monde met en place des incitations au don. À travers le globe, ils sont 77 % à avoir un dispositif à destination des entreprises et 66 % en direction des individus. Cette différence a plusieurs explications : les pays à faibles revenus (selon la définition de la Banque Mondiale) ne sont que 44 % à proposer des avantages fiscaux aux individus et 28 pays proposent des avantages aux entreprises mais pas aux particuliers.

Autre sujet de consensus : l’exonération partielle de taxes pour les organisations à but non lucratif. En effet, seuls 9 pays ne proposent aucun dispositif de réduction de l’impôt et, si le type d’exemption varie d’un pays à l’autre, 94 % des États prévoient un avantage sous une forme ou une autre.

 

La France dans le top 11

 

Pour établir un classement, l’étude met en place un système à points (de 0 à 11) lequel est par définition arbitraire. Il n’en demeure pas moins que seuls 11 pays obtiennent la note maximale : Belgique, Canada, USA, UK, Danemark, Allemagne, Irlande, Italie, Singapour, Suisse et la France (sans ordre particulier). Ces pays sont les seuls à cocher toutes les cases, à savoir des incitations différenciées en fonctions des acteurs (entreprises, individus…) et des types de dons (legs notamment), une exemption de taxes pour les associations et à avoir des demandes de reporting basées sur la taille de ces dernières.

À la lecture de la composition de ce « club des 11 », il peut être tentant de conclure rapidement que les pays riches ont par définition des scores importants. C’est vrai et faux : les pays à hauts revenus ont effectivement un score moyen supérieur (8,9) aux pays à revenus « moyens hauts » (7,4), « moyen bas » (6,9) et « bas » (5,8). En revanche, ces moyennes ne disent rien de l’hétérogénéité dans chaque catégorie. La Bolivie, l’Egypte ou l’Indonésie (tous des pays aux revenus « moyen bas ») obtiennent en effet un 10/11. Le Bengladesh, le Bénin ou Haïti, pays à bas revenus, obtiennent 9/11. La Norvège (5/11), le Qatar (6/11) et la Finlande (6/11), qui comptent parmi les pays les plus riches du monde ont, étonnamment, un dispositif fiscal peu élaboré.

 

L’incitation fiscale au don : un système efficace

 

Plutôt que la teneur des dispositifs (pour l’Europe, vous lirez avec profit les « country profiles » de Transnational Giving Europe), l’étude semble surtout montrer qu’il existe une corrélation entre l’environnement légal/fiscal incitatif et la propension à donner. En croisant les données obtenues avec celle du World Giving Index, il en ressort que les pays qui proposent des avantages fiscaux aux individus ont plus de chances de voir leurs populations effectuer des dons (33 % vs 21 % dans les pays sans incitation). Par exemple, dans les pays à faibles revenus sans dispositif, 18 % des habitants donnent contre 27 % dans les pays où il existe une incitation à le faire. En revanche, l’existence d’un dispositif différencié individus/entreprises n’a pas d’impact significatif.

La méthodologie du rapport ne permet cependant pas de juger de l’ampleur (quelles incitations ?) ni de la qualité de la mise en œuvre des dispositifs (sont-ils utilisés ou non ?) et se borne à constater leur existence ou leur absence. Enfin, les pays n’ayant pas d’impôt sur les individus ou les sociétés ne sont pas investigués (Arabie Saoudite, Monaco…).

 

Pour imparfaite qu’elle soit, l’étude Rules to Give By permet d’avoir une vision d’ensemble des incitations à la fiscalité dans le monde. Elle manque sans aucun doute de profondeur car elle se borne à constater l’existence ou non d’un dispositif. Elle ne recense pas s’il est trop spécifique ou réservé à certaines causes, etc. Elle permet en revanche de lier assez nettement l’existence d’incitations et le développement d’une culture philanthropique, sans que le premier soit un critère exclusif…   

 

[ÉCLAIRAGE] Donner sur les réseaux sociaux, on like ?

[ÉCLAIRAGE] Donner sur les réseaux sociaux, on like ?

Ils fédèrent des millions d’internautes et représentent un vivier de donateurs conséquent pour les ONG. Les réseaux sociaux comme Facebook, Twitter ou encore Instagram sont aujourd’hui un important support de levée de fonds, à grande échelle et à moindre coût. Pour autant, le « like » est-il suivi par un engagement concret ?

 

 

 

Depuis quelques années, donner à des associations ou des fondations sur les réseaux sociaux, c’est possible. En 2015, Facebook a lancé son outil de collecte pour les ONG, après qu’un million de dollars a été récolté en moins de 48h pour soutenir les victimes d’un séisme au Népal. Sur Twitter, après que d’autres s’y sont essayés (le groupe bancaire BPCE avait lancé, en 2014, l’application S-Money à l’occasion du Téléthon), l’entreprise française HeoH a développé en 2017 le GoodTweet, une solution pour faire des petits dons grâce à un hashtag. Instagram promet bientôt, de son côté, une option « don » dans les stories.

 

L’idée semble bonne, puisque la quasi-totalité des ONG sont présentes sur les réseaux sociaux : 93 % des ONG dans le monde auraient un compte Facebook, 77 % un compte Twitter et 50 % un compte Instagram, selon une étude de 2018 du blog Nonprofit Tech for good. Pour 71 % des ONG interrogées, les réseaux sociaux sont un outil efficace pour la levée de fonds.


 

Facebook tire son épingle du jeu

 

Sur Facebook, c’est particulièrement vrai. Le réseau social propose depuis 2015 une fonction « don » sur les pages des associations et ONG avec l’objectif de « permettre à ses utilisateurs de soutenir des causes sans quitter Facebook » (sic) ! Le réseau social a mis à disposition des ONG une véritable « boîte à outils » pour la levée de fonds et la publicité. Selon les dernières données, publiées en novembre 2018, Facebook aurait permis de récolter un milliard de dollars depuis 2015, grâce à 20 millions de donateurs de 19 pays.

 

Les Restos du Cœur, qui a fait partie des beta-testeurs en France en 2017 et qui se place dans le trio des associations françaises ayant le plus récolté sur Facebook, se dit « très satisfaite » par le dispositif. « Cela nous permet de récolter sans frais et cela nous donne de la visibilité», résume Bernard Vaginay, responsable bénévole des dons et legs aux Restos du Cœur. En un an et demi, l’association a récolté près de 390 000 euros, soit 1,32 % de sa collecte totale, avec environ 2 000 dons par mois et un don moyen de 20 euros... que Facebook abonde depuis octobre 2018. Le réseau social aurait ainsi reversé 55 000 euros aux Restos du Cœur depuis la mise en place du dispositif.


 

« Les gens ne sont pas du tout prêts à donner sur Twitter »

 

Pour autant, les réseaux sociaux sont peu plébiscités par les donateurs qui sont seulement 25 % à trouver qu’ils incitent suffisamment au don, selon la même étude Nonprofit Tech for good. Car voilà : Facebook, Instagram ou Twitter sont avant tout des réseaux sociaux. « Changer les usages est très compliqué », commente Ghislain d’Alançon, le fondateur de HeoH. « On a lancé la fonctionnalité de don sur Twitter pour innover, mais sans trop y croire. Il s’avère que les gens ne sont pas du tout prêts à donner sur Twitter », reconnaît-il.

 

Sur les réseaux sociaux, les internautes ont plus facilement tendance à répéter des comportements typiques, comme « liker » (aimer), commenter ou partager, pour manifester leur soutien à une cause ou une association, plutôt que de s’engager financièrement. C’est ce qu’on appelle le « slacktivisme » (de l’anglais slacker, fainéant), une forme d’activisme sans réel engagement qui a émergé avec les réseaux sociaux au début des années 2000. Avec un effet pervers : en ayant l’impression d’avoir réellement contribué à soutenir une cause en likant ou en partageant une information, les « slacktivistes » se désengagent d’autant plus dans la vraie vie.


 

Les influenceurs mobilisent en masse

 

Les plus efficaces, sur les réseaux sociaux, ce sont encore les influenceurs, youtubers et instagrammers en tête, qui se servent de leur notoriété pour mobiliser les internautes. À l’image du Français Jérôme Jarre, connu pour ses vidéos sur les réseaux Vine et Snapchat, qui avait levé deux millions de dollars en deux mois, fin 2017, pour venir en aide au peuple Rohingyas, persécuté en Birmanie.

 

Lors des Rencontres de la communication solidaire 2017, Jean-François Riffaud, directeur de la communication de l’ONG Action contre la faim, livrait son analyse sur cette tendance croissante : « Les ONG sont perçues comme des institutions qui ne défendent que des intérêts personnels (...). Les réseaux sociaux doivent être la clé si on veut se désinstitutionnaliser. L’une des solutions serait sans doute de donner la parole à ceux qui ont le plus d’influence et d’intégrer les bénéficiaires à l’expression des combats des ONG en utilisant les réseaux sociaux. »

[EN IMAGES] « Les harceleurs, j’en ai plein le dos » : stop aux agressions !

[EN IMAGES] « Les harceleurs, j’en ai plein le dos » : stop aux agressions !

À la suite d’une agression dans le métro, Anaïs Leleux ne trouve pas d’aide efficace auprès des dispositifs mis en place par la RATP. Pour sensibiliser au harcèlement sexuel dans les transports en commun et interpeller la RATP, Anaïs Leleux, membre du collectif « Nous Toutes » a lancé le 23 avril 2019 plusieurs initiatives. Au programme : une réadaptation de la chanson engagée de Angèle avec « Balance ta rame », chantée sur les ligne 5 et 1 du métro parisien suivie d’une manifestation devant le siège de la RATP à Bercy. Et pour couronner le tout, une campagne #BalanceTonMétro a été lancée sur le réseau social Twitter. Carenews revient sur cet évènement.

 

« J’ai ai été agressée sexuellement à Paris il y a 3 semaines. En sortant du métro, j’en parle immédiatement à un agent de la RATP qui me conseille de porter plainte sinon l’agresseur recommencera. Or, aujourd’hui il n’y a que 10 % des victimes qui portent plainte et parmi les plaintes déposées, 10 % aboutissent à un procès », raconte Anaïs Leleux qui reproche à la RATP son manque d’implication pour mettre en place des actions efficaces face à ce fléau.

 

Dénoncer un système qui ne pénalise pas les agresseurs

 

« Il est important de ne pas culpabiliser les victimes, mais l’agresseur. On voudrait me faire croire que si ce gars recommence, c’est de ma faute. C’est tout simplement un prédateur qui se moque du consentement des femmes », complète-t-elle se souvenant de ses échanges avec cet agent de la RATP après l’agression. Dans 20 Minutes, elle précise avoir essayé d’appeler via une borne d’appel, sans succès.

 

Cette membre du collectif « Nous Toutes », un collectif féministe créé en juillet 2018 avec l’idée d’en finir avec les violences faites aux femmes a  refusé d’appeler le 3117, une ligne qui permet de signaler rapidement un danger se déroulant à bord d’un train ou d’une gare. « Cette ligne pose problème, car c’est une ligne générale et les agents ne sont pas formés à accompagner des personnes victimes d’agressions. Il faudrait une ligne spécifique en capacité d’accueillir la parole des victimes », argumente-t-elle.

 

Sensibiliser au harcèlement sexuel dans les transports

 

À la suite de cet évènement, avec certaines de ses amies également concernées par ce problème, elles décide d’interpeller les usagères et usagers le 23 avril 2019. Avec le mot « proie » inscrit sur leur front, elles se rassemblent au métro Filles du Calvaire et réécrivent la chanson engagée de Angèle Balance ton quoi avec “Balance ta rame” et des paroles comme : « Ils nous demandent nos numéros, nos noms, adresses et trucs persos. Font parfois des bruits d’animaux, pour peu, on se croirait au zoo. Nous lâchent que si on a un mec, donc on leur invente des disquettes. On voudrait juste avoir la paix, est-ce que c’est vraiment trop demander ? Balance ta rame ! ».

 

Sur la ligne 5, puis la ligne 1, le groupe de cinq filles se déplace en chantant jusqu’au siège de la RATP à Bercy. Une fois, sur place, des échanges ont pu avoir lieu avec les chauffeurs et la responsable communication du Groupe qui estime faire le nécessaire, selon les propos recueillis par Anaïs Leleux . « Vous avez raison de le faire. Des signalements comme le vôtre, j’en ai tous les jours », raconte l’un des chauffeurs. « La RATP a une obligation de résultat en tant que transporteur ; celui de garantir la sécurité des usagers. Ces agressions ne devraient pas arriver », précise Anaïs.

 

Pour sensibiliser un maximum de personnes, une série de visuels détournant les noms des métros parisiens a été créée dans le cadre de la campagne #BalanceTonMétro. On peut y lire : « Quatre Septembre / Harcelées comme les autres jours de l'année » en passant par « Bienvenue à Pervers Lachaise ». Toutes les femmes victimes d’agressions étaient invitées à réagir sur twitter. « Il y a eu beaucoup de témoignages de jeunes filles mineures », souligne Anaïs avant de conclure que « la manque d’éducation en France sur les questions de consentement reste la source du problème. C’est un travail de pédagogie à faire ! »


 

 

Prix Rolex 2019 : le public invité à voter pour son projet préféré

Prix Rolex 2019 : le public invité à voter pour son projet préféré

La société Rolex vient d’annoncer les 10 finalistes de son concours Prix Rolex à l’esprit d’entreprise 2019, qui récompense les pionniers qui œuvrent pour le bien commun. Une nouveauté cette année, le public est invité à voter pour ses candidats préférés pour aider le jury à sélectionner les lauréats.

 

 

Lancés en 1976, les Prix Rolex à l’esprit d’entreprise récompensent les porteurs de projets novateurs dans trois catégories : l’environnement, les sciences et techniques appliquées et l’exploration. Depuis sa création, le concours a soutenu 140 lauréats. Cette année, 10 finalistes originaires de 9 pays ont été sélectionnés parmi 957 candidatures.

 

Les internautes sont conviés à découvrir le profil de chaque finaliste et voter pour ceux qu’ils considèrent les plus inspirants, jusqu’au 12 juin 2019. À cette date, les 10 finalistes présenteront leurs projets à l’occasion du National Geographic Explorers Festival à Washington D. C. devant un jury international de 10 experts. Le 14 juin seront annoncés les 5 lauréats, qui bénéficieront d’une bourse de 200 000 francs suisses, d’un chronomètre Rolex et d’une campagne médiatique internationale.

 

L'information en direct des associations et des mécènes