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#TousPourUnBonnard, l’opération de crowdfunding du musée Bonnard

#TousPourUnBonnard, l’opération de crowdfunding du musée Bonnard

[ENTRETIEN] Christian Thimann, directeur du Fonds AXA pour la Recherche

[ENTRETIEN] Christian Thimann, directeur du Fonds AXA pour la Recherche

Passage au numérique : nouvelle convention de mécénat pour l’Opéra de Limoges

Passage au numérique : nouvelle convention de mécénat pour l’Opéra de Limoges

[ON Y ÉTAIT]  ESSEC : Le don rend-il heureux ?

[ON Y ÉTAIT]  ESSEC : Le don rend-il heureux ?

Carenews, l'actualité des associations, du mécénat et de la philanthropie

[LU] L’OMS sous l’influence des donateurs ?

[LU] L’OMS sous l’influence des donateurs ?

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) voit depuis 1990 la part des dons privés augmenter significativement dans son budget. L’année dernière, les contributions volontaires ont représenté près de 80% de ses financements. Une générosité salutaire mais qui influencerait les priorités de l’organisation.



Les dons privés en forte hausse

Si, à l’origine, les cotisations des États membres étaient majoritaires dans la composition du budget de l’OMS, l’explosion des dons, durant ces dernières années, a complètement rééquilibré la balance. Bilan : en 2016, 80 % des financements de l’organisation provenaient de contributions privées, soit près de 1,7 milliard de francs suisses pour un budget total de 2,4 milliards. Parmi les plus généreux, les États-Unis et la Grande-Bretagne qui accordent des subventions supplémentaires au-delà de leurs cotisations, mais aussi la fondation Bill & Melinda Gates ainsi que la fondation GAVI Alliance.

 

La politique de l’OMS sous influence ?

Bien que l’action du philanthrope Bill Gates soit essentielle au financement de l’OMS (86 milliards de francs suisses), cette dernière n’en demeure pas moins controversée. Les observateurs s’interrogent sur le manque d’indépendance de l’OMS, qui alignent ses priorités sur certains intérêts privés. Exemple sans appel : la lutte contre la polio, programme pour lequel le budget de l’organisation est le plus élevé, atteignant 870 millions de francs suisses pour les années 2016/2017. Or, l’éradication de la maladie se révèle être le cheval de bataille du célèbre fondateur de Microsoft. Une proximité troublante qui met en lumière l’influence grandissante de certains donateurs sur l’agenda de l’OMS. Antoine Flahault, directeur de l'Institut de Santé Globale de la Faculté de Médecine à l'Université de Genève, souligne à ce propos : "Si un jour on éradique la polio de la planète, on pourra le devoir en grande partie à la Fondation Bill Gates. En revanche, l'OMS est moins libre, parce que les dons vont orienter la politique là où le donateur souhaite l'orienter, puisqu'il donne pour une cause. Il ne donne pas pour l'OMS".

 

Définir la politique de santé mondiale 

Autre difficulté, la hiérarchisation des objectifs de l’OMS, en fonction des intérêts particuliers, pose en même temps la question de la pertinence des combats menés. Jean-Marie Kindermans, président de l’Agence Européenne pour le Développement et la Santé (AEDES), interrogé par le média suisse RTSinfo, considère que l’enveloppe budgétaire de l’OMS devrait être destinée à la lutte contre des maladies qui tuent davantage aujourd’hui comme la tuberculose, le VIH ou encore l’hépatite C. Pour résoudre ces problématiques, le spécialiste estime nécessaire l’ouverture d’un débat public pour définir une politique de santé mondiale, véritablement ordonnée aux exigences de bien commun. 

[QUOI DE NEUF ?] ACTUALITÉS & ÉVÈNEMENTS DU MÉCÉNAT ET DES ASSOS (25/06-1/07)

[QUOI DE NEUF ?] ACTUALITÉS & ÉVÈNEMENTS DU MÉCÉNAT ET DES ASSOS (25/06-1/07)

L'actu solidaire de Carenews et les évènements, conférences, remises des prix ou encore appels à projets qui vont rythmer le monde du non-profit, des associations, du mécénat, de la RSE et de l'intérêt général.



Jusqu'au 5 novembre 

L' exposition Les meilleurs ouvriers de France met en lumière les métiers de l’artisanat au musée des arts et métiers à Paris avec le mécénat d'EY (#expoMOF). Les visiteurs pourront y découvrir les outils, matériaux, lieux et processus de production ainsi que la vie de ces ouvriers hors du commun.

Jusqu'au 9 juillet 

Exposition Orange Rouge "Ostréanie !" à l'ENSAPC YGREC de Paris


Du 23 au 25 juin 

Festival Solidays au profit de Solidarité Sida à Paris

Dimanche 25 juin 

Salon Emmaüs Paris avec des street artistes, des ateliers DIY, un stand de tatouage, des animations festives et militantes et pour la première fois un salon du livre militant, pour la parution du livre Emmaüs : le combat continue.

Jusqu'au 25 juin 

Festival Food Sweet Food, des restaurants confient leurs cuisines à des chefs réfugiés dans toutes l’Europe.

27 et 28 juin 

Deauville Green Awards, festival international des productions audiovisuelles pour le développement durable et les éco-innovations. 370 films sélectionnés en accès libre, des tables rondes d'experts et des ateliers

Vendredi 30 juin 

 Nuit de l'accessibilité parrainée par Michaël Jeremiasz. Le handisport est à l'honneur dans Paris.

 

[SHOPPING] Je vous parle d’un temps : des nouvelles pour soutenir les femmes

[SHOPPING] Je vous parle d’un temps : des nouvelles pour soutenir les femmes

Le recueil de nouvelles Je vous parle d’un temps est disponible sur le site d’e-commerce Amazon le 1er juin 2017. La totalité des bénéfices sera reversée à l’association des Lauréates de la Fondation ELLE.



Je vous parle d’un temps, des nouvelles sur le thème de la nostalgie

 

Je vous parle d’un temps est un recueil de nouvelles réalisé par le collectif d’auteurs de la Pieuvre. Il s’agit d’un collectif de douze auteurs indépendants : Solenne Hernandez, Elsa Chapelier, Victor Boissel, Laura D., Jérôme Dumont, Frédéric Meurin, Nina Frey, Albine Tangre, Franck Driancourt, James Osmont, R. Eve et Nolwenn Renard. Tous se sont penchés sur le thème de la nostalgie. Chacun a écrit une nouvelle sur le sujet qui est publiée dans le recueil, dont les bénéfices seront entièrement reversés à l’Association des Lauréates de la Fondation ELLE. Le recueil est disponible depuis le 1er juin prochain sur le site Amazon au prix de 9 euros en livre broché ou 2,99 euros en format E-Book.

 

L’association de Lauréates de la Fondation ELLE

 

La Fondation ELLE est une fondation d’entreprise qui a été créée en 2004 par le Groupe Lagardère Active. Elle se consacre tout particulièrement à la promotion des droits des femmes dans le monde, à leur émancipation par l’éducation, la formation et l’information. Elle a soutenu en 2016 une trentaine de projets dans ce sens. L’Association des Lauréates de la Fondation Elle a pour mission de soutenir les bénéficiaires de la Fondation d’entreprise en France comme à l’étranger.

[DERNIÈRE MINUTE 25] Les brèves mécénat, des associations, de l'intérêt général

[DERNIÈRE MINUTE 25] Les brèves mécénat, des associations, de l'intérêt général

Toutes les infos que nous n'avons pu intégrer au planning éditorial de carenews.com mais qui font rayonner l'intérêt général ! Cette semaine, 13 enfants ont été sauvés grâce aux 24 Heures du Mans, le Défenseur des droits de Calais dénonce les pouvoirs publics, un frigo solidaire a été mis à disposition à Paris et Virginie Ledoyen s'engage dans la lutte contre le cancer du sein. Retrouvez en bref des actualités : sur le mécénat et les partenariats d'entreprise, sur l'investissement social mais aussi les nouveautés du monde associatif et humanitaire, des innovations techniques pour la levée de fonds et l'engagement de people. Ainsi que quelques offres d'emploi, de stage ou de service civique.

Entreprises et mécénat

La Macif lance le premier Grand Programme de service civique mutualiste avec Unis-Cité. Ce nouveau programme aura pour objet de renforcer les actions de terrain du groupe, permettre aux jeunes d’acquérir de l’expérience et favoriser leur insertion et valoriser l’expression de la citoyenneté dans la société civile. Un projet pilote sera mis en place dès janvier 2018.

 

Les bénéfices de la vente de livre de recette « Le meilleur pâtissier », issu de l’émission M6 du même nom avec un numéro spécial célébrités, seront reversés à la Fondation de France. La nouvelle saison a commencé ce 21 juin 2017.

 

Le 15 juin, l’Ademe a présenté deux guides pour être plus écolo au bureau. Éviter les économiseurs d ‘écran animés, économiser le papier, recycler les cartouches d’encre… Les astcues sont nombreuses dans la « Boîte à outils » de l’Ademe.

 

Actu des assos

 

13 enfants ont pu être sauvés grâce à l’édition 2017 des 24 Heures du Mans. Les fonds collectés lors de la dernière édition ont été reversés à Mécénat Chirurgie Cardiaque et ont permis de les opérer.


Une ancienne députée a créé une association qui s’adresse aux 40 % des nouvelles élues qui viennent de prendre leur place à l ‘Assemblée Nationale. L’Association des Anciennes Députées accueille les nouvelles élues pour les conseiller, et les mettre en garde contre de potentiels comportements sexistes.

 

Mardi 27 juin, LADAPT, association pour l'insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées, organise à Pantin un Handicafé© afin d'offrir aux candidats handicapés et aux recruteurs un moment convivial et informel pour répondre aux besoins de chacun.

 

Le 20 juin 2017, l’association française des Entreprises pour l’Environnement a délibéré à la suite de son appel à projets « Consommation : quel message vous ferait basculer ? » destiné aux moins de trente ans. C’est Coline Nelson qui a obtenu le premier prix avec son projet « My Water Can ».

 

Virginie Ledoyen s’est engagée auprès de l’association Skin pour la lutte contre le cancer du sein. La comédienne française qui a elle-même subi un cancer du sein a rencontré la fondatrice de l’association, Cécile Reboul, et a choisi de faire profiter de sa notoriété et de donner se son temps à l’association.

 

Et aussi...

 

Du 21 juin au 13 octobre, l’AP-HP et le CHU de Nantes attirent l’attention du public sur l’hôpital numérique du futur. Cet appel à manifestation d’intérêt a pour objet d’identifier les innovations nécessaires pour l’hôpital de demain et de faire évoluer les pratiques et les dispositifs du milieu médical.

 

À Calais, le Défenseur des droits dénonce des atteintes « d’une inédite gravité ». Jacques Toubon somme les pouvoirs publics de « ne pas s’obstiner dans ce qui s’apparente à un déni d’existence des exilés » et demande « l’autorisation des distributions de repas et la mise à l’abri des mineurs »
 

 

Victoria Mandefield, une étudiante en école d’ingénieure de 22 ans, a développé une carte interactive pour aider les sans-abri à trouver les services dont ils ont besoin. Le site Infomeless recense les accueils de jour, les douches et toilettes publiques, Pôle Emploi…

 

Le 14 juin, la maison Caillebotte a rouvert ses portes à Yerres. Cette bâtisse que le peintre a fréquentée entre 1860 et 1879 s’est vu donner une nouvelle vie grâce au mécénat de la ville, de la région, la réserve parlementaire du maire ainsi que la Fondation Total.

 

Un frigo solidaire a vu le jour à Paris en réaction à la semaine caniculaire. Soit pour y déposer des boissons fraîches pour les autres ou en prendre une pour soi, ce frigo situé dans la rue est ouvert à tous.

 

Le mardi 20 juin, Ressources Solidaires a publié l’article « L’ESS sera-t-elle prise en compte dans le Gouvernement Philippe 2 ? » dans lequel Guillaume Chocteau s’adresse au Gouvernement pour donner plus de visibilité à l’ESS et une « vraie administration interlocutrice, moteur, conseillère, dotée de vrais moyens d’action ».

 

La Fondation RAJA-Danièle Marcovici a remis les prix RAJApeople 2017 aux associations « Food 2 Rue » et « Planètes Enfants & Développement », qui se sont partagées près de 15 000 euros.

[CHIFFRES] Fondation BNP Paribas: 6 millions d’€ dédiés au changement climatique

[CHIFFRES] Fondation BNP Paribas: 6 millions d’€ dédiés au changement climatique

La Fondation BNP Paribas annonce le financement de huit projets de recherche internationaux portant sur le changement climatique. La fondation injectera 6 millions d’euros dans son programme Climate Initiative pour mener à bien ces projets à grande échelle.



Huit projets internationaux, un problème global

La Fondation BNP Paribas réaffirme son engagement dans la protection de l’environnement en dotant son programme Climate Initiative de 6 millions d’euros. Cette nouvelle injection, qui sera réalisée d’ici 2019, servira à financer huit projets de recherche internationaux sur le changement climatique. L’apport de BNP Paribas représente près de la moitié du coût des huit projets prévus, dont le budget total s’élève à 14,4 millions d’euros. De l’étude du climat en Antarctique à la séquestration du carbone, les thématiques et les zones géographiques étudiées sont variées. Les huit projets prévus ont nécessité la mobilisation de 178 spécialistes (chercheurs, ingénieurs, professeurs) et de 73 universités ou centres de recherche.

Les huit projets à la loupe

- Collecte de données pour connaître l’évolution de la masse de l’Antarctique de l’Est 

- Gouvernance, impact politique, économique et socioculturel dans les pays les plus exposés au changement climatique

- Collecte de données sur l’évolution du climat dans les zones tropicales

- Mesure des conséquences du réchauffement climatique pour les récifs coralliens

- Étude approfondie du lien entre le changement climatique et la cellule de Hadley

- Étude approfondie du mécanisme de séquestration du carbone dans les sols des zones tropicales

- Impact du changement climatique en Afrique

- Impact du changement climatique sur les oiseaux et les mammifères marins présents en Arctique et en Antarctique.

 

 

Passage au numérique : nouvelle convention de mécénat pour l’Opéra de Limoges

Passage au numérique : nouvelle convention de mécénat pour l’Opéra de Limoges

L’Opéra de Limoges signe une convention de mécénat d’une durée de 3 ans avec l’agence Emakina pour assurer le succès de sa révolution numérique. Cette collaboration, qui a commencé il y a un an, se matérialisera d’abord par un nouveau site Internet.



Une transformation numérique estimée à 75 000 euros

L’Opéra de Limoges ne veut pas rater le train du numérique. Pour aborder sereinement ce virage, il s’offre le mécénat de l’agence de communication spécialisée Emakina. Les deux entités viennent de signer une convention de mécénat afin de lancer plusieurs projets dont le coût total est estimé à 75 000 euros. Au programme, plusieurs projets innovants, à commencer par un site Internet. Cela dit, cette convention va bien au-delà de la réalisation d’un site Internet. « Il y a aussi la mise en place d’une stratégie qui est celle de la politique numérique et artistique de l’Opéra », souligne Georges Ottavy, responsable du développement commercial et du mécénat de l’Opéra de Limoges. Une information reprise par le directeur délégué d’Emakina, Alexis Mons, qui qualifie le site Internet de l’Opéra de Limoges de « sous-produit » et d’ « enfant du scénario global » qui permettra par la suite « d’appréhender la maison dans son ensemble ».

Limoges, ville d’avenir

La transformation numérique de l’Opéra de Limoges ne pouvait plus attendre. « L’Opéra de Limoges ce sont 400 personnes qui représentent 120 équivalents temps pleins et 30 métiers différents », indique le directeur de l’opéra, Alain Mercier. Avant d’ajouter sans sourciller qu’il était nécessaire de « faire exploser tout ça ». Une intime conviction unit l’Opéra de Limoges et l’agence de communication digitale Emakina. Pour leurs responsables, Limoges est une ville pleine d’avenir capable de tenir la dragée haute à Bordeaux, l’autre ville de Nouvelle-Aquitaine qui abrite un opéra.

#TousPourUnBonnard, l’opération de crowdfunding du musée Bonnard

#TousPourUnBonnard, l’opération de crowdfunding du musée Bonnard

Le musée Bonnard a lancé une opération de crowdfunding sur la plateforme KissKissBankBank. L’objectif ? Collecter 20 000 €, afin de financer l’acquisition d’une œuvre remontant à la jeunesse du célèbre peintre Pierre Bonnard : Les Grands Boulevards.



Le crowdfunding pour compléter le financement du FRAM

 

Alors que 2017 marque les 150 ans de la naissance de Pierre Bonnard, peintre français incontournable de la fin du XIXe  et du début du XXe siècle, le musée Bonnard souhaite faire l’acquisition d’une splendide œuvre nabie de l’artiste, intitulée Les Grands Boulevards. Afin de compléter le financement déjà accordé par le FRAM (Fonds régional d’acquisition des musées), qui s’élève à 60 000 euros, le musée a lancé une campagne de crowdfunding sur la plateforme KissKissBankBank, qui se terminera début juillet. Il espère ainsi récolter les 20 000 euros qui lui manquent pour pouvoir régler le prix de l’œuvre, fixé à 80 000 euros.

 

Les Grands Boulevards, œuvre significative de Pierre Bonnard

 

Si le musée Bonnard souhaite acquérir Les Grands Boulevards, c’est parce qu’il s’agit d’une œuvre aux qualités rares, selon lui. Extrêmement bien conservé, ce tableau composé d’encre de Chine rehaussée de gouache n’a été que très peu exposé au public, ce qui en fait une œuvre relativement inédite, comme expliqué sur la page de la campagne de financement participatif #TousPourUnBonnard. Il est de plus représentatif de la jeunesse de l’artiste, une période pour laquelle le musée ne compte que quelques pièces. Situé au Cannet, où Pierre Bonnard a vécu une grande partie de sa vie, le musée Bonnard est la seule institution au monde entièrement consacrée à l’œuvre du « peintre de la couleur et de la lumière ».

[ON Y ÉTAIT]  ESSEC : Le don rend-il heureux ?

[ON Y ÉTAIT]  ESSEC : Le don rend-il heureux ?

À l’occasion de son séminaire Lunch & Learn, la chaire de Philanthropie de l’ESSEC présentait mardi 20 juin une conférence intitulée « Du bonheur d’être philanthrope : le don vu par l’économie du bonheur ». Animé par son directeur Arthur Gautier ainsi que par ses invités Nolwenn Poupon, responsable de la communication chez France générosités, et Mickaël Mangot, docteur en économie, le débat a permis d’apporter un éclairage théorique et pratique à propos des liens entre don et bonheur. Les gestes philanthropes rendraient heureux et seraient bénéfiques à l’équilibre émotionnel de chacun.

Le don sous l’angle du bonheur : une approche à contrepied

Le constat des chercheurs et des professionnels du secteur de l’intérêt général est unanime : le don est souvent pensé comme une obligation morale, placé sous le signe de la culpabilité. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer les campagnes de communication lancées par les associations pour trouver des donateurs. Photographies « chocs », slogans pathétiques, ton grave et sentiment d’urgence se côtoient pour convoquer la générosité des particuliers. Les économistes du bonheur ont cependant voulu prendre le contrepied de ces idées et ont fait du « don » un véritable objet de recherche. L’objectif de cette nouvelle branche de l’économie est d’analyser les perceptions subjectives des agents relativement à leurs pratiques économiques. La question s’est alors rapidement esquissée : donner rend-il plus heureux ? Bonne nouvelle pour les philanthropes, de récentes études prouvent que donner du temps pour les autres ou de l’argent, impacte positivement le bonheur.

 

« Du bonheur d’être philanthrope »

Le don, explique Mickaël Mangot, influe sur les trois dimensions du bonheur. À court-terme, il provoque des émotions positives et procure un sentiment de satisfaction. Un résultat d’ailleurs confirmé par des neuroéconomistes qui ont remarqué que le don mobilise les zones cérébrales de la récompense. À moyen-terme, les effets positifs de la générosité sont aussi constatés ; les particuliers gardent en mémoire pendant plusieurs mois leurs contributions. Enfin, la capacité à s’engager pour des causes permet à chacun de donner du sens à son existence et de se forger un bonheur durable. Des résultats similaires sont observés pour le bénévolat ou le mécénat de compétences, qui sont des gages d’altruisme et qui initient un cercle vertueux. Un bilan plus qu’encourageant, qui rompt avec le vieux refrain d’un bonheur lié au seul niveau de richesse et à la capacité de consommation. Agir pour les autres et pour soi aurait donc davantage de valeur et d’impact que ce qu’on imagine communément. Gallup, qui publie chaque année le World Happiness Report, a établi à ce sujet une équivalence saisissante : à l’échelle mondiale, le fait d’avoir donné pour une cause lors des précédents mois a le même effet sur le bonheur subjectif qu’un doublement de salaire… Un exemple à retenir pour décrocher le dernier mot, lors de débats avec d’incorrigibles pessimistes.

 

Le bonheur à l’épreuve de la finance et de la fiscalité

Mickaël Mangot ne manque pas de souligner l’importance d’avoir conscience de notre acte généreux pour profiter de ses bénéfices-bonheur. La pratique du don par prélèvement bancaire automatique ou encore la mise en place de dispositifs d’incitations fiscales font alors débat. S’ils sont vitaux pour le secteur de l’intérêt général, à travers la loupe de l’économiste, ils peuvent induire des effets pervers. L’enjeu pour les acteurs qui font appel aux contributions privées, tient alors à faire en sorte que les donateurs gardent à l’esprit leur geste bienveillant et qu’il ne soit pas réduit à un chiffre en moins sur leurs comptes bancaires. Quant à la fiscalité avantageuse, si elle booste les montants, elle nuit à l’intensité du bonheur, finissant par diluer le sens des actions des particuliers puisque le don apparaît comme un objet monétisable. Les protestations se font déjà entendre : supprimer la réduction d’impôt ? Une folie pour beaucoup. Mickaël Mangot rassure et présente l’alternative anglaise, beaucoup plus efficace. Au lieu d’un abattement fiscal, l’État anglais propose un abondement. Pour chaque don privé, il s’engage par exemple à reverser l’équivalent de son montant à l’association bénéficiaire. Un système incitatif donc, qui pourrait corriger les biais économiques introduits par les pratiques françaises.

 

De la théorie à la pratique : France générosités réinvente sa communication

À la lumière des premiers éclairages théoriques, Nolwenn Poupon prend la parole et s’engage, pour sa part, dans un témoignage de « terrain ». Au cœur de la dernière campagne de communication de France générosités un seul objectif : véhiculer un message positif afin de mobiliser des particuliers qui ne donnent pas habituellement. Le réseau de ces 91 associations a donc choisi comme angle d’attaque le bonheur. Sur les affiches et visuels, pouvait se lire le slogan suivant : « Faites-vous du bien, faites du bien aux autres » ainsi que le message « donner fait du bien aux autres et à soi-même », semblable aux sempiternels « manger au moins cinq fruits et légumes par jour ». L’équipe de communication, dirigée par Nolwenn Poupon, espérait apporter une réponse aux particuliers qui estiment que leur don ne sert à rien. À la question du bilan de cette campagne, la jeune responsable confie qu’il n’a pas été possible de réaliser des études d’impact précises, manque de budget, mais affirme d’importantes retombées médiatiques : plusieurs JT de 20h, des slogans déclinés pour toutes les causes, des actions de visibilité simultanées… En somme, un souffle de bonheur s’est diffusé sur tous les écrans. France Générosités espère bien rester dans cette même dynamique pour les années à venir. 

 

Donner pour soi : un geste paradoxal ?

Si l’enthousiasme ne manquait pas pendant cette trentième édition du Lunch & Learn de l’ESSEC, reste une question en suspens. Donner pour son propre bonheur n’est-ce pas paradoxal ? Nolwenn Poupon souligne qu’un de ses adhérents a exprimé son désaccord avec la campagne de communication, pour la simple raison : « je ne donne pas pour moi, je donne pour autrui ! » Un commentaire qui apparaît pertinent, dès lorsqu’on souhaite prendre du recul par rapport aux contenus qui nous ont été présentés. Le débat se fait vif dans la salle. Le sujet est en effet problématique, s’il est certes enviable de sortir des logiques d’un don culpabilisant, doit-on pour autant en faire un objet de satisfaction personnelle, perdant progressivement sa vocation altruiste première ? Mickaël Mangot apporte un éclairage scientifique à ces interrogations qui parcourent la salle : « le bonheur est toujours oblique, il ne s’atteint jamais directement ». Ainsi, si nous donnons pour être heureux, nous ne sommes pas heureux mais si nous donnons pour donner, alors nous sommes heureux. Dernier paradoxe qui ne manque pas de retenir l’attention et de conclure le séminaire sur une note définitivement altruiste et optimiste.

 

 

La mission mécénat Voies Navigables de France au secours du Canal du Midi

La mission mécénat Voies Navigables de France au secours du Canal du Midi

Voies Navigables de France (VNF), établissement public, gère et exploite l’ensemble des canaux de France, dont le célèbre Canal du Midi. Face au fléau provoqué par le chancre coloré, VNF a dû réagir vite et fort. L’objectif étant de préserver ce patrimoine architectural exceptionnel, serpentant sur 240 Km de l’étang de Thau, près de Sète jusqu’à Toulouse. Une mission mécénat est alors créée, reportage.



Le chancre coloré, champignon microscopique ravageur se niche à l’intérieur des platanes et les détruisent en peu de temps. Apparu en 1929 aux Etats-Unis, on le retrouve du côté de Sète en 2006, sur les arbres ombrageant le Canal du Midi. Laurent Adnet, chef de la mission mécénat VNF raconte :

« En 1945, en Provence Côte d’Azur, le débarquement allié fait aussi débarquer, avec les caisses de munitions, le chancre coloré. Les autorités abattent alors tous les arbres. » Et en effet, aucune solution n’existe face à ce champignon microscopique. La situation est préoccupante, et le ministère établit alors les obligations sanitaires à suivre par VNF.

 

3 000 euros pour replanter un arbre

Laurent Adnet poursuit : «L’ensemble de l’ouvrage est mis en péril avec l’attaque des platanes. Les mesures de prophylaxie sont très claires : l’arbre touché est immédiatement abattu et brûlé sur place. Les souches sont aussi extraites du sol ; ce faisant les berges menacent de s’effondrer, il est donc nécessaire de les restaurer et de sécuriser les ouvrages d’art à proximité. Ensuite, on replante avec d’autres espèces  qui ne craignent pas le chancre. Les engins de chantiers eux aussi sont tous désinfectés dans la foulée ! »

42 000 platanes bordent le Canal du midi, monument typique et familier de la région :
« On replante, du chêne chevelu, mixé avec des tilleuls, du pin parasol... Pour s’assurer que l’écosystème et la biodiversité ne soit pas trop perturbés, sont installés des nichoirs à oiseaux, chauve-souris, chaque espère va retrouver sa place. »

 

Une mission d’intérêt général qui mobilise toutes les forces

Pour replanter un arbre, 3 000 euros sont nécessaires. Les montants financiers de la restauration s’évaluent à plus de 220 millions d’euros  sur 20 ans. C’est la raison pour laquelle la direction générale de Voies navigables de France a créé une mission mécénat, aujourd’hui dirigée par Laurent Adnet, composée, chose n’est pas coutume de 4 personnes.

« Nous avons rallié autour de cette cause à la fois des entrepreneurs, ils sont 65, des fondations, mais aussi des particuliers, plus de 7 500 donateurs individuels. Le budget est colossal, l’Etat, les collectivités contribuent largement ; ainsi nous avons déjà replantés que 5 600 arbres. 10 km de berges ont été reconstruites. » Les actions de la mission mécénat sont multiples : club d’entreprises, essentiellement occitanes, événementiels comme récemment la course du canal, crowdfunding….

 

Partenariat avec la Fondation du Patrimoine pour d’autres régions

 « Le Canal touche au cœur de nombreuses personnes, extrêmement attachées au site, » conclut Laurent.  Aujourd’hui la mission mécénat va poursuivre ses actions au-delà de la région comme en Bourgogne. « Nous nous adosserons à la Fondation du Patrimoine, notre équipe étant basée à Toulouse, ces futures coopérations seront très efficaces pour mailler l’ensemble du territoire. »

 

La carte d’identité du Canal du Midi 

Pierre-Paul Riquet, architecte et concepteur, fait creuser le canal entre 1666 et 1681. C'est l'un des plus anciens canaux d’Europe encore en fonctionnement. Le Canal du Midi est inscrit en 1996 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. En chiffres : 240 kilomètres, avec 63 écluses, 126 ponts, 55 aqueducs…

En savoir plus : http://lelien.replantonslecanaldumidi.fr/

 

Crédit photo : Fabrice Meuwissen 

[ENTRETIEN] Christian Thimann, directeur du Fonds AXA pour la Recherche

[ENTRETIEN] Christian Thimann, directeur du Fonds AXA pour la Recherche

Autrefois membre du Fonds Monétaire International (FMI) puis conseiller du président à la Banque Centrale Européenne (BCE), Christian Thimann est désormais Senior Advisor du Président du groupe AXA et Directeur du Fonds AXA pour la Recherche. Dans cette fonction, il continue de faire progresser les engagements d’AXA sur les questions de politiques financières, en tant que, Président du groupe d'experts à haut niveau de l’Union Européenne sur la finance durable, Vice-Président de l’initiative du FSB (Financial Stability Board) sur la communication financière liée aux risques climatiques, et Co-Président du groupe de travail de l’initiative Finance des Nations-Unis pour l’Environnement (UNEP FI).

Pouvez-vous nous expliquer pourquoi AXA s’engage dans la recherche à travers ce fonds ?

Les questions sociétales sont très importantes dans l’assurance dont le rôle est à l’intersection de trois cercles : l’économie, la finance (nous fournissons des outils pour couvrir les risques), la société (dont nous assurons, la santé, l’activité, la vie). J’ai personnellement toujours travaillé dans l’économie et la finance tout en enseignant en parallèle, comme je le fais actuellement à l’École Économique de Paris, ce qui m’a permis d’entretenir un lien privilégié avec la recherche.

Le Fonds AXA pour la recherche a maintenant dix ans et pris une ampleur importante puisque nous avons investi à travers celui-ci près de 200 millions d’euros, à raison de 15 à 20 millions chaque année. Il est implanté dans plus de trente pays aussi divers que Singapour, la Grèce ou l’Afrique du Sud. Il a pour objectif de soutenir la recherche sur les risques qui nous concernent tous, il s’agit de mieux comprendre les risques pour mieux les traiter.

AXA est très attaché à son métier et le vit comme un défi social. Il faut améliorer notre connaissance sur les risques pour nous et pour la société. Même s’il n’y a pas de retour financier, il y a un retour éthique et moral dont nous sommes fiers.

 

Comment fonctionne le Fonds AXA pour la recherche ?

Depuis le début nous soutenons la recherche dans quatre grandes directions : l’assurance-vie, l’environnement et le climat, le data et la technologie (en grand développement ces dernières années), l’économie et la régulation. De plus en plus, nous concentrons les efforts sur la gestion du risque.

Nous sommes en contact avec un réseau de mille deux cents institutions dans le monde entier et avons mis en place un processus d’évaluation avec un comité scientifique très pointu pour sélectionner les chercheurs que nous allons soutenir.

La colonne vertébrale de notre intervention sont les Chaires, que nous soutenons pour plusieurs années. Il y en a quarante quatre à ce jour. Nous sommes particulièrement fiers de celles sur la Cybersécurité à Singapour (risque global émergeant majeur) et sur les Risques Climatiques en Afrique du Sud. On estime qu’en Afrique, à peu près 1 % des risques climatiques sont assurés alors que le taux est de 10 % dans l’ensemble des pays émergents et 50 % en Europe. Le professeur qui occupe actuellement cette Chaire est très ouvert et échange avec de nombreux experts, ce qui lui permettra d’être utile à beaucoup.

Nous accompagnons ainsi quatre cinq nouvelles Chaires chaque année avec un soutien jusqu’à 2 millions d’euros sur une période de cinq à vingt ans.

Nous soutenons aussi entre vingt et vingt cinq projets de jeunes chercheurs post doctorants

Nous attribuons aussi des prix (Awards) pour des chercheurs à la pointe de sujets clés qui nous intéressent à raison de quatre à huit projets par an. Cette année, nous avons porté notre soutien à la recherche sur les systèmes de santé.

Enfin, nous établissons chaque année trois à six  partenariats avec des équipes d’experts d’AXA.

 

Comment voyez-vous l’évolution du mécénat chez AXA ?

Le développement du mécénat n’est pas aisé car la politique de taux zéro ne rend pas les choses faciles pour les métiers financiers. Pour la première fois nous avons établi un partenariat avec la Croix-Rouge pour des situations d’urgence ou de crise et cela nous a permis d’unir nos capacités.

L’avenir est incertain, les progrès technologiques en phase d’accélération (multiplication par deux des données tous les deux ans) et notre métier même évolue beaucoup. Le travail avec les chercheurs aide à mieux comprendre l’environnement et préparer l’avenir. Ceux-ci sont invités à partager leur savoir et le Fonds est très actif dans la communication et les partenariats avec les media.

La question de l’argent devient moins importante aujourd’hui car nous avons un très grand réseau à faire partager et c’est le vrai bonheur de notre mécénat.

L'information en direct des associations et des mécènes