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Réinventer l’Entreprise à l’heure des défis du 21e siècle

Réinventer l’Entreprise à l’heure des défis du 21e siècle
Le 13 novembre 2017, quinze mille scientifiques poussaient un cri d’alarme et nous exhortait à opérer un changement profond dans notre gestion de la terre et de la vie qu’elle recèle. Larry Fink, Président du fond d’investissement BlackRock, exhortait récemment les entreprises dont il est actionnaire, à plus de transparence et à favoriser la création de valeur à long terme.


VERS DE NOUVELLES RESPONSABILITES
Ces deux prises de position soulignent nos responsabilités individuelles et collectives. Le monde est fini, limité en ressources comme en capacité d’absorption du CO2 ; Il a changé de nature, rendu instable, mouvant, liquide par l’accélération exponentielle des technologies ; il est devenu transparent à l’heure où l’information se partage en un clic. Nous pensions le monde infini, stable, cloisonné, nous le découvrons fini, liquide, transparent. Les cartes des responsabilités en sont rebattues et la répartition des pouvoirs redistribuée, entre les Etats, les territoires, les institutions, les entreprises privées et la société civile, plus ou moins organisée.

LES ENTREPRISES QUI N’ONT PAS LE BIEN COMMUN COMME HORIZON VONT DISPARAITRE 
Lorsque les Etats sont économiquement sous tension, que le pouvoir politique voit sa légitimité reculer, le rôle des entreprises ne peut rester inchangé. La responsabilité de l’entreprise privée est immense car sa capacité d’impact est immense : sa vocation ne peut plus se limiter à la seule création de valeur économique et sa mission se restreindre à satisfaire les intérêts de ses seuls associés, comme les définissent les articles 1832 et 1833 du code civil*. La Mairie de New-York ou le fond d’investissement BlackRock -plus de 5.000 milliards d’euros d’actifs en 2016-, au travers de leurs injonctions récemment adressées aux entreprises de contribuer positivement à la société, disent finalement la même chose : l’entreprise qui n’a pas le bien commun comme horizon est probablement vouée à disparaître car, dans ce nouveau paradigme, elle perdra ses consommateurs, ses salariés et ses actionnaires. Le monde de l’entreprise bouge, mais comment appuyer cette évolution ?

DES EVOLUTIONS MAJEURES SONT NECESSAIRES
Pour l’entreprise, redéfinir son rapport au bien commun ne sera pas aisé car il nécessite des évolutions majeures : - Changer ses modes de gouvernance – inscrire l’entreprise dans la Cité et signer un pacte d’alliance sincère et durable avec les autres acteurs organisés de la société civile et les citoyens. - Placer l’éthique au cœur de sa stratégie de long terme – elle est à terme la condition de sa performance économique. - Définir avec les états, de nouveaux indicateurs de performance – ils dépassent la seule dimension économique : impact sur la Terre, sur la santé, sur le bien-être pour mesurer toutes les externalités. - Instiller à tous les niveaux hiérarchiques des nouveaux modes de management et de leadership – ils s’appuient sur des passeurs*, ‘émancipés’ et en cohérence avec eux-mêmes, et non plus sur des collaborateurs contraints par leurs fonctions. Viennent alors les questions. Comment soutenir cette transition ? Comment concilier la performance et la vertu** ? Devons-nous redéfinir le statut juridique voire l’objet social des entreprises privées ? Qui sera le juge de sa bonne moralité dans cette complexité ?

La loi du 31 juillet 2014 relative à l’Economie Sociale et Solidaire a fait naître de nouvelles formes d’organisations commerciales ; Le cabinet Prophil*** a récemment publié un panorama international des statuts hybrides au service du bien commun, insistant tout particulièrement sur les entreprises à mission, dont nous pourrions nous inspirer. Encore faut-il trouver les moyens de soutenir le développement de ces nouvelles entreprises.

POUR UNE DYNAMIQUE D’ALLIANCE
Plus encore, notre ambition doit-elle se limiter à bâtir, encore et toujours, un monde parallèle, lorsque la majorité des entreprises ne changerait pas de trajectoire ? Il s’agit avant tout d’aider une majorité d’entreprises, ces « personnes morales », à se doter d’une véritable « personnalité éthique ». Une stratégie portée de concert par les acteurs de la société civile, les acteurs économiques, les décideurs politiques, les citoyens, car seule une dynamique d’alliance nous permettra de faire réellement bouger les lignes et de relever ce défi majeur.

 

Jérôme Cohen, Fondateur d’ENGAGE

 

*L’objet social des entreprises est défini par les articles 1832 et 1833 du code civil
**Voir le livre 
‘Entreprise et bien commun : la performance et la vertu’ de Pierre-Etienne Franc et Michel Calef, au éditions du Palio
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Etude réalisée par le cabinet Prophil en collaboration avec Mines ParisTech

Et enfin, la lettre de Larry Fink, ici

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Pour aller plus loin :

> L’interview de Pierre-Etienne Franc, vice-Président du groupe Air Liquide, paru sur Time to Engage. Et sa tribune dans Le Monde - Les entreprises doivent mettre le Bien Commun au centre de leur stratégie

Le podcast de la matinée Comment réconcilier Entreprise et Bien Commun ? organisé par Spintank et ENGAGE

Pastilles vidéos de leaders inspirants réalisées par ENGAGE

Thomas Landrain, fondateur de La Paillasse et JOGL - Etre leader, c’est accepter l’erreur

Pierre-Etienne Franc, vice-Président du groupe Air Liquide - Le leadership, c’est une prise de risque

Geneviève Férone, associée chez Prophil - L’âge de la multitude rebat les cartes du leadership

François Taddei, fondateur du Centre de Recherche Interdisciplinaire - Créer un cadre de liberté évolutif et fécond

Samuel Grzybowski, fondateur de Coexister - Faire confiance à la vision de chacun

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