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[ÉCLAIRAGE] RSE & Gouvernance : Panorama des acteurs de la transformation

[ÉCLAIRAGE] RSE & Gouvernance : Panorama des acteurs de la transformation
L'Observatoire de la responsabilité sociétale des entreprises (ORSE) et le cabinet Des Enjeux et des Hommes ont conduit, à l'heure de la loi PACTE, une grande enquête pour faire le bilan du rôle joué par la RSE sur la transformation de l'entreprise. Sur la base d'un sondage auprès de 250 professionnels du secteurs, de plus de 50 entretiens individuels menés auprès de différentes organisations, et de l'analyse des documents de référence des entreprises du CAC 40 publiés en 2018, cette étude d'envergure fait le point sur la RSE au sein de la gouvernance des entreprises et de son évolution au cours de ces cinq dernières années.



 

La fonction RSE, moteur de la transformation des entreprises


 

Le rapport Notat/Senard, remis en mars 2018 au Gouvernement, souligne l'importance des enjeux liés à la RSE en appelant les entreprises à considérer leurs stratégies de développement à l'aune des enjeux sociaux et environnementaux. Cette recommandation a par ailleurs été reprise dans le projet de loi PACTE présenté le 18 juin 2018 au conseil des ministres. La question de la gouvernance et de son rapport à la RSE devient à présent centrale dans ce paradigme d'évolution des entreprises vers une vision holiste et impliquée dans le développement durable.

 

D'après l'étude menée par l'Orse et Des enjeux et des Hommes, 71 % des répondants estiment que la reconnaissance de la valeur ajoutée à la fonction RSE a positivement évolué au cours des cinq dernières années. Cette valeur ajoutée s'exprime notamment par les propositions que cette fonction permet de dégager pour une vision stratégique à long-terme, au travers du dialogue avec les parties prenantes externes. Par ailleurs, les personnes interviewées estiment que le rattachement direct de la fonction RSE à la direction générale constitue un véritable levier de réussite pour faire progresser le sujet dans l'entreprise. Toutefois, le manque de moyens humains et financiers ainsi que l'incompréhension à laquelle peuvent se heurter les acteurs de la RSE dans l'entreprise restent des obstacles à lever.


 

Panorama de la RSE au sein des gouvernances des entreprises


 

Les hautes instances de l'entreprise jouent un rôle irrémédiablement décisif pour l'ancrage de la RSE dans les décisions stratégiques pour amener l'organisation dans une vision à long terme impliquée et responsable.

 

Si l'existence d'une fonction spécifiquement dédiée à la RSE est devenue une norme pour la totalité des entreprises cotées au CAC 40, ainsi que pour près de la moitié des ETI, les PME cheminent pour près de 20 % vers une organisation similaire. Si on observe une nette progression dans le rôle du responsable RSE, qui occupe à présent un rôle de chef d'orchestre plutôt que celui d'un technicien, les dirigeants de PME font assez fréquemment le choix d'incarner la fonction RSE de leurs entreprises, qu'elles peuvent aussi déléguer à un collaborateur haut placé arborant alors une double-casquette.

 

Ainsi, près de la moitié des répondants considèrent que le soutien à la politique RSE par les instances de direction a fortement progressé au cours de ses cinq dernières années. Leurs motivations sont multiples : stratégie d'image et de réputation, demandes émanant de clients ou de partenaires ; les convictions personnelles du PDG évoluent aussi, en amont, conjointement avec les enjeux de pérennité du business model.

 

Les personnes interviewées au cours de l'enquête jugent l'intérêt porté par le conseil d'administration à la RSE comme "relatif". Si la RSE peut être encore trop fréquemment déconnectée des enjeux stratégique de l'entreprise, comme en témoigne la relative présence de ses acteurs en conseil d'administration, on observe désormais une tendance à l'expérimentation d'initiatives de co-construction des stratégies d'entreprise avec l'ensemble des collaborateurs.

 

Parmi les entreprises impliquées dans leurs politiques RSE, on remarque que ses acteurs sont désormais rattachés à de hauts niveaux hiérarchiques. Chargés d'intégrer la RSE depuis les plans d'action jusqu'aux pratiques professionnelles de l'ensemble des métiers de l'entreprise, ils occupent à présent une véritable fonction transformatrice du modèle économique.


 

Acteurs de terrain et réseau de correspondants RSE : le bras armé du changement

 

En aval des considérations relevant des relations qu'entretient la gouvernance avec les politiques et les acteurs RSE, les réseaux de correspondants constituent une réelle force pragmatique ancrée dans le terrain pour harmoniser l'implication des collaborateurs. Ces acteurs de terrain complètent le dispositif en portant le sujet tant au plan international qu'au sein des business units et des différents métiers. S'ils jouent un rôle clé, il est encore nécessaire de légitimer et de professionnaliser leurs missions.

 

Plus de 80 % des répondants considèrent ainsi que la mise en place d'un réseau de correspondants RSE est indispensable pour déployer et animer une telle politique au sein de l'entreprise. L'enquête affiche un panorama des correspondants RSE en évolution : s'ils sont sensibilisés aux enjeux du développement durable, il reste fondamental que ceux-ci puissent développer des compétences communicationnelles pour mobiliser les équipes. On observe aussi un changement de paradigme dans la désignation des correspondants, qui sont à présent nommés par ligne managériale plutôt que spontanément volontaires : le profil du correspondant évolue vers des niveaux de responsabilités plus importants. De l'animation ponctuelle jusqu'au pilotage de plans d'actions plus structurés, les correspondants contribuent de plus en plus à la globalisation des démarches RSE dans l'entreprise au travers de leur implication locale.


 

RSE et gouvernance : levier majeur de l'entreprise de demain


 

Si l'étude démontre que la fonction RSE est de plus en plus ancrée dans l'organisation de l'entreprise, plusieurs difficultés subsistent. Le premier levier de ces difficultés consiste en la compréhension du concept même de la RSE, qui requiert encore un fort accompagnement pédagogique.

 

Le défi majeur que met cependant l'enquête en lumière reste l'implication des instances de gouvernance : les politiques de l'entreprise au sujet de la RSE sont encore à challenger. Il apparaît essentiel, pour que la RSE puisse être réellement intégrée dans tous les niveaux de pratiques, de la situer au coeur de la gouvernance de l'entreprise.

 

 

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