Difficile travail des humanitaires en Irak
En quelques jours des milliers de personnes ont fuit leur région de Mossoul, après la prise du territoire par les djihadistes. L'insécurité complique le travail des humanitaires, déjà présents sur place depuis des années.


Déjà 500.000 déplacés. C'est le diagnostic de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) après la prise de Mossoul, deuxième ville d'Irak, par les djihadistes de Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) il y a quelques jours. 

Les affrontements entre l'EIIL et les forces gouvernementales dans la région d'Anbar sont déjà à l'origine des milliers de morts et de 440.000 déplacés. Les organisations humanitaires étaient donc sur place depuis des mois. Elles avaient alerté des ressources insuffisantes dont elles disposaient face aux besoins. Aujourd'hui, elles tirent la sonnette d'alarme à nouveau : "La plupart des agences des Nations Unies ne disposent pas de suffisamment de fonds pour continuer à fournir une aide humanitaire pourtant vitale", a dit l’UNAMI dans un rapport

"Nos ressources financières sont déjà très minces à cause de la situation à Anbar et de notre soutien aux réfugiés syriens", a dit à IRIN Michael Bates, directeur du Conseil danois pour les réfugiés en Irak.

L’OIM a lancé un appel d’urgence de 15 millions de dollars aux donateurs, afin d’obtenir et de distribuer 30 000 articles d’aide non alimentaire et 5 000 tentes, et de déployer sa Matrice de suivi des déplacements et d’évaluation des besoins (DTM).

Le représentant de l'UNICEF en Irak, Marzio Babille, a remarqué que la crise à Mossoul "augmente fortement le besoin d’aide humanitaire et de financement" et "qu'une urgence s'ajoute à une urgence".

Les agences des Nations Unies ont mis en place des centres de transit temporaire avec latrines près de la frontière. Le but, dans l'immédiat, est de pouvoir apporter de l’aide médicale et de l’eau potable aux dizaines de milliers de personnes qui attendent aux postes frontaliers. Selon Mandie Alexander, chargée du suivi et de l’évaluation à l’OIM, l’ouest de Mossoul est à court d’eau potable depuis que la principale station d’approvisionnement a été bombardée et la population commence à manquer de nourriture et de carburant.

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