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Accompagnatrice socioprofessionnelle au sein d'une entreprise d'insertion

Je m’appelle Lusine. Je suis arménienne, mère d’un garçon de 6 ans né à Nancy. Musicienne à la base, à 41 ans j’ai décidé de me reconvertir et j’ai choisi le métier de conseillère socioprofessionnelle pour différentes raisons. Pourquoi j’ai osé le faire à mon âge, dans un pays dont je ne connaissais guère le système ? Pourquoi faire autant d’efforts pour changer de voie professionnelle ? Est-ce que j’avais les compétences de base suffisantes pour entreprendre une formation ? Ce sont des questions qu’on me pose souvent.


C’est pendant mon parcours de demandeur d'asile ainsi que mon processus d’intégration, que j’ai réalisé combien le domaine du social est la richesse de la France, combien il a un sens et un rôle important. C’est ce qui m’a poussée à choisir mon métier.

En avril 2011, je suis arrivée en France déjà enceinte de sept mois. J'ai accouché deux mois après. Mon parcours fut long et difficile. Le statut de demandeur d'asile, le nouveau statut de mère, la solitude. Une nouvelle vie et de nouveaux défis. Ma vie a changé complètement.

J'ai dû passer toute la procédure de demande d'asile avec un enfant. J'avais la lourde responsabilité d'une femme qui vient d'être mère dans une situation instable, voire ambiguë. Toute seule avec un enfant, sans possibilité de le mettre en crèche puisque je n'avais pas de droit, il fallait exister avec l'aide des associations caritatives et de plus chercher des solutions pour m’en sortir.

La solitude, le manque de réseau social, amical et familial m’ont fait ressentir une peur et une panique constantes. Le manque d'information par rapport à ma nouvelle situation et la méconnaissance des lois, la barrière de la langue française, la rupture avec mes racines et ma culture ont été pour moi un choc total.

Pour une personne qui a vécu toute sa vie dans une grande famille, qui a toujours été active dans sa vie sociale ou professionnelle, ce type d'exclusion et d'isolement relationnel a été une détresse. Cela m'a amenée à chercher des solutions pour survivre.

Le chemin d'intégration pour moi n'était pas clair. Cependant, en plus de l’apprentissage du français, j'ai commencé à faire du bénévolat. J'étais consciente que la bonne solution serait de trouver et de suivre une formation, la formation adaptée à mes besoins et à mes capacités.

La conseillère en insertion au sein du CIDFF (Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles) Nancy, m’a aidée à trouver la formation au CNAM qui me correspondait le mieux. Ensuite ce fut sa remplaçante qui m’a parlé de la Fondation de la 2ème Chance et qui m’a aidée à monter un dossier de candidature.

Je voudrais particulièrement souligner l’importance de la rencontre avec les bénévoles de la Fondation qui ont pris le temps d’analyser ma demande attentivement et grâce à cette écoute et ce soutien, je m’en suis « sortie ».

Le premier volet de ma formation m’a permis de travailler au sein du CIDFF de Nancy. Je suis particulièrement reconnaissante à sa directrice et à l’équipe pour leur accueil et leur soutien pendant 10 mois de travail. La deuxième partie de la formation m’a permis d’obtenir un titre professionnel. Là non plus je ne pouvais pas continuer sans l’aide financière de la Fondation grâce à qui j’ai une situation stable maintenant.

Je suis aujourd’hui accompagnatrice socioprofessionnelle en CDI au sein d’une entreprise d’insertion. C’est avec l’aide de la Fondation que j’ai réalisé mon projet professionnel.

Une aide financière mais aussi des encouragements dans des moments de doutes. C’est vraiment la particularité de la Fondation de la 2ème Chance car elle nous donne une réelle chance d’y croire et d’y arriver.

Je voudrais particulièrement remercier mon parrain pour sa confiance, son approche positive et ses conseils précieux, ainsi les bénévoles de la Fondation pour l’analyse de mon dossier et pour leur soutien tout au long de ma formation. La participation de la Fondation a été cruciale pour avancer dans tous les aspects de ma vie. Je n’aurais sûrement pas pu, même avec ma détermination et la forte motivation que j’avais, surmonter mes difficultés sans le soutien de la Fondation de la 2ème Chance.

Je me permets d’exprimer mes sentiments de remerciements à toutes les personnes qui ont fondé et qui soutiennent la Fondation.

Je trouve vraiment que j’ai eu la chance d’être lauréate de cette Fondation qui m’a apporté un soutien moral, une aide financière et qui m’a encore assurée de l’existence d’humanité sur la terre. Je trouve cela merveilleux !

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