[ENTRETIEN] Pierre-Emmanuel Grange, fondateur de microDON

[ENTRETIEN] Pierre-Emmanuel Grange, fondateur de microDON
Pierre-Emmanuel Grange fonde microDON en 2009, en rentrant d’un voyage au Mexique où il découvre l’arrondi en caisse. Cette start-up sociale est agréée ESUS (Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale) et certifiée B Corp, un label octroyé aux sociétés répondant à des exigences sociétales, environnementales et éthiques. microDON développe des outils de collecte à destination des associations, principalement le don sur salaire et l’arrondi solidaire en caisse. 100 % des dons réalisés sont reversés aux bénéficiaires, et microDON se rémunère sur les prestations proposées aux entreprises. Alors qu’elle s’apprête à fêter ses 10 ans, la start-up a aujourd’hui développé son offre, en créant notamment sa propre plateforme d’engagement à destination des entreprises.


Quel est votre parcours ?

 

J’ai suivi des études entre l’Angleterre et la France, dans les nouvelles technologies. Je me suis mis à l’informatique au moment des années phares et j’ai vécu la bulle internet. J’ai ensuite suivi un trainee program, qui forme les futurs managers, chez General Electrics. C’est un programme super, qui dure deux ans et amène à changer de mission tous les six mois. Dans ce cadre, j’ai été envoyé au Mexique, où j’ai découvert l’arrondi en caisse. À mon retour en France, j’ai voulu mettre en place le dispositif. Mon projet a été incubé chez PlaNet Finance, l’ONG de Jacques Attali (devenue Positive Planet), puis j’ai créé l’entreprise sociale microDON il y a presque dix ans.

 

Pouvez-vous nous présenter MicroDON et ses principales actions ?

 

C’est une entreprise sociale agréée ESUS. Son activité est d’accompagner les entreprises pour engager de façon solidaire leurs collaborateurs ou leurs clients. Nous avons deux champs d’intervention : la distribution et les ressources humaines. Pour le premier volet, nous avons développé l’offre d’arrondi solidaire, qui permet aux clients d’arrondir en caisse leur note à l’euro supérieur. Nous travaillons avec 25 enseignes et allons atteindre les 4 000 magasins d’ici la fin de l’année, soit un million d’actes de micro-don par mois, plus de 10 millions d’euros de dons et 26 millions de micro-donateurs depuis la création. Le secteur évolue encore, puisque ces deux dernières années, on constate notamment une accélération très forte de l’arrondi sur terminaux électroniques. Du côté RH, nous avons débuté avec le micro-don sur salaire : le salarié donne chaque mois, et l’employeur abonde, généralement en doublant le don. 100 groupes et 300 sociétés l’ont aujourd’hui mis en place, soit 200 000 salariés qui donnent en moyenne trois euros tous les mois. Notre formation technologique nous permettait d’aller plus loin, nous avons donc ensuite étoffé nos services en lançant une plateforme RH à destination des entreprises dédiée à l’engagement solidaire. Elle permet de gérer le mécénat et la mobilisation des collaborateurs, en argent et en temps.

 

Quel est votre regard sur le secteur de l’ESS ?

 

Quand nous sommes arrivés dans le secteur en 2009-2010, la maturité du marché était très faible, notamment autour de l’engagement des collaborateurs. Nous avions une double problématique : opérer dans un marché inexistant et arriver avec une idée qui était une création d’offre pour laquelle il n’y avait pas de demande. En dix ans, la progression a été très importante. On voit se dessiner les contours d’un marché autour de l’engagement citoyen et en particulier de l’engagement solidaire des entreprises. Nous espérons avec cet écosystème pouvoir embrasser ce sujet et le faire changer d’échelle. C’est le bon moment pour accélérer et déployer nos sujets, car l’entreprise peut faire changer d’échelle l’engagement citoyen.  

 

 

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