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Entrepreneuriat et ESS : P.-E. Grange, militant de l'engagement solidaire

Entrepreneuriat et ESS : P.-E. Grange, militant de l'engagement solidaire
L'entrepreneuriat est aujourd'hui un vecteur capital du lien social et de la cohésion des territoires, particulièrement lorsqu'il a une portée sociale et solidaire. Acteur majeur du financement des TPE franciliennes, Paris Initiative Entreprise (PIE) est un tremplin pour les entreprises de l'ESS. Elles peuvent avec le soutien de PIE créer et développer leur activité économique. Une contribution qui ne se limite pas à un apport financier, puisque PIE accompagne également le lancement des start-ups et peut être caution bancaire. Tous ces outils mis à disposition des petites entreprises ont permis de créer ou de sauvegarder plus de 4 000 emplois en Île-de-France depuis la création de l'association. Au fil de notre série d'entretiens, découvrez le portrait des fondateurs de startups de l'ESS accompagnés par PIE. Aujourd'hui, partons à la rencontre de Pierre-Emmanuel Grange, fondateur et patron de microDON. Dix ans. C'est le temps dont il a eu besoin pour installer en France le marché du micro-don. PIE a participé à l'aventure. Interview.


 

 

Comment vous est venue l'idée de microDON, surtout à une époque où le concept n'était pas absolument démocratisé en France ?

 

J'ai découvert le concept de micro-don au Mexique, lorsque j'étais expatrié là-bas. J'ai voulu le faire connaître en France en allant promouvoir l'idée auprès des ONG notamment, mais on me disait : "c'est super, revenez quand ça marche". Devant le manque de leadership naturel malgré les encouragements au développement du concept, j'ai décidé de créer moi-même une organisation pour porter cette initiative. C'était en 2008, en plein pic de la crise financière. La conjoncture était horrible. Les premières années ont été très difficiles, elles ont demandé des sacrifices dans ma vie personnelle. Comme vous le dites, il y a dix ans l'entreprenariat social n'existait pas et la RSE en était à ses balbutiements.

 

Il s'agissait donc de créer un marché finalement ?

 

Complètement. Nous avons créé une offre et essayé de faire naître une demande. Il a fallu évangéliser mais nous ne sommes pas les seuls à avoir fait émerger ce secteur et contribué à accroître l'intérêt des entreprises et la mobilisation de leurs parties prenantes sur l'engagement citoyen. Il a fallu dix ans pour créer les contours d'un marché, qui aujourd'hui se dessine mais n'est pas encore mature.

 

Et aujourd'hui, où en est microDON ?

 

microDON vit son changement d'échelle en ce moment avec 1 million d'actes mensuels enregistrés. En France en 2017 10 millions d'actes ont été recensés, trois fois plus qu'en 2016, qui était en croissance fois deux par rapport à 2015. MicroDon est présent dans 17 enseignes et 3 000 magasins, mais aussi 100 groupes et grandes entreprises, soit 200 000 salariés concernés. Nous employons aujourd'hui 20 salariés et pensons dans les années à venir à opérer aussi à l'étranger. Nous gagnons de l'argent en vendant des prestations de services d'accompagnement aux entreprises. Je tiens à le dire : 100 % du don est reversé, nous ne prenons aucune commission dessus.

Nos bénéficiaires sont des associations d'intérêt général choisies par les entreprises avec leurs salariés.

 

Le marché que vous avez aidé à créer, qui concerne-t-il exactement ?

 

Nous avons deux marchés : le retail avec l'acte en caisse et les ressources humaines (RH) avec le don sur salaire. À la différence des plateformes de financement participatif auxquelles nous ressemblons, nous réussissons à prélever le don automatiquement sur la fiche de paie. On a cette force d'être connectés aux systèmes d'informatique des grands groupes, donc d'avoir développé une vraie compétence en interfaçage. Au départ c'était pour collecter des arrondis sur les feuilles de salaire. Puis on nous a demandé de créer une plateforme d'engagement solidaire qui gérait les mécénats financiers et de temps. C'est un guichet unique d'entreprise pour permettre aux salariés de gérer leurs engagements de mécénat en argent et en temps. Par exemple grâce à notre plateforme, 800 collaborateurs de Bouygues Telecom ont donné une demi-journée de leurs temps à l'un des 130 projets présentés pendant la Semaine de la solidarité de l'entreprise. L'engagement solidaire est selon moi un bon levier pour développer une culture de l'engagement plus globale en entreprise.

 

Cet engagement, est-ce aussi celui de PIE, qui a soutenu le projet à ses débuts ?

 

Tout à fait. PIE est intervenu en 2012 dans un tour de table de 270 000 euros à hauteur de 25 à 50 000 euros, via un partenariat avec France Active. PIE a participé à l'amorçage, c'était primordial pour microDON.

 

 

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