Une alliance nouvelle pour les entreprises de l’ESS : le plaidoyer d’ESS France

Une alliance nouvelle pour les entreprises de l’ESS : le plaidoyer d’ESS France
À l’occasion de son assemblée générale du 5 décembre dernier, ESS France a adopté un texte rappelant les valeurs fondamentales qui font la force et la spécificité de l’économie sociale et solidaire (ESS) : humanité, éthique, démocratie, coopération, transparence, non-lucrativité… Véritable plaidoyer politique pour l’ESS, ce texte a vocation à rappeler la place centrale que doit occuper l’ESS dans la société d’aujourd’hui et dans le processus des prises de décision qui feront demain.


 

 

L’ESS, acteur indispensable pour répondre aux défis de demain

 

“Jamais la voix de l’ESS n’a été aussi nécessaire” : c’est sur ces mots que débute le texte adopté à l’unanimité par l’assemblée générale d’ESS France le 5 décembre dernier, marquée par l’élection de Jérôme Saddier au poste de président. Plaidoyer d’un “projet politique” pour l’économie sociale et solidaire (ESS), le texte est d’abord destiné aux acteurs de l’ESS eux-mêmes mais a également l’ambition de porter leurs voix à l’extérieur : “L’ESS a des choses politiques à dire”, affirme Jérôme Saddier. “Notre volonté, à travers ce texte, était de définir un projet politique et commun à tous les acteurs de l’économie sociale et solidaire, au-delà de leur diversité”.

 

Face aux multiples transitions (écologique, sociale, numérique) qui doivent être menées aujourd’hui, l’ESS fait preuve d’une “capacité à innover en proposant des réponses de long terme” et se place comme un acteur indispensable pour répondre à ces défis de manière démocratique, éthique et socialement responsable. Mais, souligne le texte, “C’est le paradoxe de l’ESS française : elle est partout dans la vie économique, sociale, elle irrigue les enjeux sociétaux mais elle n’est pas reconnue en tant que telle”.

 

“Il y a donc urgence à agir contre la banalisation de nos activités et formes d'entreprendre, mais aussi contre l'individualisation des comportements qui fragilisent notre société, nos organisations sociales et nos solutions collectives”, alerte ESS France.


 

L’ESS française insuffisamment écoutée

 

Alors que la loi Hamon avait posé en 2014 le cadre légal et les grandes orientations de l’ESS, l’institution représentante du secteur au niveau national s’estime insatisfaite des mesures proposées par les différents gouvernements, et réclame “une politique publique globale ambitieuse, (...) en cohérence avec les attentes suscitées dans l’ESS et dans la société toute entière”. Pour ESS France, ces attentes ne trouvent pas une oreille attentive de la part des hauts responsables de l’exécutif : “Dans le contexte actuel français, l’ESS est insuffisamment écoutée et peu associée aux choix de politique publique dans des débats importants qui la concernent.”

 

Une référence directe aux dernières grandes mesures destinées au secteur, en particulier le Pacte de croissance de l’ESS, présenté fin novembre par le gouvernement et pour lequel “aucun processus de consultation” n’a été mis en place, regrette Jérôme Saddier, “même si certains acteurs de l’ESS ont spontanément formulé des propositions”. Un dialogue a néanmoins pu émerger a posteriori entre les représentants institutionnels de l’ESS et le Gouvernement. Un site internet, qui doit permettre la consultation officielle du Conseil supérieur de l’ESS spécifiquement au sujet du Pacte de croissance et de ses principales mesures (volet européen, élargissement de l’agrément ESUS, clarification de la représentation nationale de l’ESS...), doit être lancé d’ici le mois de février.


 

Un socle de valeurs communes réaffirmé

 

Dans un contexte parfois tendu, parsemé de difficultés financières, de concurrence accrue, d’affaiblissement de l’engagement citoyen, les structures de l’ESS peuvent être tentées de délaisser leur socle de valeurs et les pratiques qui en découlent. C’est pourquoi, ESS France a souhaité à travers ce plaidoyer, rappeler les valeurs fondamentales, “en opposition [aux] valeurs capitalistiques, financières, individuelles et d’appropriation” qui réunissent les structures de l’ESS, au-delà de leurs différences et de leurs particularités, et qui font son exemplarité.

 

Un appel à travailler main dans la main qui apparaît plus que nécessaire à l’heure actuelle, alors que Roger Belot, suite à son départ d’ESS France, a confié ses déceptions dans une interview accordée au quotidien régional La nouvelle République : «J’ai eu plus de déception que de satisfaction : l’économie sociale et solidaire n’a pas été suffisamment écoutée durant ces quatre années. (...) Nicolas Hulot avait dit en parlant de nous : “J’aimerais que l’exception d’aujourd’hui soit le modèle de demain.” Au Gouvernement, il était visiblement le seul.»


 

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