La Joconde appartient à tout le monde

La Joconde appartient à tout le monde
Didier Fusillier, président de l’établissement public du parc et de la Grande Halle de la Villette à Paris, a imaginé, pour répondre aux inégalités culturelles, avec le soutien de la Fondation Groupe EDF, les « Micro-Folies », de nouveaux espaces de démocratie culturelle. Contre l’injustice : un accès différent, numérique et ludique aux grands chefs-d'œuvre des musées nationaux !


 

 

De nouvelles micro maisons de la culture pour le XXIe siècle

 

L’ambition première est de « rompre l’isolement culturel que peuvent ressentir certains territoires ». Didier Fusillier décide de développer des structures à l’image des pavillons de métal rouge imaginés par l’architecte Bernard Tschumi à plus grande échelle. Ainsi sont nées les « Micro-Folies », des petits espaces modulables et malléables de démocratie culturelle à destination des zones, essentiellement rurales, et des banlieues sans musées ou scènes culturelles. Pour Didier Fusillier, « les Micro-Folies sont les nouvelles micro maisons de la culture du XXIe siècle ».

 

Pourquoi la Joconde n’a-t-elle pas de sourcils ?

 

Une Micro-Folie est organisée autour d’un musée numérique que Didier Fusillier désigne comme « le cœur du réacteur du projet ». Le public y découvre, sur écran géant et en haute définition numérique, les plus grands chefs-d'œuvre artistiques abrités au sein des musées nationaux ou institutions comme l’Opéra de Paris. La Micro-Folie, un espace équipé de tablettes numériques permet de mettre en contact la population « avec ce qui appartient à la nation toute entière » et au public d’obtenir des informations complémentaires et de répondre à des questions que certains se posent comme par exemple « mais pourquoi la Joconde n’a-t-elle pas de sourcils » ? 

« La Joconde » nous rappelle Didier Fusillier, « n’est d’ailleurs pas vraiment française, pas vraiment parisienne. Il n’y a pas de distinction entre la culture de Paris de celle des autres régions. On ne va pas déplacer le Louvre partout. Par contre, on peut donner à voir les trésors de nos musées grâce aux moyens du XXIe siècle ».

 

La soif de culture est universelle

 

« La première Micro-folie a été ouverte à Sevran et le succès a été immédiat ». Bien que situés à moins de 20 minutes en RER de Paris, les habitants n’ont que très rarement l’occasion de visiter les grands musées de la capitale. En moins de deux ans, ce nouvel espace est devenu un lieu incontournable, d’autant que sont adossés au Musée numérique, un café associatif et un atelier de création. C’est aujourd’hui un lieu de vie et non pas un espace culturel.

Fort de ce succès, les Micro-Folies sont parties à la conquête du territoire. « Plus d’une vingtaine de Micro-Folies ont été montées en France et l’objectif est d’en implanter plus de 200 » assure Didier Fusillier. « Les innovations technologiques ont également permis d’aménager des Micro-Folies à travers le monde, en Afrique ou en Amérique Latine. Elles y rencontrent le même succès. Cette soif de voir les grands chefs-d'œuvre artistiques est universelle ». Grâce aux Micro-Folies, « la culture pour tous » fait son entrée dans une nouvelle ère.

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