[CHIFFRE] Financement : 54 % d’associations demandent à être mieux accompagnées

[CHIFFRE] Financement : 54 % d’associations demandent à être mieux accompagnées
À l’occasion d’un déplacement en Essonne, Emmanuel Macron promettait aux maires et aux responsables associatifs un “grand plan” pour “booster” le secteur associatif. De quoi les associations ont-elles vraiment besoin ? Une étude de Recherches & Solidarités vient mettre en évidence de nombreuses attentes et des besoins non satisfaits, particulièrement en matière de recherche de financements.


 

 

 


 

Un besoin fort d’accompagnement dans la recherche de financements

 

Baisse des subventions publiques, fin des contrats aidés, réformes ISF/IFI… Les associations voient aujourd’hui leurs sources traditionnelles de financement diminuer drastiquement, et leurs leviers de fonctionnement fortement remis en cause. Elles sont contraintes de repenser leur modèle pour se tourner vers le secteur privé et le mécénat. L’étude L’accompagnement des associations - État des lieux et attentes, publiée en janvier 2019 par le réseau associatif d’experts Recherches & Solidarités, a interrogé plus de 2 000 responsables associatifs pour évaluer leurs besoins et leurs attentes en la matière.

 

Le constat est sans appel : parmi les besoins les plus forts identifiés par l’étude, une majorité d’associations (54 %) demande un meilleur accompagnement dans la diversification et la recherche de financements. Seules 8 % affirment avoir bénéficié d’un accompagnement extérieur, et 18 % ont pu satisfaire ce besoin en interne, par leurs propres moyens.


 

Petites et grandes associations, pas à la même enseigne

 

Pour développer leur stratégie de mécénat, les associations, du moins les plus grandes, ne comptent pas non plus sur les acteurs publics et plébiscitent désormais des structures d’accompagnement spécialisées. 48 % des associations interrogées dans le cadre de l’étude ont fait part de leur souhait d’être aidées par des plateformes de financement, comme France Active, ou liées aux institutions du mécénat, comme Admical. 45 % demandent le soutien d’entreprises ou de fondations, et 42 % d’organisations spécialisées dans la collecte d’argent (Ideas, Don en confiance, France Générosités, Association française des fundraisers…).

 

L’étude met néanmoins en évidence une différence persistante entre grandes associations et petites associations (au budget annuel inférieur à 10 000 euros), qui représentent plus de 70 % des associations en France : ces dernières restent davantage en attente d’un soutien des services publics comme ceux d’une mairie, d’une intercommunalité, ou des Centres de ressources et d’informations pour les bénévoles (CRIB) et des Points d’appui à la vie associative (PAVA).

 

Une différence qui pourrait s’expliquer, en partie, par l’ancrage davantage local des petites structures associatives ; mais aussi par une méconnaissance des dispositifs existants en matière de mécénat, et par un manque de moyens en amont pour mettre en place une telle stratégie. Le fundraising ne serait-il réservé qu’aux grandes associations, professionnalisées et structurées pour mener des campagnes de levées de fonds ? “On oublie trop souvent que l'appel aux pouvoirs publics ou aux entreprises n'est que le juste retour de ce qu'apportent les associations comme compétences à une économie relationnelle de plus en plus fondée sur l'échange de "connaissances" (...). De ce point de vue, cette enquête sur le "compagnonnage" est plus un appel à une véritable coopération qu'à la générosité, publique ou privée”, analyse Roger Sue, sociologue chercheur au laboratoire CERLIS du CNRS.






 

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