« Le pro bono s’inscrit dans une stratégie citoyenne globale »
61 % des actifs français font déjà du pro bono (mécénat ou bénévolat de compétences) ou sont intéressés pour en faire, que ce soit sur leur temps de travail ou en dehors. Ce chiffre est tiré du Panorama du pro bono 2019, présenté ce 4 avril par Pro Bono Lab. Patricia Benchenna, administratrice de Pro Bono Lab et directrice corporate philanthropie de Schneider Electric, partenaire du panorama, souligne l’importance de cet engagement, pour les collaborateurs, les entreprises et l’intérêt général.


Une entreprise qui s’engage, c’est une entreprise qui permet à ses collaborateurs de s’engager dans les causes qu’elle soutient. Schneider Electric, à travers les actions de sa fondation, a très vite compris que les compétences des hommes et des femmes qui la composent à travers le monde, dès lors qu’elles sont adressées à des structures de l’ESS, constituent un formidable levier de développement et de co-construction. Au-delà des ressources financières que nous affectons à des projets d’intérêt général, quoi de plus structurant et vertueux pour ces structures que des solutions concrètes apportées par les ressources humaines de nos entreprises, grâce à leurs expériences, leurs réflexes professionnels et leurs connaissances métiers ? Si la pratique du pro bono reste méconnue, cette conviction ne fait plus nul doute. Nos jeunes générations de professionnels et nos cadres notamment nous encouragent désormais dans ce sens.

 

Pour Schneider Electric, le pro bono s’inscrit dans une stratégie citoyenne très globale. C’est une dimension à part entière, un investissement citoyen de long terme en tant que tel, qui permet d’imaginer des partenariats mixtes, quel que soit le statut de l’acteur ou le programme soutenu. Des partenariats plus resserrés, générateurs d’impacts sociaux et de valeur ajoutée à l’échelle de nos différents territoires d’ancrage. Le pro bono, comme tout partenariat innovant, c’est d’abord un moyen de s’ouvrir sur le monde et de permettre à nos collaborateurs d’agir par le « faire ensemble », autour de valeurs communes, de perspectives nouvelles.

 

En tant qu’administratrice de Pro Bono Lab, et comme le confirment les chiffres de ce Panorama, je connais l’importance et le pouvoir du partage de compétences quant à l’émergence d’innovations sociales et de réponses immédiates, nées de la simple confrontation des compétences issues du monde de l’entreprise et de celles des acteurs de l’ESS [économie sociale et solidaire] de terrain, directement en prise avec les fragilités de nos sociétés. En tant que Directrice Corporate Philanthropie de Schneider Electric, je sais aussi que libérer les énergies citoyennes de nos collaborateurs est, au-delà de la quête de sens, un formidable levier de performance sociale, d’accomplissement et de cohésion interne. Les solutions que nous inventons pour la société dans son ensemble sont autant d’innovations qui bénéficient également aux activités de nos entreprises respectives. C’est pourquoi, chez Schneider Electric, nous avons bâti un programme de grande envergure et avons fait de l’engagement des collaborateurs un axe prioritaire et à part entière. Bien au-delà des formats d’engagement que nous proposons aux salariés du groupe, j’ai compris que la réussite d’un programme d’engagement passe aussi et surtout par sa structuration en interne, par son animation en flux et par notre capacité à l’incarner tant au sein de l’entreprise qu’en dehors. Cette partie du Panorama, et les enseignements de l’étude qualitative menée auprès d’entreprises pionnières en matière de pro bono confortent ces intuitions. Construire des programmes d’engagement adaptés aux besoins de structures, trouver des formats adaptés à toutes les aspirations à l’engagement de nos collaborateurs, accompagner les acteurs de l’ESS avant tout, former nos collaborateurs, conseiller ceux qui parmi eux veulent s’emparer du pro bono, considérer le pro bono comme un investissement de très long terme… là est notre rôle.

 

Ce Panorama le prouve, la volonté d’engager ses compétences ou d’en bénéficier est partagée par tous : volontaires, salariés, structures à finalité sociale, etc. Cette volonté ne se limite pas à un format ou à une cause, elle ne se limite pas au temps de travail ou à un niveau de compétence, elle n’a pas de règle de temporalité ni de frontière. Dans le contexte actuel, le pro bono est une opportunité de rétablir des connexions entre des mondes et leurs acteurs. C’est un lien autant qu’un liant, qui permet même de s’aventurer dans un autre que le sien. Cette volonté, aussi protéiforme soit-elle, est en réalité une simple nécessité pour chacun de s’engager, par le partage de compétences, en tant qu’individu ou professionnel, dans une dynamique de progrès partagée, autour de causes qui rétablissent les dialogues par-dessus même les différences.

 

Consulter le Panorama 2019 du pro bono par Pro Bono Lab.

 

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