Aide publique au développement : les ONG demandent plus de mobilisation

Aide publique au développement : les ONG demandent plus de mobilisation
En 2018, la France a donné 10,3 milliards d’euros au titre de l’aide publique au développement (APD), augmentant son budget par rapport à 2017. Mais pour de nombreuses ONG et associations, comme Coordination SUD, Oxfam ou le Secours Catholique, l’État doit engager une vraie accélération et concrétiser ses engagements en matière d’aide au développement international.


 

 

 

10,3 milliards d’euros : c’est ce qu’a versé la France au titre de l’aide publique au développement (APD) en 2018, soit 0,43 % de son revenu national brut (RNB), selon le communiqué du ministère des Affaires Étrangères et le ministère de l’Économie et des Finances publié le 10 avril dernier.

 

L’APD de la France, qui fluctue à la baisse depuis le milieu des années 1990, avait enregistré une baisse continue ces dernières années,. Puis elle avait augmenté de près de 16 % en 2017 (en euros, 15 % en équivalent dollars), ce qui avait permis de retrouver un niveau équivalent à 2012.

 

Pour autant, si la France a augmenté en 2018 le montant de ses aides en absolu, elle reste au même niveau qu’en 2017, proportionnellement à son RNB (0,43 %). Une stagnation qui a poussé certaines ONG et associations à tirer la sonnette d’alarme, à l’annonce des chiffres de 2018. Dans une tribune publiée le 18 avril dans le quotidien national Libération, un collectif d’ONG a plaidé pour une “accélération” “ambitieuse” de la politique menée par la France en matière d’aide internationale, rappelant les engagements pris par le gouvernement à ce sujet.

 

Le président Emmanuel Macron avait en effet promis, quelques mois après son élection, d’allouer 0,55 % du RNB à l’APD d’ici la fin de son quinquennat, en 2022. En septembre 2018, à l’occasion de l’Examen par les Pairs de l’OCDE - un examen mené par le Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE tous les cinq ans-, l’Etat français s’était engagé à adopter, pour le printemps 2019, une nouvelle loi d'orientation et de programmation relative à la politique de développement et de solidarité internationale (LOP-DSI).

 

Les différentes ONG signataires de la tribune publiée dans Libération dénoncent le retard pris par la France pour l’adoption de la loi LOP-DSI. Un retard d’autant plus préjudiciable que le prochain sommet du G7, qui sera présidé par la France et aura pour thème la “lutte contre les inégalités”, doit se tenir dans tout juste quatre mois à Biarritz. Pour l’ONG Oxfam, “la France devra transformer l’essai” à l’occasion de ce sommet international.

 

L’ONG Coordination SUD demande à ce qu’une augmentation des crédits budgétaires soit inscrite dans la future loi LOP-DSI. En décembre 2018, l’ONG Oxfam proposait quant à elle de “consacrer la totalité des revenus de la taxe sur les transactions financières au développement et à la lutte contre les changements climatiques”.

 

Une diminution inquiétante de l’APD en 2018

 

Pour autant, la France reste au-dessus de la moyenne des pays membres du CAD en matière d’APD, et fait partie des pays qui ont augmenté leur budget par rapport à l’année précédente.


Selon des données liminaires de l’OCDE, l’aide extérieure consentie en 2018 par des donneurs du secteur public a baissé de 2.7 % par rapport à l’année 2017. Pour l’OCDE, “Ce repli s’explique en grande partie par une diminution de l’aide affectée à l’accueil des réfugiés, du fait du reflux du nombre d’arrivées et du durcissement des règles permettant de décompter des budgets d’aide publique certaines des dépenses relatives aux réfugiés”.

 

 

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