[POSITIVONS] «Un chez soi d’abord» : la clé vers le logement pour les sans-abri

[POSITIVONS] «Un chez soi d’abord» : la clé vers le logement pour les sans-abri
Début janvier 2019, « Un chez soi d’abord » a été mis en place à Lyon pour accompagner durablement des personnes en situation de rue et atteints de troubles psychiques vers un logement, et à plus long-terme vers la réinsertion. Le concept ?  Proposer aux personnes en situation de grande précarité et présentant des troubles psychiques sévères un accès direct à un logement stable, sans passer obligatoirement par un centre d’hébergement temporaire. Une fois logées, ces personnes sont accompagnées au quotidien par une équipe médico-sociale pluridisciplinaire. Mis en place depuis six ans dans d’autres villes de France, les chiffres ne trompent pas sur les réussites de ce dispositif. Ainsi, 85 % des sans-abri se maintiennent dans le logement et se rétablissent au bout de deux ans.


 

 

Le dispositif « Un chez soi d’abord » est la transposition française du projet « Housing First », initié à New-York dans les années 1990. Cette expérimentation postule que les personnes, y compris celles qui sont durablement sans-abri, ont des compétences pour accéder et se maintenir dans un logement.

 

Francis, qui a pu expérimenter ce dispositif témoigne : « Tout a changé pour moi, parce que je suis passé de rien à un toit sur la tête. Le programme nous aide à nous intégrer et à avoir nos propres logements. Une fois qu’on a le logement, si on paye le loyer et qu’on garde le logement propre, il n’y a pas de soucis. On est suivi, ils viennent nous voir une fois par semaine,. C’est aussi au niveau de la santé que ça va mieux. Maintenant que j’ai le logement, il ne me manque plus que le travail ! »

 

Les personnes sans abri vivent en moyenne 30 ans de moins que la population générale

 

Les personnes sans abri vivent en moyenne 30 ans de moins que la population générale, et un tiers d’entre eux souffre de problèmes psychiques sévères. Face à ce phénomène, les ministères en charge de la santé et du logement ont lancé, en 2011, le dispositif « Un chez soi d’abord » dans quatre villes de France. Celui-ci a été le précurseur du plan quinquennal pour le logement d’abord et la lutte contre le sans-abrisme, appelé plan « Logement d’abord ».

Après une première phase d’expérimentation réussie, l’État souhaite porter à 16 le nombre de sites « Un chez soi d’abord » d’ici 2022 (soit 2 000 nouvelles places).

 

Accéder à un logement ordinaire sans passer par un centre d’hébergement temporaire.

 

Expérimenté à Paris, Toulouse, Marseille et Lille, l’objectif de ce programme est d’éviter que les sans-abri, atteints de troubles psychiatriques, ne soient hébergés que trois nuits par semaine dans les centres d’accueil. L’approche de ce programme est originale puisqu’il ne conditionne pas l’accès à un logement ordinaire à la réussite d’un certain nombre d’étapes préalables comme l’arrêt des consommations psychoactives ou comme la prise d’un traitement relatif aux troubles psychiques. Grâce à un accompagnement quotidien pluridisciplinaire, le suivi est fortement individualisé. Ainsi les personnes organisent leur accompagnement et sélectionnent les services qu’elles souhaitent utiliser.

 

Les résultats de l’évaluation menée sur les 6 dernières années dispositif sont édifiants : 85% des personnes sont toujours logées et accompagnées à la fin des 2 ans d’expérimentation. De plus, le programme est un réel outil d’intégration sociale. Ainsi, la grande majorité des personnes accompagnées a repris des liens avec son entourage, ses amis ou sa famille et 20% des personnes ont été accompagnées vers une formation professionnelle, un emploi ou des activités bénévoles. Le logement, qui est un droit fondamental, devient un tremplin pour faciliter les soins et l’inclusion sociale.

 

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