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[Entretien] Agnès Lecordier présidente de la Fondation Lecordier

[Entretien] Agnès Lecordier présidente de la Fondation Lecordier
Récompensée par deux prix aux Oscars Admical cette année, la fondation Lecordier ambitionne de créer un vrai centre d’accueil réservé aux femmes SDF. Zoom sur un projet qui aborde la pauvreté sous un angle sensible.


Comment vous est venue l’idée de créer cette fondation dédiée aux femmes ?

On estime à 7 000 le nombre de femmes vivant dans la rue à Paris.

Et pour leur venir en aide presque rien. En tout cas pas ou très peu de centres d’accueil spécialisés leur permettant de trouver soins et hébergement d’urgence. Car la plupart des centres sont mixtes et de nombreuses femmes compte tenu de leur douloureux passé préfèrent la rue à une cohabitation avec des hommes. D’où l’idée de mettre sur pied une fondation qui leur soit dédiée. Dès 2008 nous l’avons créé avec mes deux soeurs en y consacrant une partie du patrimoine familial, en bénéficiant aussi des compétences de neveux et cousins. Nous sommes tous bénévoles bien sûr. Il y avait urgence car « l’espérance de vie moyenne d’une femme à la rue est de 41 ans ».

Quelles sont vos actions concrètes ?

Un hébergement d’urgence a été créé à Paris. Il occupe deux étages d’un petit hôtel de la place de la Réunion où nous accueillons les femmes le temps de remettre à flot leur situation administrative. Pour certaines cela peut aller très vite car leur situation est «accidentelle». Nous avons déjà rencontré des femmes universitaires ou médecins ! Pour d’autres qui sont à la rue depuis 30 ans c’est beaucoup plus long. Nous leur trouvons alors un logement temporaire que nous finançons en partie.

Nous avons aussi créé avec la Fraternité St Maur dans le XIème à Paris un pôle soins avec infirmière, psychologue, psychiatre, petit déjeuner santé.

Nous nous sommes également appuyés à Grenoble sur une association Femmes SDF à côté de la gare. Il s’agit d’un accueil de jour pour un peu de repos, une douche, la possibilité de laver son linge.

Enfin nous finançons l’association Civam qui organise des séjours à la campagne auprès d’agriculteurs pour aider les femmes à reprendre une existence plus « normale » avec des horaires.

Au total nous prenons en charge environ 200 personnes chaque année. Malheureusement il y a beaucoup de décès, la vie à la rue laissant des séquelles.

Votre fondation est « abritée » par la les Petits Frères des Pauvres. Qu’est ce que cela signifie ?

Nous bénéficions de cette façon de la réputation irréprochable de cette institution qui est une garantie pour les donateurs et notre fondation est reconnue d’utilité publique. Les dons versés par les entreprises et particuliers sont ainsi fiscalement déductibles. D’un point de vue administratif nous bénéficions de leurs compétences en matière comptable et de gestion. Notre comité de gestion est d’ailleurs composé de membres choisis par Les Petits frères des Pauvres aux côtés de mes deux soeurs et moi-même. 

En savoir plus :

La Fondation d'utilité publique Les Petits Frères de pauvres est une fondation abritante : elle permet à des particuliers, des associations ou des entreprises de créer en son sein des fondations (qui peuvent être reconnues d'utilité publique).

La Fondation des petits frères des Pauvres abrite 6 fondations sous égide qui agissent et/ou soutiennent des projets autour de sa cause, de ses domaines de compétences : aide aux personnes âgées ou en précarité, soutien aux personnes gravement malades ou en fin de vie (soins palliatifs) et à leurs aidants, innovation sociale. D'autres fondations abritées constituées par voie testamentaire prendront effet au décès de leurs fondateurs.

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