Sans pressions de la communauté internationale, le gouvernement birman n’accorde

Sans pressions de la communauté internationale, le gouvernement birman n’accorde
En Birmanie, la minorité musulmane des Rohingyas est considérée par les Nations Unies comme l'une des plus persécutée au monde. Depuis 2012, les violences et les discriminations à son égard s'accentuent et obligent les Rohingyas à fuir le pays et à risquer leur vie dans des boats people ou en tombant entre les mains des trafiquants.


Lors d’une conférence de presse le 12 novembre à l’occasion du sommet de l’ASEAN à Nay Pyi Daw, le Secrétaire Général Ban Ki-moon a souligné la gravité du problème humanitaire des déplacés internes dans l’État d’Arakan. Il a demandé au régime birman de prendre position contre les incitations à la haine et aux violences et d’accorder la pleine nationalité aux Rohingyas qui peuvent prétendre au statut de citoyen.

Le gouvernement birman qui mène une politique discriminatoire à l’encontre de la minorité musulmane, ne reconnait pas leur nom et a récemment demandé à la communauté internationale, à commencer par les États-Unis et l’ONU, de cesser d’utiliser le mot « Rohingya ». Il a ainsi immédiatement condamné les remarques du Secrétaire Général des Nations Unies et le 13 novembre, Maung Maung Ohn, premier ministre d’Arakan, lui a envoyé une lettre critiquant son utilisation du nom Rohingya.

Ban Ki-moon a aussitôt rejeté ce commentaire. Après avoir rencontré séparément le président Thein Sein et le porte-parole du parlement, Shwe Mann, il a précisé à la presse que s’attarder sur l’utilisation du terme « Rohingya » n’était pas nécessaire, et que cela pouvait « favoriser une stigmatisation déjà bien ancrée ». Il a également affirmé que les Nations Unies étaient prêtes à soutenir l’implantation du très controversé « Plan d’Action de l’État d’Arakan”.

Ses propos sont toujours condamnés. Le 14 novembre, le parlement birman a approuvé une motion condamnant l’utilisation du mot Rohingya par le secrétaire général des Nations Unies. Par ailleurs, le 23 novembre, des milliers de personnes dans l’État d’Arakan ont participé aux manifestations approuvées par le régime, contre les propos tenus le 12 novembre par le secrétaire général des Nations Unies.

par ailleurs, le 20 novembre, le Sénat américain a adopté une résolution appelant le gouvernement birman à répondre de façon non discriminatoire et globale aux besoins de paix, d’harmonie et de développement de l’État d’Arakan, en appliquant de façon juste et équitable l’État de droit. Le lendemain, la Commission des droits de l’homme de l’Assemblée Générale des Nations Unies a adopté une résolution appelant la Birmanie à accorder la nationalité birmane à la minorité musulmane apatride des Rohingyas.

À moins d’un an des élections législatives, il semble que le régime n’ait aucune intention d’accorder la pleine citoyenneté aux Rohingyas. Il s’appuie en effet sur les tensions interreligieuses pour diviser le peuple, affaiblir l’opposition, légitimer le poids des militaires et se positionner comme le défenseur du peuple birman. Sous le régime actuel et sans sanctions internationales, les 800 000 Rohingyas de Birmanie resteront apatrides.

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