[DIS FLAVIE] C'est quoi une boutique solidaire ?

[DIS FLAVIE] C'est quoi une boutique solidaire ?
L'énoncé est tentant, sans doute facile, et en accord avec le thème de la semaine – Fashion week engagée – sur carenews, mais ce terme recouvre des réalités multiples. Il est difficile aujourd'hui de s'y retrouver entre les multiples acteurs (associations, fondations, entreprises), les structure diverses qui existent (boutique, site, produit-partage, plate-forme) et les rouages philanthropiques ou éthiques qui les animent.


 

Les entreprises qui incluent un pan solidaire : ce sont des commerces mais dont l'aspect mercantile est mêlé avec des causes. Elles peuvent reverser une partie de leurs profits à une association : un produit-partage généralisé ! Le site covet chic, comme de nombreuses marques, reverse une partie de ses bénéfices à des associations. Ou avoir leur propre structure, fondation ou association, dont les fonds proviennent donc de la boutique, comme Merci.

Il y a également les boutiques qui choisissent leurs produits dans une ligne éthique, humaine, sociale voire biologique. Certaines marques sont devenus très connues comme Ekyog. D'autres sites comme godobe regroupent des créateurs qui respectent ces codes.

Certaines boutiques vintage (autrefois friperies), utilisent également les objets d'occasion pour y inclure une dimension sociale (insertion) ou environnementale comme Bis Solidaire.

Viennent ensuite les boutiques solidaires associatives, les boutiques des associations qui vendent des objets griffés à leur nom, ces produits sont gérés en interne ou par le biais d'un partenariat, comme la collection des P'tits cracks. Certaines grosses structures ont conclu des partenariats en faisant appel à des blogueuses ou des artistes, comme la Croix-Rouge, s'immisçant dans un marché exigeant en terme d'esthétique... On est loin de ce que l'on pouvait acheter pour la bonne cause il y a dix ans, comme les autocollants collés au dos des enveloppes. Offrant des bons de réductions et des cadeaux goodies, ils jouent avec les codes « classiques » du marketing.

Enfin, plus classiques mais néanmoins inventives, on trouve les "boutiques" des associations qui recyclent les vêtements ou objets collectés. Emmaüs défi, présent dans La France a du cœur, propose plusieurs espaces de vente (charity stores) et joue sur des aménagements à la mode pour séduire non plus seulement ceux qui souhaitent s'habiller ou se meubler à moindre prix, mais aussi de jeunes urbains branchés en quête d'objets qui ont du sens et participant à l'économie circulaire.

Comme on le disait déjà en s'interrogeant sur le produit éthique, le terme de boutique solidaire peut être utilisé comme un argument marketing, tout comme le produit-partage lorsqu'il est mis dans le faisceau du caused related marketing. On enfonce des portes ouvertes en disant que le marché des boutiques solidaires est en croissance et tient aujourd'hui une part importante du marché des « consom'acteurs », mais force est de constater qu'entre associations, commerces ou « entrepreneurs privés d'intérêt général », la concurrence est désormais réelle, et qu'un mouvement de consommation responsable et solidaire est en marche.

 

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