La Fondation Gates subventionne l'agriculture africaine et la recherche médicale

La Fondation Gates subventionne l'agriculture africaine et la recherche médicale
Depuis le début de l'année 2015, la Fondation Bill Gates a inauguré au moins deux nouveaux projets philanthropiques d'ampleur, dédiés à des causes différentes mais dont les enjeux sont, dans les deux cas, potentiellement importants pour le continent africain. Le premier est consacré à l'agriculture africaine et le second à la recherche sur les vaccins, notamment contre le sida. Ce dernier projet ne concerne pas exclusivement l'Afrique mais les objectifs qu'il poursuit et ses éventuelles conséquences en terme de découvertes médicales constituent un enjeu primordial pour ce continent qui est toujours, à l'heure actuelle, celui où la pandémie présente les taux de décès les plus élevés.


Malgré les progrès faits en Afrique, notamment dans le Sud et l'Est, concernant la prévention relative à la transmission du virus du VIH, le continent continue de présenter des taux d'infection particulièrement élevés, surtout en Afrique subsaharienne, où certains pays comptent actuellement jusqu'à 25 % de leur population active séropositive au VIH et où les conditions économiques contribuent à une stagnation, voire une détérioration, de la situation.

C'est dans ce cadre que la Fondation Bill & Melinda Gates a décidé de faire un don de 50 millions de dollars (soit environ 44 millions d'euros) sur dix ans à l'université américaine de Standford, reconnue comme l'une des meilleures dans le monde. La somme allouée devrait permettre la création d'un Centre des systèmes immunologiques humains au sein de l'université, où les chercheurs mobilisés tâcheront de comprendre comment il serait possible d'exploiter les connaissances relatives au système immunitaire pour développer des vaccins contre les infections les plus dangereuses et répandues dans le monde, tel que le paludisme ou le VIH. Un don d'une telle ampleur devrait permettre aux chercheurs de mener des essais cliniques de grande envergure, qui coûtent généralement des centaines de millions de dollars et s'étendent sur plusieurs années. Le financement de la recherche sur les vaccins par la Fondation Gates ne se limite pas à ce don puisqu'elle a également annoncé, la même semaine, le versement de 1,55 milliards de dollars (soit environ 1,34 milliards d'euros) à l'Alliance GAVI sur les vaccins.

Une autre initiative récemment prise par la Fondation Gates a été intitulée « Micro-réforme pour l'entrepreneuriat agricole et agro-alimentaire en Afrique » (MIRA) : il s'agit d'une subvention de 5,5 milliards de francs CFA accordée par la fondation à cinq pays africains (le Burkina Faso, l'Éthiopie, le Ghana, le Nigeria et la Tanzanie) sur une période de cinq ans. Plusieurs responsables du ministère burkinabé de l'agriculture ont décrit le projet MIRA de la façon suivante : un projet qui « permettra à notre pays d'accéder à une assistance technique internationale et locale de haut niveau pour identifier, hiérarchiser et réformer les réglementations spécifiques qui découragent ou limitent les investissements privés dans le secteur agricole et agro-alimentaire ».

Un pays occupe une place particulière au sein de ce programme : le Burkina Faso, qui est le seul pays francophone retenu. Au Burkina Faso, le secteur agricole contribue à 30% du PIB et emploie 86% de la population active. La présence de ce pays dans la liste de ceux qui pourront bénéficier de la MIRA témoigne, selon l'Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) – chargée de mettre son expertise à la disposition des différents acteurs du projet – des relations de qualité qu'elle entretient avec cet État membre de l'Union Africaine. En effet, avant même l'élaboration de la MIRA, l'AGRA a déjà eu l'occasion de contribuer à l'injection de plus de 9,5 milliards de francs CFA dans le secteur agricole du Burkina Faso.

La Fondation Bill & Melinda Gates, qui s'avère être la plus grosse fondation privée du monde, reçoit, quant à elle, les critiques régulières de certaines ONG qui dénoncent ses rapports « délibérément trompeurs ». Selon ces organisations, la fondation, malgré son ambition affirmée d'apporter une aide aux agriculteurs africains, et sous prétexte de « mettre au point 400 variétés améliorées pour sortir de la famine 30 millions de personnes en Afrique », verserait au moins la moitié de ses subventions à des organisations internationales dont l'activité est généralement centrée sur la recherche génétique. Il reste donc à voir si le nouveau projet de « micro-réforme » récemment engagé suffira à convaincre ces organisations non gouvernementales de la bonne volonté et du réel désintéressement de la fondation.

Source : pourquoidocteur.fr et l'Agence de Presse Africaine

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