[DIS FLAVIE] C'est quoi la co-construction ?

[DIS FLAVIE] C'est quoi la co-construction ?
Co-opération, co-création... co-construction. Les termes en « co » se multiplient, apposant aux projets qu'ils définissent le sceau du collectif et la marque d'un travail d'ensemble. La co-construction, néologisme employé dans le monde non-lucratif et dans l'engagement sociétal, correspond à l'évolution d'un milieu qui voit les partenariats se multiplier avec des mécénats qui dépassent le simple financement (et qui tendent de plus en plus vers un apport en compétences et/ou en nature). Dans cette mouvance, on peut aussi mettre l'accent sur les associations ou fondations d'entreprises, et beaucoup d'autres structures, qui s'unissent pour créer des programmes et des projets plus forts.


Après la tendance à la coopération, la co-construction permet donc d'inclure tous les acteurs dans un projet, et ce dès sa base. Le mot construction a un sens symbolique fort, il fait passer de l'entente morale à l'élaboration concrète. Une définition très claire est celle du site participatif Dicopart : « Ce terme sert à mettre en valeur l’implication d’une pluralité d’acteurs dans l’élaboration et la mise en œuvre d’un projet ou d’une action. ».

En effet, le terme de co-construction place les acteurs sur un pied d'égalité, on sort de la relation actif / passif et financeur / financé. Dans ce contexte, les entreprises et fondations d'entreprises utilisent voire revendiquent leur efficacité. Il est courant de qualifier d'efficace – rentable – le monde de l'entreprise, adjectif moins couramment employé lorsque l'on parle des structures non lucratives. Une association aux méthodes se rapprochant du management ou de la gestion dite privée est bien souvent critiquée. Dans ce cadre, la co-construction permet des partenariats équilibrés et dans lesquels les expertises se complètent.

L'emploi de plus en plus courant de ces termes en co (co-création, co-construction, coopération), qui relèvent parfois du pléonasme (co-partenariat) peut révéler plusieurs choses. Une première pensée, c'est que le terme décomplexe. En utilisant la co-construction, les entreprises et fondations ne rougissent plus d'intervenir dans l'intérêt général de manière franche, leur légitimité s'appuyant sur l'association ou la structure avec laquelle elles travaillent. La réciproque est vraie.

La multiplication de ces termes dévoile aussi un courant déjà bien amorcé : la professionnalisation des projets d'intérêt général, qui se parent des mêmes processus et des mêmes modes d’évaluation (mesures de l'impact) que les autres.

On peut aussi y appliquer la tendance au travail collectif, qu'il s'agisse de la multiplication des clubs d'entreprises mécènes (comme Mécène et Loire, pionnier du genre ou plus récemment Mécénat en Bourgogne) liées géographiquement ou par corps de métiers, ou des collectifs d'associations ou d'ONG qui unissent leurs forces pour construire des projets d'autant plus importants et visibles (Génération Nutrition, collectif #Santé2015).

Enfin, comme pour tout, il est en philanthropie des modes, d'actions comme de vocabulaires, qui voient des termes et des expressions devenir omniprésents. Ce qui est important avec celui-ci, c'est de surveiller son emploi, qu'il ne serve pas de caution à des partenariats abusifs sous façade de bonne entente et surtout, que la réalité des projets ne soit pas noyée dans un jargon et des procédures trop lourds pour eux...

 

 

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