[ÉCOLE] [ENTRETIEN]Benoît Legait, président de la fondation Mines Paris Tech

[ÉCOLE] [ENTRETIEN]Benoît Legait, président de la fondation Mines Paris Tech
Les fondations universitaires se multiplient et leurs campagnes de levée de fonds alimentent des projets de recherches tout comme le soutien à la scolarité des étudiants. Forte d'une ambitieuse campagne de fundraising lancée en 2014, la fondation Mines Paris Tech, qui allie mécénat d'entreprises et des particuliers, se développe beaucoup. La Fondation Mines ParisTech (anciennement FI3M - Fondation des Industries Minérales, Minières et Métallurgiques) a été créée en 1946. Depuis 1947, elle est reconnue d'utilité publique ce qui en fait l'une des plus anciennes fondations académiques en France. Après avoir été directeur de l'école des Mines de paris, Benoît Legait est devenu président de sa fondation. Il nous parle de ses fonctions et des spécificités de sa fondation, qui connaît une importante croissante et évoque également le contexte plus global du mécénat académique : "Les Français ont la réputation d’être très généreux. C’est surtout vrai pour le médical ou le social mais pour l’éducation nous sommes encore loin du niveau de la Grande- Bretagne ou des Etats-Unis. Cependant la croissance est enclenchée et nous contribuons à l’accélérer."


Comment êtes-vous devenu président de la fondation de l’école des Mines ?

La première partie de mon parcours professionnel a été consacrée à la recherche à l’Institut français du pétrole (IFP) devenu depuis IFP Energies Nouvelles. Puis je suis entré à l’école des Mines de Paris comme directeur de la recherche en 1995 pour devenir cinq ou six ans plus tard directeur de l’école. À ce titre je participais à l’activité de la fondation dont j’étais un membre très actif du conseil d’administration avec le président de l’époque Jacques Levy au moment où se mettait en place la loi TEPA. 

Le décès du président de la fondation peu de temps après la fin de mon mandat de directeur de l’école a accéléré les choses. Mais c’est une tradition depuis plusieurs générations que le directeur de l’école des Mines devienne, une fois son (ou ses) mandat(s) échu(s), directeur de la fondation à la demande du conseil d’administration.

 

À quoi servent les dons versés à la fondation Mines Paris Tech ?

La vocation première de la fondation est le développement des projets de l’école des Mines mais elle est aussi plus large car les statuts de l’école précisent que celle-ci doit contribuer à la formation supérieure et à la recherche. En particulier pour développer l’esprit de mécénat dans l’enseignement supérieur. C’est la raison pour laquelle 80% du budget de 4 millions d’euros de la fondation est consacré aux chaires de mécénat. Les entreprises donnent de l’argent pour développer des projets de recherche et d’enseignement sur cinq ans. Elles financent ainsi la recherche sur des projets en amont de ceux qu’elles peuvent traiter elles-mêmes mais à la demande d’industriels. Comme il s’agit de dons celles-ci n’ont pas la propriété intellectuelle des découvertes. 

Nous avons mis en place des chaires avec le soutien d’un seul ou de plusieurs partenaires. Par exemple actuellement une chaire sur la voiture automatisée est soutenue par Valeo, Safran, PSA. Celle-ci est développée en partenariat avec l’école Polytechnique de Lausanne, les universités de Berkeley et de Shanghaï pour un coût annuel de 1 million d’euros. Et nous avons une petite dizaine de chaires actuellement en cours. 

Le reste des dons venant en très grande partie des particuliers sert à soutenir la mobilité des élèves, à accueillir des étudiants étrangers, ou à l’aide à l’entrepreneuriat et dernièrement à la rénovation d’un amphithéâtre de l’école.

Quelle est votre vision de l’évolution du mécénat ?

La fondation Mines Paris Tech est très ancienne puisqu’elle date de 1946. Elle a été dotée à la sortie de la guerre par les industries chimiques et minières. Entre 1946 et la loi TEPA de 2007 l’activité de la fondation restait limitée. Celle-ci a été dopée par les avantages fiscaux de la loi nouvelle aussi bien du côté des donateurs privés que des entreprises. Pour ces dernières la vague d’engouement s’est concentrée sur les années 2008/2010. C’est devenu plus difficile ensuite du fait de la croissance faible sans doute, de la concurrence d’autres établissements peut-être.

Les donateurs privés, eux, sont de plus en plus nombreux et généreux, essentiellement les anciens élèves et leur entourage. Sur cette catégorie nous connaissons une croissance à deux chiffres. Il existe de la part de ceux qui donnent une solidarité intergénérationnelle et aussi une reconnaissance envers l’école qui a permis de réaliser un beau parcours professionnel. Une prise de conscience sans doute du lien très fort entre carrière et formation.

Et puis la croissance des dons est fortement soutenue depuis dix huit mois par la création du Comité de Campagne composé d’une vingtaine de membres qui relaient les messages de la fondation pour susciter des dons. Celui-ci est composé de vingt membres qui par leurs compétences, leurs fonctions ou leurs réseaux apportent un précieux soutien au travail réalisé par les cinq personnes de l’équipe permanente.

Les Français ont la réputation d’être très généreux. C’est surtout vrai pour le médical ou le social mais pour l’éducation nous sommes encore loin du niveau de la Grande- Bretagne ou des Etats-Unis. Cependant la croissance est enclenchée et nous contribuons à l’accélérer.

 

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