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Engagement bénévole et solidarité : des faits sociaux dynamiques

Engagement bénévole et solidarité : des faits sociaux dynamiques
Le bénévole, de bene volo en latin, est celui qui « veut bien » donner de son temps, qui « s’engage librement pour mener une action non salariée en direction d’autrui, en dehors de son temps professionnel et familial ». Il incarne aujourd’hui, mieux que tout autre phénomène, le lien social et le « vivre-ensemble », les initiatives de la société civile pour colmater les brèches d’un tissu social décousu et ramener au cœur de la société ceux qui, pour diverses raisons de vulnérabilité, glissent vers des formes d’exclusion.


Le bénévolat est un phénomène aujourd’hui massif et dynamique : il représenterait en France 11 à 14 millions de personnes (soit deux fois plus qu’à la fin des années 1980, et 1,072 millions d’équivalents temps plein), à 40% pluri-engagés, pour 1,3 millions d’associations. Mais la réalité du bénévolat est, à l’image de son ampleur, contrastée. Plus de la moitié des participations et du volume horaire sont captés par les trois principaux secteurs du sport, des loisirs et de la culture ; tandis que le poids de la solidarité reste difficile à mesurer, à cheval entre les catégories « caritatif et humanitaire » (5% des participations) et « action sanitaire et sociale » (12%). Ces dernières décennies, la croissance du bénévolat a été largement portée par les seniors, « génération-sandwich » parfois tiraillée entre baby-sitting des petits enfants et soin aux parents vieillissants ; mais à rebours de l’idée que les jeunes ne s’engagent pas, les 17-34 ans représentent un quart des effectifs, soit la même proportion que les 35-49 ans. Les bénévoles se disent avant tout motivés par l’envie d’être utiles à la société et se montrent fidèles à leur association. À rebours de l’idée que le bénévolat serait « en crise », il se porte bien, même si depuis quelques temps sa croissance se fait en partie hors associations d’une part, et sous forme d’engagements plus ponctuels d’autre part – d’où la difficulté souvent ressentie à trouver des militants prêts à assumer des responsabilités.

Au sein de ce vaste paysage, le bénévolat de solidarité reste malheureusement, en raison de la mauvaise conjoncture, un secteur florissant – et socialement valorisé. Il a su considérablement évoluer depuis le temps des « dames patronnesses » : la charité traditionnelle, où « la main qui donne est toujours supérieure à la main qui reçoit » et où l’aide peut blesser ou humilier, est depuis plusieurs décennies battue en brèche ; l’action palliative, où tout est à refaire chaque jour, reste nécessaire mais se métisse de préventif et de curatif, dans un objectif d’autonomisation ; le « faire pour » s’efface devant le « faire avec » marqué par la participation et « l’empowerment » des personnes. Si la solidarité publique est nécessaire, tout montre qu’elle n’est pas suffisante et que rien ne remplace l’initiative citoyenne, l’entraide humaine qui considère avec respect et dignité, empathie et sympathie. Chacun y trouve son compte : le bénévole, par la satisfaction d’être utile et de rendre la société plus fraternelle ; le récipiendaire, qui lui-même deviendra peut-être aidant à son tour ; la société toute entière, qui devient plus inclusive, moins inégalitaire et plus participative. Pour dire tout cela, SNL a trouvé un beau mot, celui « d’accompagnateur » : étymologiquement, celui qui vient non donner, mais partager le pain.

 

 

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