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[DIS FLAVIE] C'est quoi le don ludique ?

[DIS FLAVIE] C'est quoi le don ludique ?
Au nom de toute la careteam, je vous présente tous nos voeux de bonheur, de santé et de solidarité ! Nous sommes heureux de commencer 2016 avec des lecteurs et des membres toujours plus nombreux et mobilisés pour l'intérêt général. Merci pour votre fidélité, c'est un plaisir de travailler tous les jours pour et avec vous. Pour bien commencer l'année, nous avons pris quelques résolutions éditoriales. Le Dis Flavie va évoluer très prochainement pour devenir un billet de réflexion, de réponse à vos questions, et de réaction ou de mise en perspective des idées reçues, des mots entendus ou des thèmes d'actualité. Pour bien commencer l'année, voici un Dis Flavie positif, qui apporte, je l'espère, de la légèreté mais sans prendre pour autant la philanthropie ou le mécénat à la légère. Il reprend, entre autres, quelques exemples et réflexions du dossier central du dernier Carenews Journal.


Avec la multiplication des sollicitations et l'usage grandissant de la technologie, on voit apparaître de plus en plus de dons dits ludiques. Il s'agit d'une forme décomplexée de générosité qui au-delà de s'inscrire dans le quotidien vise à dédramatiser le don et à attirer des donateurs jeunes et friands d'innovation. 

Le don dit ludique commence donc à se généraliser. Donner en jouant, donner en courant, donner en regardant des vidéos... Il s'agit avant tout d'impliquer le donateur et de lui donner une contrepartie presque toujours immatérielle, celle de la distraction. 

Depuis quelques années, les sites de dons par des biais originaux se multiplient. Charity miles permet aux sportifs de lever des fonds grâce à des entreprises mécènes qui font des dons à chaque kilomètre parcouru. Ce don est d'autant plus populaire qu'il ne coûte rien à l'individu qui le déclenche : ce sont des entreprises qui sont généreuses, mais l'individu qui offre. Anona , c'est un site et une application qui permettent, en visionnant deux publicités par jour, de soutenir divers organismes sans but lucratif. Pour chaque pub visionnée, c’est le publicitaire qui finance le « don gratuit » ! Une excellente façon de mettre à profit les « temps morts » quotidiens (transports, files d’attente…) pour faire une bonne action... gratuitement !  Dans l'esprit du don ludique, on peut également s'inspirer de la campagne mise en place par Publicis Conseil pour l'UNICEF en mars 2015  : le H2O Challenge. Un site scannait les tweets de généreux internautes et en extrayait les caractères symboliques H, 2 et O. Les lettres assemblées en molécules d’eau potable étaient ensuite transformées en don par le donateur, afin de permettre l'achat de pastilles purificatrices. Sur twitter, on peut également citer l'opération #EndangeredEmoji de WWF. En utilisant des émoticones d'animaux en voie de disparition, le donateur devait ensuite tweeter sur le compte de la WWF. Le hashtag permettait de collecter 0,10€ (ou 0,10£),  une fois le tweet confirmé sur le site de la WWF.

Le don ludique passe également souvent par la multiplication des mises en scène et en situation. Ainsi, on peut citer le musée d'Orsay qui a invité les contributeurs à la restauration de l'œuvre de Courbet à assister aux travaux (en plaçant l'atelier dans une cage en verre dans le musée).  WWF encore a fait preuve de créativité en 2009 avec, au Brésil, la mise en place d'un puzzle évolutif selon les dons (les pièces étant les pièces du jeu).

Pour conclure sur une note connectée, on peut dire que toutes les campagnes sur les réseaux sociaux, notamment celles qui utilisent comme outil le selfie ou le dessin font partie de ces appels aux dons ludiques. Le point commun de ces campagnes, c'est que le donateur "voit" son don (kilomètres parcourus, vidéos, photos, jeux...), ce qui donne un aspect concret à la contrepartie de son geste philanthropique. Au-delà de la distraction, ce qu'il y a également de notable, c'est la force d'impact de ces campagnes qui marquent les donateurs comme les médias. Leur aspect innovant et visuel en font de "bonnes clientes" pour devenir virales et ainsi interpeller, mobiliser et communiquer sur le marché concurentiel qu'est celui du fundraising

 

Retrouvez le dossier central "Don et Innovation, l'ère de la philanthropie moderne" dans le Carenews Journal n°3. 

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