[EDITO] Faire don de sa fortune : l'exemple des patrons américains

[EDITO] Faire don de sa fortune : l'exemple des patrons américains
Mark Zuckerberg a annoncé s'engager à donner 99% de ses actions Facebook à une fondation. Après the giving pledge de Bill Gates et Warren Buffet en 2010, une autre initiative philanthropique exceptionnelle fait la une des journaux. Les patrons français sont-ils pour autant pingres et peu concernés par la solidarité ? Le gigantisme américain opposé à la discrétion européenne : on peut sans doute parler d'une autre façon de donner. Et d'une évolution majeure de la philanthropie, et parallèlement du mécénat.


En 2010 à l'annonce du giving pledge, l'annonce par une quarantaine de milliardaires américains du don de leur fortune avait fait grand bruit. A la fois parce que l'information était impressionnante et aussi parce qu'aucun grand patron français n'avait suivi le mouvement. Aujourd'hui l'annonce du patron de Facebook est un peu différente : il n'est pas en fin de carrière, il n'a pas 70 ans, mais 30. Sa démarche (la forme du don également puisque ce sont en l'occurrence des actions, données en plusieurs fois) tient aussi du symbole. Les jeunes générations ne pensent plus seulement business et profit, elles sont aussi souvent très concernées par la solidarité : de nombreuses start-ups françaises démarrent ainsi avec un modèle de don dans leur business plan et on voit fleurir de nombreuse entreprises à portée sociale et solidaire dont le but est d'aider les associations à obtenir des financements... La génération Y semble moins égoïste qu'on le dit.

En France enfin on regarde souvent les dons médiatisés des Américains comme une façon vulgaire de faire le bien en s'achetant une conscience sociale : c'est oublier qu'aux Etats-Unis la tradition philanthropique souffre moins de discrétion qu'ici où l'on pense encore majoritairement que le bien ne doit pas faire de bruit et que le bruit ne fait pas de bien. Il est moins question d'hypocrisie que de culture et d'intervention de l'état différentes. 

Sans compter qu'outre atlantique les règles de succession permettent de donner toute sa fortune, ce qui n'est pas possible chez nous à moins de n'avoir aucun conjoint ni descendant.

En France les grands patrons compensent en créant des fondations d'entreprises et développent des modèles de participations qui reversent aux salariés crains bénéfices de l'entreprise, sans compter les entreprises de l'ESS.

Le geste de Mark Zuckerberg doit peut-être être envisagé comme un formidable levier de communication, mais il reste un don inestimable (sauf si Facebook fait faillite ces prochaines années...). C'est sans doute là l'essentiel : donner l'exemple, montrer que donner doit être un réflexe, inciter les patrons et par extension tout un chacun à donner. Pour cela on peut appeler à moins de discrétion française.... Pour la bonne cause !

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