[ENTRETIEN]Alain Reners, délégué général de la Fondation Auchan pour la Jeunesse

[ENTRETIEN]Alain Reners, délégué général de la Fondation Auchan pour la Jeunesse
Chez Auchan la politique de responsabilité sociale et environnementale est un enjeu quotidien pour tous les magasins sur tous les territoires d'implantation. Et les fondations perçues comme un moyen de professionnaliser le mécénat. Rien d'étonnant à ce que l'on en compte cinq aujourd'hui. La dernière née, Weave Our future, créée en 2014, vise à améliorer les conditions de vie et de travail dans les pays les moins avancés où le groupe est implanté. Alain Reners y est engagé. Ce qui, en homme de convictions, ne l'empêche nullement d'animer La Fondation Auchan pour la Jeunesse qui, elle, fête cette année ses 20 ans.


Comment vous êtes-vous engagé dans cette mission de délégué général ?

Depuis plus de 25 ans chez Auchan j'y ai réalisé un parcours classique commençant par le magasin pendant six ans puis à la direction du contrôle de gestion d’Auchan France. Un poste qui m'a amené à travailler avec le directeur de la communication qui posait alors les premières pierres de la politique de responsabilité sociale et environnementale. Avec le directeur général, c'est lui qui est à l'origine de la création de la Fondation Auchan pour la Jeunesse, l'une des cinq fondations que compte aujourd'hui le groupe Auchan et qui fête cette année ses vingt ans.

J'ai rejoint la Fondation pour la Jeunesse en 1997 quelques mois après sa création. Sans doute ma première expérience professionnelle acquise comme éducateur stagiaire chez les Apprentis d'Auteuil a constitué un atout en plus de mes fortes convictions et de ma connaissance des fonctionnements de l’entreprise. On accompagnait notamment les adolescents en difficulté pour réussir leur insertion professionnelle. Fort de cette expérience j'avais la capacité à mettre autour d'une même table les acteurs associatifs et les entreprises. Même si ce n'était pas toujours facile. A une époque où l’entreprise avait moins conscience de la nécessité du dialogue entre les magasins et les acteurs de leur territoire d'implantation.

J'ai d'abord été chargé de mission puis délégué général en 2000. Tout en assurant d'autres responsabilités au sein du groupe sur les aspects sociétaux du développement durable.

Quel est le mode de fonctionnement de la Fondation ?

Depuis le début la Fondation exprime la générosité de l’entreprise et de ses collaborateurs. Elle intervient auprès des jeunes de 5 à 25 ans en donnant des moyens financiers à des associations qui agissent en faveur de l'éducation, de la santé et l'insertion. Et ce sur les territoires d'implantation des hypermarchés. En France, nous recevons environ 500 dossiers chaque année pour en retenir 35 à 40. Pour que nous instruisons un dossier, il faut qu’un collaborateur se porte volontaire pour l'accompagner ce qui ne pose généralement pas de soucis car à l’origine d’un dossier, il y a souvent une histoire entre une association motivée et des collaborateurs, parrains et marraines, convaincus. Tous les projets aidés impliquent au moins un collaborateur et parfois plusieurs. Certains arrivent à en mobiliser d'autres autour de leur cause.....jusqu'à 40 à Angoulême pour une association agissant auprès d’enfants autistes.

Le critère le plus important à nos yeux étant l'utilité sociale du projet et son lien possible, concret et durable avec les collaborateurs d’Auchan. L'esprit de la Fondation est d’agir à leur côté. La Fondation apporte le financement, ils portent le projet et mettent leurs compétences au service de l’association. Beaucoup de métiers sont exercés au sein d'un hypermarché et ce sont des ressources précieuses pour les structures d'insertion, par exemple. Nous travaillons beaucoup avec des associations locales auprès desquelles la Fondation peut apporter un « coup de pouce » pour contribuer à initier un nouveau projet, innover, expérimenter, ou encore lancer de nouvelles démarches.

Cette année pour les 20 ans de la Fondation nous mobilisons tous nos magasins en même temps pour que chacun soutienne au moins une association.

Comment voyez-vous l'évolution du mécénat ?

Le mécénat est et sera demain plus encore qu’aujourd’hui, une façon pour l'entreprise de participer à l'attractivité du territoire où elle est implantée via la co construction avec les acteurs associatifs, publics et privés. C'est pour moi le maître mot. Au moment où les associations souffrent d'un manque de moyens il y a intérêt à mutualiser les moyens et les idées et de capitaliser sur les expériences réussies.

Car il ne faut pas réinventer ce qui existe déjà sur un territoire mais plutôt se l'approprier pour le mettre en œuvre ailleurs. Dans le même temps, il y a aussi une plus grande volonté pour les entreprises de mesurer l'impact et l’utilité des actions soutenues pour pouvoir les démultiplier plus facilement.

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