Journées nationales prison : une nécessaire mise en lumière

Journées nationales prison : une nécessaire mise en lumière
Les journées nationales prison sont organisées chaque année par le Groupement national de concertation prison qui regroupe l'ANVP (association nationale des visiteurs de prison), les Aumôneries catholique, protestante et musulmane, la Cimade, La Croix-Rouge française, la FARAPEJ, le FNARS, le Genepi, le Secours Catholique Caritas France et l'UFRAMA. De nombreuses manifestations ont été organisées, pour les professionnels comme pour le grand public. Retour sur un sujet dont il va falloir parler pendant la campagne présidentielle et qui ne se résume pas à la surpopulation carcérale et à la construction de places de prison supplémentaires.


Les acteurs qui se mobilisent tous les jours autour des personnes détenues, de leurs familles ou des personnes sorties de prison sont nombreux. Il y a ceux qui s'occupent d'organiser des ateliers ou des activités en détention (lecture comme Lire pour en Sortir, écriture, théatre, musique parfois), ceux qui font office de visiteurs pour une population qui n'en a parfois aucune autre, ceux qui organisent la visite des familles et notamment des enfants, ceux, souvent anciens enseignants ou enseignants détachés qui font cours, ceux qui accompagnent les personnes une fois sorties...

Il y a en effet beaucoup à faire, et la problématique est plus large que le sujet de la surpopulation carcérale qui certes est un sujet majeur, mais qui a tendance à être repris par ceux qui estiment que la solution est construire des places et des prisons supplémentaires. Or la question n'est pas là, elle se pose en termes de réflexion sur la punition par l'enfermement ou ses alternatives. Une récente comunication de l'OIP (Observatoire international des prisons) intitulée "Constructions de prisons, droit dans le mur", propose en effet d'expérimenter d'autres façons de réprimander (bracelets électoniques, travaux d'intérêt général, quartiers de semi-liberté où le détenu travaille à l'extérieur et dort en prison, etc.). Ces réflexions mettent également en lumière comment nos voisins européens travaillent dans ce sens de la diminution des personnes emprisonnées.

Un programme appelé Respecto, qui nous vient d'Espagne où il a été mis en place en 2001 pour être désormais généralisé dans les centres de détention, est actuellement testé dans quelques centres en France parmi lesquels Villepinte et Mont-de-Marsan. Le principe est simple : en échange d'une attitude respectueuses envers les surveillants et les coreligionnaires, de l'entretien et la bonne tenue des locaux et des cellules, et de la participation à 25 heures par semaine d'activités, les personnes détenues peuvent circuler toute la journée dans le bâtiment, entre cellules, dans la bibliothèques, la promenade... L'expérience comme en espagne traduit un climat apaisé, une propreté améliorée et une meilleure réinsertion grâce aux activités, qui dans les autres centres sont rarement ouvertes à tous, manque de moyens.

Cette expérience montre qu'on peut penser la prison différemment et que les activités sont importantes pour la réinsertion des personnes détenues, et pas seulement pour d'éventuelles remises de peine (pour le travail, les formations et désormais les activités culturelles de Lire pour en Sortir).

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter la page dédiée sur le site de la FARAPEJ, mais aussi celui de l'UFRAMA.

Enfin vous pouvez aller lire les deux chroniques signées Valentine Goby dans La Croix (chronique 1 « le réel est dans le livre » , chronique 2 « Sérendipité derrière les barreaux »).

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