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GOOGLE IMPACT CHALLENGE : MENTORAT ET 50 000 € DE PLUS POUR LES LAURÉATS 2015

GOOGLE IMPACT CHALLENGE : MENTORAT ET 50 000 € DE PLUS POUR LES LAURÉATS 2015
Le 6 décembre 2016, un petit-déjeuner a réuni, au Liberty Living Lab à Paris, huit des dix associations françaises lauréates du Google Impact Challenge 2015. Elles étaient conviées à témoigner de l’impact du soutien apporté par le concours (dotation financière allant de 200 000 à 500 000 euros, programme de mentorat porté par les salariés Google). À l’issue des tables rondes, Nick Leeder, directeur général de Google France -et membre du jury du concours- a annoncé l’attribution d’une bourse complémentaire de 50 000 euros pour chaque lauréat et la poursuite, pour un an de plus, du mentorat.


« Google inspire à travers le monde, mais là, c’est vous qui nous inspirez ! », adresse Nick Leeder, directeur général de Google France aux lauréats du Google Impact Challenge 2015. En octobre 2015, pour la première fois en France, dix associations ont été récompensées par ce concours, organisé par Google.org, la branche philanthropique de Google. Un événement qui vise à identifier et soutenir les associations qui utilisent les technologies, pour décupler l’impact de leurs actions. « Un fonds d’amorçage, une crédibilité d’image et un accompagnement de qualité : ce sont les trois choses que le Google Impact Challenge nous a apportées », résume Stéphanie Goujon, directrice de l’Agence du Don en Nature, qui a pu créer cette année le « panier partage numérique » (les internautes peuvent offrir en un clic un produit de première nécessité aux plus démunis lorsqu’ils effectuent leurs achats en ligne).

Innovations, concrétisation de projets, recrutements ou ouverture de bureaux à l’international : les associations lauréates ont beaucoup évolué en un an, comme elles en ont témoigné au cours des tables-rondes. Un bilan de l’impact du Google Impact Challenge souligné par le directeur de Google France : « Nous nous voyons davantage comme un accélérateur que comme un concours ».

« Passer dans la cour des grands » grâce au soutien financier

« Une vision sans exécution n’est qu’une hallucination », cette citation remarquée, offerte par Stéphanie Goujon, illustre à quel point le soutien financier est nécessaire pour que les associations puissent avancer.  « Le Google Impact Challenge nous a permis de passer dans la cour des grands », se félicite Joséphine Bouchez, co-fondatrice de Ticketforchange. L’association, qui fournit un programme en ligne d’accompagnement vers l’entrepreneuriat social, fait partie des quatre lauréates et a reçu une dotation de 500 000 euros. Les six autres finalistes ont été soutenues à hauteur de 200 000 euros chacune.  « Il existe beaucoup de soutien pour monter un projet, peu qui permettent de prendre du recul. Trouver des financements pour passer à l’échelle est difficile », constate Jérémy Lachal, directeur de Bibliothèques Sans Frontières, autre association lauréate du concours. L’un de ses projets phares est l’Ideas Box, une médiathèque mobile en kit qui ouvre aux populations éloignées de la culture et de l’information un espace doté d’outils numériques pour s’informer et se former. « Avec le Google Impact Challenge et La France s’engage (dont l’association est également lauréate), c’est fantastique, car on a pu prendre le temps de réfléchir à ce passage à l’échelle. On ainsi pu multiplier le nombre de nos Ideas Box, de 4 à 70, et en diminuer le coût de construction de 15 000 euros. » 

Un mentorat très apprécié, reconduit pour une année

Les dix associations ont bénéficié pendant un an d’un programme de mentorat, porté par des parrains ou marraines, salariés volontaires de Google, et dont le contenu s’est adapté aux besoins de chaque association. Pour Nicolas Huchet, co-fondateur et directeur du développement de l’association MyHumankit : « Le Google Impact Challenge nous a d’abord permis d’écrire un vrai budget, de manière professionnelle. » Un accompagnement indispensable quand on sait qu’en un an, le budget annuel de MyHumanKit est passé de 500 euros (avant le concours) à plus d’un million d’euros ! L’association qui propose des plans open source pour les personnes en situation de handicap désireuses de « s’auto-habiliter » en fabriquant leur aide technique sur mesure (main bionique, gant sonar, ou fauteuil roulant en pvc), est aussi passée d’une équipe de bénévoles à quatre salariés.

Les trois quarts des associations lauréates ont renforcé leurs équipes suite au concours. Ainsi, l’association Jaccède, plateforme collaborative en ligne qui identifie les lieux publics accessibles aux personnes à mobilité réduite, a embauché un développeur et un community manager. Pour Jeannette Cecora, sa directrice, « au delà du coup de pouce financier, l’accompagnement a aidé à recruter les personnes clés pour notre projet ».

Claire Chabas est la marraine Google de l’association Voxe.org, plateforme qui informe et interpelle les citoyens pour qu’ils s’engagent mieux en politique. Elle a consacré 20% de son temps au programme de mentorat, faisant le point avec l’équipe de l’association « toutes les deux, trois semaines au début, puis tous les mois ». Elle se voit surtout « comme une génératrice d’opportunités » : « Mon rôle consiste à voir où Google peut fournir des ressources utiles au projet et à apporter un regard extérieur ». Léonce de Roquefeuil, cofondatrice de Voxe estime que « la collaboration la plus précieuse a porté sur le développement ». « Les échanges avec Google nous ont conduit à effectuer un vrai pivot : nous sommes passés de l’idée de développer une application assez complexe, au fait de la tester pendant un an via une newsletter ‘Whatthevoxe?!’, qui cartonne aujourd’hui", explique-t-elle. Joséphine Bouchez (Ticketforchange) a elle aussi particulièrement apprécié le « regard extérieur stratégique, avec une prise de recul » de leur mentor -un employé de Google basé au Mexique. Une différence de perspective qu’elle juge « nécessaire, surtout quand on a la tête dans le guidon ». « Notre approche est souvent vécue comme disruptive. Nous effectuons une véritable mise à plat des associations, qui est très bénéfique », commente Florian Maganza, responsable Europe de Google.org.

Nick Leeder observe « un appétit sans fin de nos salariés pour travailler sur ces sujets ». Estimant « avoir beaucoup appris sur l’importance du programme de mentoring », le directeur de Google France fonde le prolongement de ce programme pendant une année supplémentaire sur la nécessité et l’utilité d’un accompagnement pérenne des associations.

Gain de crédibilité et développement du réseau

Le concours a ouvert de nombreuses portes, augmenté la crédibilité des associations auprès des financeurs et partenaires potentiels et favorisé rencontres et développement de leur réseau. « Outre l’augmentation de l’efficacité technologique de nos projets, le Google Impact Challenge nous a permis d’obtenir le soutien d’un fonds américain de développement », témoigne Jean-François Rambicur, président de 1001 Fontaines. Prix du public du concours, l'association forme des opérateurs locaux à  produire de l’eau potable pour les populations. Grâce à la visibilité que le concours lui a apporté, elle a pu remporter une bourse de 500 000 dollars auprès de l’agence du développement américaine. Les liens créés avec l’équipe Google lui ont aussi permis d’ouvrir un bureau à San Francisco.

« A l’international, il est souvent difficile de mettre en place des partenariats », observe Christian Vanizette, co-fondateur de Makesense, communauté en ligne d’aide aux entrepreneurs sociaux, dont l’équipe est passée en un an de 35 à 65 salariés. « Grâce au concours, nous avons pu ouvrir un bureau à Houston pour mobiliser la communauté. Le Google Impact Challenge nous a aidé pour les partenariats et pour réaliser des levées de fonds ».

Davantage de partage d’expériences

L’ensemble des lauréats s’accordent pour réclamer davantage d’échange entre acteurs du secteur autour des bonnes et mauvaises pratiques, des bons et mauvais retours d’expérience. « C’est important de mêler toutes les communautés, de favoriser le partage d’expériences entre structures », pointe Joséphine Bouchez (Ticketforchange). Nicolas Huchet (MyHumanKit) plébiscite aussi ces échanges entre pairs : « Le concours nous a permis d’entrer en contact avec un projet similaire au Japon, qui fabrique des mains bioniques en opensource et est également lauréat du Google Challenge japonais. Dans un futur proche, on aimerait vraiment pouvoir organiser un ‘Fabricarium’ – un hackaton de plus longue durée- avec les autres acteurs du secteur. »

Un point de vue partagé par Léonore de Roquefeuil (Voxe.org): « Tous ceux qui ont construit des choses doivent pouvoir le mettre à profit de tous. Notre code, par exemple, est opensource : autant qu’il serve aux autres ! C’est ça le numérique au service de l’intérêt général. »

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