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[ENTRETIEN] Cécile Anger, chargée de Mécénat et Communication au Musée de Cluny

[ENTRETIEN] Cécile Anger, chargée de Mécénat et Communication au Musée de Cluny
Cécile Anger est encore toute jeune mais a déjà tracé une trajectoire dans la communication et le mécénat culturel. De belles expériences pour valider ses études lui permettent aujourd’hui de convaincre mécènes et fondations d’entreprises dans la belle aventure de modernisation du musée de Cluny.


Quel parcours vous a menée au mécénat du musée de Cluny ?

Mes études se sont déroulées pour l’essentiel à l’Université de Paris I où j’ai obtenu un master en droit des propriétés industrielle et artistique et un autre en histoire de l’art. Dans le cadre de mon cursus je suis partie à la Columbia University de New York ce qui m’a permis de faire un stage au Memorial and Museum du World Trade Center (9/11). Mon stage de fin d’études s’est, lui, déroulé à ADMICAL. J’ai également travaillé au château de Versailles et à la Fondation Cartier pour l’art contemporain en mécénat et communication.

Je suis entrée au musée de Cluny en septembre 2014 pour mettre en place la stratégie de modernisation et trouver des mécènes pour le grand projet de rénovation Cluny 4. Rattachée à la directrice du musée, Élisabeth Taburet-Delayahe, qui gère en direct les grands donateurs français et étrangers rassemblés dans un Cercle des mécènes philanthropes je m’occupe également du mécénat des entreprises et fondations d’entreprise.

 

Pouvez-vous nous décrire le projet Cluny 4 ?

Le projet Cluny 4, qui a mis une dizaine d’années à voir le jour et veut ouvrir le musée sur la ville, a démarré en 2015 et va se dérouler en quatre étapes :

1 la restauration des monuments comme la chapelle de l’hôtel des abbés de Cluny et les vestiges gallo-romains des thermes de Lutèce; 2 la construction d’un nouveau centre d’accueil des visiteurs qui a été confié à l’architecte Bernard Desmoulin à l’issue d’un concours organisé en 2014; 3 la refonte totale du parcours de muséographie, la dernière rénovation de celle-ci datant de 1950 et il n’y avait pas, par exemple, d’accessibilité aux personnes à mobilité réduite; 4 la restauration du jardin médiéval.

Les deux premières phases sont financées par des aides du Ministère de la culture et de la communication et du partenariat avec le Louvre Abu Dhabi (le musée de Cluny fait partie des musées prêteurs), les deux suivantes par des grands donateurs et du mécénat d’entreprise. Nous avons en effet de grands collectionneurs français mais aussi américains et britanniques qui participent au financement du projet parce qu’ils sont passionnés d’art médiéval mais aussi des entreprises comme Lafarge qui sont étroitement associées à Cluny 4. Mais nous sommes encore en phase de prospection pour les phases 3 et 4, le projet ne devant pas s’achever avant 2020.

 

Comment voyez-vous évoluer le mécénat ?

Les grandes entreprises comme celles du CAC40 ont l’habitude du mécénat. Elles ont une stratégie bien établie avec des cadres bien définis et sont fréquemment sollicitées. Mais ce n’est pas forcément le cas pour les petites et moyennes entreprises ou les entreprises de taille intermédiaire pour lesquelles il faudrait faire de la pédagogie. En effet, certaines ne connaissent pas les avantages fiscaux attachés au mécénat culturel. Admical a fait une enquête sur le sujet en 2016 et montré qu’une transformation est en train de se produire. La moitié des entreprises de plus de 250 salariés sont désormais mécènes, et un quart des petites et moyennes entreprises, c’est tant mieux.

Nous n’avons encore jamais fait de crowdfunding au musée pour solliciter le soutien de particuliers. Il y a énormément de campagnes et nous cherchons pour l’instant comment nous positionner sur ce créneau et attendons le moment propice pour le faire.

 

 

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