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Je parraine… un tchat contre les violences conjugales faites aux 16-25 ans

Je parraine… un tchat contre les violences conjugales faites aux 16-25 ans
En Avant Toute(s) a créé un tchat où les jeunes femmes victimes de violences peuvent parler de ce qu’elles traversent à une intervenante professionnelle, en tout anonymat. Lucas Joly, collaborateur Bouygues Telecom, a souhaité parrainer cette initiative auprès de la Fondation Bouygues Telecom, attachée à soutenir l’engagement citoyen de ses collaborateurs de l’entreprise.


La détresse silencieuse des 16-25 ans

Les statistiques sont sans appel. Une femme sur 10 est victime de violence conjugale. Parmi elles, les 16-25 ans sont plus nombreuses que la moyenne, et les violences subies plus graves. Pourtant, elles apparaissent très peu dans les appels reçus au 3919 et auprès des associations dédiées. Créée en 2013, En Avant Toute(s) s’adresse en priorité à ces jeunes femmes isolées. L’association les accueille et les écoute. Elle les accompagne dans leurs démarches administratives et juridiques. Elle réalise des actions de prévention, principalement au collège, pour sensibiliser ces adultes en devenir sur un sujet souvent tabou.

Lucas Joly, collaborateur Bouygues Telecom et membre de l’association, explique les raisons de son engagement : « La question des violences faites aux femmes commence seulement à émerger dans la parole publique. Au contact d’En Avant Toute(s), j’ai mesuré l’étendue du phénomène. C’est la seule association de lutte contre les violences conjugales cherchant à cibler spécifiquement les jeunes, ce que je considère comme sa grande force. Le changement des comportements sexistes ne pourra arriver qu’en s’adressant à ceux qui construisent la société de demain ! »

Et c’est cet important travail de terrain, directement au contact des jeunes, qui a conduit l’association à créer un tchat dédié aux jeunes femmes victimes de violences conjugales ou familiales.

Investir le terrain de prédilection des jeunes : le numérique

Inauguré le 25 novembre 2016, jour national contre la violence faite aux femmes, le site envavanttoutes.fr se présente comme un site d’information sur la relation de couple. Dynamique, clair, le contenu éditorial reprend les codes et le lexique spécifique de la jeune génération. Tests, vrai/faux, témoignages, contenus sur les mécanismes de l’emprise… « on a produit tout le contenu du site par la parole des jeunes qu’on a vu dans les collèges », explique Ynaée Benaben, fondatrice d’En Avant Toute(s).

Une fois mises en confiance, les utilisatrices s’orientent vers le véritable objet du site : un tchat anonyme et gratuit, où elles entrent en conversation avec deux professionnelles de l’association. « Certaines se questionnent sur la nature de leur relation, si les violences existent ou pas, d’autres vivent des violences et viennent en parler, poursuit Ynaée Benaben. Les deux répondantes sont des professionnelles salariées, formées à l’accompagnement spécifique des violences faites aux femmes. C’est vraiment leur domaine de compétences. On milite pour qu’il y ait une professionnalisation de l’accompagnement. Ça ne s’improvise pas du tout, on est face à des personnes très vulnérables. »

Le tchat est ouvert le lundi, mardi et mercredi après-midi. Le choix d’une interface numérique présente de nombreux atouts : Internet est à la fois un outil ancré dans le quotidien des jeunes, et une manière de garantir l’anonymat et la non-discrimination. C’est d’ailleurs ce que met en avant Lucas Joly : « Le projet se saisit pleinement des possibilités offertes par les nouvelles technologies. Je crois profondément que le numérique est un outil privilégié dans le processus de libération de la parole. Je suis persuadé que la plateforme aidera de nombreuses jeunes femmes à sortir des violences qu’elles peuvent subir. »

Un site à l’affluence « exponentielle »

A ce jour, 52 conversations ont été initiées sur le tchat. Quinze jeunes femmes sont revenues plusieurs fois. « On propose un endroit où elles peuvent regarder leur situation en la racontant à quelqu’un de bienveillant, et démêler ce qui est dur pour elles », souligne Ynaée Benaben. Même si la fréquentation est en constante augmentation (déjà 4486 visiteurs depuis le lancement), la priorité reste d’accompagner le mieux possible chaque jeune femme. « On ne voulait pas qu’il y ait une affluence trop grande au début, à laquelle on n’aurait pas pu répondre et qui aurait découragé les utilisatrices ».

Le projet a révélé, à l’usage, un autre public : les professionnelles de la jeunesse. Qu’elles agissent dans les missions locales, en encadrement scolaire, ou dans les associations, elles sont les premiers témoins de confessions déguisées. « Plusieurs professionnelles nous ont contacté parce que des jeunes femmes laissaient entendre une situation, sans pour autant en discuter directement avec elles. Et elles ne savaient pas quelle position adopter, ce qu’elles pouvaient leur dire, quelles ressources elles pouvaient leur transmettre. » Elles viennent alors recueillir des éléments de langage et des conseils. Et lorsque cela devient possible, elles les orientent vers le tchat.

La subvention de la Fondation Bouygues Telecom sera attribuée à l’exploitation des résultats chiffrés du tchat. « L’objectif, précise Ynaée Benaben, c’est aussi de récupérer des informations sur les violences faites aux jeunes femmes. On manque aujourd’hui cruellement de données. On voudrait faire un diagnostic de terrain d’après les informations que nous récolterons de manière anonyme. » Et en attendant de dresser un tableau des violences subies par les jeunes femmes en France, enavanttoutes.fr libère les jeunes femmes, « un pas après l’autre », de leur trop lourd secret.

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