Header logo

Le portail n°1 dédié à l'intérêt général

[ENTRETIEN] Emilie Poisson, directrice exécutive de Convergences

[ENTRETIEN] Emilie Poisson, directrice exécutive de Convergences
L'édition 2017 du forum mondial Convergences ouvre ses portes les 4 et 5 septembre prochains. Pour fêter ses dix ans, il rassemblera près de 500 experts autour d'ateliers, conférences et évènements sur les solutions innovantes de lutte contre la pauvreté, la précarité et la pollution. À quelques jours du lancement du forum, nous avons rencontré Emilie Poisson, directrice exécutive de Convergences, qui nous présente son parcours d'ACTED à Convergences, son rôle au sein de l'organisation et les évolutions majeures qu'elle voit se dessiner dans le secteur de l'intérêt général.


Quel est votre parcours ?

 

À 10 ans, j'ai vu Kofi Annan à la télévision et j'ai dit à mes parents que je voulais devenir lui [Secrétaire Général des Nations Unies] ! J'ai donc su enfant que je voulais travailler dans la diplomatie, ou Saint Graal, pour les Nations Unies. Après mon bac, j'ai étudié les sciences politiques et les relations internationales. La diplomatie m'a alors semblé lente et administrative, j'avais envie d'opérationnel. 

J'ai effectué mon stage de fin d'études chez ACTED, et j'ai attrapé le virus ! J'ai travaillé pendant 10 ans pour ACTED : en Afrique (Tchad, Sud-Soudan, RDC principalement) puis en tant que directrice régionale Afrique. Après une décennie, comme beaucoup de travailleurs humanitaires, j'ai réalisé que j'avais perdu de ma fraicheur et de mon objectivité. Surtout, on est beaucoup à connaître la frustration de mettre des pansements sur une plaie sans s’adresser aux causes. 

C'est cette volonté d'agir à la racine des maux qui m'a amenée à rejoindre Convergences. 

 

En quoi consiste votre rôle au sein de Convergences ? 

 

Je suis depuis 2016 la directrice exécutive de Convergences. J'encadre une équipe de 10 personnes. Mon quotidien c'est de maintenir la cohérence de l'association en gérant par exemple les liens avec l'équipe et les partenaires : animer et encadrer des réunions ou construire de nouveaux partenariats pour Convergences. Il y a aussi un travail de programmation et planification, mais aussi l'écriture de tribunes et contenus. Enfin, il y a beaucoup de réflexions sur les tendances et les enjeux autour de nos sujets, ce qui est lié au travail d'orientation de la structure. 

Le point très positif de mon travail, c'est la rencontre avec des personnes qui agissent concrètement et qui ont beaucoup d'idées pour changer le monde : c'est positif, rafraichissant et inspirant. J'aurais aimé les connaître avant ! 

 

L'équipe coordonne des publications (Baromètre de l'entrepreneuriat socialBaromètre de la microfinance, 2e édition de l'enquête sur les liens entre le CAC 40 et le social business). Nous animons des groupes de travail et de réflexions multiacteurs : ils y apprennent à travailler ensemble et apportent leur son expertise sur la ligne éditoriale de Convergences. L'année de Convergences est ponctuée d'évènements. Les 4 et 5 septembre, c'est la 10e édition du Forum qui réunit chaque année 5 à 7 000 personnes. Tout au long de l'année, nous organisons 2 projets récurrents : le Lab Laboo (des sessions sur l'innovation digitale au service du bien commun) et les apéros mensuels entres jeunes et porteurs de projets You We Can ! (1er festival Youth We Can ! le 23 septembre). Enfin, depuis 2017, Convergences part à l'international ; le premier forum international a eu lieu en Birmanie en mars 2017. 

 

Quelle est votre vision du secteur ?

 

Il y a pour moi deux évolutions majeures. La première a été amorcée il y a une dizaine d'années, c'est celle de la place du secteur privé dans l'aide au développement. Il y a 10 ans, il était difficile pour les ONG d'entendre cela; et que ces deux mondes parlent le même langage. « Comment concilier impératif économique et de solidarité » était une vraie question. Aujourd'hui, le terme de partenariat multiacteurs est même galvaudé, cela veut dire qu'il est admis. Maintenant, il va falloir rendre ces volontés et ces partenariats opérationnels.  Pour qu'on atteigne tous les ODD d'ici 2030, il faut rendre les progrès concrets.

 

Deuxième évolution, c'est la place croissante de la numérisation et du digital. Il est évident que les acteurs de la Tech ont des clés. Il faut qu'on arrive à créer des ponts entre les solutions innovantes et les besoins partout dans le monde ; l'open data sera la clé de ce partage. 

 

Ce qui est sûr c'est qu'on a chacun notre rôle à jouer pour les ODD et la construction d’un monde 3Zéro – Zéro Exclusion, Zéro Carbone, Zéro Pauvreté. On peut le faire de beaucoup de façons différentes, mais devant un défi de cette taille il faut des synergies. J'espère les voir chaque année plus nombreuses, ces synergies ! 

 

Partenariat média.

 

Crédit photo : Yann Castanier

, , , , ,