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[RÉFUGIÉS] [CNJ9] Singa, la force du lien

[RÉFUGIÉS] [CNJ9]  Singa, la force du lien
À contre-pied de l’actualité décliniste, la communauté Singa, constituée de réfugiés et de non-réfugiés, travaille depuis 2012 à la construction d’une société inclusive et joyeuse, renforcée par la diversité et la richesse de l’étranger. Au service de cette vision, des programmes structurés d’accueil et d’accompagnement à l’entrepreneuriat des nouveaux arrivants.  Un modèle d’optimisme et d'efficacité qui s’exporte aujourd’hui dans le monde entier.


 

Tandis que “la crise des réfugiés” envahit nos écrans, la méfiance à l'égard des nouveaux arrivants ne cesse de grandir. "Dans ce contexte, il y a un réflexe qui consiste à se demander ce que ces gens vont nous prendre. Or quelqu'un qui s'exile, c'est d'abord quelqu'un qui prend des risques, qui entreprend sa vie et qui en arrivant ici réussit quelque chose, explique Alice Barbe, directrice générale de Singa France. Oser aller à sa rencontre, c'est se rendre compte des richesses qu'il porte et qu’il peut transmettre au pays d'accueil. On a toujours intérêt à échanger avec l’étranger", poursuit-elle. 

Pas d’angélisme dans les propos d’Alice, mais une authentique foi dans le pouvoir de la rencontre, forgée par son expérience diplomatique et humanitaire outre-Atlantique. Résultat, Alice parle sept langues et c’est pour favoriser le dialogue interculturel en France qu’elle rejoint Singa et ses deux fondateurs, Guillaume Capelle et Nathanaël Molle, dès sa création en 2012. “Avec Singa, nous voulions structurer un mouvement citoyen pour construire avec les réfugiés une société renouvelée, plus résiliente et optimiste”, explique-t-elle.  Une vision forte portée par un programme d’activités qui favorise l’intégration économique et sociale dans la société d’accueil.

 

“J’ai perdu d’un coup tout mon capital social”

 

Hamze Ghelabi est le président de Singa France. En 2009, c’est un jeune responsable politique iranien – conseiller de l’ancien Premier ministre et chef de campagne des jeunes pour un candidat réformiste à l’élection présidentielle. Arrêté et emprisonné lors de la crise qui suit les élections, il quitte son pays. À pied. “ En un claquement de doigts, j’ai perdu tout mon capital social”, témoigne-t-il. Arrivé en France sans rien connaître du pays, Hamze doit tout recommencer : “J’étais un inconnu. Je ne parlais pas la langue. Personne ne pouvait valoriser mon expérience et mes compétences. L’inscription dans la communauté Singa et son écosystème a totalement changé la donne”, explique-t-il.

Hamze a bénéficié du programme CALM (Comme à la Maison), un dispositif de mise en relation permettant de connecter des personnes réfugiées à la recherche d’un accueil temporaire avec des particuliers disposant d’une chambre pour les accueillir. Le Airbnb des réfugiés dit-on. “ Pendant trois mois, j’ai habité en immersion au sein d’une famille. J’ai non seulement appris la langue, mais on m’a donné les clés pour déchiffrer les nombreux codes de la société française. Lui était chef d’entreprise, elle avocate. Ils m’ont donné des contacts pour monter mon projet professionnel. J’ai pu récupérer une partie de mon capital social,” explique-t-il.

Hamze est aujourd’hui à la tête d’une société de conseil qui facilite les investissements européens en Iran. “J’ai été accueilli à la Fabrique, l’incubateur de Singa qui accompagne pendant six mois d’égal à égal les porteurs de projets réfugiés et non réfugiés. J’y ai trouvé un mentor, des conseils et tout ce dont j’avais besoin pour démarrer mon activité. L’entrepreneuriat est une voie d’insertion intéressante. Cela permet une intégration rapide, durable et utile à la société d’accueil”, poursuit-il.

 

Pas besoin de carte pour intégrer la communauté

 

CALM, qui a bénéficié à 500 personnes, et la Fabrique des entrepreneurs, qui a incubé 36 projets, s’adressent aux personnes dont la qualité de réfugié est reconnue par les autorités. Mais la plupart des autres projets portés par Singa France sont ouverts à tous. “Chacun est libre de participer à tous les évènements organisés avec nos nombreux partenaires. Le programme “Passions” par exemple réunit les gens sans aucune distinction autour d’intérêts communs comme la culture, la cuisine ou le coding. On n’a pas besoin de carte, fort heureusement, pour rejoindre notre communauté”, insiste Alice.

Une communauté qui ne cesse de s’agrandir : Singa est née en France (Paris, Lille, Lyon, Montpelliers) et s’exporte à présent sous franchise dans d’autres pays (Allemagne, Suisse, Belgique, Québec, prochainement Italie et Royaume-Uni). “2017 a été l’année de la transition numérique. Nous avons créé Waya, une start-up dédiée à la vente d’outils digitaux à destination des nouveaux arrivants et sommes en train de tester une nouvelle plateforme digitale de matching pour faciliter encore les mises en lien et les rencontres. Ceci devrait nous mettre sur les rails pour atteindre notre objectif : une grande communauté worldwide de 100 000 personnes en 2020”, conclut Alice Barbe. 

 

La société positivement et objectivement impactée…

 

Des levées de fonds et une médiatisation importante ont permis à Singa de se développer rapidement. Cinq ans après sa création, le temps était venu pour l’association d’évaluer objectivement son impact économique et social. Elle a commandé au cabinet (Im)Prove une étude portant sur ce que les personnes réfugiées apportent à la société et la manière dont Singa change l’image que les citoyens français ont des réfugiés. Les résultats de ce travail réalisé en début d’année confortent la vision des fondateurs.

 

En attendant leur sortie officielle cet automne, Carenews Journal vous propose quelques extraits en exclusivité :

 

=> Pour les personnes réfugiées 

*Singa est un vecteur de lien social significatif pour les personnes réfugiées. Une majorité du réseau social des nouveaux arrivants (64 %) est liée à Singa, que ce soit directement ou indirectement.

 

=> Pour les Français(es)

*Si les origines des nouveaux arrivants présents dans le réseau social des locaux sont très variées, la diversité culturelle est beaucoup plus importante dans le réseau construit grâce à Singa. La Syrie, l’Afghanistan et le Soudan sont les trois pays les plus représentés. 

*Plus un membre de la communauté connaît de nouveaux arrivants grâce à Singa, plus il a tendance à utiliser des mots humanisants

*Plus le nombre de nouveaux arrivants dans le réseau d’un(e) Français(e) est élevé, plus son niveau de connaissance sur la France est élevé, car il est incité à parler et à faire connaître la France, ce qui accroît mécaniquement son niveau de savoir. 

 

 

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Semaine thématique réalisée avec le soutien de la Fondation Sanofi Espoir.

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