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Parcours et métiers de l'ESS : concilier économie, social et environnement

Parcours et métiers de l'ESS : concilier économie, social et environnement
Suite de notre série sur les métiers de la solidarité, construite en partenariat avec la Fondation Carrefour et la Fondation Dauphine. Aujourd'hui, nous allons à la rencontre de Candela, responsable développement durable et solidarité à Carrefour Argentine, et de Maureen, étudiante en Master Développement durable et responsabilité des organisations à l'université Paris Dauphine.


Mobiliser collaborateurs, clients et associations au sein de la Fundación Carrefour Argentina

 

C’est avec un diplôme en droit du travail que Candela quitte l’université de Buenos Aires en 2008. Elle occupe ensuite plusieurs postes dans le public et le privé avant de s’intéresser aux questions de RSE. “Le sujet m’inspirait, mais à l’époque il était très peu connu en Argentine”. Elle commence donc à s’intéresser au sujet, en Amérique du Sud, mais aussi en Europe, au fil de rencontres, ateliers et formations. Entrée au siège de Carrefour Argentine en 2007 comme juriste, elle devient responsable développement durable et solidarité en 2010.

 

Carrefour est présent en Argentine depuis 35 ans et a toujours mené différentes actions de solidarité. Ces actions trouvent un catalyseur en 2002 avec la création d’une Fondation locale la Fundación Carrefour Argentina, laquelle axe ses soutiens sur les questions d’alimentation et de diversité. “Nous travaillons avec plus de 40 associations sur le territoire national et nous faisons beaucoup pour mobiliser nos collaborateurs comme nos clients”. Cette mobilisation prend plusieurs formes, comme celle de l’arrondi en caisse. Depuis 2007, plus de 6 millions de pesos (547 000 euros) ont été réunis au profit de l’UNICEF.

 

Pour mettre en oeuvre cette mobilisation, Candela travaille d’arrache-pied avec les équipes de toute l’entreprise. Suivi des partenariats, lien avec les porteurs de projets, implémentation de nouvelles actions, les journées sont denses. “Nous sommes très proactifs dans la mise en place de nos programmes”. Quand un besoin spécifique est détecté, les associations en pointe sur le sujet et les magasins de la zone sont sollicités pour agir, car “il ne peut pas y avoir de business qui fonctionne dans des communautés en échec. ”

 

Le rôle de Candela serait donc de “réparer” les communautés en difficulté ? “Mon rôle c’est de tuer mon job ! Je rêve du jour où il n’y aura plus de direction RSE et où les questions de solidarité et d’environnement seront portées par les équipes même”. En attendant ce jour, elle se veut garante de la continuité de l’engagement de Carrefour. Pour ce faire, elle mobilise l’entreprise à tous les niveaux avec plus de 4 000 collaborateurs volontaires chaque année et un comité exécutif particulièrement impliqué.

 

Et pour arriver à ces chiffres, les journées de bureau se font sur le terrain. Rendez-vous avec les associations partenaires et les magasins du pays, visites sur le terrain (que ce soit un bidonville de Buenos Aires ou un village  isolé), présentation devant les cadres de l’entreprise… “Il est primordial de se rendre compte par soi-même des besoins des associations pour maximiser notre impact et intervenir là où nous avons le plus de valeur ajoutée”. Pour cela, Candela s’appuie aussi sur son réseau de volontaires pour faire remonter l’information et coordonner l’action au niveau local.

Et ce lien entre local et national est clé : c’est ainsi que le projet Manos Abiertas (“Mains ouvertes”) a émergé. L’association, qui forme des personnes en difficulté au métier de boulanger, s’est d’abord vu prêter le matériel d’un magasin pour ses formations. Elle a ensuite commencé à y vendre les produits confectionnés avant d’être aujourd’hui présente dans 30 magasins Carrefour !

Au-delà de la réponse à apporter aux problématiques d’alimentation et d’insertion, l’entreprise prend également la parole sur les sujets de société. C’est notamment le cas sur la question des violences conjugales, féminicides et violences de genre en initiant un dispositif de détection auprès des collaboratrices aux côtés d’ONG. “La Fundación Carrefour Argentina a été pionnière sur l’engagement des entreprises, nous voulons l’être également sur ce sujet et être un moteur de changement social”.

 

Maureen, étudiante, "mieux comprendre le rôle des entreprises dans la protection de l'environnement"

À la suite d'une licence en économie-gestion, Maureen réalise que son avenir est dans un parcours “plus social”. Elle démarre donc un cursus en sciences sociales, axé sur la gestion de projets de développement durable dans des pays en voie de développement. Après avoir obtenu son master 2, elle souhaite continuer à se former sur ces problématiques. C’est ainsi qu’elle intègre le M2 Développement Durable et Responsabilité des Organisations de l’Université Paris Dauphine : “je voulais mieux comprendre le rôle des entreprises dans la protection de l’environnement, j’ai donc choisi ce parcours, car j’ai la conviction que chaque entité doit s’engager et collaborer pour donner un monde meilleur aux générations futures.”

 

C’est ce souci du futur qui a amené Maureen à travailler pour une ONG en Amérique Latine auprès d’habitants des bidonvilles puis en Afrique du Sud. Persuadée que toutes les parties prenantes de notre société doivent intégrer l’utilité sociale dans leur activité, elle est particulièrement attirée par le défi de réussir à allier activité économique et utilité sociale. “Je me suis reconnue dans le portrait de Candela quand elle dit « Mon rôle c’est de tuer mon job ! », j’aimerais vivre dans un monde où tout le monde intègre et concilie économie, social et environnement.”

 

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