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[ÉGALITÉ DES CHANCES] Où en est l'École Nationale de Magistrature ?

[ÉGALITÉ DES CHANCES] Où en est l'École Nationale de Magistrature ?
« Pour être juge, il faut payer », titrait le journal L'Humanité en 2005. Depuis, des initiatives ont été prises pour établir une certaine égalité sociale dans l'École Nationale de la Magistrature de Bordeaux. La prestigieuse ENM est-elle devenue plus accessible ? Oui et non, selon l'enquête menée par Le Nouvel Obs.


 


 

Prépas publiques et Classes Préparatoires Intégrées

 

Un vieux dicton voudrait que pour réussir le concours d'entrée de l'École Nationale de la Magistrature, le passage par une prépa privée, et donc payante, est indispensable. On y trouverait des professeurs bien plus disponibles et des polycopiés de meilleure qualité. Info confirmée par certains étudiants interrogés par Le Nouvel Obs, qui mérite toutefois d'être nuancée. D'abord, la création en 2008 des CPI, ces classes préparatoires gratuites de « l'égalité des chances », a permis à certains étudiants boursiers de faire leur entrée à l'ENM. Ils restent toutefois très peu nombreux, en raison du maigre nombre de places ouvertes dans les CPI. Pour les étudiants fauchés mais méritants, il y a aussi les prépas publiques dispensées par l'IEJ, en moyenne quatre fois moins onéreuses que leurs consœurs privées. Ainsi, 136 élèves admis au premier concours pour cette année 2018 sont issus de ces prépas IEJ (sur 243). Un chiffre à considérer toutefois avec précaution.

 

Les vieux schémas ont la vie dure

 

Car sur ces 136 élèves, bon nombre d'entre eux ont également assuré leur admission au concours avec une inscription dans une prépa privée. Quitte à cumuler les jobs alimentaires pour les moins argentés. Pour les fils et filles de cadres, cadres supérieurs ou professions libérales, massivement représentés dans la promotion 2017, le parcours semble plus simple. Non seulement ils bénéficient des enseignements calibrés des prépas privées, mais ils profitent également d'une certaine culture « à la française », mise en avant dans certaines épreuves. À l'oral, les fils d'ouvriers sont dans leurs petits souliers : on peut leur reprocher le cumul de petits boulots « inutiles » ou le fait de ne pas avoir assez voyagé. Bref, si l'ENM a su prendre des mesures concrètes en faveur d'une plus grande mixité sociale, il reste beaucoup à accomplir pour que les classes populaires soient mieux représentées dans les cours de justice…

 

Article réalisé dans le cadre de la semaine thématique sur l'égalité des chances, soutenue par la Fondation FDJ

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