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La surpopulation carcérale, quelques pistes pour mieux en comprendre les causes

La surpopulation carcérale, quelques pistes pour mieux en comprendre les causes
En décembre 2016 après son passage dans le centre pénitentiaire de Fresnes, Adeline Hazan, la contrôleure général des lieux de privation de liberté faisait état de conditions de détention « indignes » en raison d’une surpopulation carcérale dépassant les 200% dans la plus grande prison d’Europe. Une situation qui n’est hélas pas une exception en France. Pourquoi, alors que la capacité d'accueil des 187 établissements pénitentiaires est de 58 664 places, près de 70 000 personnes détenues y sont incarcérées ?


Dans un article publié sur Europe 1 en mars 2015, un journaliste met en avant le rôle des attentats : « 2015, année des attentats de Charlie Hebdo et du Bataclan a marqué un tournant dans la politique du gouvernement. Le nombre de détenus qui avait légèrement baissé jusque-là a littéralement explosé après ».

Les Maisons d’Arrêt dans lesquelles sont placés les suspects en attente de jugement (notamment ceux d’attentats) et les personnes purgeant des peines de moins de 2 ans sont particulièrement concernées. Ces établissements pénitentiaires ont vu leurs effectifs nettement augmenter pour atteindre aujourd’hui un taux d’occupation de 140%.

 

Un autre facteur mis en lumière dans Libération en septembre 2016 est « l’allongement de la durée moyenne de détention et l’incarcération massive pour des petits délits ». En effet, entre 2011 et 2016, nombre de détenus condamnés à des peines de moins d’un an de prison a augmenté de plus de 33%. En 2007 la durée moyenne de détention était de 8 mois, en 2014 elle était de 11 mois.

 

Bien que depuis 25 ans, 30 000 places de prison aient été construites, le nombre de détenus qui dorment sur des matelas à même le sol ne cesse d’augmenter. Pour enrayer ce phénomène de surpopulation, l’Observatoire International des Prisons préconise tout simplement d’appliquer la loi. C’est-à-dire de permettre aux personnes condamnées à des peines de moins de deux ans de bénéficier d’aménagement de peine. Des peines exécutées en milieu dit fermé, en prison, serait exécutées en milieu ouvert (semi-liberté, surveillance électronique) et régleraient le problème de surpopulation. De plus, cela permettrait d’éviter les « sorties sèches », à savoir sans préparation à la réinsertion, qui font doubler le risque de récidive et donc de retour en prison.

 

Crédit image article Fance Inter "Surpopulation carcérale : encore plus de détenus obligés de dormir au sol" 

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