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Expo Picasso : le cabinet Linklaters Paris s'engage aux côtés du musée d'Orsay

Expo Picasso : le cabinet Linklaters Paris s'engage aux côtés du musée d'Orsay

[#STREET] À Athènes, une laverie itinérante vient à la rencontre des sans-abri

[#STREET] À Athènes, une laverie itinérante vient à la rencontre des sans-abri

Entrepreneuriat et ESS : Laurence Zebus Jones, directrice générale de PIE

Entrepreneuriat et ESS : Laurence Zebus Jones, directrice générale de PIE

Carenews, l'actualité des associations, du mécénat et de la philanthropie

La journée mondiale de lutte contre la maladie d’Alzheimer mobilise la France

La journée mondiale de lutte contre la maladie d’Alzheimer mobilise la France

Environ un million de personnes vivent aujourd’hui avec Alzheimer ou une maladie apparentée. Afin de “faire comprendre” et “inciter à agir”, de nombreux acteurs de l’engagement se mobilisent à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre la maladie d’Alzheimer, ce vendredi 21 septembre. L’association reconnue d’utilité publique France Alzheimer installe un village dédié à la maladie durant trois jours à Paris, du 21 au 23 septembre 2018. L’espace de 600 mètres carrés sera animé par des conférences et des ateliers tenus par des professionnels du secteur ou des bénévoles, afin d’informer le grand public et de récolter des dons. 300 évènements sont également organisés dans toute la France grâce au réseau de l’association et à des entreprises ou leur fondation comme la Fondation Truffaut, la Fondation Swiss Life ou Korian.

 

 

France Alzheimer installe son village à Paris

 

En 2020, un Français sur quatre de plus de 65 ans sera touché par la maladie Alzheimer ou en tant qu'aidant. Comme chaque année depuis 1994, l’association France Alzheimer installe à Paris le Village Alzheimer®, soutenu par une dizaine de partenaires, parmi lesquels la Fondation Truffaut, AG2R La Mondiale ou Korian. Au programme, plus de 30 heures d’ateliers-découverte, des conférences, des débats, des espaces de sensibilisation ou encore une radio. 3 000 visiteurs avaient fait le déplacement l’an dernier, et ils devraient être autant cette année. En clôturele 23 septembre, 300 personnes sont attendues pour la troisième édition de l’opération “Pédalons pour Alzheimer”, une course à vélo festive qui invite petits et grands à pédaler dans Paris aux couleurs de l’évènement. “Des salariés d’entreprises partenaires se déplaceront aussi par petites équipes”, précise Carlyle Freulon, responsable mécénat et partenariats de France Alzheimer. 300 évènements seront pilotés dans tout l’Hexagone par les 99 associations départementales du réseau France Alzheimer et maladies apparentées.

 

Des entreprises mécènes mobilisées dans toute la France



La Fondation Truffaut, qui soutient depuis 2015 France Alzheimer dans l’organisation de son village de sensibilisation et la création de jardins de soins dans les EHPAD, se mobilisera à nouveau cette année, en prêtant des arbres pour décorer l’espace et en organisant trois ateliers d’hortithérapie. La Fondation Swiss Life offre de son côté dans toute la France des séances de musicothérapie destinées aux patients des maisons de santé, à leurs familles et au personnel soignant, et soutient l’organisation de visites adaptées au Musée des Beaux-Arts de Lyon. Korian dédie une journée à Alzheimer dans tous ses établissements le 21 septembre autour de la thématique “La mémoire et le sport”, au cours de laquelle auront lieu des démonstrations sur les activités physique adaptées, mais aussi des rencontres et des opérations de sensibilisation. Enfin, une grande quête nationale sera réalisée par une trentaine d’associations départementales sur la voie publique, certaines avec l’appui avec des centres commerciaux locaux.


 

Un livre plaidoyer sur les trois enjeux majeurs : organiser la prévention, améliorer l’accompagnement et bâtir une société inclusive

 

La Société Française de Neurologie (SFN) a publié, avec le soutien de la Fondation pour la Recherche sur Alzheimer (FRA) et l'Association France-Alzheimer (FA) une enquête d’opinion sur les Français et la maladie d'Alzheimer. Un Français sur dix a fréquemment des troubles de la mémoire, et ils ne sont qu’une minorité à les associer à Alzheimer, alors que 26 % des familles comptent dans leur entourage une personne touchée par la maladie. De son côté, la Fondation Médéric Alzheimer publie un livre plaidoyer autour de trois enjeux : organiser la prévention, améliorer l’accompagnement et bâtir une société inclusive. Ce livre blanc dresse un état des lieux des connaissances et pratiques autour de la maladie d'Alzheimer et présente un programme d'action de 12 points liés au bien-être des patients, leur prise en charge ou encore à la sensibilisation.

 

Crédit photo : Fondation Swiss Life

 




 

[ENTRETIEN] Lucie Basch, co-fondatrice et directrice de Too Good to Go

[ENTRETIEN] Lucie Basch, co-fondatrice et directrice de Too Good to Go

Ingénieure centralienne, Lucie Basch débute sa carrière dans l’industrie agro-alimentaire au Royaume-Uni chez Nestlé. Mais rapidement, elle comprend qu’elle a une carte à jouer ailleurs : pour l’intérêt général. Elle quitte donc son emploi avec l’idée de créer une plateforme permettant de lutter contre le gaspillage alimentaire. L’application Too Good To Go, qui permet aux commerçants de revendre à très bas coût leurs invendus directement auprès des utilisateurs, voit le jour en 2016. Deux ans plus tard, les résultats sont plutôt encourageants : 4 000 commerçants partenaires dans l’Hexagone, plus d’1,3 million de repas sauvés de la poubelle et 2 millions de téléchargements. À l’heure du premier bilan, Lucie Basch regarde déjà vers l’avenir et veut que son entreprise devienne un mouvement de référence dans la lutte contre le gaspillage alimentaire.

 

Quel est votre parcours ?

 

J’ai une formation d’ingénieure, et j’ai débuté ma carrière dans le secteur de l’industrie alimentaire. Dans l’usine de production, on nous demandait d’améliorer les processus, de produire plus vite et pour moins cher, quitte à créer plus de perte... Je me suis assez rapidement interrogée et j’ai démissionné au bout de deux ans, avec l’idée de créer une application. La force du digital, c’est qu’il peut nous connecter les uns aux autres à tout moment, à tout endroit. J’ai commencé à coder moi-même, puis j’ai recherché des développeurs, et lancé le projet en juin 2016.

 

Vous avez un diplôme d’ingénieure. Pourquoi et quand avez-vous décidé de vous tourner vers l’intérêt général ?

 

Le gaspillage alimentaire a toujours été un sujet d’intérêt pour moi. À l’école, j’avais toujours le yaourt périmé de mes copains qui m’attendait sur la table ! Puis le fait de commencer ma carrière dans l’industrie alimentaire a accéléré ma prise de conscience.

 

Quelle est la force du projet Too Good To Go ?

 

Too Good To Go, ça veut dire “Trop bon pour être jeté”. Les gens se géolocalisent, ils voient nos commerçants partenaires, choisissent, paye une petite somme et se déplacent sur le créneau de la fermeture pour récupérer un panier surprise. On ne sait jamais ce qu’on va récupérer, mais c’est un modèle gagnant-gagnant. C’est une action très concrète pour lutter contre le gaspillage alimentaire. Nous avons commencé à Paris puis à Lille, et aujourd’hui nous avons plus de 4 000 commerçants présents dans toute la France, et deux millions de téléchargements. À l’origine, nous ne faisions que l’alimentaire, mais nous nous sommes aperçus que les possibilités étaient immenses. Nous avons désormais des fleuristes, et nous pouvons répliquer ça sur tous les produits qui ont une durée de vie limitée en travaillant aussi bien avec les producteurs qu’avec les supermarchés ou les distributeurs.

 

Quel est aujourd’hui votre regard sur le secteur de l’ESS (économie sociale et solidaire) ?

 

Il faut que l’ESS devienne l’économie habituelle. C’est pour ça que j’ai construit Too Good To Go sous la forme d’une entreprise et pas en association. Une entreprise, c’est un projet, il y a derrière l’idée d’avoir une vraie vision qui a un impact positif sur la société. Chaque entreprise devrait avoir cette vision. Les grands groupes alimentaires, au lieu de motiver leurs collaborateurs à prendre un maximum de parts de marché devraient avoir l’objectif de donner l’accès à une nourriture saine et de qualité à un maximum de personnes. Il faut pouvoir trouver un modèle économique qui le permette. Les gens sont en quête de sens, et avec le numérique, notamment, on peut permettre à tout le monde d’en trouver. Les choses sont en train de bouger, les gens ont accès à l’information et se posent des questions sur les incohérences de notre société.  

 

Quels sont les projets de To Good To Go ?

 

Nous voulons dépasser le stade de l’application. Nous sommes aujourd’hui une vraie communauté qui lutte contre le gaspillage alimentaire, avec le pouvoir de faire évoluer les choses. Deux millions de personnes utilisent l’application, donc quand les députés font passer un amendement sur le doggy bag, ils nous demandent notre avis. Voilà notre but : mettre en place une politique publique pour faire évoluer les choses en profondeur sur la question du gaspillage alimentaire. Récupérer son panier sur Too Good To Go, c’est le premier pas vers une consommation plus responsable, vers l’impact que l’on peut avoir. Il faut faire comprendre aux gens que changer leurs habitudes du quotidien, ils contribuent à résoudre des problématiques globales.






 

BNP Paribas : une rentrée sous le signe de l'engagement

BNP Paribas : une rentrée sous le signe de l'engagement

BNP Paribas s'est engagée, depuis plusieurs années, à placer le développement durable et l'impact social au coeur de son modèle. C'est ainsi une rentrée responsable que met en place BNP Paribas. Elle déploie notamment son dispositif Act for Impact sur Ulule pour accompagner les entrepreneurs sociaux dans leur développement. La banque, qui continue de mener ses opérations mécènes parallèles, tel que son soutien au programme des bourses de la Cité Internationale Universitaire de Paris, s'est aussi illustrée en renforçant sa politique RSE au travers d'un accord avec UNI Global Union portant sur les droits fondamentaux de ses collaborateurs, dont l'égalité des genres, la diversité et l'inclusion. L’objectif de cet accord est également d’atteindre, à l'horizon 2020, un volume total de 1 million d’heures solidaires rémunérées au niveau du Groupe dans le monde.

 

#ACTFORIMPACT, l'initiative qui veut dynamiser l'Économie Sociale et Solidaire

 

L'Économie Sociale et Solidaire représente en France 10 % du PIB français et 10,5 % de l'emploi salarié. Une nouvelle génération d'acteurs, les entrepreneurs sociaux, est en plein essor et se donne pour mission d'allier un modèle économique viable et un impact positif sur la société. En janvier 2018, BNP Paribas déployait son dispositif Act for Impact, qui regroupe un ensemble de solutions d'accompagnement et de financement pour maximiser cette nouvelle dynamique et de participer à l’initiative gouvernementale French Impact. L'objectif affiché est d'accompagner, à l'horizon 2020, un entrepreneur social sur quatre dans l'hexagone.

 

Services d'incubation et de coaching, création de réseaux collaboratifs et d'un label pour accroître la visibilité des entrepreneurs et fédérer les énergies… Le groupe bancaire décide d'aller plus loin en nouant un nouveau partenariat avec la plateforme de financement participatif Ulule. Désignés par un jury d'experts BNP Paribas et Ulule, plusieurs projets (pour un total de douze par an) vont, chaque trimestre, bénéficier d’une mise en valeur sur la plateforme, s’ils le souhaitent d’un accompagnement privilégié par des collaborateurs de la banque formés au spécificités de l'entrepreneuriat social, en outre de frais de tenue de compte gratuits. Trois lauréats par trimestre bénéficieront d'une dotation de 2 000 euros pour compléter leur collecte.

 

BNP Paribas renforce aussi ses engagements sociaux à l'égard de ses collaborateurs


 

Le géant bancaire a signé le 18 septembre 2018 un accord avec UNI Global Union, Fédération syndicale internationale du secteur du service. Le document, qui vise à consolider les droits fondamentaux au travail aux travers notamment de la mise en place d'un socle social mondial et commun, s'applique aux 200 000 collaborateurs du groupe dans le monde, répartis dans 73 pays.

 

Si les droits syndicaux sont un préalable fondamental, BNP Paribas souhaite renforcer son impact social et environnemental, et veut atteindre à l'horizon 2020 un volume total d'un million d'heures solidaires rémunérées sur l'ensemble de ses structures. L'égalité professionnelle entre les genres est aussi promue dans les engagements de la banque, avec un ensemble de mesures en matière de recrutement, de formation et de promotion visant à renforcer la mixité dans l'ensemble de ses métiers. Il s'agit, en outre, du premier accord mondial qui garantit à l'ensemble de ses collaborateurs dans le monde une assurance vie, maladie et incapacité.


 

Une politique de mécénat de longue haleine


 

Il s'agit donc d'une rentrée solidaire pour le groupe BNP Paribas, qui continue de mener, en parallèle, une politique de mécénat inscrite sur la durée. Par exemple, la banque renouvelle son soutien au programme des bourses de la Cité internationale universitaire de Paris qui permet, à des étudiants sélectionnés sur des critères de ressources et d'excellence académique, de poursuivre leur séjour universitaire à Paris.



 

[ON Y ÉTAIT] L'engagement, thème 2018 de l'atelier des Fondations du CFF

[ON Y ÉTAIT] L'engagement, thème 2018 de l'atelier des Fondations du CFF

Début juillet, alors que le magazine Challenges publiait son classement des 500 plus grosses fortunes de France en 2018, une centaine de fondations et fonds de dotation, dont l’action principale est de redistribuer de l’argent collecté, se réunissait à Annecy pour réfléchir au thème de l’engagement pendant 3 jours. L’atelier des fondations est la manifestation annuelle du Centre Français des Fonds et Fondations (CFF). Depuis 2004, ces trois jours permettent aux structures philanthropiques de développer des synergies et de réfléchir ensemble sur les grands enjeux économiques, sociaux et sociétaux.

 

 

Des acteurs de l’intérêt général fédérés autour de l’engagement

 

La question de l’engagement a été déclinée sur de nombreux conférences et ateliers. La plénière d’ouverture réunissait Maria Nowak (économiste et fondatrice de l’ADIE), Delphine O (députée LREM et fondatrice du média Les Lettres persanes), Jean-Baptiste de Foucauld (cofondateur de Solidarités nouvelles face au chômage et coordinateur du pacte Civique) et Yannick Blanc (Haut-commissaire à l’engagement). Le CFF organise cet évènement annuel au sein des Pensières, centre de conférence de la Fondation Mérieux. Les ateliers réunissent 150 personnes, issues de fondations d’entreprises, fondations reconnues d’utilité publique, fondations familiales, fonds de dotations… Bien des ateliers, dont celui sur les entreprises, ont renouvelé la nécessité de ces véhicules juridiques philanthropiques uniques, garant de l’intérêt général.

 

Béatrice de Durfort, déléguée générale du CFF : “ Nous nous sommes largement interrogés sur le sujet de l’engagement. Dans une période comme la nôtre le service des missions d’intérêt général passe de façon croissante par l’engagement citoyen, c’est ce qui a motivé les fondateurs, mais il nous faut convaincre bien plus largement les donateurs (tant particuliers qu’entreprise) et susciter de nouvelles vocations de fondateurs. L’effet levier de l’engagement est fondamental parce qu’il est transformateur : porteur d’initiatives, d’expérimentation, d’audace et de générosité. C’est une forme très puissante de démocratie participative dont notre société a vraiment besoin pour faire face aux défis qui sont les siens.” 

 

 

Des moments forts au coeur d’une manifestation annuelle au service de l’intérêt général

 

Les ateliers ont porté sur l’engagement à l’échelle territoriale, l’innovation au service de l’engagement, l’entreprise engagée, la finance solidaire… Les débats qui ont rythmé le séjour ont révélé plusieurs points de vigilance : la nécessité de l’innovation, l’importance de la coordination et du faire ensemble, et le souhait de préserver cette sphère de l’intérêt général.

 

Parmi les moments forts, l’intervention du sociologue Alain Mergier, qui a répondu “oui!” à la question : “ y a-t-il un avenir pour l’engagement ? “ a été particulièrement appréciée. Il y a expliqué le changement de contexte, d’un monde de promesses à un monde de menace, qui a pour conséquence un changement de vecteur d’engagement ; nous sommes passés d’un engagement “pour” à un engagement “contre” : “Nos engagements sont moins ceux d'une construction que ceux d'une défense pour faire que le monde ne dérape pas.”

Il a également pris le temps d’expliquer que l’individualisme (et non l’égoïsme) était une question centrale : “Le nouveau mécanisme de l’engagement s’origine dans le malaise individuel ; m’engager revient à traiter ce malaise, ce qui s’oppose pleinement à la période, pendant laquelle l’engagement revenait à se mettre au deuxième plan. Il est très important de comprendre ce mécanisme, sans quoi l’on considérerait le traitement du malaise personnel comme une forme d’égoïsme, ce qui ne serait pas juste.

L’altruisme change de définition, en quelque sorte, et l’opposition entre égoïsme et altruisme ne paraît plus pertinente. C’est parce que j’ai le souci de moi que je prête attention à l’autre. Il s’agit à mon sens une façon de définir l’engagement au sens le plus contemporain, puisqu’il prend en compte l’individu dans les sociétés dans lesquelles nous vivons. Je ne suis plus au service des causes, mais, d’une certaine façon, l’engagement met les causes à mon service : j’ai besoin de ces causes pour traiter le malaise qui est en moi ; il existe une convergence d’intérêts entre mon malaise et celui du monde.”

Il a enfin fait référence au “troisième âge de l’engagement” prôné par Jean-Baptiste de Foucauld en le liant à l’importance des initiatives, qui ne doivent pas être parcellaires, qu’il considère comme des “expérimentations d’institutions à venir”, ce qui faisait écho à la thématique de l’innovation, également très présente pendant ces journées de réflexion.

 

Vous pouvez retrouver en ligne la transcription des débats et le Question de fonds, magazine du CFF dédié à la question. 

 

 

 

 

[#STREET] À Athènes, une laverie itinérante vient à la rencontre des sans-abri

[#STREET] À Athènes, une laverie itinérante vient à la rencontre des sans-abri

Les crises économique et migratoire ont causé l’augmentation du nombre de personnes sans-abri en Grèce. “Le profil des personnes à la rue a changé, explique l’un d’entre eux, Dimitris, au média BRUT.  Au début, c’était des gens en dehors du système ou des toxicomanes. Mais aujourd’hui, ce sont (...) des gens qui ont perdu leur maison ou leurs biens, ça peut être n’importe qui.” Le projet Ithaca Laundry propose donc un service de laverie itinérante – une option fondamentale qui permet de limiter les dépenses tout en optimisant l’impact – aux alentours d’Athènes, efficace cinq jours par semaine. Plus de 1 400 personnes ont pu bénéficier de cette initiative depuis sa création en 2016.

 

Retrouver sa dignité grâce à un mouvement de solidarité collective

 

Née de l’initiative de deux jeunes Grecs, Thanos Spiliopoulos et Fanis Tsonas, 24 ans tous les deux, Ithaca Laundry permet aux sans-abri de la ville d’Athènes de pouvoir retrouver dignité et confiance. “Nous croyons que grâce à des vêtements propres, on augmente leur dignité, leur estime de soi s’améliore et de cette façon, on augmente leurs chances de s’en sortir”, confie le premier à BRUT. Les équipes du projets réceptionnent les vêtements, qui sont rendus lavés et séchés à leurs propriétaire une heure plus tard. Pendant l’attente, les bénéficiaires peuvent profiter d’autres services grâce à un partenariat signé avec plusieurs autres ONG, comme de la nourriture, des soins médicaux ou des conseils juridiques.

 

De nombreux partenaires privés soutiennent le projet

 

Environ 17 000 personnes seraient aujourd’hui à la rue dans la province de l’Attique, dont dépend Athènes. “À l’heure actuelle, il n’y a pas beaucoup d’installations qui pallient le problème d’accès pour une laverie à des sans-abri ou les personnes sans revenu, explique Thanos Spiliopoulos. Toutes les personnes qui viennent ici ne sont pas forcément à la rue, il y a des gens qui vivent dans des maisons sans eau, sans électricité, ou dans des maisons d’hôtes qui n’ont pas ces services.” L’ONG, lancée grâce à une bourse d’études de 10 000 euros en 2014, a su en quelques années gagner sa crédibilité. La preuve : le projet Ithaca Laundry, construit comme le souligne The Greek Reporter avec la ville d’Athènes, est également soutenu par de nombreux partenaires privés, parmi lesquels LG et Deloitte.

 

[LU] La RSE comme critère pour la rémunération des dirigeants d’entreprises

[LU] La RSE comme critère pour la rémunération des dirigeants d’entreprises

La RSE va-t-elle intégrer les critères de rémunération variable des dirigeants d’entreprises ? Ils auraient fort à y gagner, selon le site theconversation.com, qui recommande aux entreprises de passer le cap. La démarche serait salutaire et permettrait de réconcilier nombre de PDG avec leurs employés, mais aussi de redéfinir la performance de leur structure en synergie avec les enjeux sociétaux d’aujourd’hui. 70 % des entreprises du CAC 40 appliquent déjà ces méthodes.

 

 

 

Les limites de la rémunération variable

 

Georges Plassat a renoncé à ses 3,9 millions d’euros d’indemnités de départ en quittant son poste de PDG de Carrefour, mais a ouvert la boîte de Pandore : quid aujourd’hui de la rémunération variable ? Pour le moment, ces primes versées aux dirigeants reposent sur des critères de performance reposant sur des mesures comptables et/ou boursières. Mais elles font débat, puisqu’elles peuvent de faire augmenter en fonction des cours de la bourse sans que le dit-dirigeant ne soit en rien responsable de cette évolution, et génèrent des écarts de salaire parfois difficiles à accepter pour les salariés.  

 

La RSE comme “création de valeur à long terme”

 

70 % des entreprises du CAC 40 intégraient des critères RSE dans la rémunération de leurs dirigeants en 2015, soit sept fois plus qu’en 2006, rappelle theconversation.com. Pourquoi avoir passé le cap ? Pour le site internet, ces critères RSE sont à la fois des “composants importants de la gestion des risques et une source potentielle de création de valeur à long terme”. Mais pas seulement. Ce changement de paradigme permet par ailleurs d’accompagner la mutation de l’entreprise moderne, en renvoyant à un “nouvel éclairage du concept de la performance” et en s’appuyant sur la transparence.  

 

Quels critères ?

 

Les critères les plus en vogue au sein des entreprises concernent “l’atténuation des risques liés à la santé et à la sécurité” (55 % des entreprises du CAC  40), puis au changement climatique (41 %), et enfin les questions d’ordre éthique. Si de nouvelles opportunités s’offrent aux entreprises, elles s’accompagnent de défis d’ordre structurel, comme le manque d’outils adaptés pour mesurer ou évaluer les indicateurs. La part que représentera l’impact de ces critères RSE sur la part variable du dirigeant sera également à déterminer. Pour autant, le mouvement est lancé et devrait entraîner dans le sillage un nombre croissant d’entreprises. “Adopter un comportement socialement responsable est en effet susceptible de rendre les entreprises financièrement plus performantes. Et ce point-là fait aujourd’hui consensus”, conclut theconversation.com.

 

Source : The Conversation France.

 

 

[MERCATO] Flora Ghebali, communication et développement à La France s'engage

[MERCATO] Flora Ghebali, communication et développement à La France s'engage

Flora Ghebali, ex-chargée de mission à la communication au cabinet de François Hollande, a rejoint cet été la Fondation la France s’engage. Elle y est chargée de la communication et du développement. La fondation présidée par François Hollande poursuit donc ses recrutements. Elle a annoncé dans son rapport d’activité 2017 une dotation globale de 30 millions d'euros et souhaite devenir “un vecteur essentiel de la coopération entre le secteur public, les entreprises et le monde de l’ESS”, en déployant notamment sa communication afin de “faire connaître et rayonner la fondation” au-delà des frontières du secteur. Le choix de Flora Ghebali, 24 ans, s’inscrit dans cette volonté. “Nous voulons dépoussiérer l’univers des fondations, et cela se traduira dans ma vision de la communication”, assure-t-elle.

 

Passage à l’Élysée

 

Diplômée d’Assas, du Celsa et de la London School of Economics and Political Sciences, Flora Ghebali poursuit une carrière en communication institutionnelle en rejoignant tour à tour le ministère de l’Intérieur (gouvernement Ayrault), l’ambassade de France à Tel-Aviv, le groupe Domaine Publics et enfin l’Élysée, où elle intègre successivement l’équipe des relations presse puis la communication numérique. Elle rejoint en août 2018 la Fondation la France s’engage, où elle est chargée de la communication et du développement. “Aujourd’hui, notre objectif est de renforcer nos partenariats et de nous développer, explique-t-elle. La France s’engage s’adresse à tous les Français, il faut donc sortir du petit milieu de l’ESS et diffuser la notion d’engagement dans la société.”

 

La France s’engage, un nouveau défi

 

Créée en 2017 dans le sillage du programme gouvernemental initié par François Hollande durant son mandat, la Fondation la France s’engage est une fondation reconnue d'utilité publique (FRUP) visant à promouvoir l'engagement de la société civile en soutenant l’essaimage de projets d’intérêt général. Douze nouveaux lauréats ont été désignés en juin 2018, parmi lesquels Vient voir mon taf, Wake up café, AuditionSolidarité ou encore Comptoir de Campagne et l’association Aurore. Les équipes de la fondation se rendront dès le mois prochain en Outre-Mer avant d’y développer le concours.  







 

[ON Y ÉTAIT] Forum mondial Convergences 2018

[ON Y ÉTAIT] Forum mondial Convergences 2018

L'un des temps forts de la rentrée 2018 était sans conteste le forum mondial Convergences. Cette 11e édition, qui s'est tenue les 3 et 4 septembre derniers au Palais Brongniart à Paris, a rassemblé les acteurs des mondes économiques, politiques, associatifs, académiques et médiatiques sur le thème : "Faire société, faire demain". Cinq thèmes faisant partie des ODD (Objectifs de développement durable) fixés par l'ONU, ont été retenus lors de cette édition 2018 : santé et bien-être, éducation de qualité, travail décent et croissance économique et enfin villes et territoires durables. Réflexions, partages d'expérience et décloisonnement des acteurs ont été le fil conducteur du programme ponctué d'ateliers, de conférences et de débats. Carenews vous en propose une sélection.

 


 

Ciné-Débat, “ Quelle éducation pour le XXe siècle ?”


 

Lundi 3 septembre, l’un des premiers programmes du forum Convergences était consacré à l’éducation du XXIe, mise en perspective dans le cadre d’un d’un ciné-débat. Judith Grumbach y a présenté son film Une idée folle produit par Ashoka. Durant plusieurs mois, elle a fait le tour de France des écoles développant des outils pédagogiques innovants et soucieux du bien-être des enfants, rencontré des enseignants, des directeurs d’établissements et filmé l’évolution de ces dispositifs.

 

Soirée médias : “comment les médias contribuent-ils à changer le monde ?”


 

Le grand auditorium a fait salle comble lundi soir pour sa grande soirée médias dédiée au journalisme engagé, orchestrée par Sparknews. Trois figures européennes de l’impact journalism sont venues présenter leur média : Alison Gee, pour BBC World Hacks au Royaume-Uni, Elena Comelli pour Buone Notizie, le supplément d’une trentaine de pages de la Corriere Della Serra, qui booste chaque mardi les ventes du quotidien ; et enfin Pasquale Ferrara pour le programme télévisé suisse 10Vor10. Entrecoupées de zapping présentant les différents reportages, leurs interventions ont permis de synthétiser deux interrogations majeures liées à la pratique de l’impact journalism : certes, les rédactions sont frileuses – mais de moins en moins –, mais la demande existe chez le grand public, et les audiences comme les ventes le prouvent.

 

Avant de clôturer la soirée, Sparknews a annoncé le lancement de l’impact journalism movement, un équivalent de l’AFP (Agence France Presse) pour le journalisme de solutions.

 

Loi Pacte : “Pour un entrepreneuriat européen responsable, inclusif, solidaire et engagé - un regard européen sur la loi Pacte”


 

C’était l’un des grands rendez-vous du forum, et il a tenu ses promesses. Le débat autour de la loi Pacte réunissait en effet des décideurs européens (Ulla Engelmann de la Commission Européenne, Nicolas Schmit, ministre du Travail, de l'Emploi et de l'Économie sociale et solidaire dans le gouvernement de Xavier Bettel au Luxembourg), des représentants de l’entrepreneuriat social (Emery Jacquillat de la CAMIF, Béatrice Garrette, de la Fondation Pierre Fabre), et des spécialistes juridique et scientifique (Blanche Segrestin de Mines ParisTech et Alissa Pelatan, avocate engagée). Le Prix Nobel de la Paix 2006, Muhammad Yunus, a clôturé le débat avec un discours empreint d’humanisme en revenant sur sa propre expérience, la fondation de la Grameen Bank. Lisez dans notre article dédié un rapport complet sur ce débat.


 

Atouts, outils et perspectives de la mesure d’impact pour les financeurs

 

Intervenants : Bernard Horenbeek (La Nef), Michel Laviale (ORSE), Cécile Leclair (AVISE), Raphaèle Leroy (BNP Paribas), Émeline Stievenart (KiMSO), sous la modération de Antonin Amado (RSE DATA News).

 

Les financeurs de projets sociaux, qu’il s’agisse des banques “classiques” ou des organismes solidaires, sont de plus en plus regardants sur l’impact social ou sociétal des projets qu’ils soutiennent. Impact qu’il s’agit alors de mesurer. Qu’est-ce que la mesure d’impact et comment mesure-t-on l’impact ? Deux questions complexes auxquelles ont tenté de répondre les intervenants de cette table ronde. L’enjeu principal, derrière la mesure d’impact, est évidemment de pouvoir comparer des projets différents en termes d’impact. Aujourd’hui, aucun process généralisé n’existe pour mesurer l’impact, mais des outils de standardisation existent : l’outil MESIS (mesure et suivi de l’impact social) fournit 15 critères d’évaluation en phase de due diligence, et 400 indicateurs d’impact social. Cependant, avec la “quantification” de l’impact, viennent les risques de se contenter de faire du reporting ou de la communication social washing et de cacher l’impact réel derrière des chiffres auxquels on peut faire dire tout et n’importe quoi. C’est pourquoi, l’impact ne doit pas être noyé sous les chiffres, mais doit être concret, objectif et vérifiable. Avant toute chose, il revient donc au financeur et au porteur du projet social de trouver un langage commun sur la notion et le champ de l’impact social (emploi, cohésion territoriale, écologie, solidarité…) ainsi que sur la façon de le mesurer. La mesure peut se faire de manière quantitative, ou de manière qualitative, sur le terrain.

 

 

Utilité sociale : quel changement de paradigme dans le monde de la finance ?

 

Intervants : Éric Campos (Crédit Agricole SA & Fondation Grameen), Alexandre Mars (Epic Foundation), Laurence Mehaignerie (Citizen Capital), Jérôme Saddier (Crédit Coopératif), Eva Sadoun (LITA.co), Emmanuelle Yanakis (Blue like an orange Sustainable capital), Muhammad Yunus (Grameen Bank), sous la modération de François Debiesse (ADMICAL et Fondation de l’Orangerie) et de Jean-Luc Perron (Yunus Center et Convergences).

 

Alors que les stocks annuels mondiaux de gestion d’actifs sont évalués à 100 000 milliards de dollars, les flux relatifs à la philanthropie (au sens large) s’élèvent, eux, à 500 milliards de dollars. Un changement de paradigme s’opère aujourd’hui avec les nouvelles générations, mais il demeure insuffisant. Comment orienter le monde de la finance vers plus d’impact, plus de responsabilité et un changement d’échelle ? La finance ne doit plus être vue comme une fin en soi, mais comme un moyen, qui doit permettre notamment aux entrepreneurs de créer une entreprise pour changer les choses. Un risque est évidemment pointé du doigt, celui d’une finance à deux vitesses : la finance “classique” du business as usual, et la finance “durable”. Pour éviter cet effet pervers, plusieurs leviers peuvent être mobilisés : intégrer la mesure d’impact dans les indicateurs de performance et dans le calcul du retour sur investissement, pénaliser les externalités négatives trop fortes des entreprises, améliorer la transparence des opérations financières, ou favoriser la coopération internationale, contre le protectionnisme. Le législateur et la sphère politique ont en ce sens un rôle évident à jouer, qui doit aujourd’hui être renforcé.


 

Vers une responsabilité éducative des entreprises : quels partenariats territoriaux ?

 

Intervenants : Céline Liegent (STEF), Marc Vanesson (Vers le Haut), sous la modération d’Alain Chaveau (Fondation FACE), Frédérique Weixler (Inspectrice générale de l’éducation nationale), Céline Calvez (députée Hauts-de-Seine).

 

Au cœur du débat, la “RSE éducative” : quel est le rôle des entreprises dans l’éducation et la formation, et comment ce rôle doit être valorisé ? L’éducation apparaît aujourd’hui comme la “grande oubliée” de la RSE ; pourtant, de nombreux sondages montrent que les jeunes attendent en priorité des entreprises qu’elles forment aux métiers de demain et qu’elles intègrent les jeunes en entreprise. Sur la question du rôle de l’entreprise, un consensus s’est rapidement dégagé : il faut ouvrir aux jeunes, le plus tôt possible, le monde du travail, le monde de l’entreprise, et les motiver à être acteur de leur futur professionnel. Cette rencontre avec le monde professionnel se fait par des parrainages, des journées portes ouvertes, sans se limiter au stage de 3e. L’entreprise a donc un rôle à jouer auprès des jeunes pour compenser les limites du système éducatif, et pour corriger les ambivalences contemporaines : élitisme, obsession pour les diplômes et pour les parcours de réussite. En interne également, l’entreprise doit oeuvrer à l’employabilité de ses salariés, en favorisant les évolutions et la formation continue de ses salariés, notamment sur les soft skills. L’école, de son côté, doit valoriser davantage les filières professionnelles. L’entreprise peut donc contribuer à l’éducation par plusieurs canaux : en tant que fournisseur de biens et services, en tant qu’employeur, et en tant que partenaire de l’intérêt général (mécénat de compétences, diffusion du savoir).


 

L'apprentissage de la lecture, clé de l'autonomisation des communautés

 

Intervenants : Rita Chalhoub (Vision du Monde), Gervanne Leridon (African Artist for Development), Joseph Nzali (Unlock Literacy), Marc Vanesson (Vers le Haut), Kerin Ord (World Vision International)



 

L'accès à l'éducation est devenu un enjeu crucial pour l'autonomie des pays dits en voie de développement. Vision du Monde (World Vision) a développé le modèle "Unlock Literacy", un programme pour l'apprentissage de la lecture, ancré dans la recherche fondamentale, qui accompagne les enseignants, les parents ainsi que la communauté dans laquelle s'inscrit l'enfant. Entre 2012 et 2017, le programme a pu améliorer le taux d'alphabétisation de près de 1,7 million d'enfants via la formation de 83 000 enseignants, l'ouverture de 6 000 clubs de lecture et l'édition de 4 millions de livres.

 

Évaluation de l'utilité sociétale des partenariats associations-entreprises

 

Intervenants : Charles-Benoît Heidsieck (le Rameau), Muriel Barnéoud (Groupe La Poste), Marielle Del'homme (AG2R La Mondiale), Emmanuel Dupont (Commissariat général à l'égalité des territoires), Philippe Jahshan (le Mouvement associatif), Géraldine Lacroix (Caisse des Dépôts)

 

À mi-chemin de l'étude exploratoire des impacts des alliances innovantes, la rencontre au forum mondial Convergences était l'occasion d'en présenter les premiers enseignements, en invitant les acteurs pionniers des secteurs publics, privés, et associatifs, à venir témoigner de leur propre expérience. Si les territoires et leurs enjeux sont le premier bénéficiaire des partenariats associations-entreprises, ils sont aussi un terreau fertile pour l'innovation et le changement d'échelle. Les différents intervenants ont soulevé les forces et les fragilités de ces alliances.

Pour AG2R La Mondiale, l'accord préalable d'une méthodologie d'évaluation permet d'instaurer un cadre pour le partage des pratiques.

La Caisse des Dépôts souligne quant à elle l'homogénéité des parcours dans le financement et l'accompagnement, constatant notamment une distribution hétérogène des possibilités en fonction du niveau d'échelle, rappelant également que si le territoire est le lieu de l'impact, il est aussi le lieu de grandes disparités.

Le Commissariat général à l'égalité des territoires témoigne du sentiment partagé d'une nouvelle approche des compétences dans la perspective de co-construction. Au-delà d'une question d'échelle ou de tension local/national, il est fait état de l'émergence d'une société civile portée par ces alliances innovantes. Les enjeux à venir s'articulent, à présent, à  l'articulation de ces partenariats et des formes qu'ils peuvent revêtir : une étude est actuellement menée au sein de 12 territoires pilotes afin de déterminer les modalités nécessaires pour acter cette démarche de co-construction.

Le Mouvement Associatif évoque l'interdépendance des échelles locales, nationales et internationales pour le développement durable, tant pour les collectivités que pour les entreprises, dont il souligne la co-responsabilité dans cette optique. Les asymétries parmi les différentes parties sont aussi un élément crucial à prendre en considération dans le montage de la relation, il est donc nécessaire d'intégrer ces différences pour réduire les inégalités et mieux répartir les rôles.

Enfin, pour le Groupe La Poste, il est nécessaire de quitter une logique du don et de la bonne conscience pour ériger plutôt le partenaire associatif comme un partenaire et un acteur de l'innovation, rendant à l'engagement sociétal des entreprises une vision stratégique et opérationnelle.

 

 

[EN IMAGES] #RévolutionSenior : la campagne inclusive célèbre l'amour à tout âge

[EN IMAGES] #RévolutionSenior : la campagne inclusive célèbre l'amour à tout âge

"Aimer et être aimé·e en 7 positions, quel que soit mon genre, mon âge ou mon orientation sexuelle" : c'est le leitmotiv de la campagne #RévolutionSenior, qui les met en scène dans différentes positions du Kamasutra. Des visuels colorés, drôles et inclusifs, qui invitent à se questionner à propos de la vieillesse, de sa propre vieillesse, et de la place que peut y occuper le rapport au corps, à l'affect, et à la sexualité. L'association Grey Pride, à l'initiative du mouvement, lutte pour réhumaniser la personne âgée, y compris lorsqu'elle appartient à une minorité de genre ou d'orientation sexuelle, en intégrant notamment ses besoins affectifs et sexuels, fondamentaux à l'équilibre de chacun.


 

#RévolutionSenior : "Je crois que c'est une révolution, un soulèvement de la masse âgée !"


 

La campagne #RévolutionSenior célèbre l'amour sous toutes ses formes et à tous âges. Le point de départ ? Le constat amer de l'invisibilité de toutes les minorités ayant une identité sexuelle ou de genre différente, mais aussi de la difficulté, voir du déni, d'évoquer la sexualité des seniors. "Je me dis qu'en fin de compte, on considère plus les vieux comme des objets de soin, et non pas comme des personnes. Parler de sexualité, c'est réhumaniser le regard qu'on porte : un vieux, ça n'existe pas, c'est Marc ou Sylvie qui vieillit", explique Francis Carrier, fondateur du collectif Grey Pride, qui évoque aussi l'image de la "vieille dame", assise à côté du pot de fleurs, objet asexualisé et aseptisé, "qui ne nous ressemble pas."

 

"On pathologise, on parle d'Alzheimer... On les met à l'écart, on construit des lieux pour les rassembler, dans une logique toute carcérale. On considère que c'est une identité. On n'arrive pas à comprendre que si ce n'est pas aujourd'hui, on accepte pour nous-même notre maltraitance."


 

"Un vide sidéral sur le sujet" de la sexualité des personnes LGBT vieillissantes


 

Si le sujet des minorités sexuelles ou de genre devient de plus en plus évoqué, il subsiste encore un désert d'information à propos de la communauté LGBT vieillissante. Un tabou qui s'enracine, aussi, dans la pathologisation de la personne âgée, mais aussi de sa sexualité.

 

Francis Carrier évoque la désinhibition sexuelle, "tabou des tabous" : lieu de contention physique ou chimique, il questionne la capacité des structures à y faire face sans violence. "Pourquoi une veille dame qui veut se masturber ou un vieux monsieur qui veut toucher des seins est-il un vieux vicieux qui doit se calmer ?" Un sujet difficile qui nécessite du dialogue, et un minimum de bienveillance.

 

Un déni que l'on retrouve aussi dans la prévention du VIH, qui ne comprend pas de réel volet gérontologique malgré le fait qu'aujourd'hui, la majorité des personnes séropositives soient âgées de plus de 50 ans, souligne aussi le militant.


 

Grey Pride bienvenue : un label inclusif pour le respect de l'identité


 

"Il est impossible de parler de sexualité minoritaire si l'on ne parle pas de sexualité en général", martèle le fondateur de la Grey Pride. Collectif porté par les seniors LGBT, il mène son combat pour toutes les vieillesses : "si on veut améliorer la qualité de vie des personnes vieillissantes, il faut les respecter pour ce qu'elles sont, point."  

 

Anne Hidalgo, Maire de Paris, compte déployer prochainement le label "Grey Pride bienvenue" dans les établissements parisiens, une charte d'engagement et de bonnes pratiques destinée à prendre en considération les besoins affectifs et sexuels des personnes accueillies quel que soit leur identité sexuelle ou de genre.


 

 

Logement et solidarité : les lauréats du Fonds de dotation Qualitel

Logement et solidarité : les lauréats du Fonds de dotation Qualitel

Créé en 2012 par l’association Qualitel, le fonds de dotation Qualitel soutient et finance des projets solidaires en faveur du logement et du “mieux logement”. Pour Chantal Jannet, sa présidente, ce dernier “n’aura jamais reçu autant de dossiers de candidatures ni soutenu autant de projets qu’en 2018”. Au total, ce sont 18 porteurs de projets qui ont été sélectionnés par le Fonds de dotation Qualitel et ses partenaires, pour une enveloppe totale de 136 000 euros.

 

 

 

 

Qualitel, acteur pour la qualité du logement

 

Depuis plus de quarante ans, l’association Qualitel œuvre pour promouvoir la qualité du logement. Son action passe par plusieurs canaux : l’information du grand public sur les éléments de qualité du logement (sécurité, énergie, isolation, acoustique...), la formation des professionnels du secteur de l’immobilier et de la construction, la recherche fondamentale, l’évaluation et l’expertise sur les chantiers, et la certification qualité des logements en France (CERQUAL Qualitel Certification) et à l’international (certification HQE). Il y a 6 ans, l’association a créé un fonds de dotation pour soutenir des projets à vocation sociale et solidaire. Le Fonds de dotation Qualitel sélectionne chaque année depuis sa création des projets autour de quatre thématiques : “Hébergement” (aide à l’hébergement des personnes défavorisées), “Accompagnement” (l’accompagnement au bon usage du logement des populations défavorisées), “Numérique” (le numérique au service de l’accès au logement, de la réinsertion par l’habitat), et “Recherche” (la recherche dans tous les domaines liés à l’habitat : nuisances sonores, pollution, sécurité…). Pour ces quatre catégories confondues, pas moins de 222 dossiers ont été déposés à la suite de l’appel à projet de 2018, soit deux fois plus qu’en 2017.

 

Cette année, le Fonds de dotation Qualitel a sélectionné cinq programmes qui se distinguent par leur forte dimension solidaire : Unity Cube, un projet toulousain qui propose des habitats modulaires et démontables insérés dans des espaces inoccupés ; Nouvelle Ville Vie Nouvelle, une association venant en aide aux personnes vivant difficilement en Ile-de-France à s’installer et à s’insérer durablement en province ; Entourage, qui développe un réseau social de solidarité de proximité entre les personnes sans-domicile et les habitants, sur la base d’une carte interactive ; Solinum, qui développe la plateforme Soliguide, un outil numérique référençant les lieux utiles pour les personnes en situation de grande précarité et les services utiles à leur situation au quotidien. Pour la catégorie “Recherche”, le Fonds de dotation Qualitel a retenu le projet porté par Emmaüs Solidarité pour la réhabilitation du Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale Georges Dunand, dans le 14e arrondissement de Paris. Emmaüs souhaite impliquer les résidents du quartier et des salariés et réutiliser des matériaux de construction. Les collaborateurs du Groupe Qualitel ont également été invités à sélectionner un projet : c’est Iglou, un projet d’abris d’urgence innovant pour les sans-abri, qui a reçu le “prix des collaborateurs”.

 

Une sélection appuyée par plusieurs partenariats

 

Qualitel renouvelle son partenariat initié en 2017 avec le Fonds de dotation Les Petites Pierres, une plateforme de financement participatif porté par la Fondation Somfy et dédiée au mal-logement. Dans le cadre de ce partenariat, le Fonds de dotation Qualitel a sélectionné sept projets qui participeront à une campagne de crowdfunding sur la plateforme Les Petites Pierres. Les projets Une Villa en Urgence, Emmaüs Défi, le Comité Contre l’Esclavage Moderne, l’association ADSF Agir pour la Santé des Femmes, l’association Utopia 56, l’Association Revivre et l’Association Quatorze seront présentés pendant 90 jours sur la plateforme des Petites Pierres pour atteindre leur objectif de financement. Chaque euro versé sur la plateforme au soutien des projets sera doublé par le Fonds de dotation Qualitel, qui prévoit une somme globale de 35 000 euros à cette fin.

 

Des nouveautés ont été mises en place pour l’appel à projets 2018. Trois nouveaux mécènes sont venus participer à l’appel à projets : Humanis, groupe de protection sociale, le Groupe ROCKWOOL, leader mondial de solutions d’isolation en laine de roche, et le promoteur immobilier Pierre Étoile. Ensemble, ils ont sélectionné cinq porteurs de projets. Le Groupe ROCKWOOL, sensible aux problématiques de l’isolation des logements, a choisi l’association Habitat & Humanisme Auvergne, pour son projet de travaux dans 10 logements occupés par des familles précaires et Apprentis d’Auteuil pour son projet de rénovation d’une résidence sociale parisienne. Le promoteur immobilier Pierre Étoile a choisi La Maison de Tom Pouce, un projet de rénovation et d’aménagement d’une ancienne bergerie en un espace d’accompagnement pour les femmes enceintes et jeunes mamans isolées.

 

En partenariat avec Humanis, a été créé un prix spécial “Habitat & Autonomie” pour le maintien à domicile des personnes âgées dépendantes, décerné à deux lauréats. Humanis a choisi, parmi 60 candidats, les projets des Compagnons Bâtisseurs Provence pour la rénovation de logement de personnes âgées de PACA disposant de faibles ressources, et de l’Union Départementale des Associations Familiales (UDAF) du Nord pour la création de deux dispositifs de “familles gouvernantes” dans les villes de Cambrai et Dunkerque (59).





 

L'information en direct des associations et des mécènes