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[ÉCLAIRAGE] Étude KPMG : comment moderniser le secteur associatif français ?

[ÉCLAIRAGE] Étude KPMG : comment moderniser le secteur associatif français ?

[INFO ENGAGÉE] Frédéric Cloteaux : "Sortir le handicap du handicap !"

[INFO ENGAGÉE] Frédéric Cloteaux : "Sortir le handicap du handicap !"

[ENTRETIEN] Sophie Faujour, EVPA France Country Representative

[ENTRETIEN] Sophie Faujour, EVPA France Country Representative

[#STREET] Quand le street art dénonce le réchauffement climatique

[#STREET] Quand le street art dénonce le réchauffement climatique

Carenews, l'actualité des associations, du mécénat et de la philanthropie

[AVENT] #16 Fraternisons avec John Lennon et Yoko Ono, Imagine

[AVENT] #16 Fraternisons avec John Lennon et Yoko Ono, Imagine

Noël approche ! Carenews.com pense à vous et vous a concocté un cadeau : un calendrier de l'Avent solidaire tout en chansons ! Que ce soit pour lever des fonds ou pour dénoncer une situation, les chansons ont une place importante dans le monde associatif. Tous les matins et ce jusqu'à Noël, prenez votre dose en découvrant une chanson sur le thème de la solidarité et de la fraternité, ou plus spécifiquement sur des thèmes engagés comme les sans-abri, la pollution, la lutte contre les violences faites aux femmes, contre l'homophobie et le racisme. Certaines sont disque d’or, d’autres sont à découvrir. Aujourd'hui, on imagine un monde solidaire avec Yoko Ono et John Lennon.

Imagine there's no countries
Imagine qu'il n'y a aucun pays, 
It isn't hard to do
Ce n'est pas dur à faire, 
Nothing to kill or die for
Aucune cause pour laquelle tuer ou mourir, 
And no religion, too
Aucune religion non plus, 
Imagine all the people
Imagine tous les gens, 
Living life in peace... 
Vivant leurs vies en paix... 

You may say I'm a dreamer
Tu peux dire que je suis un rêveur, 
But I'm not the only one
Mais je ne suis pas le seul, 
I hope someday you'll join us
J'espère qu'un jour tu nous rejoindras, 
And the world will be as one
Et que le monde vivra uni 

Imagine no possessions
Imagine aucune possession, 
I wonder if you can
Je me demande si tu peux, 
No need for greed or hunger
Aucun besoin d'avidité ou de faim, 
A brotherhood of man
Une fraternité humaine, 
Imagine all the people
Imagine tous les gens, 
Sharing all the world... 
Partageant tout le monde... 

 

Une chanson (signée par Yoko Ono et John Lennon ensemble) culte et internationale sur la paix et la solidarité pour le dernier week-end avant Noël !

 

ÉCOUTEZ nos titres sur la playlist Deezer de Carenews !

PARTICIPEZ à ce calendrier en nous proposant les chansons que vous souhaiteriez voir apparaître d'ici le 24 décembre en commentant les publications ou en envoyant un message sur notre page Facebook

 

 

[LU] Zoom sur la Fondation Schneider à Wattwiller

[LU] Zoom sur la Fondation Schneider à Wattwiller

Après avoir connu une carrière professionnelle éblouissante, François Schneider, riche industriel alsacien, a créé un centre d’art dans la ville de Wattwiller ainsi qu’une fondation à but éducatif qui octroie chaque année des bourses aux lycéens défavorisés.

 

 

Un centre d’art contemporain dédié à l’eau

 

L’eau sous toutes ses formes est au cœur du centre d’art de Wattwiller, comme en témoigne l’exposition de décembre consacrée aux glaciers et celle à venir sur les gouttes. Si ce centre d’art contemporain est bien connu du monde artistique, il peine à attirer les foules, qui passent plutôt dans le coin pour effectuer la route des vins. Pour mieux le faire connaître, un restaurant a été ouvert à proximité et un concours est organisé annuellement. Nommé « Talents Contemporains », il offre un financement de 300 000 euros, 20 000 euros à chacun des 7 gagnants et 160 000 euros à la production de leurs œuvres.

 

Le soutien aux lycéens en difficulté

 

Consciente que l’accès à l’enseignement supérieur n’est pas garanti aux lycéens les plus pauvres, la Fondation Schneider poursuit également une mission éducative. Elle a mis en place un don de 150 000 à 200 000 euros attribué sous forme de bourses à des lycéens en difficultés économiques. Le centre d’art contemporain entre également dans la mission éducative remplie par la Fondation Schneider, puisque chaque année, de nombreux élèves viennent travailler sur le thème de l’eau avec leurs professeurs. Des ateliers destinés aux familles ont également lieu dans l’auditorium du centre.

 

Source : Les Échos

 

[CHIFRES] 22 % des Français se disent victimes de maltraitance infantile

[CHIFRES] 22 % des Français se disent victimes de maltraitance infantile

Une enquête réalisée par Harris Interactive pour l’association L’enfant Bleu fait le point sur la maltraitance infantile en France, qui toucherait plus d’un enfant sur cinq, et souligne le manque d’information des Français à ce sujet.

 

 

 

 

Une maltraitance infantile très souvent familiale, et très souvent tue

 

La maltraitance infantile est malheureusement bien plus répandue qu’on pourrait le penser en France. Selon l’enquête réalisée par Harris Interactive pour l’association L’enfant Bleu au mois d’octobre, 22 % des personnes interrogées disent avoir été victimes de maltraitances graves durant leur enfance : coups, menaces, harcèlement, mais aussi manque de soins ou actes à caractère sexuel. Dans plus de deux tiers des cas, les faits se sont déroulés au sein de la cellule familiale, et seules 19 % des victimes déclarent avoir eu le courage d’en parler à leur entourage. Parmi ceux qui ont osé se confier, seuls 55 % précisent avoir bénéficié d’une procédure d’aide (éloignement de l’auteur des violences, suivi thérapeutique, procédure judiciaire…).

 

Une appli innovante dédiée à la lutte contre la maltraitance des enfants

 

L’étude pointe également le manque d’information des Français sur les services et démarches à engager en cas de maltraitance infantile. Même s’ils sont nombreux à connaître la Brigade des Mineurs et le numéro d’appel 119, les Français sont 71 % à n’avoir jamais entendu parler du CRIP (Cellule de Recueil des Informations Préoccupantes), et seulement 19 % à savoir précisément comment transmettre un signalement au Conseil départemental. Face à ce constat, L’enfant Bleu a démarré une campagne de crowdfunding pour lancer une application mobile innovante, qui permettra à tout enfant maltraité (ou témoin) de trouver rapidement un interlocuteur qui pourra l’aider, par un système de géolocalisation. L’appli #AlerterPourSauver devrait voir le jour en 2018.

 

[QUOI DE NEUF?] Actualités des évènements du mécénat et des assos (15/12-24/12)

[QUOI DE NEUF?] Actualités des évènements du mécénat et des assos (15/12-24/12)

[SHOPPING] Honorem Paris, vêtements solidaires pour soutenir des associations

[SHOPPING] Honorem Paris, vêtements solidaires pour soutenir des associations

La marque de vêtements caritatifs Honorem Paris a lancé une campagne solidaire sur la plateforme de crowdfunding Ulule. Pour l’achat d’un tee-shirt confectionné par un artiste de rue, la moitié de la somme collectée est reversée à une association.

 

 

 

 

Le textile et le street art unis contre les inégalités

 

Suivre la mode peut être bénéfique, surtout lorsqu’elle adopte une dimension humaine. La marque française de vêtements Honorem Paris a lancé sur la plateforme de financement participatif Ulule une vaste campagne pour soutenir financièrement les associations qui s’efforcent au quotidien de lutter contre la pauvreté et les inégalités. Comment ? En vendant des tee-shirts fabriqués par des artistes de rue et en reversant la moitié de la somme récoltée à l’association choisie par l’artiste. Tous les tee-shirts ont été fabriqués avec du coton bio, une matière biodégradable de qualité et respectueuse de l’environnement.

 

Une campagne réussie

 

Cette campagne de streetwear solidaire lancée par deux étudiants parisiens (Kevin Germain et Maxence Wurth) s’est déroulée du 1er octobre au 10 novembre 2017. Elle a été bouclée avec succès, l’objectif de 3 000 euros ayant été dépassé avant le 10 novembre (3 074 euros au total). Environ 20 % des fonds avaient été réunis pendant les premières 24 heures, la moitié en milieu de campagne (20 octobre). Le design des tee-shirts a été confié à trois artistes : Sandra Chevrier pour l’Association Planned Parenthood, Levalet pour l’Association WWF France et Mr Oreke pour l’Association Arc-en-Ciel.

[DERNIÈRE MINUTE 50] Les brèves mécénat, associations et intérêt général

[DERNIÈRE MINUTE 50] Les brèves mécénat, associations et intérêt général

Toutes les infos en bref qui font rayonner l'intérêt général ! Cette semaine, postulez à une offre de stage, faites un geste solidaire pour Noël sur mesvoisins.fr unicef.fr, commeon.fr ou encore KissKissBankBank pour la Philharmonie ou la gestion de l'eau au Sénégal.


 

Stage

L'Adie recherche son prochain ou sa prochaine stagiaire fundraising et communication ! Postulez ici !

 

Initiatives

De passage vers Opéra du 5 au 15 décembre 2017 ? Faites une bonne action en prenant une soupe sur la terrasse du mythique Café de la Paix. La Soupe du Coeur, proposée à 5€ de 12h à 14h, permettra à l'association Mécénat Chirurgie Cardiaque de récolter des fonds pour soigner des enfants en besoin d'un nouveau coeur.

Mesvoisins.fr invitent chaque personne désirant faire passer un joyeux Noël à une personne seule à le signaler sur son site. Trop de personnes âgées notamment se retrouvent seules à l'heure des fêtes de fin d'année qui devraient pourtant être un moment de partage et de joie.

Opération #SolidaritéDigitale sur Commeon ! 29 ONG réunies pour une campagne générale et exceptionnelle de collecte de dons de fin d'année ! Plus que 16 jours pour donner à Bibliothèque Sans Frontière, Goodplanet, Handicap International... et bien d'autres.

La Philharmonie de Paris lance sur KissKissBankBank une campagne de mécénat participatif pour permettre d'accompagner le développement national de Démos (Dispositif d'éducation musicale et orchestrale à vocation sociale) avec la création de 5 nouveaux orchestres début 2018.

L'Oeuvre Falret, association qui accompagne les personnes en grave souffrance psychique a lancé une campagne percutante, #masouffranceinvisible, afin de récolter des dons et de sensibiliser à cette cause.

Pour Noël, offrez des cadeaux solidaires grâce à la boutique Unicef !

 

Politique/société

Samedi 9 décembre, l'Aquarius affrété par l'organisation civile européenne SOS MÉDITERRANÉE et opéré en partenariat avec Médecins Sans Frontières a secouru 115 personnes qui se trouvaient à bord d'un canot pneumatique en détresse dans les eaux internationales au large de la Libye, puis accueilli après plusieurs opérations de transbordement 335 personnes secourues par l'ONG espagnole ProActiva avec l'aide de deux navires marchands.

 

Mécénat/Entreprises

Shiseido Groupe EMEA a inauguré son premier « Charity day » qui s'est tenu le jeudi 23 novembre dernier, où quelques 100 collaborateurs volontaires du siège parisien se sont rendus au sein d'associations de la région IDF pour effectuer des actions solidaires autours de la cause des femmes et de l'art&culture.

Les fondations abritées ou sous égide sont en plein essor : elles représentent 60 % des fondations qui existent en France, selon une étude de la Fondation de France qui en abrite elle-même 820. Les fondations abritantes sont quant à elles au nombre de 80. Les avantages en bref ? Les premières bénéficient d'un soutien et d'un accompagnement quand les secondes peuvent multiplier leurs causes défendues.

À Toulouse, le site de coworking « Lab’Oïkos » dédié aux innovations et aux start-up de l’économie positive qui avait mis en place un accélérateur de start-up responsables « momentum », vient de boucler une levée de fonds de 1,7 millions d’euros.

Cette année, la Fondation Alstom va soutenir 17 projets répartis sur tous les continents, l'accent étant mis en particulier sur le développement économique et social. Les projets sélectionnés sont menés dans les pays suivants : Cambodge, Inde, Philippines, Vietnam, France, Italie, Royaume-Uni, Chili, Mexique, Pérou, États-Unis, Algérie, Maroc et Sénégal.

La Mission Solidarités du Groupe Eram créée en 2015 peréptue l'engagement des marques du groupe (Tropézienne, Mellow Yellow, Bocage, Heyraud, Tbs, GÉMO) dans le domaine des actions caritatives autour de l'enfance en vendant la pochette GÉMO, au bénéfice de l'association Toutes à l'école.

Irrijardin, leader de l'équipement piscine/spa/arrosage a lancé le 13 novembre dernier, dans le cadre de son engagement RSE, une campagne sur Kisskissbankbank pour récolter 10 000 euros pour permettre aux maraîchers du Sénégal d'accéder aux formations sur la gestion de l'eau.


 

People

M.A.C. Cosmetics s’associe à la chanteuse et interprète australienne Sia pour lancer un nouveau rouge à lèvres de la collection Viva Glam pour soutenir la lutte contre le Sida. Disponible à partir du 25 janvier 2018, bénéfices reversés au M.A.C. Aids Fund.

Le Triple Disque de Platine « Divide » d'Ed Sheeran sera mis aux enchères le 17 décembre prochain. L'argent récolté sera reversé à Viva For Life, une association qui vient en aide aux enfants vivant sous le seuil de pauvreté.

L'ONG française , ex-Sports sans Frontières, organise une vente aux enchères en ligne en faveur de ses actions d'éducation à travers le sport. L'occasion de choisir un cadeau original et solidaire parmi des objets portés et dédicacés par de grand·e·s champion·ne·s.

 

Évènements

Le match annuel de la Fondation Paris Saint-Germain aura lieu le 20 décembre au Parc des Princes, autour de la rencontre Paris Saint Germain – SM Caen. Comme chaque année, l’événement mettra en lumière les actions menées par la Fondation Paris Saint-Germain auprès des enfants et des jeunes. SOS Villages d’Enfants sera cette année mise à l’honneur et 11 enfants des villages SOS auront la chance d’accompagner les joueurs au moment de leur entrée sur le terrain. À cette occasion, et pour la première fois, le Paris Saint-Germain et sa Fondation organisent une grande loterie de Noël dont l’ensemble des bénéfices sera reversé à SOS Villages d’Enfants.

La 22e édition des Sapins de Noël des Créateurs a lieu aujourd'hui 15 décembre 2017 : la vente aux enchères des pièces originales se fera au profit des la recherche contre le Cancer. Chanel, Gaultier, Castelbajac, Lanvin, et autres grands noms de la mode se sont prêtés au jeu. 

[AVENT] #15 Engagez-vous avec Bob Dylan, Blowin' in the wind

[AVENT] #15 Engagez-vous avec Bob Dylan, Blowin' in the wind

[ÉCLAIRAGE] Étude KPMG : comment moderniser le secteur associatif français ?

[ÉCLAIRAGE] Étude KPMG : comment moderniser le secteur associatif français ?

Les diagnostics relatifs à l’état du secteur associatif se multiplient mais peu prennent le temps de réfléchir à des solutions concrètes. Alors que la question « Comment moderniser le secteur associatif français ? » se fait partout plus pressante, l’étude KPMG tente d’y répondre en formulant plusieurs propositions, appuyées par une comparaison européenne préalable. Au programme : valoriser le bénévolat, faciliter l’innovation sociale, organiser la professionnalisation, améliorer la fiscalité et permettre une plus grande efficacité de l’action associative.

 

 

Repenser la relation entre État et associations

 

Le rapport entretenu par les associations à la puissance publique est une interrogation récurrente dans le paysage français. À l’aune d’un éclairage européen cependant, il est pertinent de rappeler la diversité des modèles présents sur le continent (modèle rhénan, anglo-saxon, scandinave, méditerranéen) ; chacun se caractérisant par un degré différent de dépendance à l’État et par des financements en provenance de sources plus ou moins diverses. À cela s’ajoute la relative souplesse de la réglementation et le dynamisme du tissu associatif, qui permettent de construire une autre typologie : modèle corporatiste (France, Belgique, Pays-Bas, Allemagne), modèle social-démocrate (Autriche et Finlande) et modèle libéral (Royaume-Uni). Si la comparaison ne peut être exhaustive, elle renseigne néanmoins sur l’hétérogénéité des pratiques européennes et prouve qu’imaginer des alternatives est résolument possible.

 

Afin de prolonger la réflexion, il est nécessaire de questionner la notion même d’intérêt général. Cette dernière, régie par un cadre législatif, demeure néanmoins problématique et soumise à de multiples interprétations. Ce flou juridique entraîne sur le terrain une concurrence accrue entre les associations et marginalise les petites associations, qui peinent à obtenir une expertise suffisante pour définir leurs activités d’intérêt général. Afin de palier à ces déséquilibres, le cabinet KPMG avance les propositions suivantes : « Encourager les collectivités territoriales à définir le périmètre des activités relevant des SSIG (Services Sociaux d’Intérêt Général) » et « Promouvoir la simplification et l’harmonisation du processus de reconnaissance de l’intérêt général par l’administration. » Cette clarification permettrait de perpétuer les financements publics, tout en assurant une égalité entre les acteurs associatifs. Dans la même lignée, le rapport plaide également pour une homogénéisation des dispositifs de commandes publiques. Alors qu’en Allemagne, les autorités contractantes ayant la possibilité de passer ces dernières sont au nombre de 30 000, en France, leur total s’élève à 132 000. Un écart flagrant, qui dit beaucoup des efforts administratifs à accomplir afin de redonner aux associations une véritable marge de manœuvre.

 

Renforcer le potentiel d’innovation sociale du secteur associatif

 

Si la modernisation du secteur associatif passera par le recouvrement de son autonomie, il faut aussi lui permettre d’innover socialement. L’État doit donc développer ses capacités de soutien et d’impulsion, plutôt que son unique rôle de financeur. En 2014, la loi Hamon relative à l’économie sociale et solidaire s’était déjà attachée à définir les termes de l’« innovation sociale » et en 2015, le FISO (fonds de Financement des Innovations Sociales) a vu le jour. Néanmoins ses dispositifs n’ont que moyennement fait leurs preuves et méritent d’être repensés. Pour initier cette réflexion, KPMG synthétise les différentes stratégies adoptées à échelle européenne parmi lesquelles on rencontre par exemple « la création de synergies entre différents secteurs par la mise en place d’un écosystème d’innovation et de développement économique » ou encore « la création de dispositifs de financement de l’innovation sociale sous la supervision du Parlement et poursuivant ainsi des objectifs d’intérêt général. » Cette dernière idée peut notamment être illustrée par l’activité du fonds SITRA en Finlande. Né en 1967 au sein de la banque finlandaise et devenu indépendant en 1991, le fonds n’a cessé de démontrer sa capacité à soutenir l’innovation sociale. En expérimentant actuellement l’impact investing, il se fait aussi pionnier en Europe de ces nouvelles pratiques. Parmi les spécificités du fonds, la surveillance étroite qui est assurée par le Parlement finlandais à son égard. Ce fonctionnement hybride fournit alors des perspectives des plus intéressantes et peu immanquablement inspirer les projets français.

 

Par ailleurs, corrélées aux thématiques d’innovation, les questions liées la mesure d’impact sont aussi essentielles. Parvenir à évaluer les retombées d’un projet constitue en effet une ressource précieuse pour l’action associative, qui disposent dès lors de nouvelles boussoles et peut s’investir dans des projets socialement et économiquement concluants. Si le débat est encore ouvert quant à la capacité à définir ce qui fonctionne ou non, de nombreux outils sont mis en place en Europe. Ainsi, le Royaume-Uni a vu naître « une plateforme de partage de données relatives à la mesure d’impact social » et « une cartographie des initiatives de mesures d’impact social à travers le monde. » À l’échelle du continent, c’est enfin un centre de recherche, qui se donne pour objectif d’analyser l’impact de l’ESS d’ici à 2019.

 

Développer des modèles de financements pérennes

 

Après le temps de l’innovation, vient ensuite celui de la pérennisation. En effet, la troisième étape du processus consiste à rendre possible les actions associatives sur le long-terme. Le renouvellement de la fiscalité peut constituer un levier externe important, à l’image de la Hongrie qui a voté une loi dite des « 1 % », au lendemain de la chute de l’empire soviétique en 1991. Cette loi permet aux contribuables de désigner une organisation à but non lucratif comme bénéficiaire d’1 % de leurs impôts sur leurs revenus. Si les particuliers n’effectuent pas cette démarche, les 1 % sont reversés à un fonds national, qui utilise ces sommes pour assurer des aides et des formations auprès des associations. Ce modèle a également adopté, peu de temps après, par la Lituanie, la Pologne, la Roumanie et la Slovaquie. S’il mérite d’être adapté aux situations économiques et aux législations de chaque pays, il n’en demeure pas moins source de réflexions car il organise la solidarité de tous les citoyens, via la médiation de la puissance publique, tout en garantissant l’autonomie des acteurs associatifs dans l’utilisation de ces financements ; une combinaison des plus subtiles et qui peut se révéler des plus fructueuses. En parallèle de ces exemples européens, le cabinet KPMG suggère aussi de « favoriser le financement de l’innovation sociale à travers un crédit impôt (CIR) dédié à la recherche et développement (R&D) associative. » Un moyen de lutter contre la différence de traitement entre secteur associatif et secteur privé, alors qu’ils sont tous deux pourvoyeurs d’un vivier de projets et d’expérimentations. Enfin, relativement à l’accès aux financements, la proposition 5 du rapport rappelle la nécessité de « valoriser les actifs immatériels des associations (bénévolat, impact social, innovation sociale). »

 

Valoriser le bénévolat et professionnaliser les acteurs associatifs

 

Enfin, comme une dernière pierre apportée à l’édifice, il convient de réfléchir à celles et ceux qui font vivre les associations au quotidien. Ces dernières abritent en effet un ensemble d’expériences et de compétences qu’il faut valoriser. C’est pourquoi le bénévolat gagnerait à être promu. L’Allemagne a déjà, par exemple, institué une compensation financière pour ses bénévoles, et accueille depuis 1998 une Académie du bénévolat, qui assure une offre de formation constante aux citoyens engagés. En ce sens, KPMG propose de « dédier les financements publics nécessaires à la formation des bénévoles » et insiste sur l’utilisation du Compte Personnel d’Activité (créé par la loi travail promulguée sous le mandat du Président Hollande), comme une interface pouvant servir à la reconnaissance de compétences ainsi qu’à l’orientation vers des dispositifs d’éducation et d’évolution adéquats. En complément aux personnels bénévoles, la professionnalisation d’une partie des acteurs associatifs doit aussi être envisagée. Il s’agit alors de faciliter l’émergence l’emploi qualifié et de redonner toute sa légitimité à un secteur riche en opportunités. Plus concrètement cela se traduit par la proposition de rendre accessible le CICE (Crédit Impôt Compétitivité Emploi) aux associations employeuses. Ces dernières pourraient donc embaucher plus facilement et intégrer à leurs équipes des femmes et des hommes disposant de davantage d’expertise.

 

Enfin, le cabinet KPMG plaide également pour une transformation du secteur associatif, lorsqu’il affirme qu’il faut « systématiser la consultation du secteur, préalablement à l’élaboration des politiques publiques de soutien à l’emploi. » En cause, la prédominance des contrats aidés au sein des associations, employant souvent des publics fragiles, tandis qu’elles ont plus que jamais besoin de personnes compétentes. Pour structurer ces futurs changements, il apparaît finalement nécessaire d’apporter un renouveau au sein de la gouvernance du monde associatif. Le cas britannique offre alors un support intéressant. Depuis 1987, le réseau ACEVO (Association of Chief Executives of Voluntary Organisations) organise des conférences, des ateliers et des séminaires majoritairement gratuits pour les responsables associatifs et a été reconnu parmi les plus performants pour former ces derniers. La promesse d’une telle organisation ? Assurer la cohésion nationale des pratiques dirigeantes, lutter contre les inégalités entre grandes et petites structures et permettre l’épanouissement de dynamiques globales de modernisation du secteur. Un tableau définitivement inspirant pour le tissu associatif français qui doit parvenir à obtenir son indépendance, tout en conservant un soutien de la puissance publique, à relever le défi de la professionnalisation, sans perdre de vue ses valeurs de solidarité et à perpétuer sa mission sociale, en intégrant un souci croissant d’efficacité.

 

 

[INFO ENGAGÉE] Frédéric Cloteaux : "Sortir le handicap du handicap !"

[INFO ENGAGÉE] Frédéric Cloteaux : "Sortir le handicap du handicap !"

Cet automne, carenews.com vous propose une série d'entretiens avec des journalistes "engagé.e.s". Nous constatons, depuis quelques petites années, l'émergence d'un courant de journalisme engagé. Quel que soit le nom (journalisme d'impact, de solution, positif...) et qu'il soit porté par un média généraliste ou par un média spécialisé, c'est avec plaisir que nous observons la montée en puissance de nos confrères et consoeurs motivés par l'intérêt général, le mécénat, l'économie sociale et solidaire, l'innovation sociale, la Tech for good, le développement durable etc. Aujourd'hui, rencontre avec Frédéric Cloteaux qui n'est pas journaliste, mais qui dirige Vivre FM et intervient régulièrement à l'antenne. 

 

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis Frédéric Cloteaux, je dirige Vivre FM depuis un peu plus d'un an. Je suis partenaire de handicap.fr et co-producteur depuis 2016 de Hello Handicap, un salon en ligne dédié à l'emploi qui permet à 4 à 6 000 personnes de trouver un emploi chaque année.

Auparavant, j'ai eu des expériences professionnelles variées : j'ai commencé comme attaché de presse de Bill Gates, j'ai été directeur marketing de grands groupes informatiques mondiaux puis j'ai monté une chaîne de restaurants de pâtes que j'ai revendue en 2011.

Je suis "tombé" dans le handicap il y a maintenant 7 ans et je n'en sortirai plus. 

 

Comment êtes-vous devenu directeur de radio ? 

J'ai été interviewé par la radio Vivre FM dans le cadre des salons dont je m'occupe : je passais à l'antenne deux fois par an et j'ai rencontré une journaliste qui m'a fait part des problèmes de direction qui existaient au sein de la radio. Je me suis dit que ce serait bien de compléter mes activités de médias (les salons et handicap.fr)... J'ai donc présenté ma candidature. L'idée que j'avais en tête en postulant, c'était de pouvoir actionner des médias sur le handicap de façon groupée. La radio, les salons et handicap.fr représentent ensemble 7 millions d'utilisateurs. Tout n'est pas lié, bien sûr, mais cela permet des opérations de grande envergure comme celle que nous avons mise en place pour le lancement du service Uber access : des véhicules adaptés et des chauffeurs formés pour les clients en situation de handicap.

 

Pourquoi  parler de sujets engagés ?

Parce qu'aujourd'hui on n'en parle pas assez ! Le handicap totalise à peine 1 % du temps d'antenne sur les médias généralistes alors que des millions de Français sont concernés. Il faut porter cette parole et la rendre audible ! On essaye de sortir le handicap du handicap car tout le monde est concerné, directement ou indirectement. Je suis guidé par un credo : le handicap est une force !

 

Comment éduquer le public à ces sujets « nouveaux » ?

Sur Vivre FM, on traite de tous les sujets, qu'ils soient politiques, culturels, sportifs, économiques... Les sujets généralistes sont traités par le prisme du handicap. On essaye de trouver des sujets qui parlent à tout le monde. Par exemple le matin, on compose l'émission avec des infos cruciales et attrayantes. Pour prendre un exemple concret, quand on choisit d'expliquer qu'une personne sur cinq est susceptible d'être atteinte de handicap psychique, on veut interpeller les auditeurs pour qu'ils réalisent que le handicap fait partie de la vie courante. 

Une rencontre marquante ?

 

Nicolas Bissardon, c'est lui qui m'a fait basculer du coté clair de la force. Il est dirigeant et associé de handicap.fr. Il est la preuve qu'on peut ne pas avoir de bras mais avoir le cerveau brillant. C'est un homme positif et surtout, il n'est pas revanchard, c'est très important. Il m'a beaucoup appris sur mon métier et m'apprend toujours, surtout sur le thème de l'emploi qui est selon moi la clé de l'intégration. 

Le sujet que vous préférez traiter ? 

De 8h à 8h30, je suis parfois à l'antenne et j'adore interviewer les patrons pour les mettre face à leurs contradictions. Mon but, c'est de les sortir d'un discours formaté pour qu'ils disent ce qu'ils pensent vraiment, pas ce que leur groupe leur dit de dire.

 

Votre journalisme idéal ?

Le journalisme idéal, c'est celui d'investigation car il n'y en a presque plus. Tout va trop vite et on ne va pas au fond des choses : peu de médias ont les moyens de payer des journalistes pour réaliser des enquêtes, on s'arrête malheureusement aux apparences et on dérive vers un journalisme bling-bling. 

L'avenir des médias selon vous ?

Au début des années 2000, lors de l'arrivée d'internet, j'étais directeur marketing d'un groupe de presse essentiellement papier et on pensait qu'il allait disparaître. 17 ans plus tard, c'est difficile, mais la presse écrite existe toujours. 

Je crois que les médias ne vont pas disparaître mais se prolonger : il faut interagir pour maximiser l'impact. Je crois en une utilisation intelligente du web, de la radio, des réseaux sociaux et en l'adaptation des contenus pour les téléphones mobiles. Tous ces types de médias peuvent se renvoyer la balle et faire vivre des contenus en étant complémentaires. 

Le mot de la fin ?

Sortir le handicap du handicap ! 

[ON Y ÉTAIT][BILAN DU FNAF] Jeff Archambault : philanthropie et RSE

[ON Y ÉTAIT][BILAN DU FNAF] Jeff Archambault : philanthropie et RSE

Plus de 4700 personnes et de nombreux intervenants (parmi lesquels 300 experts) ont participé à la 12e édition du Forum National des Associations et des Fondations qui s’est tenue le 18 octobre dernier au Palais des Congrès à Paris. La journée s’est axée, pour Carenews, sur trois entretiens OFF, qui ont eu pour particularité de permettre aux invité-e-s de discuter sans voilage de leur conception forte de la RSE. Le deuxième à s'être prêté au jeu a été Jeff Archambault de chez Disney, pratiquant la RSE à l'anglo-saxone en France, et tout en connaissant les règles françaises. Il a explicité la vision de la RSE en l'absence d'une fondation d'entreprise. Les lignes sont en train de changer, en France, concernant la RSE et le mécénat. L'occasion en effet de s'inspirer du modèle anglo-saxon.Carenews vous livre l'essentiel de cet entretien. 

 

La RSE sans frontières

 

L'engagement des salariés et les œuvres caritatives pour les enfants sont présentes chez Disney, mais sans passer par la structure d’une fondation. « Les fondations existent aux États-Unis, souvent ce sont de grands créateurs d'entreprise qui ont mis leur fortune dans leur fondation personnelle gérée professionnellement, mais rares sont les entreprises qui une fondation. » Effectivement, il existe la Bill Gates foundation, pas la Microsoft foundation. « En France, j'ai passé du temps à définir la différence entre la RSE, uniquement conçue pour les entreprises, et le mécénat qui est le domaine des fondations. Selon moi, on a aucune difficulté à dire que oui, on peut faire de la philanthropie et du volontariat directement avec l'entreprise. Nous ne mettons aucun mur et cela ne nous gêne pas, au contraire », témoigne Jeff Archambault. Dans la conception anglo-saxone, RSE et mécénat sont complètement confondus et se diluent dans des thèmes variés et diffus tels que la diversité, l'éthique ou encore l'environnement.

 

 

 

Avouer que l'entreprise recherche aussi son propre intérêt permet de donner du sens à l'engagement

 

Les parties prenantes en France se demandent souvent, dans un certain cynisme, « pourquoi les entreprises s'engagent, si ce n'est pour améliorer leur image ou vendre plus ? » Dans la conception anglo-saxone, point de cynisme. Le désir d'agir aussi dans son intérêt est assumé. Jeff Archambault parle de « shared value »*. « Dans cette philosophie, l'engagement est plus crédible et les parties prenantes comprennent mieux que l'entreprise s'engage quand il y a une raison économique à cet engagement ! » Il y aurait davantage de sens pour les employés, selon Jeff Archambault, que dans le cas d'une fondation qui donne de l'argent qu'ils ne verront pas passer.

 

 

La défiscalisation, seul intérêt à créer une fondation en France ?

 

L'intérêt général, en France, est très lié à la notion juridique de défiscalisation. « Chez Disney, la défiscalisation n'est pas une raison suffisamment incitative pour justifier la création d’une fondation. Notre stratégie mondiale est de effectuer nos actions et nos dons philanthropiques directement par l’entreprise sans passer par une fondation », déclare Jeff Archambault. Le programme de volontariat mondial est un bon exemple : il aura 35 ans en 2018, ne passe pas pour une fondation mais les heures de travail comme les dons financiers bénéficient tout de même d'une défiscalisation mais elle n'est pas décisive dans la volonté de s’engager.

 

 

Essai de définition de la Disney's RSE : profiter de l'impact à échelle mondiale pour faire passer les bons messages

 

Lorsqu'un spectacle, un film ou un dessin animé est affublé de la marque Disney, le produit sera age appropriate. Le tampon Disney donne confiance, Disney en est conscient. « Donc, le produit devra comporter de belles valeurs », en conclut très justement Jeff Archambault. C'est qu'on appelle « Be inspired », chez Disney : cette capacité à agir sur les mentalités car la marque Disney « inspire » les gens.

 

« On tente, en ce moment, d'améliorer le rôle des princesses. De faire en sorte que l'image des femmes mais aussi celles des 'minorités' (conception américaine ici aussi) s'améliore car on se rend compte de la puissance d'impact qu'on a chez les jeunes ». Effectivement, Raiponce est plus futée et active que Cendrillon ou Blanche-neige, Mulan part à la guerre, mais il reste encore du chemin à parcourir sur des clichés qui ont la peau dure. « Il y a des contre-exemples mais on essaie d'évoluer dans le bon sens et de faire passer des messages respectueux », assure Jeff Archambault.

 

Cet engagement va même dans la branche agroalimentaire : « lorsqu'on distribue une licence Disney pour qu'un personnage Disney apparaisse sur une boite de céréales, par exemple, on voudrait limiter l’apport en sucres ». N'est-ce pas une pratique de la RSE laborieuse ? Jeff Archambault acquiesce : « ça prend du temps et de l'argent, c'est difficile et on va perdre un peu, mais c'est sur le long terme, et on affirme qu'on espère que cette activité sera rentable à l'avenir. Malgré ce souhait de retour sur investissement, ça reste un engagement très fort. »

 

D'autre part, Disney a des engagements plus classiques : au niveau environnemental, de la santé et de l'éducation. « On encourage les sorties en pleine nature pour les enfants, on nettoie les plages, on donne au Disney conservation found qui soutient des ONG qui aident à la préservation de la faune dans son habitat naturel. » Il existe également du volontariat autour des enfants gravement malades : des visites dans hôpitaux sont organisées, et du soutien est apporté aux associations qui aident les parents. Enfin, Disney a à cœur de « stimuler la créativité chez les jeunes car on formate de plus en plus les jeunes à répondre à des cases : on s'est engagé en France auprès d'Entreprendre pour apprendre », Jeff Archambault précise qu’il s’agit de mécénat de compétences.

 

Un engagement qui doit résonner en interne

 

Jeff Archambault est formel : « je suis convaincu qu'il est très important qu'un vrai programme d'engagement résonne en interne ». Il est allé dans chacune des grandes réunions des différentes branches des salarié-e-s et il a présenté l’engagement de l’entreprise. « Est-ce que c’est un levier de recrutement ? Ça je ne sais pas, mais que ce soit un moyen de fierté, d’engagement et de sens, pour les employés en interne, ça je n'en ai aucun doute. L'engagement que prend l'entreprise commence en interne, en mobilisant les salariés, pour qu'il y ait du sens aussi bien pour eux que pour l'extérieur de l'entreprise. »

 

*Shared value : en faisant du bien à la société large, l'entreprise peut se faire du bien à elle-même sans pour autant que ce soit du green-washing. Dans le modèle anglo-saxon, en tout cas celui qui est pratiqué par Disney, on peut faire du bien à l'entreprise comme à la société.

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