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[BEST-OF]Lutter contre la pollution plastique : recycler, transformer, remplacer

[BEST-OF]Lutter contre la pollution plastique : recycler, transformer, remplacer

[BEST-OF] La philanthropie hors-frontières vue par William Renaut

[BEST-OF] La philanthropie hors-frontières vue par William Renaut

Carenews, l'actualité des associations, du mécénat et de la philanthropie

[BEST-OF] Énergies renouvelables : Objectif Propreté !

[BEST-OF] Énergies renouvelables : Objectif Propreté !

Si le nucléaire constitue encore la principale source d’énergie dans le monde, la transition énergétique, vers une croissance plus “green”, est lancée : les énergies renouvelables de toutes sortes (solaire thermique et photovoltaïque, éolienne, hydraulique, géothermique) s’installent de manière durable dans les modes de production et dans les habitudes de consommation, à tel point que l’idée de ne fonctionner, à terme, qu’au moyen d’énergies propres ne relève plus de l’utopie. Au contraire, la signature de l’accord de Paris sur le climat en 2015 à la suite des discussions menées dans le cadre de la COP21 promet une orientation nouvelle dans le secteur énergétique. Carenews revient sur les dernières initiatives en matière d’énergies renouvelables.

 

La transition énergétique, une responsabilité sociale pour les géants de l’énergie


 

Conscients que l’accès à l’énergie est devenu le pré-requis indispensable à l’innovation technologique et sociale dans les pays en voie de développement, EDF fait partie des pionniers en la matière, mobilisant à la fois ses salariés et sa fondation, la Fondation Groupe EDF.

 

La Fondation Groupe EDF a permis la pérennisation de nombreux projets liés à l’énergie renouvelable, notamment à Madagascar par le biais de l’association Electriciens sans frontières ; d’autres projets relatifs à l’accès à l’eau, à l’éducation, à la santé, voient aussi le jour, profitant de cette dynamique locale. En octobre 2017, lors d’un colloque intitulé “Ensemble pour Madagascar”, l’ensemble des acteurs locaux se rencontraient pour instaurer une véritable synergie de compétences. En Ethiopie, la Fondation EDF soutient le projet blueEnergy, qui favorise l’accès à l’eau par le biais de pompes fonctionnant à l’énergie solaire.

 

En Asie, le Cambodge a également bénéficié de l’action de la Fondation EDF, par l’installation d’un équipement photovoltaïque au profit d’un centre de formation pour jeunes défavorisés. Cet équipement a permis l’autonomie énergétique du centre et est devenu un support de référence pour la formation technique aux énergies renouvelables dans le pays.

 

Le groupe Rexel, géant de la fourniture de matériel électrique, a lancé en 2014 sa fondation pour le progrès énergétique et pour la lutte contre la précarité énergétique, dont le bilan après quatre premières années d’activité est très positif.

 

La Fondation Renault, quant à elle, lance régulièrement des appels à projet de grande ampleur autour du recyclage et des énergies renouvelables, et fait d’une pierre deux coups en sélectionnant des projets favorisant l’insertion socioprofessionnelle de personnes en difficulté.


 

L’énergie renouvelable, un secteur de l’entrepreneuriat social en pleine expansion


 

Engie, ex-GDF Suez, a choisi de favoriser les initiatives internes en développant son propre incubateur dédié aux énergies renouvelables, dans une logique d’enrichissement mutuel entre le porteur de projet et la filiale d’Engie “marraine” du projet. En deux ans, l’incubateur a déjà permis à 25 salariés de développer leurs projets innovants en matière de transition énergétique.

 

Les incubateurs “généralistes” ne sont pas en reste, à l’instar de La Ruche qui a lancé, avec le soutien de la Fondation Rexel, un appel à projets intitulé “Les Ambitieuses” visant l’entrepreneuriat féminin et orienté vers les énergies renouvelables.

 

Enfin, le fonds de dotation Synergie Solaire, qui accompagne des projets innovants dans le développement durable et les énergies renouvelables, se place dans le paysage français comme un véritable acteur politique et un levier de l’innovation. Carenews avait interviewé Hélène Demaegdt, sa présidente : pour elle, “l'énergie est un véritable levier de développement social et économique”.


 

Des énergies renouvelables à tous les coins de rue


 

La société civile a son rôle à jouer dans le développement des énergies propres, par exemple en choisissant son fournisseur d’énergie. Aujourd’hui, il existe plusieurs acteurs sur le marché de l’énergie qui proposent une énergie verte et responsable, comme Enercoop, lauréat de la French Impact 2018.

 

L’énergie renouvelable peut s’installer partout, même dans les endroits les plus banals comme la rue : à Londres, la rue Bird Street est devenue une source d’énergie auto-suffisante et écolo, les pas des piétons se transformant en énergie grâce à un revêtement piézoélectrique, et tous les bâtiments de la rue ont été traités pour absorber le dioxyde de carbone. Une autre raison de préférer la marche à pied !

 

Il est aussi possible de réduire son impact carbone lors de ses recherches sur internet : le moteur de recherche Ecogine, qui redirige vers Google, fonctionne entièrement à l’énergie renouvelable et suite une charte écologique stricte.



 

[BEST-OF] La philanthropie hors-frontières vue par William Renaut

[BEST-OF] La philanthropie hors-frontières vue par William Renaut

Les secteurs du mécénat et de la philanthropie sont en perpétuelle évolution. Si la France est un pays qui regorge de spécificités dans ces domaines, qu'en est-il de nos voisins européens, et au-delà, de la philanthropie autour du monde ? Chaque mois, William Renaut dresse le portrait des us et des coutumes en dehors de nos frontières.

 

Philantrumpie ! La philanthropie nord-américaine à l'heure post-électorale


 

L’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis d’Amérique a été une surprise pour de nombreux observateurs. Élément nouveau cette année : l’attention portée aux activités philanthropiques des candidats. On peut dire qu'en la matière, Donald Trump possède des pratiques bien à lui. Au-delà de ces questions, c’est tout l’écosystème libéral américain qui a été pris au dépourvu. Parfois sous le feu des critiques pour entreprendre des actions qui ne rentrent pas dans le cadre des politiques décidées par les états où ils interviennent, les philanthropes américains voient aujourd’hui la question se poser avec une acuité nouvelle. Mais le problème pourrait aller au-delà du débat sur l’aspect parfois anti-démocratique de la philanthropie, laquelle reste une affaire privée.


 

À l'ombre des sakuras en fleurs, point d'association... Portrait de l'intérêt général au Japon


 

La France compte environ 1 300 000 associations. Le Japon, pays deux fois plus peuplé, à peine 50 000. Comment la 4e puissance économique mondiale peut-elle avoir un troisième secteur aussi embryonnaire ? Cela est déjà moins surprenant quand l’on sait que ces organisations n’avaient aucune existence légale avant 1998 et le vote d’une première loi sur la question. L’élan de solidarité suscité par le tremblement de terre de Hanshin en 1995 ou par des scandales sanitaires ont aidé au développement de la société civile japonaise. Une méconnaissance globale des organismes sans buts lucratifs et l'incertitude sur les mots qui les désigne s’accompagnent d’un manque de confiance criant dans ce type de structure, qui se traduit également dans le peu de dons réalisés.


 

La philanthropie au pays des kangourous : focus sur le géant Australien


 

Comment, combien et à qui donne un pays-continent ? Si les clichés d'un pays de surfeurs et de kangourous ont la vie dure, l'Australie est aussi un de la générosité : elle est systématiquement classée parmi les pays les plus généreux au monde par le World Giving Index. Spécificité locale, les entreprises australiennes donnent plus que les individus ! Ainsi, 70 % des entreprises de moins de 200 salariés donnent pour 95 à 99 % des moyennes et grandes entreprises. Il faut aussi souligner que les très grandes entreprises australiennes (0,2 % du secteur) donnent pour plus de 50 % du total : 9 milliards de dollars australiens.


 

Pologne : l'Européenne aux 18 000 fondations


 

Entrée dans l’Union européenne en 2004, la Pologne est alors le plus important des nouveaux entrants par la taille et la population. Avec des fondations créées dès le 17e siècle et une histoire de philanthropie très riche, le pays voit sa générosité se développer très rapidement. Le pays, sorti de l’URSS il y a 30 ans, où l’ensemble des biens des fondations avaient été nationalisés par décret en 1952, compte aujourd'hui plus de fondations que la France, la Belgique et l’Italie réunis ! Mais derrière les dons et les mécanismes de déduction fiscale, quelle est la réalité du complexe philanthropique polonais ? S’il connaît un développement important, des besoins de structuration semblent néanmoins caractériser un secteur philanthropique polonais parmi les plus dynamiques d’Europe.


 

God Save The Bénévolat ! Quid du mécénat de compétences au Royaume-Uni ?


 

La Grande-Bretagne est le pays où le fundraising et le secteur non-marchand sont les plus développés d’Europe. Mais dans un État qui compte 42 % de bénévoles, comment se portent le mécénat et le bénévolat de compétences ? Le besoin de volontaires des associations est extrêmement élevé : 93 % d'entre elles déclarent vouloir recevoir davantage de bénévoles. Au-delà des difficultés d’accès au mécénat de compétences, les besoins des associations ne rencontrent pas nécessairement les propositions des entreprises. Ces dernières offrent principalement des opportunités de travail en équipe sur des tâches “non-qualifiées” alors que les associations identifient davantage de besoins dans les domaines du fundraising ou de la passation de connaissances.


 

Qu'est devenu l'Or du Rhin ? Enquête sur la philanthropie allemande


 

Saviez-vous que Hambourg compte plus de 1 300 fondations sur son territoire ? Que le dynamisme de sa philanthropie fait de l’Allemagne l’un des leaders mondiaux sur ce sujet ? Avec un ratio de 24 fondations pour 100 000 habitants, le réseau des fondations allemandes est extrêmement large, mais c'est aussi le plus riche avec près de 100 milliards d’euros sous gestion. Les pratiques privées sont également différentes, avec une usage massif du legs, qui dépasse à présent l'ensemble des dons. Si le dynamisme du secteur est indéniable, le poids de l’histoire l’est aussi et, si le rideau de fer est tombé, celui-ci est encore bien visible sur le plan philanthropique. L’ancien ouest du pays compte 37% de donateurs et l’Est 27%, pour seulement 7% des sièges de fondations.


 

[BEST-OF]Lutter contre la pollution plastique : recycler, transformer, remplacer

[BEST-OF]Lutter contre la pollution plastique : recycler, transformer, remplacer

En moins d’un siècle, les matières plastiques synthétiques sont devenues omniprésentes dans notre quotidien et sont aujourd’hui produites en quantité démesurée : en 2015, la production mondiale a atteint le chiffre record de 320 millions de tonnes ! Ces plastiques se retrouvent ensuite en grande partie dans la nature, sous leur forme première ou sous la forme de microplastique, ces infimes particules de plastique quasi invisibles, mais tout aussi nuisibles à l’environnement. En conséquence, les catastrophes écologiques liées au plastique se multiplient : faune marine intoxiquée, océans et plages pollués, chaîne alimentaire perturbée… À grand renfort de campagnes de sensibilisation, parfois soutenues par les pouvoirs publics, les ONGs engagées dans la lutte contre la pollution plastique et plus généralement dans la protection de l’environnement ont progressivement déclenché une prise de conscience mondiale. Lentement mais sûrement, des initiatives fleurissent partout dans le monde, vers un système plus durable et éco-responsable.


 

Au quotidien : plastique or not plastique ?


 

L’avantage du plastique (ou l’inconvénient, c’est selon), c’est qu’il est transformable et réutilisable à l’infini. De nombreuses initiatives vont en ce sens, pour donner une seconde vie au plastique et donc limiter sa production.

 

En Afrique par exemple, le plastique intègre parfois la mode, en conciliant recyclage et entrepreneuriat social : au Burkina Faso, le projet Pagabags, soutenu par la fondation Veolia, recycle des déchets plastiques pour les intégrer dans la confection de sacs et d’accessoires de mode.

 

Toujours dans la mode et à plus grande échelle, la marque Bonobo lançait en 2015 une ligne de vêtements baptisée Rebirth, pour laquelle elle utilisait un fil créé à partir de jeans recyclés et de bouteilles en plastique. La marque Veja, déjà connue pour ces produits éco-responsables, lance Wata, une chaussure unisexe conçue à partir de déchets plastiques recyclés. Les Galeries Lafayette, quant à elles, ont lancé le mouvement “GO FOR GOOD”, prévoyant d’intégrer des matières éco-responsables dans leurs collections, notamment du plastique recyclé.

 

Pour connaître plus d’initiatives éco-solidaires en matière de mode, allez voir notre best of mode éthique !

 

Si recycler, c’est bien, éviter, c’est encore mieux : la startup française Gobilab lance Gobi, une gourde conçue sans Bisphénol-A et fabriquée en France dans un atelier d’insertion. Objectif : proposer un objet durable et éco-responsable, alors que les Français continuent de consommer en moyenne 70 bouteilles en plastique par an. La startup espagnole Closca innove sur le même objet en le rendant connecté, au moyen d’une application permettant de repérer les points d’eau potable les plus proches.


 

Des fondations engagées pour la planète


 

Plusieurs importantes fondations placent l’écologie et le développement durable au coeur de leur action, en soutenant des initiatives innovantes en ce sens. Par exemple, la fondation Crédit Agricole soutient le projet Plastic Odyssey, qui prévoit le lancement en 2020 d’un catamaran “nettoyeur” des océans qui transformerait les déchets collectés pour produire son propre biocarburant.

 

En Bretagne, le fonds de dotation Explore, financé entièrement par le mécénat, est un incubateur porteur de projets innovants pour le développement durable, dans une optique de valorisation des ressources locales.


 

Marquer les esprits pour mieux agir


 

Les associations ne sont évidemment pas en reste lorsqu’il s’agit de lutter contre la pollution plastique. Elles font parler de leur cause à grands coups de campagnes choc, pour faire réagir le grand public. L’ONG Sea Shepherd a ainsi fait appel à l’agence Fred & Farid, connue pour ses précédentes actions en faveur de l’environnement, pour mettre en scène des animaux marins pris au piège et étouffés par une couverture plastique.

 

Autre image choc ayant beaucoup circulé sur les réseaux sociaux, “The tip of an iceberg”, présentant un immense sac plastique flottant façon iceberg, qui a été reprise par de nombreuses ONGs dont Greenpeace.

 

L’association Surfrider Foundation Europe, acteur de référence en Europe pour la protection des littoraux, des mers et des océans, organise quant à elle les Initiatives Océanes, une session annuelle de nettoyage des littoraux organisée sur quelques jours. Cet événement fait écho à l’échelle européenne au “Clean Up Day”, la journée mondiale du nettoyage de la planète, relayée en France par l’association World CleanUp Day France.


 

Je fais quoi, moi ?

 

 

Vous vous sentez submergés par l’omniprésence du plastique, mais vous ne savez pas par où commencer ? La première chose à faire, c’est de trier soigneusement ces déchets afin qu’ils soient recyclés et valorisés au mieux ! Appuyez vous sur les structures de votre ville ou sur des initiatives associatives comme celles de Lemontri.

 

Vous pouvez aussi vous inspirer de cette nouvelle tendance qui nous vient tout droit de Suède, qui répond au doux nom de plogging : ou comment faire son jogging du matin tout en ramassant les déchets sur son trajet, armés de gants et d’un sac poubelle. Plutôt simple, non ?

 

 

[BEST OF] Handicap : des paroles à l’action

[BEST OF] Handicap : des paroles à l’action

Selon les sources et les études, on estime qu’entre 2 et 15 millions de personnes sont en situation de handicap en France. Qu’il soit moteur, mental, sensoriel, psychique ou invalidant, le handicap entraîne des difficultés nombreuses et protéiformes : outre l’accessibilité, vaste chantier qui peine à trouver ses ouvriers, les personnes en situation de handicap doivent également faire face à l’exclusion professionnelle et sociale, ou encore à des discriminations. Comment lutter pour l’inclusion ? On fait le point.

 

 

Le numérique au service du handicap

 

 

Le numérique est un enjeu de taille pour l’inclusion et l’accès à l’autonomie des personnes en situation de handicap. En témoigne l’existence de Wilson, un chatbot pensé par la plateforme collaborative I Wheel Share, qui recense des lieux accessibles aux handicapés selon leurs besoins spécifiques. De son côté, le Comptoir des Solutions répertorie les innovations au service des personnes en situation de handicap. L’Ordre de Malte France a également doté, grâce au soutien de la Fondation Bouygues Telecom, sa Maison Jeanne d’Arc de tablettes tactiles, afin de faciliter la communication au quotidien de ses résidents, lourdement handicapés. Plus ambitieux encore de la part d’un autre partenaire de la Fondation Bouygues Telecom. Votre École Chez Vous propose des classes virtuelles à destination des enfants et adolescents handicapés ou malades. Partout en France, les acteurs de la solidarité se mobilisent sur le sujet. Deux étudiantes en Master sont d’ailleurs parties durant plusieurs mois à la rencontre d’entrepreneurs sociaux ayant placé le handicap au cœur de leur modèle économique. Et on ne présente plus Jaccede, l’application collaborative qui recense des informations sur l’accessibilité de dizaines de milliers de lieux en France.

 

 

La vie de tous les jours

 

 

Être handicapé.e et vivre “normalement”, c’est possible ?  C’est décidé pour Airbnb : le géant de la location entre particuliers a signé un partenariat avec Handicap International, et vient de créer 19 nouveaux filtres de sélection dans ses annonces destinés à faciliter l’expérience pour les personnes en situation de handicap. La marque A&KClassics propose quant à elle des vêtements adaptés aux personnes handicapées. Les associations CRéDAVIS et LADAPTont organisé pour la seconde fois à Paris en juin dernier le festival "Ma sexualité n'est pas un handicap", axé sur l'accès, la prévention et l'éducation à la sexualité pour et par des personnes en situation de handicap. De nombreux autres festivals ont d’ailleurs renforcé leur politique d’accessibilité au cours des dernières années : c’est le cas de Rock en Seine, les Eurockéennes, Solidays ou encore les Vieilles Charrues, qui ont tous multiplié leurs aménagements. Quant à Marie-Caroline, elle a décidé de faire de son handicap une force ! Cette Bourguignonne a décidé de transformer les signes de stationnement à l’aide de petits papiers de couleurs. “Ce n’est pas parce qu’on est en situation de handicap qu’on n’a pas d’activités. On a une vie, on a le droit de rire et je veux montrer ce côté-là, avec de la poésie et de la fantaisie surtout”, explique-t-elle. Bien dit !

 

 

Travailler avec un handicap, c’est possible !

 

 

Patrick Lonchampt s’est interrogé en juin dernier dans L’éco des solutions sur RCF : “Peut-on travailler avec un handicap” ? Éléments de réponses ici. Le journaliste n’est toutefois pas le seul à tenter de faire évoluer la situation. Avec le soutien de Fondation Malakoff Médéric, l’agence E&H LAB a lancé au printemps une campagne nationale sur l’évolution de carrière des personnes en situation de handicap, soutenue par une enquête. Pour certain, les jeux sont faits : à Paris, le restaurant Joyeux, servi avec le cœur emploie une vingtaine de commis de cuisine et serveurs avec un handicap mental ou des troubles cognitifs. La radio Vivre FM, dirigée par Frédéric Cloteaux, emploie quant à elle 50% de son personnel en situation de handicap. “Je considère que leur différence est une force”, explique-t-il.

 

 

[BEST OF] Lutte pour l'inclusion : un combat dans les prisons

[BEST OF] Lutte pour l'inclusion : un combat dans les prisons

Les prisons et centres de détention sont des lieux qui concentrent de nombreux besoins pour l'inclusion et la défense des droits des personnes incarcérées. En France, 12 000 bénévoles, répartis au sein d'une cinquantaine d'associations, interviennent auprès de 70 000 détenus. Les actions menées et les causes défendues sont diverses, ces personnes engagées s'efforcent néanmoins conjointement de représenter la société civile auprès de celles qui sont privées de liberté. Depuis l'accès à la culture jusqu'aux initiatives pour l'insertion professionnelle, retour sur une année de solidarité entre les murs des prisons.

 

La surpopulation carcérale dépasse les 200% dans certaines grandes prisons européennes. Une situation qui n'est malheureusement pas exceptionnelle en France, puisqu'en 2017, 70 000 personnes détenues étaient incarcérées pour une capacité de 58 000 places. Dans un contexte où il se révèle compliqué d'appliquer totalement les lois et les règles européennes en matière de détention, une étude menée par France Bénévolat dressait toutefois, au début de l'année, un état des lieux de l'engagement bénévole en prison, estimé à 12 000 personnes intervenant pour une cinquantaine d'associations.


 

L'accès à la culture, le terreau fertile de l'inclusion et de l'insertion


 

Lancé en 2015, l'association Lire pour en sortir offre aux détenus la possibilité de bénéficier de remises de peine en l'échange de leur participation à un programme de lecture. Un projet qui fonctionne, puisque près d'un millier de détenus se sont vus remettre au moins un livre neuf : l'occasion pour l'association de publier le top 15 de ses succès littéraires. Lire pour en sortir migre aussi vers le théâtre depuis novembre 2017 : 5 détenus sont montés sur les planches de l'Odéon devant quelques 1200 spectateurs ! Plus récemment, l'association démarrait ses premières rencontres entre auteurs et personnes incarcérées pour des temps d'échanges et de plaisirs littéraires.

 

Les fondations d'entreprise s'inscrivent aussi dans cette perspective. La Fondation M6 mène ainsi, chaque année, un concours national d'écriture pour promouvoir le plaisir du verbe chez les détenus et lutter contre la récidive. La Fondation Groupe France Télévision propose quant à elle des ateliers de réflexion, d'éducation à l'image et de production audiovisuelle aux jeunes adultes incarcérés de Villepinte.


 

Des associations qui se mobilisent jusque dans les murs des prisons


 

La défense des droits des personnes incarcérées est un terrain élémentaire rendu nécessaire par les conditions de détention. Le droit de vote fait partie de ces droits fondamentaux, pourtant, moins de 4% des personnes placées sous main de justice l'ont exercé lors des élections présidentielles de 2012. Un acte citoyen pour lequel milite l'association Robin des lois, qui veut installer des bureaux de vote au sein des établissements pénitentiaires.

 

La lutte pour l'inclusion passe aussi et surtout par la ré-insertion socioprofessionnelle des détenus. Crée en juillet 2014, l'association Wake Up Café les accompagne depuis leur lieu d'incarcération jusqu'à leur embauche, et mène en parallèle une campagne de sensibilisation auprès de la société et des chefs d'entreprise. Son objectif ? Changer le regard des détenus sur eux-mêmes, et changer notre regard, celui de la société.


 

Le monde de la mode aussi solidaire avec les personnes incarcérées


 

La mode éthique et solidaire prend de la vitesse, nous y avons par ailleurs consacré un Best-of. Certains créateurs travaillent pour instaurer l'idée d'une mode sociale, à l'instar de Sakina M'sa pour qui "le tissu du vêtement est indissociable du tissu social," La créatrice de mode française faisait défiler les détenues de la maison d'arrêt des femmes de Fleury-Mérogis lors d'une "fashion-week en prison." C'est justement à l'occasion de la dernière Fashion Week londonienne que Bethany Williams, designer irlandaise basée à Londres, dévoilait sa nouvelle collection "Women's Change" réalisée avec le concours de femmes détenues.

 

 

[BEST OF] Entretiens : Tech for Good, finance solidaire et évènementiel

[BEST OF] Entretiens : Tech for Good, finance solidaire et évènementiel

Chaque semaine, Carenews s’entretient avec un acteur de l’intérêt général. Délégués généraux de fondations, entrepreneurs sociaux ou dirigeants d’ONG, chacun livre sa vision du mécénat et cet enjeu majeur qu’est la pérennisation de l’économie sociale et solidaire sur le sol français. Second best of : nos rencontres avec les acteurs de la Tech For Good, de l’évènementiel, de la finance et de l’économie.

Les acteurs de la “Tech for Good” :


 

Paul Duan (Fondateur et président de Bayes Impact)

Le Service Public Citoyen, ça vous dit quelque chose ? Paul Duan en porte le concept, que l’on pourrait résumer par “l’émergence d’une nouvelle voie (...) qui combine les forces de l’innovation et celles de l’État”, dans le cadre d’une alliance pensée pour “lever les blocages qui font que l’innovation technologique profite bien plus facilement aux intérêts privés qu’à l’intérêt général”. Pour Carenews, il revient sur ses débuts dans la Silicon Valley, l'aventure Bayes Impact et Bob Emploi (lauréat La France s’engage) et ses défis de demain.


 

Léa Thomassin (Co-fondatrice et déléguée générale d’HelloAsso)

Nous avons rencontré Léa Thomassin quelques jours avant la Social Good Week, qui fêtait sa septième édition cette année. Nous en avons profité pour évoquer son rapport aux nouvelles technologies et aux réseaux sociaux à l’heure où “chacun peut devenir un véhicule d’information”, mais aussi tracer les grandes lignes du modèle d’HelloAsso, qui “offre une gestion clé en main aux associations” dans leurs opérations de collecte.


 

Ils accompagnent la mobilisation des collaborateurs :


 

Sylvain Reymond (Pro Bono Lab)

Enfant de l’intérêt général, Sylvain Reymond est de tous les rendez-vous du secteur. Derrière son hyperactivité apparente, un projet à défendre : Pro Bono Lab, dont il est devenu en début d’année le directeur général. L’association fait le lien les structures à finalité sociale et les entreprises souhaitant s’investir grâce à du mécénat de compétences ou du bénévolat. Pour Carenews, il fait le point sur l’ambition première de Pro Bono Lab : “remettre au cœur de [sa] stratégie [son] rôle de change maker et d’opérateur social”.


 

Félix de Monts (Fondateur et CEO de Vendredi)

Félix de Monts dirige Vendredi, une start-up qu’il a fondée en 2014 et qui propose aux salariés de s’engager pour des missions sociétales auprès d’associations ou d’entreprises sociales. Et cela à toutes les étapes de leur vie professionnelle, du stage à la fin de carrière. Il a fidélisé aujourd’hui plus de 100 partenaires associatifs, des gros poissons (Télémaque, Simplon.co, Mozaïk RH) aux petites structures, et une trentaine d’entreprises.


 

Ils financent ou accompagnent le développement de l’ESS :


 

Eva Sadoun (Co-fondatrice de Lita.co)

Pour Eva Sadoun, l’investissement responsable n’est ni plus ni moins que “l’investissement de demain”. Aussi, elle a fondé en 2014 avec Julien Benayoun Lita.co, une plateforme de financement dédiée à l’économie sociale et environnementale. Elle invite aujourd’hui tous les acteurs de la finance à suivre leurs traces, et demande aux décideurs et aux pouvoirs publics de les accompagner dans leur démarche.


 

Nicolas Goudy, fondateur d’Hacktiv

En créant Hacktiv, Nicolas Goudy voulait créer une start-up combinant performance numérique et intérêt général. Pari réussi : sa plateforme, qui met en lien citoyens et associations pour effectuer ponctuellement des missions solidaires, recense désormais 30 000 bénévoles et 2500 associations, et sera active dans 15 villes de France d’ici la fin de l’année.


 

Soazig Barthélémy, fondatrice et directrice d’Empo’Wer

Elle n’a pas encore 30 ans, mais figurait l’an dernier dans le classement des 30 entrepreneurs sociaux les plus influents d'Europe. Soazig Barthétémy a fondé et dirige Empow'Her, une ONG qui soutient à échelle internationale l'entrepreneuriat féminin via des programmes de formation et d'accompagnement. Elle en détaille le fonctionnement pour Carenews, et partage son regard sur le mécénat, “un cercle vertueux”.   


 

Christian Sauter, président de France Active

Christian Sautter a rejoint France Active en 2000. Après une carrière de haut fonctionnaire, le voilà à la tête d’un réseau venant en aide les personnes en difficulté à trouver un emploi ou créer leur entreprise, et qui compte aujourd’hui 2 000 bénévoles, et 650 salariés. Entretien.

 

 

Maëva Tordo, directrice de la Blue Factory (incubateur de l’ESCP)

Maëva Tordo et l’ESS ne font qu’un, ou presque. A la tête de la Blue factory, l'incubateur d'entrepreneuriat de l'ESCP Europe, elle a également cofondé NOISE (Nouvel Observatoire de l’Innovation Sociale et Environnementale), une association étudiante visant à “faire entendre les innovations qui ont un impact positif sur nos sociétés”. Elle livre pour Carenews son regard sur le secteur.


 

Ils ont créé des évènements phares du secteur :


 

Emilie Poisson, directrice exécutive de Convergences

Le forum Convergences a fêté ses 10 ans en grande pompe l’an dernier : 500 experts étaient réunis pour des conférences, ateliers et évènements, visant à apporter des solutions innovantes en matière de lutte contre la pauvreté, de précarité et de pollution. Sa directrice exécutive, Emilie Poisson, revient sur son rôle dans l’organisation et propose ses solutions pour respecter les ODD.


 

Sophie Faujour, EVPA France Country Representative

Comme tous les ans, l'EVPA (European Venture Philanthropy Association) donnera rendez-vous aux acteurs de la philanthropie à la rentrée pour une conférence annuelle.  Sophie Faujour, qui représente l'association en France depuis 2016, s’est entretenue avec Carenews quelques jours avant la dernière édition, qui se tenait à Oslo. Elle fait le point sur le rôle de l’organisation en France, ses modalités d’intervention et son développement.


 

Cécile Colonna D’istria, dirigeante et fondatrice de PROFURABLE

Rendez-vous à ne pas manquer des acteurs de l’intérêt général, PRODURABLE s’est tenu les 4 et 5 avril derniers au Palais des Congrès (Paris). Cécile Colonna, qui l’a fondé en 2008,  d’Istria. Après quinze années passées à organiser des salons professionnels, se félicite de la place qu’ont pris les questions liées au développement durable en France, et revient sur ses années d’engagement.


 

[BEST OF] L’écologie, enjeu fondamental de notre avenir : pistes pour agir

[BEST OF] L’écologie, enjeu fondamental de notre avenir : pistes pour agir

La journée du dépassement, qui marque le jour où l’humanité a consommé la totalité des ressources renouvelables de la terre, a été tristement célébré le 1er août. Si les pouvoirs publics et les gouvernements peinent encore à imposer des politiques efficaces en matière de responsabilité écologique, beaucoup d’ acteurs de l’intérêt général œuvrent sans relâche pour proposer des solutions innovantes. Tour d’horizon.

Trois chiffres ont marqué l’année 2018 dans le domaine de l’écologie, et ils ne sont pas vraiment rassurants : 90% de la population mondiale respire un air pollué, un tiers de la planète consomme une eau dangereuse pour la santé, et enfin, la terre pourrait compter plus de 143 millions de migrants climatiques d’ici 2050. Une réalité préoccupante, qui a notamment conduit le Premier ministre Édouard Philippe à dévoiler le 23 avril dernier sa feuille de route pour la transition du pays vers l’économie circulaire, contenant 50 mesures destinées à intégrer les enjeux du développement durable dans le quotidien des Français. En fin d’année dernière, le sommet One Planet Summit a quant à lui réuni les acteurs de la finance publique et privée, invités à proposer des solutions innovantes pour “soutenir et accélérer” la lutte contre le changement climatique.

 

 

ENTREPRISES ET RSE

 

 

Une seule solution : agir. Les grands groupes ont généralement intégré un volet environnement (plus ou moins important) dans leur démarche RSE. C’est le cas de Pernod Ricard, engagé sur une feuille de route très stricte qui conduira l’entreprise à réduire ses émissions de CO2 de 30 % d’ici 2020, et “de tendre vers le zéro déchet” mis en décharge. Veolia est impliqué depuis 2004 dans la préservation de la planète, en soutenant des programmes internationaux et des actions de sensibilisation auprès du grand public. Idem chez Coca-Cola, qui s’est notamment engagé pour 100 % d’emballages recyclables d’ici 2025. Les Galeries Lafayette, engagées dans une politique de développement durable depuis plusieurs années, ont de leur côté lancé le programme “GO FOR GOOD” pour un commerce responsable, éthique et solidaire. Le mastodonte du bio Bjorg, Bonneterre et Compagnie a créé sa fondation cette année, elle soutient l’alimentation durable. Les entreprises sont par ailleurs épaulées par de nombreuses structures comme Co-Recyclage, qui développe des outils et solutions adaptés pour accompagner le développement du réemploi.

 

Dans le secteur du transport, un grand pas a été franchi : les 191 pays membres de l’OACI (Organisation de l’aviation civile internationale) ont signé un accord cette année, dans lequel ils s’engagent à maintenir d’ici 2035 les émissions de gaz à effet de serre au niveau observé en 2020. Les transporteurs, connus pour être de gros pollueurs, essayent en général de développer des programmes plus respectueux de l’environnement. Costa Croisières a par exemple lancé le programme 4GOODFOOD en 2017. Il vise à réduire le gaspillage alimentaire de 50 % à bord des navires de toute la flotte Costa à l’horizon 2020.

 

 

LES RENDEZ-VOUS DES ACTEURS DE L’ENGAGEMENT

 

 

Partout en France, les évènements et projets se multiplient afin de sensibiliser le grand public à l’écologie. À Nantes, la Fondation Maisons du Monde a mobilisé au mois de juin des dizaines d’acteurs de l’écologie et attiré 5 000 visiteurs pour la première édition de “Aux arbres”, consacré à la protection des forêts, de la biodiversité et du climat.

 

La Fonda a également donné rendez-vous aux acteurs de l’engagement les 22 et 23 mars derniers à Paris pour l’université “Faire ensemble 2030”, demandant une réflexion du monde associatif pour répondre aux objectifs de développement durable de l’ONU (parmi lesquels : “eau propre et assainissement’, “énergie propre et d’un coût abordable”, “consommation et production responsable”, “mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques”, “vie aquatique” et “vie terrestre”).

 

La Surfrider Foundation Europe a comme chaque année rassemblé près de 35 000 citoyens au mois de mars pour les Initiatives Océanes : une mobilisation, le temps d’un week-end, pour nettoyer les plages, lacs, rivières et fonds marins.

 

 

VIVRE AUTREMENT

 

 

Et nous, citoyens, que pouvons-nous faire au quotidien pour préserver la planète ? Il suffit de repenser ses comportements, et d’adopter des habitudes plus responsables dans nos gestes de tous les jours. Commençons par les vacances*, qui sont d’actualité : pourquoi ne pas opter pour des vacances solidaires ou en éco-volontariat ? Vous pouvez également choisir des organismes éthiques et respectueux de l’environnement, comme Vacances Bleues. Dans votre valise, troquer quelques pièces de grandes surfaces contre des marques éthiques. Elles sont de plus en plus nombreuses, (Bonobo, Atelier Unes, Leax, et pour les enfants Bobo Choses qui soutient un programme de conservation des fonds marins). Une application, NotMyStyle, vous permet même de vous renseigner sur les conditions de fabrication et l’engagement de vos marques préférées. En cas de petite soif en voiture, plutôt que de vous surcharger en plastique, optez pour une gourde ou une bouteille écolo.

 

Et en rentrant ? Et bien on garde les bonnes habitudes ! Pour chaque pan de votre vie quotidienne, il existe une alternative responsable ? Vous aimez le lait ? Choisissez celui produit par les fermes d'En Direct des Éleveurs, conditionné directement dans la laiterie, 100% traçable et vendu dans des packagings éco-conçus. Si avez un jardin, pensez à la permaculture, en plein boom. Autrement, téléchargez Too Good To Go, et récupérez à très bas prix des invendus chez vos commerçants. Pour les amateurs de technologies, de nombreuses applications sont d’ailleurs là pour accompagner vos initiatives éco-responsables. Pas le courage de trier vos déchets ? Cliink vous offre des points à échanger chez des partenaires pour vous remercier de votre bonne conduite. Toc Toc Compost permet quant à elle de localiser vos voisins qui trient leurs bio-déchets ou disposent d’un composteur. Forest plante des arbres pour vous lorsque vous n’utilisez pas votre smartphone.

 

Pour en savoir plus sur le tourisme durable : ici

 

Et retrouvez notre [BEST OF] consacré à l’eau et aux océans ici, ainsi que notre [BEST OF] environnement.  

 

[BEST OF] Ces initiatives solidaires qui font bouger la cause des réfugiés

[BEST OF]  Ces initiatives solidaires qui font bouger la cause des réfugiés

Cette année, à l’occasion de la journée mondiale des réfugiés le 20 juin, le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) dressait un sombre constat : 68,5 millions d’hommes, de femmes et d’enfants ont été contraints de quitter leur pays d’origine en raison de violences ou de persécutions en 2017. Depuis plusieurs années, la crise des réfugiés nous interroge, elle met l’accent sur certains maux de notre société : nous y avons consacré le numéro d’automne 2017 de Carenews Journal. Une urgence humanitaire qui met paradoxalement en lumière l’implication et la solidarité dont peuvent faire preuve les associations, les institutions ou les entreprises, qui se mobilisent conjointement pour porter offrir un toit, développer des solutions innovantes ou encore promouvoir l'inclusion des personnes réfugiées.

 

68,5 millions de personnes sans drapeau : l’urgence humanitaire qui mobilise

 

 

En 2017, 68,5 millions de personnes avaient le statut de réfugié. La solidarité autour de cette thématique est protéiforme et rassemble des acteurs pluriels. L’an passé, la Fondation Ikea s’associait à l’UNHCR pour leur offrir un toit avec son projet Better Shelter. Pour venir en aide aux exilés, les associations se répartissent les tâches : l’association Parcours d’exil propose par exemple un accompagnement spécialisé pour soigner les traumatismes vécus par les demandeurs d’asile. D’autres distribuent des aides alimentaires et sanitaires, à l’instar de Va te faire cuire un œuf, qui travaille plus en proximité.

 

Cette mobilisation suscite parfois des réactions de colère ou d’indignation. Face à l’accumulation de messages à caractère haineux déclenchée par son « Kit dignité pour les réfugiés », l’ONG Solidarités International réagissait avec une campagne frappante pour rappeler ses valeurs de solidarité universelle.

 

 

Techfugees, le numérique au service de la solidarité internationale

 

 

L’intégration des réfugiés dans leur terre d’accueil passe par la création de solutions technologiques et innovantes. En octobre 2017 se tenait à Paris la première édition du Techfugees Global Summit, pour valoriser les solutions promouvant l’inclusion des personnes réfugiées par le numérique, telle que la blockchain, technologie permettant de se doter d’une identité légale pour accéder aux transactions sécurisées en ligne. Cette année, le Sommet se tiendra à la Station F, les 25 et 26 octobre 2018.

 

Le numérique peut aussi être utilisé pour sensibiliser : c’est ce que propose « Path Out », un jeu vidéo d’aventure qui retrace l’histoire de son concepteur pour raconter d’une manière différente la crise des réfugiés et casser les préjugés. L’application Refugeye, quant à elle, est une solution innovante voulant rompre la barrière de la langue, elle permet aux réfugiés de communiquer à l’aide de pictogrammes.

 

 

Des initiatives audacieuses pour l’inclusion professionnelle des talents exilés

 

 

Parce que « réfugié » n’est pas une catégorie socio-professionnelle et encore moins un métier, des projets ont vocation à promouvoir le talent avant le statut. L'Atelier des Artistes en Exil en est l’une des illustrations : l’association accueille les artistes et met à disposition du matériel. Elle organisait, en novembre 2017, le festival « Visions d’exil » au Palais de la Porte dorée. Une perspective d'inclusion et de solidarité que partage aussi la communauté Singa,qui propose depuis 2012 des programmes structurés d’accueil et d’accompagnement à l’entrepreneuriat des nouveaux arrivants, soutenue par exemple par la Fondation Total.

 

Et parce qu’étudier devrait aussi être un droit inaliénable, le programme Kiron permet aux réfugiés de commencer ou de poursuivre leurs études en France gratuitement, au travers d'une plateforme numérique. La cause mobilise aussi certaines écoles, comme l’ENS rue d’Ulm qui propose un Programme Étudiant.e.s Invité.e.s, géré par MigrENS. Cette association est ancrée dans le réseau inter-universitaire RESOME, collectif qui regroupe de nombreuses institutions telles que Nanterre, Paris VIII, l’EHESS ou encore Sciences Po, à l’origine du programme Kiron.


 

La mobilisation discrète, mais efficaces des entreprises


 

Nous en parlions dans notre numéro d'Automne 2017 : certaines fondations d'entreprise ont fait de la cause des réfugiés l'un de leurs axes d'actions principaux. C'est ce qu'expliquait Xavier Darcos, Président de la Fondation Sanofi Espoir : "Tous ceux qui ont les moyens d'agir, les acteurs publics, les institutions, les particuliers, les entrepreneurs... doivent désormais collaborer, s’ils visent à l’efficacité et non au coup-par-coup ou à la dispersion des énergies." Une philosophie de la co-construction appliquée aussi par Total, qui soutient, de concert avec Sanofi, la Société Générale ou encore le Club Med, un programme innovant de co-training entre salariés et réfugiés : Kodiko. Enfin, le géant mondial Carrefour déploie aussi, au travers de sa Fondation, un ensemble de programmes et d'aides d'urgence à la faveur des réfugiés, notamment syriens et irakiens.

 

 

[BEST OF] Entretiens avec des responsables de fondations d’entreprise

[BEST OF] Entretiens avec des responsables de fondations d’entreprise

Chaque semaine, Carenews s’entretient avec un acteur de l’intérêt général. Délégués généraux de fondations, entrepreneurs sociaux ou dirigeants d’ONG, chacun livre sa vision du mécénat et cet enjeu majeur qu’est la pérennisation de l’économie sociale et solidaire sur le sol français. Premier best of : sous forme de citations, nos rencontres avec les responsables des fondations d’entreprises.

Christine de Longevialle

Déléguée générale du fonds de dotation Solidarity AccorHotels

Dotation annualisée : 400.000 euros

 

Le fonds de dotation est engagé dans la lutte contre l’exclusion économique et sociale des personnes en grande précarité par l’insertion professionnelle grâce à la formation et, au développement économique. Il soutient financièrement et techniquement des projets en France et à l’international, “identifiés, présentés et portés” par les collaborateurs du Groupe.

“Nous avons tous notre rôle à jouer et le "travailler ensemble" est devenu très important. Idem dans l'entreprise où nous sommes désormais accueillis comme acteur à part entière”.

 

 

Cécile Vic

Déléguée générale de la Fondation Air France

Dotation annualisée : 2 millions d’euros

 

La Fondation d'entreprise Air France soutient l’enfance dans les domaines de l’éducation, l’accès au sport, à la culture et aux loisirs. Fondée il y a 26 ans, elle souhaite aujourd’hui élargir son champ d’action dans de nouveaux pays et financer des projets plus importants.

 

“Le mécénat permet des rencontres, il permet de valoriser son personnel, mais aussi de montrer une image plus humaniste en externe. Les directions ne réalisent pas tout le temps l’intérêt d’une fondation d’entreprise, et c’est bien dommage, car il est immense”.


 

Joël Tronchon

Délégué général du fonds de dotation Seb

Dotation annualisée : 780 000 euros en moyenne

 

Lancé en 2007 comme une fondation, le fonds de dotation Seb mise sur l’implication des collaborateurs du groupe. Ce sont d’ailleurs eux qui ont déterminé l’axe principal d’intervention du fonds : l’action contre l’exclusion, à travers l’insertion professionnelle, l’éducation et la formation, l’équipement du logement, l’accès à l’alimentation saine et l’aide aux personnes en difficulté pour des raisons de santé.

 

“Depuis environ cinq ans, on assiste à une vraie professionnalisation des associations, et les profils des dirigeants sont de plus en plus entrepreneurs. Ce n’est pas un hasard si ce secteur attire des profils de plus en plus diplômés. L’impact social intéresse aussi davantage les entreprises, ce qui conduit ces deux mondes à se rapprocher”.


 

Françoise Cosson

Déléguée générale de la Fondation Orange

Dotation annualisée : 7,9 millions d’euros

 

La Fondation Orange est engagée pour l’éducation numérique auprès des plus démunis, la santé et la culture. Elle anime un réseau de 16 autres fondations réparties partout dans le monde, et intervient dans les 30 pays où le groupe est implanté.

 

“Les jeunes sont le vecteur de développement du pays. Il est important de montrer [lorsque nous les recrutons] que nous avons un impact sociétal”.


 

Miren Bengoa

Déléguée générale de la Fondation Chanel

Dotation annualisée : 1 million d’euros

 

L’indépendance et l’autonomisation des femmes et des adolescentes sont le coeur d’action de la Fondation Chanel. Elle soutient en France et à l’international des projets leur permettant d’avoir accès aux ressources économiques et à l’entrepreneuriat, mais aussi à l’éducation et la formation, le leadership et la prise de décision, la santé, le sport ou encore la culture. Les collaborateurs de l’entreprise sont encouragés à s’investir dans du mécénat de compétences.

“Il y a un tournant qui s'amorce sur la question de l'égalité et des droits des femmes. Au niveau des fondations, le sujet de l’indépendance et de l'autonomisation des femmes est mieux pris en compte, en particulier dans le domaine de l'entrepreneuriat, de l'éducation et du sport où les discriminations restent très importantes”.

 

 

Xavier Darcos

Président de la Fondation Sanofi Espoir

Dotation annualisée : 5 millions d’euros

 

La Fondation Sanofi Espoir concentre ses actions sur des programmes humanitaires d'urgence et d'aide au développement, tout en s’appuyant sur une implication forte des salariés du groupe.

 

“La pauvreté, l’exclusion, les migrations sont des problématiques complexes qui nécessitent coordination et approches croisées. Tous ceux qui ont les moyens d'agir, les acteurs publics, les institutions, les particuliers, les entrepreneurs...  doivent désormais collaborer, s’ils visent à l’efficacité et non au coup-par-coup ou à la dispersion des énergies”.


 

Philippe Legrez

Délégué général de la Fondation Michelin

Dotation annualisée : 15 millions d’euros

 

Traditionnellement philanthrope et solidaire, le groupe Michelin a créé sa fondation en 2014. Elle intervient dans des domaines aussi variés que la culture, l’éducation, la protection de l’environnement ou encore le sport et la mobilité durable. Quelques années après sa création, elle se hisse déjà, en terme de dotation, dans le top 3 des fondations françaises les plus généreuses.

“Nous essayons de développer un mécénat qui s’aligne davantage avec la stratégie et la raison d’être de Michelin, qui est de promouvoir une mobilité durable; et donc de mécéner des actions de mobilités respectueuses de l’environnement. C’est un axe que nous souhaitons développer au cours des prochaines années”.


 

Céline Bonnaire

Déléguée générale de la fondation Kering

Dotation annualisée : environ 1 million d’euros

 

Engagé de longue date sur la thématique des femmes (60 % des salariés sont des femmes), le groupe Kering a lui aussi droit à sa fondation, créée en 2008. Elle œuvre depuis contre les violences sexuelles, les pratiques traditionnelles néfastes et les violences conjugales.

“Le ‘women empowerment’ (...) est un secteur où la discussion et l’échange sont favorisés. Il y a une vraie volonté d’apporter ensemble une réponse commune à des problématiques importantes qui ne trouvent pas de solutions”.


 

David Sussman

Président de la Fondation Pure Ocean

 

La Fondation Pure Océan veut prolonger l’action de Seafoodia, entreprise responsable et éthique spécialisée dans la pêche, la production et la commercialisation à l’échelle internationale des produits de la mer. Avec son second bébé, David Sussman se donne pour mission de préserver les écosystèmes fragiles et la biodiversité.

 

“Avec la fondation nous souhaitons lever dans un premier temps 1 million d’euros pour financer des projets innovants qui permettront de préserver les écosystèmes fragiles et la biodiversité , en entraînant les acteurs de la filière afin que Pure Océan devienne le lieu de mobilisation des intervenants pour faciliter les échanges dans notre industrie.”

 

 

[MÉCÉNAT] La loi Aillagon fête ses 15 ans : a-t-elle besoin de se renouveler ?

[MÉCÉNAT] La loi Aillagon fête ses 15 ans : a-t-elle besoin de se renouveler ?

Pour beaucoup d'acteurs du secteur de l'intérêt général, la loi Aillagon a marqué un grand tournant dans l'histoire du mécénat et de la philanthropie française. En actant des réductions d'impôts très importantes pour les entreprises et les particuliers mécènes, au terme d'années de lobbying et de travail, elle a permis d'augmenter de façon significative les dons en France.Toujours mise à profit aujourd'hui, elle est parfois remise en question tant dans ses usages que sur ses modalités, même si elle reste emblématique. L’anniversaire n’a fait que peu de bruit, ce qui m’a surprise. En réfléchissant, j’y vois aussi un symbole (dans un contexte d’accalmie estivale, certes à souligner) comparé aux fracas de la loi Pacte, des entreprises et entrepreneurs engagés et de la question des entreprises à missions, sujets très médiatisés cette année. La loi Aillagon, ancrée dans le paysage, a-t-elle besoin de se renouveler, de prendre une nouvelle ampleur, de s’adapter aux nouvelles formes de l’engagement ?

 

Le 1er août 2003 est une date qui a marqué d'une pierre blanche le don en France. Robert Fohr déclarait dans Les Echos, à l’occasion des 10 ans de la loi : "Pendant des siècles, l'histoire de la philanthropie française a été liée à celle de l'Église, et l'État s'est toujours montré méfiant, contrôlant les communautés religieuses, puis les fondations. La loi Aillagon a envoyé à la société civile un signal positif d'incitation à l'initiative privée, en même temps que Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, déclarait que l'État n'avait pas le monopole de l'intérêt général." Le ministère de la Culture écrivait dans un communiqué, il y a quelques jours : “La loi 2003-709 du 1er août 2003 est à l’origine d’un développement, sans précédent en France, du mécénat d’entreprise, de la philanthropie individuelle et de la création de fondations, dans tous les domaines d’intérêt général. Aujourd’hui, plus de 61 000 entreprises et plus de 5,8 millions de foyers fiscaux utilisent les dispositions fiscales en vigueur au profit d’organismes publics et privés d’intérêt général. Le volume global du mécénat déclaré est passé d’1 Md€ en 2004 à près de 4 Md€ aujourd’hui.” On ne peut pas passer à côté de ce chiffre quadruplé.


 

La loi Aillagon a aussi permis d'institutionnaliser, avec le temps, de nombreux postes de fundraisers pour couvrir la levée de fonds croissante, et a contribué à susciter quelques vocations (dont la mienne : je ne sais pas ce que j'aurais fait sinon et "avec des si on mettrait Paris en bouteille”, mais j'aime à dire que j'ai eu mon bac l'année de la loi Aillagon et il est vrai que ce dispositif a très fortement influé sur mes études et mes premières expériences professionnelles dans le mécénat).


 

Cette loi est une exception culturelle française (dont le secteur s'est longtemps enorgueilli), née de l'influence germano-anglo-saxonne et de lois antérieures (Coluche, Léotard...). Concrètement, la loi n°2003-709 du 1er août 2003 relative au mécénat, aux associations et aux fondations institue un dispositif fiscal pour développer en France le mécénat des entreprises et des particuliers dont les caractéristiques (dispositif de droit commun) sont les suivantes :

- en faveur des entreprises (Art. 238 bis, CGI) : réduction d’impôt sur les bénéfices égale à 60% du montant du don (en numéraire ou en nature) à un organisme ou une oeuvre d’intérêt général dans la limite de versements annuels de 0,5% du chiffre d’affaires de l’entreprise. En cas d’excédent de versement, l’entreprise dispose de cinq exercices pour utiliser sa réduction d’impôt.

- en faveur des particuliers (Art. 200, CGI) : réduction d’impôt sur le revenu au taux de 66% du montant du don à un organisme ou une oeuvre d’intérêt général dans la limite de 20% du revenu imposable du donateur, avec report possible sur cinq ans en cas d’excédent de versement.

Les critères de "rescrit fiscal" sont venus par jurisprudence, et sont un triumvirat bien connu : pas de cercle restreint, contreparties inférieures à 25% du don et non-lucrativité.


 

Fidal a publié il y a 5 ans une étude sur l'impact de la loi qui interrogeait plus de 200 personnes. Aucune étude n’est sortie pour les 15 ans, mais je pense que les chiffres ont assez peu évolué, car ce sont surtout des chiffres d’opinion. J’exclus de cette remarque ceux sur les collaborateurs et l’hybridation des modèles dont nous parlerons plus tard. Cette enquête montre que 58,5 % des professionnels pensaient que la loi avait eu un réel effet sur le développement du mécénat d'entreprise et un peu plus de 48% pensaient que grâce à elle, les enjeux sociétaux étaient mieux pris en compte par les entreprises.  

L'enquête souligne quelques limites de la loi comme des conditions d'applications trop complexes (près d'un quart des réponses), mais aussi un problème contextuel : elle serait trop généreuse, notamment en temps de crise. Critiques classiques.


 

Selon Fidal toujours, le dispositif répond à son objectif premier puisque les premiers bénéficiaires en sont les OSBL (les organismes sans but lucratif) selon 46,3% des interrogés, suivis par la réponse “tous” pour 32,4% puis les entreprises avec un taux de réponse d'environ 14%. Ce qui n'est pas négligeable en terme d'image. Il est vrai que la loi profite aussi aux entreprises : défiscalisation, communication externe et interne, image, mobilisation de collaborateurs, développement des dispositifs de mécénat de compétences ancrés dans des politiques RH.  


 

Concernant le plafond des 0,5% du CA, il est débattu assez régulièrement. Il est jugé trop bas pour les PME dont le mécénat serait parfois limité par ce chiffre. Admical prend régulièrement position sur ce sujet, et les professionnels de l'étude de Fidal appelaient déjà à une modulation selon le chiffre d'affaires et la taille de l'entreprise.


 

En mécénat culturel, notamment, certaines opérations vues comme biaisées (publiexposition non déclarée, contreparties trop importantes, sponsoring fondu dans des opérations de mécénat, avantage commercial mêlé) ont entaché la réputation de ce dispositif. Pourtant, la loi est claire, mais les manques de financements obligent les structures à faire preuve d'imagination et de “souplesse”. Les opérations de mécénat "retoquées" (dont la défiscalisation a été refusée) sont très discrètes... Une émission consacrée sur France Culture conclut son synopsis par : "Le mécénat est doublement encouragé par le ministère. Depuis 2017, il organise la remise d’un prix du mécénat culturel "Un projet, un mécène" et hier il a annoncé la création d’ici la fin de l’année de "Rencontres du mécénat culturel" afin de mieux se projeter dans les années à venir.  On ne peut pas faire la comparaison avec les États-Unis, qui sont dans un système culturel qui ne repose que sur les initiatives privées. Néanmoins le tout-mécénat, vers lequel la France semble s'orienter, pose la question d'une privatisation progressive intégrale du monde culturel."


 

L’évolution du financement des structures interroge. Ces toutes dernières années, on a vu surgir des problématiques qui dépassent la très classique loi Aillagon. On peut citer, sans exhaustivité et sans ordre hiérarchique : la possibilité d'un mécénat défiscalisé en faveur des ESUS, le financement des structures de l'ESS qui se déplace du don vers une logique d'investissement, les nouveaux modes de financement comme des collectes ou des campagnes de crowdfunding permettant l'animation de sa communauté (public externe ou collaborateurs). Enfin, la pierre angulaire de cette évolution réside dans la nature même des structures bénéficiaires, qui elles aussi s'hybrident à la faveur de modèles économiques innovants, de cumul de structures (associations, entreprises, fonds de dotation, fondations etc.), et d'une recherche croissante de ressources propres. Après, la question du "qui de la poule ou de l'oeuf s'hybride en premier" reste trop complexe pour que la réponse ne puisse tenir en quelques lignes.


 

Enfin, sujet qui croît lui aussi les années passant, celui du mécénat de compétences. Souvent confondu et associé avec de la mise à disposition de temps de travail, il est en augmentation dans la part budgétaire consacrée au mécénat selon le Baromètre 2016 de Admical. Plébiscité comme outil de mobilisation des collaborateurs, il a beaucoup évolué avec les structures de conseil spécialisées qui ont renouvelé ses formes (prestation gracieuse, mobilisation d'une journée, marathon, évènements solidaires, mise à disposition périodique...) ou l'ont appliqué à des problématiques RH cruciales pour l'entreprise (attractivité pour le recrutement, mécénat de compétences sénior pour gérer les fins de carrières et les transitions, teambuilding, amélioration du sens au travail et des valeurs de l'entreprise). Il est difficile à défiscaliser, et trouve aussi quelques limites dans la loi Aillagon, notamment en terme de "valeur" pure du don. Si on suit un raisonnement pas si capillotracté que cela, on comprend aussi pourquoi beaucoup ne défiscalisent pas, car quantitativement, la balance devient en quelque sorte négative : défiscaliser un salaire de cadre mobilisé une journée à faire des travaux coûte plus cher que le don équivalent. Bref, heureusement tout le monde n'est pas cynique ; et qu'il existe des recherches et études (et des expérimentations) permettant aux entreprises de proposer à leurs collaborateurs des formes d'engagement adaptées (et un jour d'adapter la loi?).


 

On ne peut résumer 15 ans d'impact d'une telle loi. Son avènement a marqué le paysage de l'intérêt général. Ce secteur discute et échange, se module, s'hybride, grandit, se dispute, voit ses frontières changer. Il y a 15 ans, on n'aurait jamais pu deviner le quart de ce qui s'est passé. Et on ne sait pas de quoi l'avenir du mécénat, de l'économie sociale et solidaire, de l'intérêt général, du non-profit, bref de ce qui est sous la coupe de l'engagement aujourd'hui, sera fait.

En revanche on peut tous être responsable à notre échelle pour qu'il s'améliore chaque jour, dans les dons, les mobilisations et la législation !

 

 

L'information en direct des associations et des mécènes