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[Dis Flavie] C’est quoi un philanthropreneur / philentrepreneur ?

[Dis Flavie]  C’est quoi un philanthropreneur / philentrepreneur ?
Cette semaine, penchons sur cet hybride de la philanthropie et de l’entrepreneuriat, un terme sous lequel on peut classer plusieurs personnes, voire quelques courants. Entre lucratif et caritatif, performance et mécénat, la notion recouvre 3 grands types de philanthropreneurs : les modèles économiques en partie (ou totalement !) vertueux, les entrepreneurs dans le cœur de métier est l’intérêt général et les organismes à but non lucratif qui s’inspirent de méthodes entrepreneuriales.


On peut l’entendre de deux manières, qui recoupent des volontés et des réalités similaires. Il y a d’abord l’entrepreneur qui intègre dans son entreprise et à son business model une part philanthropique. Il y a aussi les entrepreneurs de la philanthropie, ceux dont le modèle économique est basé sur le secteur non- lucratif. Ils sont donc voisins et cousins, mais plus difficilement déterminés, car parfois non labélisés (comme l’est l’ESS) et moins connus que d’autres social business.  Ils dénotent surtout par leur aspect innovant et un modèle qui a un penchant novateur, si ce n’est une intention de changer les choses. En cela ils se rapprochent du troisième type, les entrepreneurs en philanthropie, qui considèrent (et qui agissent) au sein de structures non lucratives (associations, ONG, fondation) comme des entrepreneurs tant dans l‘innovation, pour créer de nouveaux projets, que dans la gestion (en incluant par exemple la venture philanthropie).  

Pour dire les choses concrètement, on peut citer quelques exemples de chacun de ces philan/en/thro/trepreneurs. Tout d’abord les entreprises « vertueuses », qui reposent sur des modèles solidaires, « Buy one give one » (Tom’s, Jimmy Fairly etc) ou plus généralement qui sont dirigés par des personnes intégrant un dispositif de « giving back » comme le célèbre Giving Pledge (en France, on peut citer un exemple comparable avec Cojean qui reverse automatiquement un pourcentage de ses bénéfices à sa fondation). Ensuite, il y a les entreprises qui œuvrent à développer l’intérêt général. Elles utilisent bien souvent la technologie et le web : Carenews Group (difficile de l’éviter), mais aussi helloasso, microDon et autres acteurs de la Social good week, entre autres !  Certains cumulent plusieurs casquettes, passant de chefs d’entreprises philanthropes à entrepreneurs de la philanthropie. On peut ainsi citer Alexandre Mars, fondateur de l’EPIC ou encore le très célèbre Bill Gates. Ces philanthropreneurs se regroupent pour la plupart au sein du courant Philanthropreneurship qui se détermine comme suit : « Philanthropreneurship is a creative and entrepreneurial approach to philanthropy; it is giving that disrupts the status quo. » Les associations, fondations et ONG ne sont pas en reste. Qu’elles soient basées sur un schéma économique qui sert le développement (comme 1001 Fontaines) ou qu’elles utilisent la venture philanthropy (comme la Fondation Alpha Omega), elles se multiplient ces dernières années.

L’usage de ce terme à l’orthographe encore indécise est à la mode, certes. Mais il traduit surtout l’évolution de deux milieux opposés qui se recoupent de plus en plus fréquemment, jusqu’à fusionner dans les cas les plus avancés. En se basant sur les interventions, recherches et publications récentes, qui mentionne l’impact, la co-construction, l’évaluation, et si l’on étudie les slogans et le champ lexical du secteur pour lequel l’entrepreneuriat semble être devenu une qualité importante, on voit se dessiner un avenir philan/en/thro/trepreneurial fructueux !

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