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Par Carenews PRO - Publié le 23 octobre 2017 - 06:14 - Mise à jour le 29 octobre 2017 - 16:16
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[LU] Parler de l’échec philanthropique

Dans le cadre d’un dossier « Repenser la philanthropie », Le Temps consacre un article à un entretien avec Michael Green, économiste, ancien haut responsable de l’aide publique britannique dirigeant de Social Progress Imperative à Londres, et co-auteur de Philanthrocapitalism : How giving can save the world, paru en 2009 et non traduit. Il semblerait que le milieu de la philanthropie manquerait de transparence et de capacité à admettre ses échecs.

[LU] Parler de l’échec philanthropique

 

 

En philanthropie aussi, le gaspillage existe

 

Mettre de l’argent là où il ne faut pas n’est pas l’apanage des intérêts privés non philanthropiques. « Chaque dollar gaspillé fait du mal, parce qu’il aurait pu faire du bien », souligne Michael Green. Les fondations aussi, font des erreurs, des erreurs qui peuvent coûter des vies.

 

L’égoïsme philanthropique

 

L’égoïsme en philanthropie se manifeste sous deux formes. Premièrement, Green est catégorique : « le seul critère pour juger la philanthropie, c’est l’impact ». Il prend l’exemple canonique de Bill Gates, qui investit dans des projets sociaux en espérant toujours des retours financiers. Le résultat, c’est l’oubli systématique de causes plus complexes et plus profondes, sur le long terme, comme l’assainissement de l’eau, par exemple.

Deuxième écueil égoïste des philanthropes : oublier l’action des pouvoirs publics. Ainsi, plusieurs fondations commettent l’erreur de croire qu’elles peuvent changer le monde à elles seules, et passent de ce fait à côté de nombre de synergies.

 

Davantage de transparence

 

Ce sont les fondations elles-mêmes qui autodéclarent leurs activités, et elles n’ont pas toutes le même degré de transparence. D’autre part, les systèmes fiscaux varient d’un pays à l’autre. On arrive alors au contraste suivant : l’OCDE estime la participation de la philanthropie aux pays en voie de développement à 7,6 milliards de dollars par an alors que le Hudson Institute l’avait estimé à… 60 milliards de dollars. Douche froide. Impossible de donner un chiffre précis « et c’est bien là un des problèmes de la philanthropie, qui doit vraiment être plus transparente », regrette Michael Green.

 

« Arrêter l’autocongratulation » et parler de ce qui ne va pas

 

En conclusion, nous dirons avec Michael Green que la solution se trouve dans l’humilité et la fin des tabous. L’auteur pointe du doigt un problème majeur de la philanthropie contemporaine selon lui : la difficulté à accepter les échecs philanthropiques. Il déplore les tabous qui conduisent les acteurs du monde philanthropique à n’avoir de cesse de pratiquer « l’autocongratulation » et à taire les défaites. Par exemple, Mark Zuckerberg a tenté en 2010 de révolutionner le système éducatif de la banlieue pauvre de New York, Newark. En voulant aller trop vite et en ne daignant pas consulter la population, ce fut un échec cuisant. Fort des leçons enseignées à cette occasion, l’illustre patron de Facebook retente l’expérience en 2014 plus raisonnablement. Encourager et libérer la parole, voilà ce qui ferait des événements du secteur des moteurs pour la suite. Si, dans ces événements, les philanthropes parlaient autant de ce qui fonctionne que de ce qui ne fonctionne pas, des leçons seraient apprises pour la suite et il y aurait moins d’échecs.

 

Source : Le Temps

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