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Par Carenews INFO - Publié le 4 septembre 2026 - 17:13 - Mise à jour le 4 septembre 2026 - 17:13 - Ecrit par : Léanna Voegeli
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Lutte contre le VIH : quand la baisse des financements menace les associations

Les associations de lutte contre le VIH et le sida font face, ces dernières années, à une crise de leur financement. Baisse des subventions publiques, hausse des charges : les difficultés s’accumulent. Julia Charbonnier, directrice d’Actions traitements et Marc Dixneuf, directeur de AIDES ont répondu à nos questions à l’occasion de la Journée mondiale de la santé sexuelle, qui a lieu ce 4 septembre.

La journée mondiale de la santé sexuelle existe depuis 2010. Crédit : iStock
La journée mondiale de la santé sexuelle existe depuis 2010. Crédit : iStock

 

Et si les associations ne pouvaient plus soutenir les personnes vivant avec le VIH ? La question se pose à l’occasion de la Journée mondiale de la santé sexuelle qui a lieu ce vendredi 4 septembre.

Confrontées à diverses contraintes budgétaires, les associations de lutte contre le VIH (virus de l’immunodéficience humaine) et le sida, stade le plus avancé de l'infection provoquée par le VIH, tirent la sonnette d’alarme. La généralisation de la prime Ségur en 2024 est l’un des obstacles cités. Cette revalorisation salariale est accordée à certains professionnels du secteur sanitaire, social et médico-social privé (à but non lucratif). Son effet a été immédiat pour les employeurs concernés.

« Cela nous a mis dans le dur car l’État n’a mis en place aucune compensation », souligne Julia Charbonnier, directrice d'Actions traitements.  Dans un communiqué, l'association d'entraide entre patients évalue le surcoût pour l’employeur à 5 364 euros par an et par salarié. « C’est bien d’augmenter les salaires, mais cette façon de faire rend la situation difficile à gérer », estime de son côté Marc Dixneuf, directeur de l’association AIDES qui œuvre depuis 1984.

En parallèle, s’ajoute une baisse importante des financements publics. En 2025, la Direction générale de la santé (DGS) a réduit de 20 % les subventions qu’elle accorde à ces associations. De nouvelles coupes ont été constatées en 2026 et leurs effets sur l’accompagnement des personnes vivant avec le VIH se font déjà sentir. 

Les actions de terrain impactées

 

Par exemple, un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) a été mis en place chez AIDES. Ce dispositif légal est déployé quand une structure doit procéder à un licenciement collectif pour des raisons économiques. « Au-delà de son impact financier significatif, ce plan a également entraîné un ralentissement de l'activité en fin d’année [2025], contribuant à la baisse des actions et du dépistage », peut-on lire dans un communiqué.

Ensuite, l'association a été contrainte de réduire le nombre de locaux qu'elle prévoyait d'implanter, souligne Marc Dixneuf. Dans certaines zones, des permanences ont même été supprimées comme à Reims. « Les bénéficiaires se retrouvent alors sans interlocuteur. Il y a toujours des bénévoles présents dans la ville mais certaines missions de terrain deviennent difficiles à réaliser de façon optimale », note le directeur de l’association. Ailleurs, comme à Marseille, les effectifs salariés ont été grandement réduits. Conséquence ? Une contraction de l’offre de prévention et d’accompagnement.

« Cela peut contribuer à l’isolement des personnes qui vivent avec le VIH. Plus de la moitié d'entre elles ont des difficultés économiques et ont besoin de quelqu'un à qui parler. Le numérique ne remplacera jamais le contact humain et la réduction de nos équipes et de nos implantations risque donc d'accroître les inégalités », alerte-t-il. 

 

Les financeurs privés davantage sollicités 

 

Chez Actions traitements, les actions telles que le programme d’accompagnement et d’éducation thérapeutique du patient et les permanences gratuites sont maintenues pour l’instant. Mais non sans quelques sacrifices. « Nous avons été contraints de baisser notre masse salariale, de reporter notre déménagement, d’annuler notre colloque annuel ainsi que la participation à des événements visant à améliorer les compétences de nos équipes. Les outils d’information ont aussi été moins diffusés », précise Julia Charbonnier. Ces outils sont disponibles en ligne.

Autre élément à prendre en compte : « l'État coupe des financements publics tout en demandant aux associations de continuer à mener les missions inscrites dans les politiques publiques de lutte contre le VIH. C’est l’argent des donateurs privés qui vient compenser ce recul », relate Marc Dixneuf.

Cette contradiction est également pointée par Julia Charbonnier. « On nous demande d’avoir une majorité de financements publics pour avoir l’agrément d’association. Mais si ces financements baissent, on doit bien survivre et pour ça on doit se diriger vers des financements privés », fustige-t-elle. 

Ces difficultés touchent aussi Solidarité Sida qui a dû annuler la dernière édition des Solidays en raison de la canicule et qui a lancé un appel aux dons. Un signal supplémentaire de la fragilité financière croissante des associations de lutte contre le sida.

 

Léanna Voegeli  

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