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Par Fondation pour l'Enfance - Publié le 3 mai 2021 - 17:22 - Mise à jour le 3 mai 2021 - 17:31
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Coconstruire pour mieux accompagner les enfants harcelés

Dans la poursuite de son engagement sur les questions de harcèlement scolaire et social, la Fondation pour l'Enfance soutient cette année les CENTRES RELIER. Découvrez comment le dispositif permet de relier l'enfant à son environnement par son approche innovante.

Coconstruire pour mieux accompagner les enfants harcelés

Les derniers chiffres de l’UNICEF sont glaçants. Le harcèlement des enfants en contexte scolaire toucherait aujourd’hui 700 000 élèves en France, entraînant des conséquences néfastes : décrochage scolaire voire déscolarisation, perte d’estime de soi, conduites à risque, isolement social, etc. Plus de la moitié des enfants harcelés déclarent être traumatisés par cette expérience[1]

Après avoir ignoré le problème pendant longtemps, les pouvoirs publics français ont fait de la lutte contre le harcèlement scolaire une priorité de la politique éducative, et les différentes campagnes de lutte contre le harcèlement scolaire ont permis d’améliorer le climat scolaire en montrant au groupe que le harcèlement était hors la loi au sein des établissements. Pourtant, le harcèlement est protéiforme et n’a plus seulement lieu au sein des établissements. Il se développe en ligne, au sein du foyer familial, dans la rue, dans les activités parascolaires, ne laissant à l’enfant aucun espace de répit.

Dans la majorité des cas, l’enfant ne parle pas et subit le harcèlement pendant des années avant qu’il ne craque. La prise en charge de ces situations repose encore entièrement sur les établissements scolaires et l’accompagnement de l’enfant harcelé y fait largement défaut. De fait, les établissements manquent de moyens, notamment humains pour assurer cet accompagnement. Tous les collèges et lycées ne disposent pas forcément de psychologues, et la plupart des praticiens présents dans les établissements sont des psychologues scolaires, formés aux questions d’orientation et d’apprentissage.

Au final, dans le traitement des situations de harcèlement, le champ d’action des établissements scolaires se restreint aux mesures punitives et répressives à l’encontre des auteurs de harcèlement. Quand la situation perdure et devient insoutenable, la réponse proposée est bien souvent le changement d’établissement. Enfermé dans son rôle de victime, l’enfant harcelé perd toute confiance en lui.[2] Le parcours de reconstruction est très long et les parents sont démunis pour l’accompagner.

Accompagner les enfants victimes de harcèlement entre pairs en les reliant à leur environnement

Dans la continuité de son engagement pour accompagner les enfants harcelés et les aider à trouver les outils pour s’en sortir, la Fondation pour l'Enfance a souhaité soutenir cette année les Centres Relier dans la mise en place et la diffusion de leur dispositif, innovant du fait de sa vision multi partenariale et territoriale.

A l’origine de ce projet, une conviction : la prise en charge des enfants harcelés doit s’inscrire dans la politique de la ville et mobiliser tous les acteurs du quotidien des enfants. La création d’une alliance éducative, formée par les pouvoirs publics locaux, l’établissement scolaire, les parents et les associations, permet à l’enfant de se reconstruire en le reliant à son environnement, à travers un parcours de réintégration sociétale. Cette fédération des acteurs territoriaux permet d’éviter le décrochage scolaire et l’isolement social des enfants harcelés, de leur redonner confiance en eux-mêmes et dans les adultes qui les entourent, et d’éviter une mise en danger.

Ce dispositif offre aux enfants un accompagnement individuel et en groupe de pairs réalisé par les psychologues de l’association. Les Centres Relier animent des groupes d’entraide en ligne anonymes et gratuits, où les enfants échangent ensemble autour de leurs centres d’intérêt. Ils proposent également de s’appuyer sur les ressources déjà existantes dans les territoires pour accueillir les enfants pendant les vacances scolaires dans un cadre neutre, représentant un espace de répit et d’écoute pour se reconstruire. Le dispositif propose une approche globale en s’adressant à l’ensemble de la famille. En accompagnant les parents et en favorisant les interactions entre familles au travers d’espaces d’échanges entre parents, ceux-ci prennent conscience de la situation dans laquelle se trouvent leurs enfants. Ainsi, les parents sont en mesure de détecter plus tôt des situations de harcèlement et de jouer un rôle central dans la reconstruction et la réinsertion de leurs enfants. Des séances de sensibilisation auprès de la communauté éducative permettent aux équipes de mieux comprendre les situations des enfants subissant le harcèlement, et de coordonner une action efficace pour leur venir en aide.

Selon Daniel Jasmin co-fondateur des Centres Relier « Ces tiers espaces entre la ville, l’école et la maison permettent de créer le climat de confiance nécessaire pour détecter plus tôt les situations de harcèlement et coordonner plus efficacement dans la durée la prise en charge des enfants qui le subissent. C’est grâce à cette entraide que nous parviendrons à redonner leur droit à ces enfants de se développer sereinement.»

Si les Centres Relier aident à initier ces dispositifs, l’objectif est de permettre aux collectivités territoriales d’être indépendants dans la gestion et la prise en charge des enfants et de leurs familles. L’association intervient donc pour aider les territoires à mettre en place le dispositif, à se l’approprier et à l’implanter.

Déjà expérimenté dans la commune d’Evry-Courcouronnes (Essonne), à Sainte-Marie de la Réunion, à Meudon et à Paris, le projet présente des résultats plus que positifs. En effet, la grande majorité des acteurs sensibilisés au dispositif y ont porté un grand intérêt. Etablissements scolaires, services municipaux, associations et parents, etc. Pour le territoire d’Evry, entre 80 et 85% d’entre eux ont été intéressés et persuadés de l’efficacité des Centres Relier. Les professeurs et les parents ont pu constater une nette amélioration dans le bien-être des enfants accompagnés par le dispositif. Ceux-ci sont désormais à même de se reconstruire et de développer leurs projets. 

« Nous voulons être au côté de toutes les collectivités territoriales qui pensent que c’est leur mission d’intégrer ces enfants en voie de décrochage en mobilisant les ressources de leur territoire. Comme dit le proverbe africain, "il faut au moins tout un village pour éduquer un enfant". » explique Sabine Parnigi-Delefosse co-fondatrice des Centres Relier.

L’ensemble des collectivités territoriales, des établissements scolaires, des associations et des parents souhaitant agir peuvent prendre contact avec les Centres Relier contact@centresrelier.org.

 

[1] Les conséquences du harcèlement scolaire, enquête de Fil Santé Jeunes menée de 2012 à 2014

 

[2] Voir l’article d’Elodie Pinel, professeure de français et de philosophie au lycée, paru dans le Huffington Post le 29 mars 2021 https://www.huffingtonpost.fr/entry/dans-la-lutte-contre-le-harcelement-scolaire-les-etablissements-nont-pas-les-moyens-dagir-blog_fr_605caca9c5b6531eed02a292

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