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Cancers pédiatriques : les associations, premiers soutiens de la recherche

Cancers pédiatriques : les associations, premiers soutiens de la recherche
Interview du Dr Christophe Grosset, Directeur de recherche à l'INSERM, papa de deux jeunes adultes.Ce chercheur travaille sur le cancer depuis 11 ans et plus spécifiquement sur le cancer de l'enfant depuis 7 ans. Il est spécialisé dans l'étude des processus moléculaires responsables des cancers du foie chez l'adulte et chez l'enfant, appelés respectivement "carcinome hépatocellulaire" et "hépatoblastome". Bien que touchant le même organe et partageant certaines similarités, ces cancers présentent des différences importantes qui nécessitent la mise en œuvre de traitements spécifiques chez l'enfant.


 

Dr Christophe Grosset, vous avez décidé d’orienter vos travaux de recherche sur les cancers de l’enfant, et plus précisément sur les hépatoblastomes . Pourquoi ?

En 2011, une collègue chercheuse de Paris, qui partait à la retraite et souhaitait que quelqu'un puisse poursuivre ses travaux sur l'hépatoblastome, m'a proposé de travailler sur ce cancer de l'enfant. En effet, elle pensait que mes connaissances et compétences dans le carcinome hépatocellulaire ne pourrait qu'enrichir ce domaine de recherche dans lequel un faible nombre de chercheurs s'engage. Pour ma part, travailler sur les cancers pédiatriques m'est apparu extrêmement motivant et indispensable face au manque de solutions thérapeutiques. J'ai donc tout de suite accepté sa proposition et entrepris de rassembler tous les moyens nécessaires - financiers, techniques et humains -  à l'étude de ce cancer.

 

Rencontrez-vous des difficultés financières pour mener à bien vos travaux de recherche ?  Quelle est la part d’aide apportée par les associations et celle des structures dépendant de l’Etat ? Qu’en pensez-vous ?

Comme beaucoup de chercheurs travaillant en cancérologie, je rencontre des difficultés à financer mes travaux de recherche, et l'étude des cancers rares génère d'autres obstacles, dont le principal est l'accès aux échantillons biologiques des patients. Cependant les choses se sont bien améliorées depuis 2011 et en particulier grâce au travail des membres des réseaux de collaboration HEPATOBIO et SIOPEL. Les associations ont joué un rôle essentiel dans le financement de mes recherches quand j'ai initié en 2011 mes premiers travaux sur l'hépatoblastome. A ce jour, elles sont notre premier soutien financier et leur aide couvre 57 % du budget de l'équipe.

 

Plusieurs associations de parents vous soutiennent financièrement dans vos travaux. Quelles avancées cela vous a-t-il permis de faire ?

L'aide apportée par les associations a permis de recruter des étudiants, des doctorants et des ingénieurs, d'acquérir de nouveaux appareils de laboratoire et d'acheter des produits et des consommables. A travers leur aide, les associations ont activement participé à plusieurs projets de l'équipe, dont les résultats ont été publiés dans des journaux scientifiques internationaux de très haut niveau. Nous avons ainsi pu améliorer significativement notre connaissance générale de ces cancers et nous avons même pu démontrer l'intérêt du Velcade, un agent anticancéreux utilisé pour traiter certains cancers de l'adulte, dans le traitement des enfants présentant un type d'hépatoblastome particulièrement agressif.

 

Plusieurs associations, telles qu'Eva pour la vie ou Aidons Marina, s’investissent auprès des pouvoirs publics, dans l’objectif d’obtenir la création d’un fonds dédié à la recherche sur les cancers et maladies incurables de l’enfant, ainsi qu’une amélioration de l’aide aux familles. Que pensez-vous de cette démarche ?

Cette démarche est parfaitement légitime et pertinente. Les enfants représentent notre avenir et seront les citoyens du monde de demain. Beaucoup de traitements actuels ne leur assurent pas une qualité de vie suffisante pour s'insérer sereinement dans le monde adulte. Par conséquent, il faut soutenir la recherche sur les maladies infantiles afin que tous les enfants malades puissent bénéficier des dernières innovations médicales, avoir un traitement efficace et non-toxique, et avoir les mêmes chances pour préparer leur avenir que les enfants en bonne santé.

Plus d'infos : https://www.evapourlavie.com/11-l-aide-aux-chercheurs-christophe-grosset-inserm-bordeaux.html 

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