[ON Y ÉTAIT] L'engagement, thème 2018 de l'atelier des Fondations du CFF

[ON Y ÉTAIT] L'engagement, thème 2018 de l'atelier des Fondations du CFF
Début juillet, alors que le magazine Challenges publiait son classement des 500 plus grosses fortunes de France en 2018, une centaine de fondations et fonds de dotation, dont l’action principale est de redistribuer de l’argent collecté, se réunissait à Annecy pour réfléchir au thème de l’engagement pendant 3 jours. L’atelier des fondations est la manifestation annuelle du Centre Français des Fonds et Fondations (CFF). Depuis 2004, ces trois jours permettent aux structures philanthropiques de développer des synergies et de réfléchir ensemble sur les grands enjeux économiques, sociaux et sociétaux.


 

 

Des acteurs de l’intérêt général fédérés autour de l’engagement

 

La question de l’engagement a été déclinée sur de nombreux conférences et ateliers. La plénière d’ouverture réunissait Maria Nowak (économiste et fondatrice de l’ADIE), Delphine O (députée LREM et fondatrice du média Les Lettres persanes), Jean-Baptiste de Foucauld (cofondateur de Solidarités nouvelles face au chômage et coordinateur du pacte Civique) et Yannick Blanc (Haut-commissaire à l’engagement). Le CFF organise cet évènement annuel au sein des Pensières, centre de conférence de la Fondation Mérieux. Les ateliers réunissent 150 personnes, issues de fondations d’entreprises, fondations reconnues d’utilité publique, fondations familiales, fonds de dotations… Bien des ateliers, dont celui sur les entreprises, ont renouvelé la nécessité de ces véhicules juridiques philanthropiques uniques, garant de l’intérêt général.

 

Béatrice de Durfort, déléguée générale du CFF : “ Nous nous sommes largement interrogés sur le sujet de l’engagement. Dans une période comme la nôtre le service des missions d’intérêt général passe de façon croissante par l’engagement citoyen, c’est ce qui a motivé les fondateurs, mais il nous faut convaincre bien plus largement les donateurs (tant particuliers qu’entreprise) et susciter de nouvelles vocations de fondateurs. L’effet levier de l’engagement est fondamental parce qu’il est transformateur : porteur d’initiatives, d’expérimentation, d’audace et de générosité. C’est une forme très puissante de démocratie participative dont notre société a vraiment besoin pour faire face aux défis qui sont les siens.” 

 

 

Des moments forts au coeur d’une manifestation annuelle au service de l’intérêt général

 

Les ateliers ont porté sur l’engagement à l’échelle territoriale, l’innovation au service de l’engagement, l’entreprise engagée, la finance solidaire… Les débats qui ont rythmé le séjour ont révélé plusieurs points de vigilance : la nécessité de l’innovation, l’importance de la coordination et du faire ensemble, et le souhait de préserver cette sphère de l’intérêt général.

 

Parmi les moments forts, l’intervention du sociologue Alain Mergier, qui a répondu “oui!” à la question : “ y a-t-il un avenir pour l’engagement ? “ a été particulièrement appréciée. Il y a expliqué le changement de contexte, d’un monde de promesses à un monde de menace, qui a pour conséquence un changement de vecteur d’engagement ; nous sommes passés d’un engagement “pour” à un engagement “contre” : “Nos engagements sont moins ceux d'une construction que ceux d'une défense pour faire que le monde ne dérape pas.”

Il a également pris le temps d’expliquer que l’individualisme (et non l’égoïsme) était une question centrale : “Le nouveau mécanisme de l’engagement s’origine dans le malaise individuel ; m’engager revient à traiter ce malaise, ce qui s’oppose pleinement à la période, pendant laquelle l’engagement revenait à se mettre au deuxième plan. Il est très important de comprendre ce mécanisme, sans quoi l’on considérerait le traitement du malaise personnel comme une forme d’égoïsme, ce qui ne serait pas juste.

L’altruisme change de définition, en quelque sorte, et l’opposition entre égoïsme et altruisme ne paraît plus pertinente. C’est parce que j’ai le souci de moi que je prête attention à l’autre. Il s’agit à mon sens une façon de définir l’engagement au sens le plus contemporain, puisqu’il prend en compte l’individu dans les sociétés dans lesquelles nous vivons. Je ne suis plus au service des causes, mais, d’une certaine façon, l’engagement met les causes à mon service : j’ai besoin de ces causes pour traiter le malaise qui est en moi ; il existe une convergence d’intérêts entre mon malaise et celui du monde.”

Il a enfin fait référence au “troisième âge de l’engagement” prôné par Jean-Baptiste de Foucauld en le liant à l’importance des initiatives, qui ne doivent pas être parcellaires, qu’il considère comme des “expérimentations d’institutions à venir”, ce qui faisait écho à la thématique de l’innovation, également très présente pendant ces journées de réflexion.

 

Vous pouvez retrouver en ligne la transcription des débats et le Question de fonds, magazine du CFF dédié à la question. 

 

 

 

 

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