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Par Chroniques philanthropiques - Publié le 1 juillet 2020 - 09:28 - Mise à jour le 12 novembre 2020 - 11:49
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[INTERVIEW] Miren Bengoa, déléguée générale de la Fondation CHANEL

Ce portrait, comme les précédents, veut montrer que l’engagement philanthropique est mu non seulement par des idées mais surtout par des convictions fortes capable de transcender les clivages et faire bouger les lignes. Le portrait de Miren Bengoa retrace la rencontre d’une femme ayant vécu une expérience internationale au contact des plus défavorisés et d’une entreprise ayant un projet plus large que son mécénat habituel. Grâce à ses convictions, Miren Bengoa a pu, avec des dirigeants ouverts à un projet philanthropique ambitieux, créer une fondation dont l’activité touche la défense et la promotion des femmes et des jeunes à l’échelle nationale et internationale.

Interview de Miren Bengoa, déléguée générale de la Fondation CHANEL, par Francis Charhon pour le blog Chroniques philanthropiques

Une aventure personnelle

  • Bonjour Miren Bengoa, vous êtes déléguée générale de la Fondation CHANEL. Comment les études de santé publique que vous avez faites à Sciences Po vous ont menée  à la Fondation CHANEL ?

Bonjour Francis, je raconte toujours mon parcours comme étant un parcours non linéaire, et c’est à dessein parce que beaucoup de facteurs ont influencé mes choix. 

Et en particulier au démarrage : je voulais être photoreporter pour allier mes grandes passions pour l’international et l’information. Je me destinais au journalisme. J’ai eu assez rapidement au cours de mes études l’occasion de faire une découverte très importante qui était la coopération humanitaire puisque j’ai travaillé avec Médecins Sans Frontières, que vous connaissez bien, aux Philippines. 

C’est à ce moment-là que j’ai préféré orienter mes choix ultérieurs vers la coopération et le développement et en particulier les enjeux protection de l’enfance et la santé maternelle. J’avais donc un beau diplôme de Sciences Po en poche et j’ai eu l’opportunité de partir travailler directement pour des organisations internationales dans différents pays. J’ai mené à bien une formation en santé publique en parallèle de mon travail en Équateur dans le domaine de la promotion de la santé communautaire. Ces expériences sont complémentaires. 

Au contact des différentes formes de précarité rencontrées dans le monde, il m’est apparu clairement que les soubassements socio-culturels entraînaient des vulnérabilités affectant de manière disproportionnée les femmes et les jeunes filles. Je me suis rendu compte de cela au fil de mes différents métiers, en tant que gestionnaire de programmes de développement, mais sans nécessairement imaginer me projeter ensuite dans une cause unique dans laquelle j’investirais tout mon temps et toute mon énergie. J’ai toujours été très « multi-thématiques », en ayant toujours à cœur d’être dans une démarche très participative et à l’écoute des réalités de terrain dans toute leur diversité.

  • Et donc cette démarche vous fait arriver à la Fondation CHANEL ?

Après ce parcours de terrain, j’ai fait un choix personnel de rentrer en Europe, en France, et cela a été une rencontre de deux univers. J’ai eu la chance d’intégrer CHANEL qui cherchait quelqu’un pour lancer son projet de fondation d’entreprise avec une vision concrète de la mise en œuvre de partenariats pour les femmes. Cet enjeu de créer une structure philanthropique unique pour la Maison a été déterminant. Bien qu’elle eût déjà engagé de très nombreuses actions philanthropiques, notamment dans le domaine de l’art et de la culture, elle n’avait pas d’action sociale visible. Il n’existait pas non plus de structure professionnelle d’accompagnement au secteur associatif.

Pour un projet innovant et partagé

  • A-t-il été difficile de faire accepter votre proposition de projet ?

Comme j’apportais une culture d’institutions internationales et un engagement fort pour les droits humains, les projets que nous avons soutenus se sont inspirés des bonnes pratiques internationales que j’avais connues dans les ONG et aussi dans le secteur de l’accompagnement social dans les pays avancés. C’est une aventure entrepreneuriale que j’ai eu à mener à la Fondation CHANEL, mais en y transposant ces activités dans une démarche de philanthropie d’entreprise. Dans cette perspective, il s’agit aussi de refléter ce qu’est l’entreprise, son histoire, ses valeurs, ses thématiques clés. Et depuis son origine, CHANEL est une entreprise par et pour les femmes. 

  • Ce sont des choix qui sont extrêmement marquants pour une entreprise ?

L’histoire de Gabrielle Chanel met en lumière que l’indépendance économique et financière, à toutes les époques d’ailleurs, est un facteur d’émancipation personnelle et de liberté. 

Il fallait aussi démontrer que le talent des femmes, que ce soit dans la création, l’économie ou le social, doit être reconnu, valorisé et bien sûr promu. C’est donc cette idée-là qui a forgé les premières intentions philanthropiques. En outre, la fondation CHANEL a été construite sur la base d’échanges fréquents avec des dirigeants et dirigeantes de la Maison et des personnalités externes, pour comprendre comment nous pouvions positionner une action qui soit pertinente. L’ensemble de l’action de la fondation est par ailleurs soutenu et porté par le management de l’entreprise. 

Il est aussi important de partager sans cesse le point de vue des personnes vulnérables, des femmes dans la précarité : les stratégies d’appui aux associations relevant d’une approche globale. 

Nous agissons dans la conviction qu’on ne peut pas découper la vie d’une femme, segmenter par thématique unique comme l’emploi, la santé, l’accès à l’éducation et à la formation, car les femmes doivent être présentes sur tous les fronts. 

Pour faciliter l’indépendance personnelle et économique d’une personne ou d’un groupe, il faut répondre à plusieurs problématiques en même temps. C’est pour cette raison que nous avons abordé la question de manière holistique. 

En conséquence, la Fondation CHANEL finance et des activités très diverses pour promouvoir l’autonomisation des femmes et des jeunes filles en France et dans le monde.

La fondation en action

  • Cela signifie donc que durant la première année, vous avez élaboré un programme, du moins des orientations. Puis vous les avez soumises à l’entreprise. Vos interlocuteurs ont-ils alors été bien conscients que lorsque l’on crée une fondation sur des thèmes particuliers, c’est très engageant parce que l’on traite avec des publics particuliers, dans des pays différents ? Est-ce que cette notion de l’engagement était importante ?

Les facteurs de motivation étaient multiples au moment de la création de la fondation. Bien sûr cela a beaucoup évolué. Au démarrage, la volonté première était de fédérer et rassembler les collaborateurs et collaboratrices de CHANEL autour d’une thématique commune. L’autonomisation économique et sociale des femmes et des jeunes filles venait assez naturellement fédérer des personnes dans divers contextes et métiers, car cette cause résonne avec la marque et avec l’histoire de sa créatrice. 

Dans la pratique, nous avons lancé un programme international pour accompagner les acteurs de terrain (les organisations œuvrant pour les femmes) par l’appui financier et technique ou du mécénat de compétences. 

Mais la méthode se différenciait de la pratique courante dans les fondations d’entreprise, en tous cas à ce moment-là. 

En effet, nous n’avons pas du tout souhaité répartir des subventions de petite taille à de très nombreuses associations. Nous voulions entrer dans une démarche très qualitative qui fasse primer la relation de confiance établie sur un temps long. Ce qui revenait à dire que nous assumions de ne pas soutenir un nombre très important d’associations et de personnes, l’équipe étant d’ailleurs très petite à l’époque.  Nous voulions établir un lien de proximité avec ces associations et non pas simplement un lien financier. 

La clé de cette approche est la relation partenariale fondée sur un cadre clair, une confiance réciproque et une grande transparence, notamment pour valider des engagements sur plus de trois ans. 

Dès le départ la Fondation CHANEL a été créée comme une entité indépendante, centrée sur l’intérêt général. Tous les choix sont réalisés par le biais de la gouvernance propre de la fondation, tout en bénéficiant du support technique et d’une forte contribution de l’entreprise. Nos instances dirigeantes sont évidemment mixtes, avec un certain nombre de personnalités qualifiées externes, comme c’est la bonne pratique. Ceci nous a bien sûr amenés à écouter ce que l’entreprise pouvait avoir comme souhaits, notamment en termes de choix de pays, ou afin de pouvoir mobiliser les forces vives en local via le mécénat de compétences. Mais la politique de financement de la fondation s’est créée par elle-même, de manière autonome, sans lien avec les activités commerciales. 

Les programmes

  • Quels sont les grands thèmes de programmes ? 

Sous la bannière générale qui est d’aider les femmes de tous les âges, la Fondation CHANEL se mobilise aussi sur l’amélioration de la situation des adolescentes allant de 13 à 25 ans, appelons-les « jeunes femmes », parce que c’est un âge très critique. 

Dans ce ciblage global nous avons cherché évidemment à atteindre les personnes à enjeu socio-économique important et que l’on pouvait approcher par différentes thématiques. Nous travaillons autour de domaines d’intervention bien définis :

- Le premier, qui est le plus important encore aujourd’hui dans notre activité de financement, est l’emploi et l’entrepreneuriat. C’est à dire tout ce qui touche à l’accès aux ressources économiques : faciliter l’accès aux métiers, aux activités de micro-crédit, à l’entreprenariat et à la sécurité financière. 

- Le deuxième axe porte lui sur la formation professionnelle et l’éducation continue, notamment l’éducation aux compétences et aux « soft skills ». C’est-à-dire tout ce qui induit une prise de confiance, mais aussi la capacité des femmes à se positionner dans des métiers perçus comme plus difficiles et mieux rémunérés (parfois très fermés aux femmes). 

- Le troisième axe a été de travailler sur le leadership et la prise de décision des femmes dans des espaces collectifs. Cela a pu par exemple mener au financement de la création de coopératives agricoles pour qu’elles puissent maîtriser bien mieux qu’au préalable la destination des récoltes et la manière de bénéficier des ressources générées par leur propre travail. 

- Le quatrième axe que nous avons développé seulement à partir de 2016, c’est la santé, qui évidemment remontait de façon systématique dans beaucoup des situations d’appui sur les emplois et l’entreprenariat. On sait qu’en l’absence de moyens de protection sociale, tout problème de santé est décuplé et tous les efforts d’investissement peuvent être réduits à néant. Dans de nombreux projets nous avons pu intégrer des activités permettant l’accès aux services de santé de base, quand c’était pertinent, des projets d’accès à des assurances santé, etc. Il y a aussi aujourd’hui dans nos activités, notamment aux États-Unis, des projets qui sont liés à des sujets très spécifiques aux femmes, notamment la mortalité maternelle ou la santé mentale des mères. Il était donc important de souligner ces points. À titre d’exemple, dans le cadre d’un appui à Médecins du Monde, nous avons énormément soutenu la question de la santé mentale des femmes victimes de violences sur les routes migratoires. 

- Le cinquième domaine relève des moyens innovants pour l’insertion sociale, tels que la culture, le sport et les nouvelles technologies. Cela s’illustre par des projets de sensibilisation par des moyens artistiques ou l’amélioration de l’accès aux métiers du numérique, très porteurs pour les jeunes femmes. Mais aussi des projets utilisant la culture comme facteur de réinsertion sociale : c’est extrêmement important et puissant. Ou encore des initiatives qui visent à réduire les discriminations à l’accès à la pratique sportive des femmes et des filles. Nous travaillons par exemple avec l’incubateur social INCO, qui produit des modules de formation sur le numérique au niveau international. Dans le domaine sportif, nous avons soutenu de longue date Sport dans la Ville et ses programmes d’accès des jeunes filles dans les quartiers en France. Et à l’international (notamment au Brésil et en Côte d’Ivoire) des projets de sensibilisation des communautés à l’égalité femmes-hommes par le biais de l’activité sportive.

  • Et le travail ?

Dans le domaine de l’emploi, nous avions commencé avec Tissons la Solidarité, un projet qui émane du Secours Catholique qui vise à la réinsertion des femmes dans le domaine du tri, du textile et de la vente. Il y avait là, en plus, une forte connexion avec les métiers de CHANEL, et nous avons fait beaucoup de mécénat de compétence complémentaire aux activités de philanthropie. 

Aujourd’hui nous soutenons plusieurs acteurs de l'entrepreneuriat social comme la Ruche, ou de l’insertion par l’activité économique en Europe via Microstart ou Working Chance en Grande-Bretagne. Nous avons énormément de projets qui sont liés à la formation professionnelle des jeunes, au Maroc, en Jordanie et en Chine notamment.

  • Vous travaillez donc avec des organisations locales ? 

La Fondation CHANEL soutient des structures très diversifiées : des associations locales, des fonds pour les femmes ou des ONG internationales qui mettent en œuvre des programmes de formation professionnelle. Comme PLAN International France par exemple. Leur méthodologie intégrée a fait ses preuves en Colombie, l’association agissant là où elle est implantée de très longue date auprès des communautés, ce qui renforce nettement le taux de réussite et d’emploi des jeunes accompagné·e·s. Dans les villages proches de la ville de Carthagène, très exposés à la violence des groupes miliciens, nous facilitons l’accès pour des jeunes sans qualification à des métiers qui sont rémunérateurs, notamment dans le cadre de la restauration de bâtiments, du tourisme, de l’hôtellerie, etc.

  • Quels sont vos engagements financiers ?

Nous avons fait le bilan des neuf dernières années. Cela représente 132 projets soutenus dans une quarantaine de pays. Je dirais que nous avons dépassé les 50 millions d’euros investis sur une dizaine d’années. C’est très conséquent et nous menons d’importants efforts pour évaluer la pérennité et l’impact de nos partenariats. 

Nous nous intéressons vraiment à des acteurs qui agissent à l’international comme nous. D’ailleurs nous avons des bureaux aux États-Unis et en Grande-Bretagne. 

C’est important de dire que la Fondation CHANEL est globale, même si nous avons à cœur bien sûr de rester fortement investis en France et en Europe.

Nous sommes très fiers du soutien que nous recevons de la part de l’entreprise. Et nous sommes fiers d’avoir pu mettre en place un processus, un programme, une équipe qui aujourd’hui permettent de mener à bien des partenariats ambitieux. 

Vous le savez comme moi, au-delà de l’obtention des financements, le plus complexe dans notre métier est d’identifier et de suivre des projets pertinents, en aspirant à renforcer les structures pour qu’elles puissent générer d’autres financements et essaimer. 

Le suivi de proximité et l’évaluation font vraiment partie de notre ADN, de manière continue et non pas seulement à la fin d’un partenariat. Grâce à ce suivi, il devient possible d’apporter des ajustements flexibles aux projets pour constamment s’adapter et l’améliorer. Et pour nous, l’évaluation a vraiment vocation à générer de la connaissance, à documenter et partager les bonnes pratiques sur les expérimentations. 

Les alliances 

  • Vous avez parlé de co-financements, cherchez-vous des financements sur des projets ou trouvez-vous des partenaires qui viennent s’agglomérer à vos projets, comme les fondations, ou les institutions internationales ou locales ?

Je dirais que de ce point de vue-là nous avons eu des expériences très variées. Il faut savoir que le secteur qui accompagne les femmes dans le monde est un secteur extrêmement hétérogène, avec à la fois de grosses structures ou des organisations internationales comme CARE, comme PLAN, comme des organisations onusiennes qui vont avoir des moyens et des structures importants. Mais la grande majorité des organisations et des associations avec lesquelles nous collaborons sont petites. Elles ont parfois des difficultés à se coaliser parce que c’est un domaine qui est largement sous-financé. 

Aujourd’hui, alors même qu’elle impacte positivement tous les autres enjeux sociaux de la réduction de la pauvreté, la participation effective et égale des femmes dans la société reste un défi dans tous les pays. L’objectif de notre plaidoyer au cœur des réseaux des fondations est de montrer que tout donateur peut appliquer une analyse de genre sur son action. 

Nous ne souhaitons pas être les seuls financeurs d’une initiative, sauf à de rares exceptions quand le programme est vraiment innovant et que nous proposons justement d’être présents pour financer l’expérimentation. De plus en plus, nous nous efforçons d’entrer dans des collectifs qui peuvent être initiés par nous ou par d’autres et dans lesquels nous voyons une valeur ajoutée à travailler ensemble, avec d’autres bailleurs, de manière structurelle. 

  • Par exemple ?

Une alliance est en cours de création au niveau européen pour lutter contre les violences faites aux femmes et nous espérons qu’elle rassemblera bientôt un nombre important de nouveaux membres. Aux États-Unis, nous avons créé deux consortiums de donateurs, une à New York et l’autre en Californie sur des thématiques particulières, avec pour objectif de redistribuer des financements à des plus petites structures. 

Nous collaborons aussi avec le réseau du Centre Européen des Fondations (EFC) dont la Fondation CHANEL préside le groupe Genre. Nous avons la chance de pouvoir échanger avec de très nombreuses fondations européennes qui s’intéressent à ce sujet mais nous voudrions élargir le cercle et montrer qu’il y a, dans le financement de projets pour la promotion du rôle des femmes dans la société, et en tout cas la prévention et la réduction des discriminations à l’égard des femmes, de nombreux effets de levier par rapport à toutes les autres thématiques dans lesquelles les fondations s’investissent. 

En conclusion

  • La responsabilité sociale de l’entreprise est un des éléments du rapport annuel et de l’engagement des entreprises. Comment la Fondation CHANEL se situe-t-elle par rapport à l’engagement social de l’entreprise ? Est-ce que c’est un des éléments ? Est-ce l’élément principal ? Ou est-ce qu’elle est assez homogène dans sa pensée sur toutes ces thématiques économiques et sociales ? 

La fondation, tout en maintenant son indépendance de fonctionnement et de choix, collabore très étroitement avec toutes les initiatives internes de responsabilité sociale et environnementale. Nous avons une proximité entre collègues, nous avons une proximité stratégique aussi, et une collaboration qui se fait plutôt en mutualisation des connaissances et évidemment en partage de bonnes pratiques. 

Nous ne sommes pas affiliés à la RSE de CHANEL mais nous collaborons étroitement avec les membres de la RSE et cela participe d’un engagement global de la Maison. La fondation est un atout, si on peut dire, de ce partage qui souhaite être réalisé au sein des différents métiers de CHANEL, des savoir-faire, de la solidarité tout simplement entre les employé·e·s de la maison et l’action philanthropique que nous menons en leur nom et au nom de la Maison CHANEL

Nous avons d’ailleurs déployé un réseau d’ambassadeurs et d’ambassadrices de la fondation au sein des bureaux de CHANEL, aujourd’hui dans une quarantaine de pays, avec environ 80 ambassadrices et ambassadeurs. Ce sont des personnes que nous formons et à qui nous donnons du matériel de communication pour qu’ils partagent leurs connaissances auprès de leurs collègues.

Nous nous efforçons en tous cas de faire vivre la fondation aussi comme un motivateur interne, comme une sorte de fierté aussi pour chacun de savoir que l’entreprise est solidaire, qu’elle agit avec des associations qu’elle soutient sur le long terme, mais aussi dans l’urgence avec des financements pour des crises ou des catastrophes naturelles. 

  • Un mot à dire, un souhait pour l’avenir, la phrase de la fin sur la COVID-19 et les difficultés que vous avez rencontrées ?

Je ne pense pas que l’on puisse se départir de cette impression assez lourde qui est que nous avons été confrontés très frontalement à une crise majeure. 

Elle n’est pas terminée pour de nombreux pays et elle va devoir modifier encore et augmenter l’engagement des entreprises, des citoyens et citoyennes et bien sûr des politiques. La société civile aujourd’hui est mise à mal, très fragilisée dans ses sources de financement et ses modes d’action. 

En plus de cela, les associations qui défendent les droits des personnes les plus vulnérables sont les premières à disparaître, alors même celles qui sont représentatives des populations fragiles et de ces minorités. 

Je crois qu’aujourd’hui il faut que nous soyons extrêmement vigilants à apporter cette aide immédiate, rapide et non fléchée à des associations qui sont en première ligne, qui comprennent la réalité de terrain. Car bien que nous fassions notre maximum, nous restons finalement assez éloignés de la réalité du terrain nous-mêmes en tant qu’individus. 

Nous devons donc nous assurer de ne pas interrompre le flux d’aide qui est vraiment nécessaire pour soutenir la société civile aujourd’hui.

Propos recueillis par Francis Charhon 

 

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