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Par Enactus France - Publié le 1 octobre 2020 - 13:48 - Mise à jour le 1 octobre 2020 - 13:49
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Nouveau leadership chez Enactus France !

Cette année 2020 est forte en rebondissements et en nouveautés. Après 10 ans à développer Enactus France et à faire grandir l'équipe et l'impact de l'organisation, Aymeric a décidé, en début d’année, de se lancer de nouveaux défis entrepreneuriaux. Avec le bureau de l’association, il a choisi Mélanie Sueur-Sy, intrapreneure chez KPMG, pour prendre sa suite en tant que Directrice Générale, épaulée par Céline Sannié, Directrice Générale Adjointe et de toute l'équipe ! Retrouvez dans cette interview le bilan des 10 dernières années, les raisons du départ d'Aymeric, les motivations de Mélanie à rejoindre l'aventure Enactus et sa feuille de route pour l'année à venir !

Aymeric, tu as annoncé ton départ d’Enactus.

Avant de nous en dire davantage sur les raisons de ton choix, peux-tu revenir sur ce qui t’a motivé à rejoindre Enactus en novembre 2010 ?

En 2010, et c’est toujours le cas actuellement, j’étais animé par un objectif ambitieux : renforcer le pouvoir d’agir des jeunes pour qu'ils deviennent acteurs de leur vie et citoyens de leur territoire. Le levier que j’avais identifié à l’époque : l’entrepreneuriat social et plus particulièrement, la pédagogie du projet. Mon pari était de permettre aux jeunes, pendant leurs études, de réaliser un projet d’entrepreneuriat social en équipe et de développer à travers cette expérience les compétences pour devenir de véritables acteurs de changement. 

J’étais intimement convaincu de cette mission car j’avais pu, moi-même, vivre cette transformation lors de mes études. Lorsque Bouchra Aliouat, la précédente Directrice d’Enactus m’avait proposé de prendre sa relève, j’ai accepté et j’ai fait le pari, non pas de créer à nouveau une entreprise pour porter ma vision mais plutôt celui de reprendre Enactus France, et de la transformer de l’intérieur pour en faire l’organisation qu’elle est aujourd’hui.

Et, est ce que tu penses que ton pari est réussi ?

D’un côté oui, d’un autre non.

En 2010, quand j’ai repris Enactus, l’association avait un seul salarié, 5 entreprises partenaires, une vingtaine d’établissements d’enseignement supérieur partenaires et 500 étudiants engagés par an. 

10 ans plus tard, c’est une équipe d’une trentaine de personnes talentueuses, plus de 40 entreprises et fondations partenaires, 70 universités et grandes écoles mobilisées et plus de  12 000 étudiants qui sont passés par nos parcours de formation et d’accompagnement.

En 2014, un nouveau pari : celui de semer les graines de l’engagement auprès des plus jeunes, dès le lycée. 5 ans plus tard, pas moins de 2 500 lycéens sont passés par notre programme et plus de 300 enseignants sont formés à notre méthodologie.

En 2015, le choix a été de partager nos savoir-faire avec d’autres organisations, acteurs jeunesse, universités, entreprises, incubateurs. Pour cela nous avons mis en place une activité de conseils et de formations qui nous a permis ces 5 dernières années  d’accompagner plus de 80 organisations dans l’élaboration de leur programme touchant ainsi plus de 100 000 personnes.

En 2020, les actions d’Enactus se déploient à travers 4 antennes régionales à Paris, Lille, Lyon et Nancy.

Mais derrière ces chiffres, ce sont autant de femmes et d’hommes qui (re)prennent confiance en eux et en leur capacité à agir pour faire émerger une société souhaitable pour tous ! 

Derrière ces chiffres, ce sont autant de femmes et d’hommes qui (re)prennent confiance en eux et en leur capacité à agir pour faire émerger une société souhaitable pour tous ! 

Je pense à Kevin, qui était en décrochage dans son université mais qui a su retrouver du sens dans ses études grâce à son engagement. Je pense à Karima qui a retrouvé un second souffle dans son métier d’enseignante ou à Maxime qui, à 23 ans, permet à plus d’une vingtaine de producteurs en reconversion biologique de mieux vivre de leur travail. 

En 10 ans, beaucoup de choses ont changé ou se sont renforcées : plus que jamais, chacun est conscient des enjeux sociaux et environnementaux. Beaucoup s’engagent ; et plus seulement bénévolement, mais directement par leur travail et leur carrière ! Les entreprises ne se sont jamais autant investies en soutenant financièrement les acteurs de l’ESS, en démocratisant l’engagement des collaborateurs sur leur temps de travail voir même en s’associant aux entreprises sociales avec lesquelles elles créent des Joint-Ventures. 

Concernant les jeunes, ils s’engagent directement sur leur territoire et plus seulement dans des projets de solidarité internationale comme c’était le cas avant. Ils ont des attentes de plus en plus fortes vis-à-vis des entreprises mais aussi de leur établissement et osent s’exprimer et s’organiser. De plus en plus de jeunes s’émancipent aussi plus tôt de leur milieu social, familial et culturel pour choisir des métiers et des secteurs, certes moins payés, mais vecteur de sens pour eux.

D’autres choses n’ont en revanche pas bougé : il y a toujours autant d’inégalités et les temps actuels risquent de ne pas améliorer la situation. L’impact social et environnemental passe encore après les enjeux économiques ; le soutien des pouvoirs publics aux entreprises n’est toujours pas conditionné à leurs actions sociales et environnementales ; le secteur de l’ESS reste à la marge des préoccupations des gouvernements malgré le dynamisme du secteur et une meilleure prise en compte des collectivités territoriales. Bien que les formations dans l’enseignement supérieur se développent, elles restent encore trop à la marge et enseignées de manière séparée des autres disciplines alors que l’impact social et environnemental devrait-être au coeur de chaque domaine.

Bref, le chemin est encore long et rien n’est encore gagné.

enactus france aymeric marmorat

Quels ont été tes plus grands kiffs ?

D’abord une aventure individuelle. Et rapidement une aventure collective. L’un de mes plus grands plaisirs a été d’œuvrer aux côtés d’une équipe talentueuse, motivée et engagée, emmenée depuis 2012 par mon binôme de choc, Céline Sannié.

Un autre de mes grands plaisirs aura été de co-construire avec des femmes et des hommes au sein de nos entreprises et établissements partenaires. J’ai appris que derrière toute organisation, il y a des personnes prêtes à prendre des risques pour faire bouger les lignes et les causes qui leur tiennent à cœur, malgré souvent le peu de reconnaissance interne et hiérarchique.

Enfin, mon dernier kiff et pas des moindres, c’est de recroiser des Alumni, passés par nos programmes, qui témoignent à quel point leur expérience a été déterminante dans leur trajectoire et leur confiance en eux et qui poursuivent leur engagement pour améliorer le monde qui les entoure.

C’est pour cela que, même si les choses ne sont pas gagnées, je reste optimiste !

Tu décides aujourd’hui de quitter Enactus, pourquoi cet envol ?

Effet Covid me demanderez-vous ? Pas vraiment car j’ai pris ma décision fin février. Mais dans le contexte actuel, cela n’a pas été une décision facile à maintenir. Mais mon choix de début d’année a été motivé par 2 raisons majeures.

La première est ma croyance dans le leadership tournant. Pour le bien-être d’une organisation, je pense qu’il est nécessaire qu’à un moment donné, quand l’organisation est mûre et qu’elle est prête pour une nouvelle étape dans son développement, le leadership change. Après 10 ans de développement intense, une équipe de salariés engagés, motivés et compétents et des partenariats solides, j’ai jugé qu’il était temps d’offrir à Enactus ce nouveau leadership qui sera incarné par Mélanie Sueur-Sy, qui a rejoint l’équipe début juin et qui prend officiellement ses fonctions de Directrice Générale en ce mois de septembre.

La seconde est une envie plus personnelle de sortir à nouveau de ma zone de confort et de me lancer dans de nouvelles aventures entrepreneuriales. Lesquelles me demanderez-vous ? C’est encore trop tôt pour le dire.

Quels liens garderas-tu avec Enactus ?

Le premier lien est celui du cœur. J’aime cette organisation et son équipe et je suis profondément convaincu par sa mission d’intérêt général et encore plus par l’expertise que nous avons su développer ces 10 dernières années.

Le bureau et le Conseil d’Administration m’ont proposé de poursuivre mon engagement en tant qu’administrateur et j’ai accepté. Je suis aussi convaincu par ce qu’Enactus peut apporter au monde de l’enseignement et au monde de l’entreprise. Et l’un des enjeux des 5 prochaines années sera certainement de sortir de notre microcosme pour contribuer de manière plus systémique aux enjeux de l’éducation et de la transition sociale et écologique en France. Mais cela sera à Mélanie de porter ces sujets chez Enactus.

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Mélanie, qu’est ce qui t’a amenée à rejoindre Enactus ? 

On peut dire que j’ai déjà rejoint Enactus, son esprit, sa communauté, depuis longtemps ! J’ai commencé à m’engager en 2011 auprès des étudiants Enactus lors de séminaires, d’ateliers, pendant et après le Festival pour évaluer les projets en compétition, puis auditer l’équipe championne nationale. 

En tant que professionnelle chez KPMG, contribuer à Enactus a toujours été une source d’inspiration, d’énergie et d’optimisme. La persévérance des jeunes, leur engagement sont impressionnants, leurs projets font émerger des solutions et une dynamique qui transforment la société. Enactus incarne plusieurs de mes convictions : agir rend heureux, et agir collectivement peut changer le monde.

Mélanie Sueur Sy

Ces 12 dernières années, j’ai mené un parcours de consultante intrapreneure, lancé un segment d’activité nouveau chez KPMG France au service des acteurs de la solidarité internationale. J’ai eu l’opportunité d’accompagner des organisations diverses - de l'entreprise sociale et l’ONG à l'organisation publique ou la fondation d'entreprise - avec un point commun : agir au service de l’intérêt général.

Le métier de consultant apporte une diversité d’expériences exceptionnelle : on passe d’un sujet à un autre, on découvre des secteurs d’activité, des cultures d’organisations, des modes de fonctionnement variés. Cette expérience m’a beaucoup enrichie, et aussi donné envie de passer de l’autre côté, de dédier 100% de mon énergie à un projet à fort impact social en m’intégrant à une dynamique collective.

Enactus fait aussi écho à mes engagements associatifs, aujourd’hui auprès de Wake Up Café, qui accompagne des personnes détenues vers une insertion durable, et il y a quelques années avec Cafebabel, pionnier du journalisme collaboratif et acteur de l’éducation populaire. J’ai pu travailler avec et pour des milliers de jeunes bénévoles à travers l'Europe pour passer à l’action, porter leur voix, leurs enjeux, leurs engagements. C’est un peu un retour aux sources.

A ce stade de mon parcours, j’avais envie de me reconnecter à des aspirations profondes : une fibre « politique », l’envie d’agir plus directement, via l’éducation et l’engagement collectif, pour la justice sociale, la transition écologique… Quand Aymeric m’a proposé de prendre la suite, je n’ai pas hésité une seconde. J’ai confiance en l’équipe, je suis convaincue des impacts de l’expérience Enactus sur les jeunes, les enseignants et les professionnels engagés, et de son potentiel encore à révéler ! Je suis reconnaissante de la confiance d’Aymeric et de notre Conseil d’Administration.

Quelle est ta feuille de route pour cette première année ?

D’abord, il y a un enjeu de maintenir la qualité d’animation d’équipe qui est une des grandes forces d’Enactus. Ça m’a beaucoup marquée dès mon arrivée. L’équipe a montré une agilité exceptionnelle en mai dernier pendant le confinement : faire passer en digital un évènement de 600 personnes en 2 mois, et réussir à créer une expérience forte en émotion pour le public. C’est cette force du collectif et cette extraordinaire résilience qui nous permettra de naviguer dans l’incertitude, dans le contexte covid de l’année à venir. Notre cœur de métier et nos partenaires, lycées, enseignement supérieur, sont très impactés ; il va falloir déployer résilience et optimisme, des compétences centrales dans nos programmes d’accompagnement.

Un autre objectif sera de rencontrer dans les semaines qui viennent nos principaux partenaires financiers, institutionnels, pédagogiques, les acteurs clé de notre écosystème. Concrètement, les acteurs qui nous permettent d’accompagner chacun à passer à l’action, qui sont prescripteurs auprès des étudiants et enseignants, qui prennent le relais après ou en complément de nos actions.  Là encore, la clé de l’impact est collective ; dans les opérations comme dans le plaidoyer via des mouvements comme les Grandes Écoles de la Transition, #NousSommesDemain... L’équipe menée par Aymeric a fait un travail magnifique de construction et d’essaimage ces 10 dernières années. Et il reste beaucoup à faire pour porter davantage auprès des décideurs politiques nos messages d’acteurs de terrain, promouvoir nos solutions aux défis de l’employabilité des jeunes, du décrochage scolaire, de la cohésion sociale et territoriale.

Il reste beaucoup à faire pour porter davantage auprès des décideurs politiques nos messages d’acteurs de terrain, promouvoir nos solutions aux défis de l’employabilité des jeunes, du décrochage scolaire, de la cohésion sociale et territoriale.

C’est aussi le moment de lancer une nouvelle réflexion stratégique de moyen et long terme pour Enactus. Nous arrivons à la fin de notre dernière stratégie pluriannuelle. Le timing est parfait pour se (re)poser toutes les questions sur nos ambitions, notre vision, nos moyens d’action.

Enfin, nous veillerons à piloter nos objectifs de développement avec mon binôme Céline Sannié. Nous avons des objectifs ambitieux pour cette année sur nos trois pôles d’activité.

Nous expérimentons deux nouveaux parcours sur Enactus Etudiants, l’un pour les teams leaders étudiants, l’autre pour les porteurs de projets à impact, et ce dans un format « blended learning » mixant digital et présentiel. 

Sur Enactus Lycéens, nous doublons le nombre de classes accompagnées dans les lycées, majoritairement dans des quartiers Politique de la Ville, dans un contexte plein de défis pour les enseignants qui doivent raccrocher certains élèves après un trimestre confiné, développer la digitalisation, préparer l’insertion des jeunes. 

Au niveau d’Enactus Organisations, nous souhaitons faire grandir l’équipe pour mieux répondre à la demande de notre écosystème en formation, facilitation et Conseil, pour accompagner les professionnels d’associations et entreprises engagées à démultiplier leur impact.

J’ai envie de conclure par cette citation de Nelson Mandela: "L'éducation est l'arme la plus puissante pour changer le monde." Un classique mais cela reste plus vrai que jamais. A nous de donner vie à cette conviction !
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