Aller au contenu principal
Par Fondation Transdev - Publié le 12 février 2021 - 09:05 - Mise à jour le 12 février 2021 - 09:37
Recevoir les news Tous les articles de l'acteur

Pendant la crise, l'association Tremplin maintient l’accompagnement des jeunes pour la réussite de leurs études scientifiques

Depuis 2000, l’association d’égalité des chances Tremplin, soutenue par la Fondation Transdev, accompagne les lycéens et les étudiants vers la réussite de leurs études supérieures scientifiques. Grâce à du tutorat scolaire, des bourses d’études et des parrainages, 5 000 jeunes ont déjà été accompagnés par Tremplin depuis sa création. Face aux conséquences de la crise sanitaire, l’association a dû s’adapter et faire preuve de créativité pour maintenir le lien et l’accompagnement des élèves.

Sur la photo, à gauche, Bénédicte Mennesson, déléguée générale de Tremplin et Maxence Vanseveren Leroy, président de l’association ; à droite, deux étudiants parrainés. Crédit photo : Benjamin Girette

Pionnière de l’égalité des chances, l’association Tremplin naît en 2000, à l’initiative de deux jeunes polytechniciens partis d’un constat : au sein de leur école prestigieuse, la diversité n’existe pas. Ils décident de frapper à la porte de plusieurs lycées de Seine-Saint-Denis pour informer les élèves issus des quartiers populaires et leur donner des outils pour leur permettre d’accéder aux études supérieures scientifiques.  « C’était complètement révolutionnaire en 2000, rappelle Bénédicte Mennesson, déléguée générale de Tremplin. Certains proviseurs leur disaient : ça ne sert à rien de faire miroiter à ces jeunes un avenir qui n’est pas pour eux. » 

Tutorat, bourses et parrainage : le tryptique gagnant de Tremplin pour l’égalité d’accès aux études supérieures

D’autres veulent y croire malgré tout. Quatre proviseurs décident de tenter l’expérience. Les premiers partenariats sont mis en place. Des tuteurs ingénieurs de l’École polytechnique et de l’Ensae se rendent dans les lycées pour permettre à des élèves de Première et de Terminale de connaître et d’intégrer les classes préparatoires scientifiques. Il faudra attendre la crise des banlieues de 2005 pour que les pouvoirs publics se mobilisent en faveur de l’égalité des chances, confirmant ainsi l’intuition des fondateurs de Tremplin. « En 2005, à Tremplin, cette question-là n’était plus d’actualité. On en était déjà à organiser un accompagnement post-bac à la demande des élèves car ils nous disaient : ‘on a besoin de vous pour réussir à s’adapter à notre première année de prépa‘. »

Aujourd’hui, l’action de l’association se décline en trois volets :

  • le tutorat des Premières et Terminales assuré par des étudiants de plusieurs écoles d’ingénieur (Polytechnique, Ensae, EIDD), complétés par des stages pendant les petites vacances scolaires et des semaines intensives l’été
  • en post-bac, une permanence assurée tous les samedis destinée aux jeunes en classe préparatoire ou autre cursus scientifique ainsi que des semaines intensives de préparation l’été
  • la mise en place de partenariats privés afin de financer des bourses d’études couplées avec un parrainage pour le jeune.

 

Depuis 2010, l’association a également développé un programme appelé « les Ateliers d’ouverture culturelle » permettant aux jeunes de profiter de temps de découvertes culturelles, artistiques et professionnelles. « Ce qui manquait, c’était une ouverture sur le monde, explique Bénédicte Mennesson. Grâce à ce programme, les jeunes de différentes écoles se rencontrent et découvrent ensemble des univers qui nourrissent leur réflexion pour l’avenir. »

Les jeunes lycéens en difficulté avec le distanciel

Comme pour de nombreuses associations de terrain, Bénédicte Mennesson reconnaît que la crise sanitaire n’a rien arrangé à la lutte pour l’égalité des chances. La fermeture des lycées à la suite du confinement a contraint l’association à stopper le tutorat au sein des établissements scolaires et ses permanences le week-end pour les étudiants en post-bac. « Les jeunes ont été très impactés. Beaucoup d’entre eux n’avaient pas les outils de connexion pour travailler à distance. Les tuteurs ont essayé de garder des liens malgré tout. Mais eux-mêmes devaient s’adapter au distanciel dans leur formation d’ingénieur. Chacun a eu du grain à moudre pour lui-même. Malgré tout, des séances ont continué et les jeunes ont essayé de faire tout ce qu’ils pouvaient. »

Dès l’annonce du déconfinement en mai, l’association stimule les jeunes bacheliers censés intégrer  une classe préparatoire en septembre, à s’inscrire au stage d’été « Réussir Aujourd’hui » : « C’est une ‘prépa de prépa’ : 15 jours en internat à Palaiseau pour éviter de se perdre en première année de classe préparatoire. » Mais quelques jours avant le début du stage, l’École polytechnique, saturée par le nombre d’étudiants restés à l’internat pendant les vacances en raison de la crise, est contrainte d’annuler le stage. «  On s’est dit : si c’est en distanciel, c’est impossible de maintenir le  stage pour ces jeunes et les faire rester huit heures par jour chez eux avec leur  famille à côté. On est en train de majorer l’inégalité des chances. Il fallait trouver une solution ».

Comment maintenir le lien à distance avec les jeunes fragilisés par la crise ?

L’association en trouve une en déménageant le stage dans les locaux de l’association des anciens polytechniciens (AX). Dix jeunes ont ainsi pu bénéficier de 15 jours de stage intensif : « Ça a été une vraie révélation pour eux. Ils ont pu sortir de leur isolement et recréer du lien avec des gens, avec d’autres jeunes. » Parallèlement, l’association planche désormais sur la mise en place de « rencontres métiers » sur un format de 30 minutes en visioconférence à l’heure du déjeuner dans les lycées afin de déjouer les freins liés à la crise sanitaire. À Tremplin, on ne se laisse pas abattre.

Même lorsque les sorties culturelles sont annulées à la dernière minute, obligeant la déléguée générale de l’association à faire preuve d’inventivité. « Nous devions visiter le musée Marie Curie, se souvient Bénédicte Mennesson. On nous explique deux jours avant que c’est impossible pour des raisons sanitaires. On a 20 jeunes qui se sont inscrits, qu’est-ce qu’on fait ? J’ai remplacé la sortie au musée en visite du quartier Latin. » Bénédicte se transforme en guide et emmène les jeunes voir le Panthéon, l’enceinte Philippe Auguste, les lycées Henri IV et Louis Le Grand, la Sorbonne, l’Observatoire ou encore le Jardin du Luxembourg. « Certains jeunes ont profité des tables d’échecs dans le jardin pour jouer une partie avec des habitués du quartier, c’était très stimulant. Nous avons réussi à trouver des solutions. »

L’association Tremplin recherche des étudiants bénévoles et des parrains

Grâce à l’engagement des quelque 400 étudiants bénévoles en école d’ingénieur mobilisés par l’association, plus de 5 000 jeunes ont déjà bénéficié de l’accompagnement de Tremplin depuis sa création. Les deux tiers des jeunes passés par Tremplin ont entamé des études supérieures, dont une majeure partie en école d’ingénieur ; un tiers des lycéens accompagnés est parvenu à intégrer les classes préparatoires. Bénédicte Mennesson rappelle que l’association a toujours besoin de nouveaux étudiants bénévoles disponibles et intéressés à l’idée de créer du lien avec les jeunes, mais également de parrains et de soutien financier. « À Tremplin, notre souhait n’est pas que tous les jeunes fassent Polytechnique, mais qu’ils embarquent dans des filières qui leur plaisent. Nous essayons de leur donner des clés pour ouvrir le champ des possibles pour leur avenir. »

Fermer

Inscription à la newsletter

Cliquez pour vous inscrire à nos Newsletters

La quotidienne
L'hebdo entreprise, fondation, partenaire
L'hebdo association
L'hebdo grand public

Fermer