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Par Admical - Publié le 30 juin 2026 - 15:57 - Mise à jour le 30 juin 2026 - 16:20
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Jusqu'où les mécènes peuvent-ils accompagner les associations ?

Face aux difficultés croissantes rencontrées par les associations, de plus en plus de mécènes choisissent d’aller au-delà du seul soutien financier. Mise à disposition d’expertises, accompagnement stratégique, ouverture de réseaux, appui à la structuration, ou encore mentorat : l’accompagnement extrafinancier enrichit progressivement les modalités de la relation partenariale. Une pratique prometteuse, mais encore en construction, qui invite à repenser la manière dont mécènes et porteurs de projets peuvent agir ensemble, dans le respect des besoins et de l’autonomie des structures accompagnées.

Jusqu'où les mécènes peuvent-ils accompagner les associations ? - Crédits : Admical - Carenews
Jusqu'où les mécènes peuvent-ils accompagner les associations ? - Crédits : Admical - Carenews

 

À retenir

• Une pratique qui associe soutien financier et accompagnement sur mesure afin de renforcer durablement les structures soutenues, au-delà du seul apport financier.

• Une démarche qui suppose écoute, co-construction et vigilance pour préserver l’équilibre de la relation.

• Une pratique encore émergente, dont les acteurs continuent de construire les repères et les bonnes pratiques.

 

Qu’appelle-t-on « accompagnement extrafinancier » ?

Il n’existe pas de définition juridique de l’accompagnement extrafinancier. Dans les pratiques du mécénat, il désigne l’ensemble des ressources non financières qu’un mécène peut mobiliser au bénéfice d’une structure soutenue : partage d’expertise, accompagnement stratégique, mentorat, formation, mise en réseau, mécénat de compétences ou encore appui à la structuration.

Toujours proposé par le mécène, parfois avec l’appui de partenaires experts, cet accompagnement vise à compléter le soutien financier et à renforcer durablement les capacités d’action des organisations soutenues.

Pour aller plus loin, Admical met à disposition une fiche synthèse issue des échanges de l’atelier d’intelligence collective « Soyons extra : allons au-delà de l’accompagnement financier ! », organisé lors du Mécènes Forum 2025 et ayant réuni une cinquantaine de mécènes et de porteurs de projets. Elle rassemble les principaux enseignements de ces travaux : définition, domaines d'application, repères et recommandations.

 

accompagnement extrafinancier

Pourquoi le sujet prend-il autant d’importance aujourd’hui ?

Si certaines formes d’accompagnement existent depuis longtemps, le sujet prend aujourd’hui une place croissante dans les réflexions des mécènes.

D’abord parce que les associations évoluent dans un contexte particulièrement contraint. Hausse des besoins sociaux et environnementaux, fragilisation de certains modèles économiques, difficultés de recrutement et de fidélisation, pression sur les équipes, besoins croissants de structuration ou de professionnalisation : les porteurs de projets doivent répondre à des enjeux de plus en plus complexes, avec des ressources souvent limitées.

Dans ce contexte, le soutien financier demeure indispensable, mais il ne suffit pas toujours. Certaines associations ont aussi besoin d’être accompagnées pour consolider leur modèle, structurer leur gouvernance, renforcer leur impact, développer de nouvelles compétences ou mieux piloter leur changement d’échelle.

Du côté des mécènes, les attentes évoluent également. Beaucoup ne souhaitent plus être de simples financeurs. Ils cherchent à construire des partenariats plus forts, à mobiliser l’ensemble des ressources de leur organisation et à s’impliquer plus concrètement auprès des structures soutenues.

L’accompagnement extrafinancier traduit ainsi une évolution plus large du mécénat : passer d’une logique de soutien ponctuel à une logique de partenariat dans la durée.

 

De quoi parle-t-on concrètement ?

 

Les exemples partagés lors du webinaire “L’accompagnement extrafinancier : un atout pour votre stratégie partenariale” organisé par Admical au début de ce mois de juin sur le sujet montrent combien les pratiques peuvent varier selon les mécènes, les associations accompagnées et les objectifs poursuivis.

À la Fondation Bouygues Telecom, l’accompagnement extrafinancier prend notamment la forme d’Incub’Asso, un programme d’incubation de trois ans, destiné à aider de jeunes associations à se structurer, se développer et pérenniser leur action. Le programme combine soutien financier, ateliers, séminaires, webinaires, partage d’expertise, suivi individuel par un mentor et mobilisation de services experts proposés par la fondation ou par des partenaires externes.

La Fondation RTE propose, de son côté, plusieurs niveaux d’accompagnement, allant du parrainage à des programmes de coaching. Les structures peuvent être soutenues sur des problématiques d’impact social, de robustesse ou encore bénéficier de missions de mécénat de compétences, lancées sous un format court d’une journée. Contrairement à un programme limité dans le temps, cet accompagnement peut être mobilisé bien au-delà de la période de financement : dès lors qu’une structure a été soutenue par la Fondation et qu’un besoin pertinent est identifié, elle peut solliciter un accompagnement extrafinancier plusieurs années après l’octroi de l’aide financière.

Ces initiatives montrent que l’accompagnement extrafinancier ne se réduit pas au mécénat de compétences comme on pourrait le croire. Celui-ci peut en être une composante, mais l’extrafinancier s’inscrit souvent dans une approche plus large : aide au diagnostic des besoins, mentorat, accès à des expertises, mise en réseau, formation, suivi dans le temps ou encore appui méthodologique.

 

Partir des besoins réels des associations

 

L’un des principaux enseignements du webinaire tient en une idée simple : un accompagnement utile commence par l’écoute.

Pour éviter de proposer des dispositifs préétablis, les mécènes doivent d’abord comprendre les besoins réels des structures accompagnées. Cela suppose de créer un cadre dans lequel les associations puissent exprimer leurs difficultés sans craindre que cela soit perçu comme une faiblesse.

Identifier les besoins d’accompagnement des associations n’est toutefois pas toujours simple. Pour de nombreuses structures, évoquer leurs difficultés ou leurs fragilités au moment d’un appel à projets peut être perçu comme risqué, par crainte que cela ne joue en leur défaveur.

Les échanges du webinaire ont ainsi rappelé l’importance de construire une relation de confiance avant d’aborder certains besoins d’accompagnement.

Dans le cadre de son programme Incub’Asso, la Fondation Bouygues Telecom bénéficie d’un contexte particulier : les associations soutenues intègrent dès le départ un dispositif conçu pour les aider à se structurer et à se développer. Selon Emmanuelle Boudgour, cette relation de confiance permet ensuite aux structures d’exprimer plus librement leurs besoins et de considérer l’accompagnement comme un levier de progression plutôt que comme l’aveu d’une faiblesse.

Lors de la création d’Incub’Asso, la fondation a ainsi mené un travail de benchmark et échangé avec de jeunes associations pour comprendre les difficultés rencontrées dans leurs premières années d’existence. Ces échanges ont permis de construire une « pyramide des besoins », à partir de laquelle ont été définis les différents modules d’accompagnement.

La Fondation RTE a également construit son offre d’accompagnement à partir d’une consultation large des associations. L’objectif, rappelé lors du webinaire, est de répondre à des besoins identifiés, sans créer de dépendance, mais au contraire en renforçant l’autonomie des structures.

Cette étape de diagnostic reste toutefois un défi. Les associations n’ont pas toujours le temps, les ressources ou le recul nécessaires pour prioriser leurs besoins. L’accompagnement peut donc commencer dès cette phase : aider à clarifier les enjeux, distinguer l’urgent de l’important et déterminer les leviers qui auront le plus d’impact.

 

Une pratique qui suppose vigilance et ajustements

 

Parce qu’il touche parfois à la stratégie, à l’organisation interne ou au développement des structures accompagnées, l’accompagnement extrafinancier doit être pensé avec vigilance.

Premier point d’attention : l’ingérence.

Le mécène peut conseiller, orienter, mettre en relation ou apporter une expertise, mais il ne doit pas se substituer au porteur de projets. L’association reste pleinement responsable de ses choix, de ses priorités et de la conduite de son action.

Deuxième vigilance : la dépendance.

Un accompagnement réussi ne doit pas rendre l’association durablement dépendante du mécène ou de ses prestataires. Il doit au contraire renforcer ses capacités d’action et son autonomie.

Troisième enjeu : la formalisation.

Même lorsqu’il ne s’agit pas d’un soutien financier, l’accompagnement mérite d’être clarifié : quels objectifs ? Quelle durée ? Quels engagements réciproques ? Quels livrables éventuels ? Quels points d’étape ? Cette formalisation permet de sécuriser la relation et de préserver l’équilibre entre les parties.

 

Enfin, l’accompagnement extrafinancier se construit nécessairement sur mesure. Pour rester pertinent et répondre aux réalités de terrain du porteur de projet, il doit pouvoir évoluer, être ajusté, voire allégé au fil du temps. Une démarche trop ambitieuse ou trop dense peut rapidement devenir contraignante pour la structure accompagnée et perdre de son efficacité. L’enjeu est donc d’avancer avec humilité, dans une logique d’expérimentation et d’amélioration continue.

La Fondation Bouygues Telecom a par exemple choisi d’alléger la première année de son programme d’incubation, jugée trop dense pour les associations accompagnées, et de décaler certains sujets, comme la mesure d’impact. Elle a également lancé de nouveaux formats au fil des besoins identifiés, comme une hotline dédiée à la levée de fonds ou un atelier sur l’intelligence artificielle.

De son côté, la Fondation RTE a témoigné de situations dans lesquelles l’accompagnement avait dû être interrompu ou ajusté, qu’il s’agisse d’un manque d’implication du porteur de projets ou, à l’inverse, d’un mentor occupant une place trop importante dans la relation. Ces expériences rappellent que l’accompagnement extrafinancier repose sur un équilibre fragile, qui nécessite des ajustements réguliers pour rester utile et pertinent.

 

Mesurer l’impact d’un accompagnement extrafinancier

 

Mesurer la valeur créée par un accompagnement extrafinancier reste un exercice complexe.

Contrairement à un soutien financier, dont le montant est immédiatement identifiable, les effets d’un accompagnement peuvent être plus diffus : montée en compétences, gain de temps, meilleure structuration, clarification stratégique, amélioration du pilotage, accès à de nouveaux partenaires, renforcement de la confiance ou capacité accrue à changer d’échelle.

Ces bénéfices ne sont pas toujours visibles à court terme. Ils supposent donc de penser l’évaluation dans la durée, en lien avec les objectifs définis avec la structure accompagnée.

Plusieurs mécènes s’appuient pour cela sur des temps de retour d’expérience réguliers. À la Fondation Bouygues Telecom, les associations sont sollicitées quelques mois après leur entrée dans le programme afin de nourrir l’évolution des modules proposés. Des échanges réguliers sont également organisés avec les mentors pour faire remonter les difficultés rencontrées et partager les enseignements.

L’évaluation n’a donc pas seulement vocation à mesurer. Elle permet aussi d’apprendre, d’ajuster et d’améliorer les dispositifs au fil du temps. Pour être utile, elle doit toutefois rester proportionnée et apporter de la valeur aux structures accompagnées, sans générer une charge administrative excessive ni se limiter à répondre aux seuls besoins de reporting du mécène.

 

Une pratique qui continue de s’inventer

 

L’accompagnement extrafinancier illustre une évolution profonde du mécénat : la volonté de construire des partenariats plus complets, plus durables et plus adaptés aux besoins des structures soutenues. Mais cette pratique ne repose sur aucune recette miracle. Elle se construit progressivement, par essais, ajustements et retours d’expérience.

Vous avez mis en place un dispositif d’accompagnement extrafinancier ? Vous avez identifié des facteurs de réussite, rencontré des difficultés ou développé des pratiques innovantes ?

Partagez vos retours d’expérience avec les équipes d’Admical ! Les meilleures pratiques se construisent collectivement, et le partage d’expérience reste l’un des leviers les plus puissants pour faire progresser le mécénat.

Ecrivez-nous à cette adresse : evenements@admical.org  

Pour approfondir le sujet, retrouvez également :

- la fiche pratique d’Admical consacrée à l’accompagnement extrafinancier

- le replay du webinaire “L’accompagnement extrafinancier : un atout pour votre stratégie partenariale”

 

 

 

 

 

 

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