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Par Article 1 - Prendre le pouvoir sur l'avenir - Publié le 16 septembre 2026 - 11:30 - Mise à jour le 16 septembre 2026 - 11:30
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Les inégalités font aussi leur rentrée

Après avoir pris la forme d’un cahier de vacances cet été, notre campagne contre les inégalités se poursuit à la rentrée. Avec « Les inégalités font aussi leur rentrée », nous mettons cette fois en lumière une réalité qui concerne de nombreux étudiants : le recours à un emploi pour financer leurs études. Car lorsque travailler devient une nécessité, il peut aussi y avoir des conséquences sur les conditions d’études et les parcours.

Salle de classe
Salle de classe

Après le cahier de vacances, les inégalités font leur rentrée

Pendant l’été, nous avons choisi de parler des inégalités autrement, avec un cahier de vacances. À travers des quiz, des questions et quelques notions clés, nous avons voulu rendre visibles les mécanismes qui peuvent peser sur les parcours des jeunes : déterminisme social, autocensure, orientation subie, discrimination ou encore accès inégal aux ressources et aux opportunités.

À la rentrée, nous poursuivons cette réflexion avec une nouvelle campagne : « Les inégalités font aussi leur rentrée ».

Car si les vacances s’achèvent, les inégalités, elles, ne prennent pas de pause. Pour de nombreux étudiants, la rentrée universitaire signifie aussi trouver un emploi, parfois indispensable pour pouvoir financer son logement, son alimentation ou simplement poursuivre ses études.

Cette année, nous avons donc choisi de nous intéresser plus particulièrement au job étudiant subi et à ses conséquences sur les parcours.

Quand le job étudiant devient une nécessité

En France, 44 % des étudiants ont exercé une activité rémunérée pendant l’année universitaire 2023. Parmi eux, 6,2 % ont une activité considérée comme « concurrente ou très concurrente » avec leurs études, c’est-à-dire une activité qui mobilise une part importante de leur temps.

Bien sûr, tous les emplois étudiants ne répondent pas aux mêmes réalités. Certains sont directement liés à la formation, comme l’alternance, qui permet d’acquérir une première expérience professionnelle. Mais pour d’autres jeunes, travailler à côté de leurs études n’est pas un choix.

Près de 60 % des étudiants qui exercent une activité rémunérée déclarent qu’elle leur est indispensable pour vivre, et un tiers estime ne pas pouvoir poursuivre leurs études sans travailler. Cette contrainte concerne plus fortement les étudiants issus de milieux populaires : 41 % déclarent ne pas pouvoir mener leurs études sans activité rémunérée, contre 25 % des étudiants issus de milieux sociaux supérieurs.

Derrière ces chiffres, ce sont donc des conditions d’études très différentes qui se dessinent.

Travailler pour étudier

Lorsqu'un emploi occupe une place importante dans le quotidien d'un étudiant, il peut empiéter directement sur le temps consacré à sa formation. Les étudiants qui travaillent à mi-temps ou davantage consacrent ainsi en moyenne quatre heures de moins par semaine aux cours et quatre heures de moins au travail personnel que ceux qui n’exercent pas d’activité rémunérée.

Le travail peut également devenir une source de stress : 33 % des étudiants exerçant une activité rémunérée déclarent qu’elle est source de stress et de tension nerveuse, une proportion qui atteint 51 % lorsque l’activité est très concurrente avec les études.

Ces difficultés peuvent aussi avoir des conséquences sur la réussite académique. Les travaux cités dans notre campagne montrent notamment que les étudiants travaillant plus de 18 heures par semaine présentent un taux de réussite en trois ans inférieur à celui des étudiants qui ne travaillent pas.

Pour François Giret, du Centre d’études et de recherches sur les qualifications, « à partir de 11 heures de travail par semaine, on peut observer des conséquences négatives sur la formation ». Au-delà de 12 heures, il estime que le risque est de basculer du statut d’étudiant salarié à celui de salarié étudiant, avec un risque de décrochage.

Une rentrée qui ne se vit pas de la même manière pour tous

Ces données nous rappellent une réalité essentielle : la réussite dans les études ne dépend pas uniquement des efforts fournis par les jeunes. Les conditions dans lesquelles ils étudient comptent également.

Pour un étudiant qui peut compter sur le soutien financier de sa famille, le temps consacré aux études peut être préservé. Pour un autre, issu d’un milieu plus modeste, une partie de ce temps peut être consacrée à un emploi nécessaire pour subvenir à ses besoins.

Les ressources familiales jouent d’ailleurs un rôle important dans les budgets étudiants : elles représentent 41 % des ressources de l’ensemble des étudiants, devant les revenus d’activité (27 %) et les aides publiques (25 %). Au total, ces trois sources représentent 93 % des ressources étudiantes.

Ces écarts de conditions peuvent alors contribuer à renforcer les inégalités de parcours.

Faire entendre la réalité du job étudiant 

Avec cette campagne, nous voulons mettre en lumière ce qui se joue derrière le job étudiant. Il ne s’agit pas de considérer l’emploi comme un problème en soi, ni de nier les expériences professionnelles qu’il peut permettre de construire.

Notre objectif est plutôt de questionner les situations dans lesquelles travailler devient une condition nécessaire pour poursuivre ses études, et les conséquences que cela peut avoir sur la réussite, le bien-être et les perspectives d’avenir.

Pour porter ce sujet, nous avons imaginé une campagne qui se décline en plusieurs formats : micro-trottoirs, contenus de plaidoyer, interviews, conseils pratiques et témoignages. Nous donnerons notamment la parole à des chercheurs et à des acteurs de la représentation étudiante pour mieux comprendre cette réalité.

Nous proposerons également des conseils pour aider les étudiants à mieux concilier job et études, avec un contenu dédié sur le blog DEMA1N.

Des inégalités qui commencent bien avant l’université

La question du job étudiant n’est qu’un des sujets qui traversent les parcours des jeunes. À la rentrée, nous souhaitons également poursuivre notre travail autour de l’orientation choisie ou subie, notamment auprès des lycéens.

Car les inégalités peuvent intervenir bien avant l’entrée dans l’enseignement supérieur : dans l’accès à l’information, dans la connaissance des filières, dans la capacité à se projeter ou encore dans la possibilité d’être accompagné dans ses choix.

C’est précisément pour cela que nous agissons depuis plus de 20 ans afin de permettre à chaque jeune de construire son avenir en fonction de ses aspirations, et non des contraintes liées à son milieu d’origine.

Les inégalités ne prennent pas de vacances

Avec notre cahier de vacances cet été, nous avons voulu rendre les inégalités visibles autrement. Avec cette campagne de rentrée, nous poursuivons le même objectif : faire connaître les réalités qui peuvent encore peser sur les parcours des jeunes et ouvrir le débat sur les conditions nécessaires à une véritable égalité des chances.

Parce qu’au moment où chacun reprend le chemin de l’école, de l’université ou de la formation, nous devons aussi nous demander dans quelles conditions chacun peut réellement y trouver sa place.

Les inégalités font aussi leur rentrée. À nous de ne pas les laisser passer inaperçues.

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