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Par Carenews INFO - Publié le 15 septembre 2026 - 16:27 - Mise à jour le 15 septembre 2026 - 16:27 - Ecrit par : Léanna Voegeli
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18 % des Français vivent à découvert, selon le Baromètre Ipsos/Secours populaire

Cet état des lieux sur la précarité et la pauvreté met en avant la progression du sentiment de fragilité financière en France et en Europe. L'édition 2026 révèle notamment que 26 % des Français jugent leur situation matérielle et financière « précaire ».

La première édition du Baromètre Ipsos/Secours populaire de la pauvreté et de la précarité a été publiée en 2007. Crédit : iStock
La première édition du Baromètre Ipsos/Secours populaire de la pauvreté et de la précarité a été publiée en 2007. Crédit : iStock

 

 

40 % des actifs français estiment que les revenus issus de leur activité professionnelle ne leur permettent pas de couvrir l'ensemble de leurs dépenses, soit dix points de plus qu'en 2025. C'est ce que révèle l'édition 2026 du Baromètre de la pauvreté et de la précarité réalisé par Ipsos pour le Secours populaire.

Pour Houria Tareb, secrétaire nationale de la branche française de l'association, en charge de la solidarité, « c'est sans doute le chiffre le plus fort ». « C'est le constat quotidien que font les bénévoles : les personnes accueillies gèrent leur budget, font au mieux, mais gagnent à peine de quoi vivre dignement », ajoute-t-elle.   

Dans le volet français de l'étude, qui repose sur un échantillon représentatif de 1 000 personnes âgées de 18 ans et plus, seuls 15 % des répondants considèrent leur situation matérielle et financière comme « bonne ». Cette part atteint son niveau le plus bas depuis 2022. En parallèle, 59 % des sondés l'estiment « équilibrée » (« vous vous en sortez mais vous devez faire attention ») et 26 % la jugent « précaire » (« une dépense imprévue peut vous faire basculer »).  

 

59 % disent connaître un proche en situation de précarité 

 

Du côté de ceux qui se déclarent en situation de précarité, 77 % attribuent leurs difficultés à des revenus insuffisants (ils étaient 71 % en 2025). 34 % pointent des dépenses imprévues ou importantes et 15 % un problème de santé physique (maladie, invalidité...). 12 % évoquent aussi une perte d'emploi.

Concernant la capacité des Français à épargner, 49 % des répondants déclarent parvenir à mettre de l'argent de côté (contre 52 % en 2025). 33 % indiquent que leurs revenus permettent tout juste de boucler leur budget.

En revanche, 18 % des sondés déclarent vivre à découvert (contre 15 % en 2025). Parmi eux, 8 % ne parviennent pas à boucler leur budget sans avoir recours à leur découvert bancaire, 7 % disent s'en sortir difficilement et craindre de basculer dans la précarité. 3 % sont dans une situation précaire et déclarent ne plus s'en sortir. 60 % des personnes en situation de précarité déclarent ainsi vivre à découvert, 30 % de celles qui ont un revenu mensuel net du foyer inférieur à 1 400 euros, 28 % des ouvriers et 26 % des 35 à 54 ans. 

Autre question posée : « connaissez-vous une personne proche qui vous semble être aujourd'hui dans une situation de pauvreté ?  » La réponse est oui pour 59 % des répondants (contre 57 % en 2025). Pour 23 %, cette personne fait partie de leur famille, tandis que 36 % citent un ami ou une connaissance.  

Concernant le risque de basculer soi-même dans la précarité, 38 % des sondés l'estiment important (contre 34 % en 2025). Parmi eux, 8 % le jugent très important. 

 

Précarité : la faute au manque de revenus pour la majorité des pays européens

 

L'étude comporte également un volet européen, réalisé auprès de 10 000 personnes réparties dans dix pays dont la France. À l'échelle européenne, 15 % estiment que leur situation financière est « bonne ». Pour 56 %, elle est « équilibrée » et 29 % la jugent « précaire ». Le Baromètre souligne que la perception de la précarité est nettement plus forte en Grèce (44 %) et en Moldavie (55 %). À l'inverse, elle est plus modérée en Allemagne (21 %) et au Royaume-Uni (18 %). 

« Pour les Européens en situation de précarité, le manque de revenus en constitue toujours, de loin, la cause principale », peut-on lire. C'est en effet la cause de leur situation selon 71 % des personnes qui se disent en situation de précarité. 

Le risque de basculer soi-même dans la précarité varie également selon les pays. Cette éventualité est notamment envisagée par 35 % des Allemands et 31 % des Anglais. Les Grecs, les Italiens et les Moldaves se montrent davantage inquiets, avec respectivement 53 %, 63 % et 57 % des sondés qui envisagent cette possibilité. 

 

Léanna Voegeli  

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