Affaire Lyhanna : citoyens et associations se mobilisent contre la pédocriminalité
Plusieurs associations féministes et de protection de l’enfance ont appelé à se mobiliser le lundi 8 juin à Paris afin d'honorer la mémoire de la petite Lyhanna, dont le meurtre a ému l’opinion publique. L'événement devait initialement se tenir place Vendôme, face au ministère de la Justice, où Carenews s’est rendu. En raison d’une interdiction préfectorale, un second rassemblement a été organisé en parallèle place Louis Lépine à Paris, en face de la Préfecture de police.
« Laissez-nous passer ! », scandent les manifestants face aux CRS qui bloquent l’accès à la place Vendôme, non loin du ministère de la Justice à Paris. La foule s’est réunie ce lundi 8 juin pour rendre hommage à la petite Lyhanna, dont le meurtre a ravivé les revendications pour une meilleure prise en charge des violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants.
Jérôme Barella, le principal suspect, aurait déjà fait l’objet de plaintes et de signalements, sans qu’aucune mesure ne soit prise avant le drame. La mobilisation intervient après l’appel porté par plusieurs associations féministes et de protection de l’enfance.
Les slogans « Pour les victimes, la peine est imprescriptible », « Yeux fermés, enfance volée » ou encore « Que les bourreaux tremblent » figurent sur les pancartes brandies face aux forces de l’ordre.

La foule attend de pouvoir manifester devant le ministère de la Justice. Crédit : Léanna Voegeli
Les organisations à l’origine des rassemblements qui ont également eu lieu dans de nombreuses villes de France, militent en faveur d’une loi intégrale contre les violences sexuelles. L'objectif est de définir une politique globale plutôt que de multiplier les textes législatifs. Une pétition en sa faveur est portée par la Coalition féministe loi intégrale qui rassemble des organisations de défense des droits des femmes et des enfants.
« On ne pardonne pas, on n’oublie pas »
Le ciel se couvre, quelques gouttes de pluie se mêlent à la foule. L’ambiance est lourde car la mobilisation a été annulée dans l’après-midi par la préfecture de Paris. Sur son compte Instagram, l’association Mouv’enfants qualifie la décision de « gifle pour les victimes » tout en confirmant sa présence. Son président Arnaud Gallais tient fermement l'inscription : « Plus jamais ça ». Plusieurs comédiennes et militantes, dont Judith Godrèche et Andréa Bescond, sont présentes en tête de cortège.

Les personnes présentes se retrouvent finalement devant la chancellerie qui est entourée de CRS. Crédit : Léanna Voegeli
Derrière les barrières qui ferment l’accès à la place, les échanges se poursuivent entre manifestants et CRS. Soudain, plusieurs personnes font céder les barrières. La foule avance jusqu’à la Chancellerie, encerclée par les forces de l’ordre. « On ne pardonne pas, on n’oublie pas », scande la foule. Une action du collectif Femen marque également le rassemblement place Vendôme : plusieurs militantes se sont dénudées, leurs corps portant des inscriptions telles que « Lyhanna, affaire d’État » ou encore « Vous vous torchez avec nos plaintes ». Le taux de classement sans suite des plaintes pour violences sexuelles atteindrait 86 %, selon l’Institut des politiques publiques (IPP).
Le calme revient finalement pour une minute de silence en hommage à Lyhanna avant la reprise des slogans.

Les manifestants rendent hommage à Lyhanna pendant une minute de silence devant le ministère de la Justice. Crédit : Léanna Voegeli
« Elle aurait dû avoir un avenir »
La mobilisation parisienne ne s’est toutefois pas limitée à la place Vendôme où Carenews s’est rendu. Après l’arrêté préfectoral, un second rassemblement, s’est tenu en parallèle place Louis Lépine, face à la Préfecture de police et à l’ancien Palais de justice. Des associations comme Coalition féministe, loi intégrale, la Fondation des femmes, Face à l’inceste étaient notamment présentes. La chanteuse Suzane a également interprété la chanson « Je t’accuse ».

Un autre rassemblement a eu lieu en parallèle à Paris, place Louis Lépine en face de l'ancien Palais de justice. Crédit : site de la Fondation des femmes
« Lyhanna, pour nous c’est l’injustice de trop parce qu’elle rejoint aujourd’hui la longue liste des femmes et des enfants victimes de viol, d’inceste, de féminicide et d’infanticide que la France n’a pas su protéger, clame Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes. Lyhanna, aurait dû être en vie, ce soir elle aurait dû diner avec sa famille, elle aurait dû être en train de rire avec ses amis, elle aurait dû avoir un avenir », a-t-elle ajouté avant d’appeler la foule, ici aussi, à observer une minute de silence.
Léanna Voegeli 